{"id":8084,"date":"2019-03-12T09:21:55","date_gmt":"2019-03-12T08:21:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8084"},"modified":"2021-08-07T15:38:06","modified_gmt":"2021-08-07T13:38:06","slug":"michaelides-alex-dans-son-silence-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8084","title":{"rendered":"Michaelides, Alex \u00abDans son silence \u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Alex Michaelides est n\u00e9 \u00e0 Chypre en 1977 d\u2019une m\u00e8re anglaise et d\u2019un p\u00e8re chypriote-grec.\u00a0 Il est dipl\u00f4m\u00e9 en litt\u00e9rature anglophone du Trinity College de l\u2019universit\u00e9 de Cambridge, et en sc\u00e9narisation de l\u2019American Film Institute de Los Angeles. Il a aussi \u00e9tudi\u00e9 la psychanalyse, et a travaill\u00e9 deux ans dans une clinique psychiatrique pour jeunes. Il est \u00e9galement sc\u00e9nariste. Il vit aujourd\u2019hui \u00e0 Londres.<br \/>\n\u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8084\">\u00a0Dans son silence<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb, son premier roman paru en 2018, a \u00e9t\u00e9 traduit dans cinquante pays et a conquis 4 millions de lecteurs dans le monde. En 2021 il sort \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14150\">Les muses\u00a0<\/a><\/span>\u00bb<\/p>\n<p>Calmann-L\u00e9vy Noir \u2013 06.02. 2019\u00a0\u2013 378 pages \u2013 titre original \u00ab\u00a0the silent patient\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Alice, jeune peintre britannique en vogue, vit dans une superbe maison pr\u00e8s de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouv\u00e9e chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son mari d\u00e9figur\u00e9 par des coups de couteau fatals, la presse s&rsquo;enflamme. Aussit\u00f4t arr\u00eat\u00e9e, Alice ne prononce plus jamais le moindre mot, m\u00eame au tribunal. Elle est jug\u00e9e mentalement irresponsable et envoy\u00e9e dans une clinique psychiatrique.<\/p>\n<p>Six ans plus tard, le docteur Theo Faber, ambitieux psychiatre, n&rsquo;a qu&rsquo;une obsession : parvenir \u00e0 faire reparler Alice. Quand une place se lib\u00e8re dans la clinique o\u00f9 elle est intern\u00e9e, il r\u00e9ussit \u00e0 s&rsquo;y faire embaucher, et entame avec elle une s\u00e9rie de face-\u00e0-face gla\u00e7ants dans l&rsquo;espoir de lui extirper un mot. Et alors qu&rsquo;il commence \u00e0 perdre espoir, Alice s&rsquo;anime soudain. Mais sa r\u00e9action est tout sauf ce \u00e0 quoi il s&rsquo;attendait&#8230;<\/p>\n<p>Dans la veine de Mensonges sur le divan d&rsquo;Irvin Yalom, un redoutable m\u00e9lange de suspense et de psychanalyse qui ravira tous les lecteurs avides d&rsquo;histoires prenantes.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Un thriller psycho-psychiatrique comme dirait mon amie S\u00e9verine de \u00ab\u00a0IlEstBienCeLivre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Addictif en diable. Je l\u2019ai commenc\u00e9 et je ne l\u2019ai plus l\u00e2ch\u00e9\u00a0! Au d\u00e9but tout semble logique et relativement pr\u00e9visible\u2026 Jusqu\u2019au moment o\u00f9\u2026 Le dernier tiers du livre est juste \u00e9poustouflant.<\/p>\n<p>Deux personnages principaux\u00a0: Alicia, une femme dont la vie semblait parfaite, peintre de talent, mari\u00e9e avec un photographe reconnu dont la vie bascule un soir. Elle tire \u00e0 cinq reprises sur son conjoint et ne prononce plus un mot.<\/p>\n<p>Et Th\u00e9o Faber, un psychoth\u00e9rapeute criminel totalement obs\u00e9d\u00e9 par son cas qui va franchir toutes les limites pour communiquer avec sa patiente. De fait au lieu de se limiter \u00e0 son r\u00f4le de soignant, il va jouer les d\u00e9tectives et s\u2019employer \u00e0 passer derri\u00e8re la barri\u00e8re du silence en tentant de la faire s\u2019exprimer par d\u2019autres moyens et la faire sortir de sa bulle.<\/p>\n<p>On suit en parall\u00e8le la vie et l\u2019\u00e9volution des deux personnages, leur rencontre, leur cheminement actuel, mais on plonge \u00e9galement dans leur pass\u00e9, on revit leurs exp\u00e9riences et on va vite comprendre \u00e0 quel point l\u2019enfance influence le comportement une fois arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9e par la description du milieu psychiatrique \/psychologique et les motivations qui peuvent pousser \u00e0 choisir cette orientation professionnelle et la fa\u00e7on dont les liens peuvent se cr\u00e9er entre patient et th\u00e9rapeute, les m\u00e9thodes de traitement, les fa\u00e7ons d\u2019appr\u00e9hender la souffrance. L\u2019exp\u00e9rience dans le milieu psychiatrique de l\u2019auteur est \u00e9videmment un tr\u00e8s gros plus et le fait qu\u2019il soit sc\u00e9nariste nous offre une approche en images du livre ( il semble d\u2019ailleurs qu\u2019une adaptation cin\u00e9matographique de ce huis-clos soit pr\u00e9vue) .<\/p>\n<p>Au d\u00e9but tout semble relativement logique et pr\u00e9visible\u2026 Jusqu\u2019au moment o\u00f9\u2026 Le dernier tiers du livre est juste \u00e9poustouflant.<\/p>\n<p>*Un petit conseil\u00a0: Relisez (lisez) <em>Alceste d\u2019Euripide<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>On se focalise sur le mot, la plus infime partie en r\u00e9alit\u00e9, la partie \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg. Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise avec les mots, je pense toujours en images, je m\u2019exprime avec des images [\u2026]<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Je suis devenu psychoth\u00e9rapeute parce que j\u2019\u00e9tais perturb\u00e9. C\u2019est la v\u00e9rit\u00e9, mais j\u2019ai fourni une autre explication lorsqu\u2019on m\u2019a pos\u00e9 la question le jour de l\u2019entretien.<\/p>\n<p>D\u2019une certaine mani\u00e8re, tenter de capturer des flocons \u00e9ph\u00e9m\u00e8res \u00e9quivalait \u00e0 tenter de saisir le bonheur\u00a0; une prise laissant aussit\u00f4t place au n\u00e9ant.<\/p>\n<p>Elle consid\u00e9rait que nous sommes constitu\u00e9s de diff\u00e9rentes parties, certaines bonnes, d\u2019autres mauvaises, et qu\u2019un esprit sain peut tol\u00e9rer cette ambivalence et jongler avec le bon et le mauvais en m\u00eame temps. La maladie mentale correspond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019absence de cette facult\u00e9\u00a0: nous finissons par perdre le contact avec les parties inacceptables de nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>La rage meurtri\u00e8re, la rage homicide ne na\u00eet pas dans l\u2019instant. Elle tire son origine dans la contr\u00e9e ant\u00e9rieure aux souvenirs, le pays de la petite enfance, dans la maltraitance et les abus subis \u00e0 un tr\u00e8s jeune \u00e2ge, bombe \u00e0 retardement qui finit par exploser, souvent sur la mauvaise cible.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les \u00e9motions non exprim\u00e9es ne meurent jamais. Elles sont enterr\u00e9es vivantes et lib\u00e9r\u00e9es plus tard de fa\u00e7on plus laide.\u00a0\u00bb <\/em>Sigmund Freud<\/p>\n<p>Je suppose que je redoute de m\u2019abandonner \u00e0 l\u2019inconnu. J\u2019aime savoir o\u00f9 je vais. C\u2019est pour cela que je r\u00e9alise toujours tant de croquis, pour essayer de ma\u00eetriser mon tableau jusqu\u2019au bout, et pas \u00e9tonnant si rien ne prend vie\u00a0: je ne r\u00e9agis pas vraiment \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 qui se pr\u00e9sente \u00e0 moi. Il me faut ouvrir les yeux et regarder \u2013\u00a0et avoir conscience de la vie telle qu\u2019elle se passe, et pas simplement comme je la voudrais.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre un bon th\u00e9rapeute, il faut \u00eatre r\u00e9ceptif aux sensations de ses patients. Il ne faut pas les conserver, ce ne sont pas les n\u00f4tres, elles ne nous appartiennent pas.<\/p>\n<p>La col\u00e8re est un mode de communication puissant.<\/p>\n<p>Je planais gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019effet de l\u2019amour, sans besoin de convoquer la bonne humeur de fa\u00e7on artificielle.<\/p>\n<p>Son silence agissait comme un miroir, vous renvoyait votre image.<\/p>\n<p>Et souvent, celle-ci n\u2019\u00e9tait pas belle \u00e0 voir.<\/p>\n<p>Elle n\u2019\u00e9tait pas l\u2019amour de ma vie, elle \u00e9tait ma vie.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, mes larmes \u00e9taient gel\u00e9es. Un r\u00e9servoir de glace.<\/p>\n<p>Elle aimait mentir et tromper\u00a0; c\u2019\u00e9tait comparable au jeu d\u2019acteur, mais dans la vie r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Du fait que l\u2019on confond souvent amour et feu d\u2019artifice, passion et dysfonctionnement. Mais le v\u00e9ritable amour est tr\u00e8s calme, tr\u00e8s tranquille. Il est ennuyeux, compar\u00e9 au tumulte de la passion. L\u2019amour est profond, calme, et constant.<\/p>\n<p>Il est parfois difficile de comprendre pourquoi les r\u00e9ponses aux questions du pr\u00e9sent se situent dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de toute forme d\u2019art r\u00e9side un myst\u00e8re.<\/p>\n<p>Dieu merci, j\u2019ai ce journal dans lequel \u00e9crire. Il me garde saine d\u2019esprit. Car je n\u2019ai personne \u00e0 qui parler.<\/p>\n<p>Le monde ext\u00e9rieur m\u2019a paru gigantesque\u00a0\u2013\u00a0un espace vide autour de moi, le ciel immense au-dessus.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0Le but de la th\u00e9rapie n\u2019est pas de corriger le pass\u00e9, mais de permettre au patient de faire face \u00e0 son histoire, et d\u2019en faire le deuil.\u00a0\u00bb Alice Miller<\/p>\n<p>les effets \u00e9motionnels des blessures psychiques sur les enfants, et la mani\u00e8re dont elles se manifestent plus tard \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>La douleur est trop grande, trop immense pour \u00eatre ressentie, alors elle est r\u00e9prim\u00e9e, raval\u00e9e, enterr\u00e9e. Avec le temps, vous vous \u00e9loignez des origines du traumatisme, vous dissociez les sources de sa cause, et vous oubliez.<\/p>\n<p>Mais nous avons vite d\u00e9couvert que la distance g\u00e9ographique importe peu dans le monde du psychisme. Il y a certaines choses qu\u2019on ne laisse pas facilement derri\u00e8re soi.<\/p>\n<p>La facult\u00e9 de se rappeler exactement les \u00e9changes survenus durant les cinquante minutes pr\u00e9c\u00e9dentes est d\u2019une importance primordiale pour un th\u00e9rapeute. Autrement, on oublie de nombreux d\u00e9tails et l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 des \u00e9motions est perdue.<\/p>\n<p>Elle est coupable, et elle refuse toujours d\u2019endosser cette culpabilit\u00e9. Alors elle se d\u00e9double, elle dissocie, elle fantasme.<\/p>\n<p>Elle est attaqu\u00e9e, mais par son propre psychisme, pas par le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Alex Michaelides est n\u00e9 \u00e0 Chypre en 1977 d\u2019une m\u00e8re anglaise et d\u2019un p\u00e8re chypriote-grec.\u00a0 Il est dipl\u00f4m\u00e9 en litt\u00e9rature anglophone du Trinity College de l\u2019universit\u00e9 de Cambridge, et en sc\u00e9narisation de l\u2019American Film Institute de Los Angeles. Il a aussi \u00e9tudi\u00e9 la psychanalyse, et a travaill\u00e9 deux ans dans une clinique psychiatrique &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8084\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8085,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[501,632,140,91,5,18,192],"tags":[116,347,568,341,680],"class_list":["post-8084","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1er-roman","category-632","category-angleterre","category-polar-psychologique","category-lecture-polar","category-anglaise","category-xxieme-siecle","tag-folie","tag-huis-clos","tag-psychiatrie","tag-souffrance","tag-thriller-psycho-psychiatrique"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8084","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8084"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8084\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14160,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8084\/revisions\/14160"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8085"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8084"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8084"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8084"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}