{"id":8219,"date":"2019-04-05T07:00:55","date_gmt":"2019-04-05T06:00:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8219"},"modified":"2019-04-10T12:00:02","modified_gmt":"2019-04-10T11:00:02","slug":"bradbury-jamey-sauvage-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8219","title":{"rendered":"Bradbury, Jamey \u00abSauvage\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: Jamey Bradbury est originaire du Midwest et vit depuis quinze ans en Alaska. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionniste, actrice, secouriste et b\u00e9n\u00e9vole \u00e0 la Croix- Rouge. Elle partage aujourd&rsquo;hui son temps entre l&rsquo;\u00e9criture et l&rsquo;engagement aupr\u00e8s des services sociaux qui soutiennent les peuples natifs de l&rsquo;Alaska. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8219\">Sauvage<\/a>\u00a0\u00bb est son premier roman.<\/p>\n<p>Gallmeister \u2013 07.03. 2019 &#8211; 313 pages &#8211; (\u00ab\u00a0The wild inside\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: A dix-sept ans, Tracy Petrikoff poss\u00e8de un don inn\u00e9 pour la chasse et les pi\u00e8ges. Elle vit \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de tra\u00eeneau les immensit\u00e9s sauvages de l&rsquo;Alaska. Immuablement, elle respecte les trois r\u00e8gles que sa m\u00e8re, trop t\u00f4t disparue, lui a dict\u00e9es : \u00ab\u00a0ne jamais perdre la maison de vue\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ne jamais rentrer avec les mains sales\u00a0\u00bb et surtout \u00ab\u00a0ne jamais faire saigner un humain\u00a0\u00bb.<br \/>\nJusqu&rsquo;au jour o\u00f9, attaqu\u00e9e en pleine for\u00eat, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuad\u00e9e d&rsquo;avoir tu\u00e9 son agresseur. Elle s&rsquo;interdit de l&rsquo;avouer \u00e0 son p\u00e8re, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d&rsquo;angoisse s&rsquo;installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu \u00e0 peu conscience de ses propres facult\u00e9s hors du commun.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Si mon amie Catwoman ne m\u2019avait pas parl\u00e9 de ce livre, je pense que je serais pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Je sortais en effet de la lecture de \u00ab\u00a0Animal\u00a0\u00bb de Sandrine Collette et j\u2019avais envie de passer \u00e0 autre chose\u00a0! Et me voici embarqu\u00e9e pour l\u2019Alaska, la nature, et les chiens de tra\u00eeneau. Malgr\u00e9 le fait d\u2019\u00eatre pass\u00e9e d\u2019un lourd secret \u00e0 un autre, je n\u2019ai pas regrett\u00e9 de l\u2019avoir \u00e9cout\u00e9e. Un peu sceptique au d\u00e9but, j\u2019ai vite \u00e9t\u00e9 emport\u00e9e dans ce monde \u00e9trange et hors norme.<\/p>\n<p>D\u2019abord l\u2019h\u00e9ro\u00efne est particuli\u00e8re et int\u00e9ressante, et pas qu\u2019un peu, mais elle a un c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0meurtri\u00e8re\u00a0\u00bb qui m\u2019a d\u00e9rang\u00e9 quand m\u00eame un peu au d\u00e9but avant que je rentre dans le contexte un brin fantastique de l\u2019histoire et que je me fonde dans le paysage. Elle est totalement sauvage, elle est enti\u00e8re, vraie, pleine d\u2019amour pour ses chiens. En toile de fond sa m\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, mais avec laquelle elle continue d\u2019entretenir des relations fusionnelles. Elle est forte et fragile, aventuri\u00e8re, passionn\u00e9e et rebelle. Une vraie bombe \u00e0 retardement\u00a0! Le c\u00f4t\u00e9 carnassier qui m\u2019avait interpell\u00e9 au d\u00e9but prend tout son sens et toute sa raison d\u2019\u00eatre au fur et \u00e0 mesure de la d\u00e9couverte de la jeune fille. Une jeune fille complexe au possible et qui entretient des relations extr\u00eamement difficiles avec les personnes qui l\u2019entourent. Ce qui ne veut pas dire qu\u2019elle ne les aime pas\u00a0! Au contraire\u2026et elle va le prouver par ces actes. Comme elle a du mal \u00e0 s\u2019accepter elle-m\u00eame pour ce qu\u2019elle est, elle se refuse \u00e0 se confier et agit pour le mieux en se fiant \u00e0 son instinct et \u00e0 sa perception des \u00e9l\u00e9ments et des \u00eatres vivants. C\u2019est un roman initiatique sur la difficult\u00e9 de s\u2019accepter avec sa diff\u00e9rence, qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un cadeau ou une mal\u00e9diction, un roman sur la culpabilit\u00e9, sur le manque, sur le remords, sur la libert\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est un roman sur la transmission, une ode \u00e0 la nature vierge et sauvage et \u00e0 la fluidit\u00e9 \u2026 fluidit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments, des liquides (l\u2019eau, la glisse, le sang) qui relient les \u00eatres et les esprits, qui connectent pass\u00e9 et pr\u00e9sent, \u00eatres humains, animaux et v\u00e9g\u00e9taux, sur la communication muette et tactile, l\u2019interconnexion des sens et des vibrations, du langage du corps et de la pens\u00e9e et non du pouvoir des mots.<\/p>\n<p>L\u2019eau est partout pr\u00e9sente, dans toute ses formes ( eau, neige, glace, pluie, orages\u2026) dans l\u2019histoire et dans les mots \u2026 en ad\u00e9quation avec les \u00e9v\u00e9nements et les sentiments. La musicalit\u00e9 de l\u2019eau de cette grande ballade (<em> avec deux L<\/em>) est omnipr\u00e9sente, tant\u00f4t elle aveugle ou agresse, clapote, puis elle ruisselle \u00e0 l\u2019endroit des chutes d\u2019eau au moment o\u00f9 Tracy sombre, se noie presque\u00a0; puis la maison est baign\u00e9e de leur angoisse\u00a0; enfin la neige se fait paisible et recouvre tout\u00a0; elle d\u00e9crit aussi le symbolisme de l\u2019action \u00ab\u00a0Je me suis enfonc\u00e9e \u00e0 contrec\u0153ur dans le flot de leur existence\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Immensit\u00e9, nature sauvage, instinct, sensations, savoir inn\u00e9\u2026 C\u2019est la magie de ce livre, qui nous plonge dans un univers qui a tout d\u2019inhospitalier et de sauvage et en fait ressortir le beau et le magique. D\u2019ailleurs je me rends compte que je vais de plus en plus souvent en Alaska en lecture moi\u2026 Je suis partie avaler des kilom\u00e8tres avec notre h\u00e9ro\u00efne \u2026 et m\u00eame moi j\u2019ai eu la sensation de courir avec les chiens de traineau. Et moi&#8230; pour me faire courir&#8230; qui plus est dans le froid\u2026 faut se lever de bonne heure\u00a0!<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e de voir \u00ab\u00a0le fil rouge\u00a0\u00bb entre mes derni\u00e8res lectures\u00a0: le rapport aux animaux pour le <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8179\">Collette<\/a> et celui-ci, les fant\u00f4mes et l\u2019absence de la figure maternelle, l\u2019importance de connaitre les plantes et la nature, la qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 dans trois contextes tr\u00e8s diff\u00e9rents\u00a0: le Sud des Etats Unis, l\u2019Alaska et l\u2019Inde et le N\u00e9pal. On a beau traverser les continents, les probl\u00e8mes existentiels sont omnipr\u00e9sents et le pass\u00e9 \u2013 qu\u2019on le connaisse ou pas \u2013 d\u00e9terminant pour vivre et comprendre le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>\u201cSous cette vastitude, je m\u2019oublie. Mon humanit\u00e9 me quitte doucement et je cesse d\u2019\u00eatre mon moi reconnaissable. Je ne suis plus qu\u2019un animal comme les autres sous un ciel antique et sans \u00e9gards.\u201d<\/p>\n<p>Je me suis surprise \u00e0 l\u2019attendre pour de vrai. \u00c7a para\u00eet b\u00eate \u00e0 dire, mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7ue de ne pas la voir arriver. Comme si le simple fait de parler d\u2019elle pouvait la faire appara\u00eetre.<\/p>\n<p>Il y a de la satisfaction \u00e0 courir vite. Quand vous courez vous allez quelque part, mais vous laissez aussi un autre lieu derri\u00e8re vous. Il y a cette sensation qui se pose sur vous comme une couverture. Elle vient se draper autour de votre esprit et fait taire vos pens\u00e9es, de sorte que vous pouvez cesser d\u2019\u00e9couter les voix qui parlent dans votre t\u00eate, et vous concentrer sur le bruissement des buissons ou les petits cris d\u2019un \u00e9cureuil dans les frondaisons. Je cours aussi vite que je peux aussi longtemps que je peux. Mon esprit part ailleurs, et je ne suis plus qu\u2019une respiration, des os, des muscles. C\u2019est une sensation sereine et pr\u00e9cise, puissante et pleine d\u2019\u00e9nergie, tout cela en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>C\u2019est comme \u00e7a que j\u2019\u00e9vacue la col\u00e8re et les soucis, comme un chien s\u2019\u00e9broue pour se d\u00e9barrasser de l\u2019eau sur son pelage. C\u2019est comme \u00e7a que je me vide pour me remplir apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Vous vaquez \u00e0 vos t\u00e2ches respectives sans dire un mot et vous apprenez comment l\u2019autre se meut, comment son corps bouge et change, comment une pens\u00e9e passe sur son visage et vous en dit plus que des mots ne le pourraient.<\/p>\n<p>J\u2019ai appris \u00e0 lire la for\u00eat avant \u00e0 lire les livres.<\/p>\n<p>Il y avait pas de secrets entre nous. Et puis il y a eu un truc que j\u2019ai pas pu lui dire. Le probl\u00e8me quand on a un secret c\u2019est qu\u2019on en a vite deux. Puis trois, puis tellement qu\u2019on finit par avoir l\u2019impression que tout risque de se d\u00e9verser sit\u00f4t qu\u2019on ouvre la bouche.<\/p>\n<p>Certains trucs, je les apprenais dans les livres. Vous ouvrez un livre et absorbez les mots, et gr\u00e2ce \u00e0 eux vous savez comment confectionner des pi\u00e8ges avec des petites badines fendues, ou comment s\u2019abriter dans la neige. C\u2019est comme boire\u00a0: vous avalez et \u00e7a fait partie de vous.<\/p>\n<p>Son visage \u00e9tait un nuage pris dans un vent violent, changeant \u00e0 chaque seconde, il n\u2019arrivait pas \u00e0 se fixer sur une seule \u00e9motion.<\/p>\n<p>Mais Maman \u00e9tait comme l\u2019eau par le jour le plus froid de l\u2019ann\u00e9e, vous pouviez en jeter une tasse dans les airs et elle gelait avant de toucher le sol. Elle me voyait, et elle devenait cassante.<\/p>\n<p>\u00c7a s\u2019est brass\u00e9 dans mon cerveau, ses mots qui tournaient et tombaient et se bousculaient les uns contre les autres, qui se r\u00e9arrangeaient, s\u2019ordonnaient d\u2019une autre mani\u00e8re. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 mettre bout \u00e0 bout tous les instants de cette journ\u00e9e, c\u2019est comme quand on se construit un abri, d\u2019abord on a que des branches \u00e9parses, et puis on les relie, elles forment un tout, un endroit s\u00fbr o\u00f9 vous pouvez rester.<\/p>\n<p>On peut apprendre plein de trucs rien qu\u2019en regardant et en r\u00e9fl\u00e9chissant. Mais il y a d\u2019autres trucs qu\u2019on ne peut savoir qu\u2019en les vivant soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Maman \u00e9tait une mine d\u2019informations sur les trucs qui se mangent, et la for\u00eat s\u2019emplissait de sa voix quand nous marchions ensemble. Mais elle \u00e9vitait les choses que je voulais vraiment savoir.<\/p>\n<p>L\u2019eau ne suit pas un cours rectiligne, elle contourne les arbres et les rochers, se faufile par les cols des montagnes, sans jamais cesser de descendre jusqu\u2019\u00e0 son but. \u00c0 observer Jesse, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 apprendre que, pour obtenir ce que l\u2019on veut, il est parfois plus simple de prendre son temps et de contourner les obstacles au lieu de tenter de passer en force.<\/p>\n<p>Ma t\u00eate s\u2019est remplie d\u2019images, comme des \u00e9clairs. Elles sont venues avec un torrent de sensations et elles se sont allum\u00e9es dans ma t\u00eate puis elles se sont \u00e9teintes tout aussi rapidement.<\/p>\n<p>Courir me lib\u00e9rait de tout \u00e7a. Me vidait. Et ce vide, je le remplissais de ciel et d\u2019arbres et d\u2019anticipation de ce que j\u2019allais trouver dans la journ\u00e9e pour me chauffer les entrailles.<\/p>\n<p>On continue \u00e0 manger, \u00e0 dormir, \u00e0 se r\u00e9veiller. La neige fond, les arbres et l\u2019herbe reverdissent, les jours rallongent puis raccourcissent. La neige revient, presque un an a pass\u00e9, et on se surprend \u00e0 continuer \u00e0 vivre, malgr\u00e9 le pire.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une forme de savoir qui plongeait ses racines au plus profond de la moelle des os, une chose dont vous ne pouviez m\u00eame pas douter parce qu\u2019elle faisait partie de vous, \u00e0 la fa\u00e7on dont des yeux marron ou des orteils boudin\u00e9s font partie de vous.<\/p>\n<p>Si vous coincez un animal apeur\u00e9, m\u00eame si vos intentions sont bonnes, il ne viendra jamais \u00e0 vous de son plein gr\u00e9.<\/p>\n<p>Il y aurait eu un mur entre elle et lui, comme il y avait un mur entre \u00e0 peu pr\u00e8s tout le monde. Un mur, ce truc qui permet \u00e0 chacun de garder des choses pour soi et de ne montrer que ce qu\u2019on veut bien montrer.<\/p>\n<p>Cette fa\u00e7on qu\u2019il avait d\u2019attendre patiemment que quelqu\u2019un donne voix \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9labor\u00e9e, de sorte que les gens croient qu\u2019ils l\u2019avaient eue eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>je me suis dit qu\u2019il s\u2019\u00e9tait heurt\u00e9 \u00e0 un mur \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui, un truc qu\u2019il \u00e9tait pas encore pr\u00eat \u00e0 escalader, dont il \u00e9tait pas encore pr\u00eat \u00e0 me parler.<\/p>\n<p>Vous avez beau vieillir, quel que soit l\u2019\u00e2ge que vous atteignez, vos parents l\u2019auront atteint avant vous, seront d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s par l\u00e0, et \u00e7a a quelque chose de r\u00e9confortant. Comme un sentier que vous ne connaissez pas, dans la for\u00eat, sur lequel il y aurait des traces de pas qui vous diraient que quelqu\u2019un l\u2019a d\u00e9j\u00e0 emprunt\u00e9. Jusqu\u2019au jour o\u00f9 vous arrivez \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 ces traces s\u2019arr\u00eatent.<\/p>\n<p>J\u2019avais jamais \u00e9t\u00e9 plus proche de quelqu\u2019un, et pas juste \u00e0 cause de la mani\u00e8re dont on s\u2019\u00e9tait enlac\u00e9s l\u2019un dans l\u2019autre, peau contre peau, nos membres entortill\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il me fasse l\u2019effet d\u2019\u00eatre un manteau que je pouvais porter.<\/p>\n<p>Rien que du vide autour de moi, un espace blanc sans fin, avec une montagne dans le lointain. C\u2019est ce qu\u2019on appelle un <em>paradoxe<\/em>, la fa\u00e7on dont \u00e7a peut vous remplir, un vide comme celui-l\u00e0.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ses yeux, son cerveau cherchait \u00e0 assembler les pi\u00e8ces d\u2019un puzzle. Son esprit travaillait vite, je pouvais presque l\u2019entendre cliqueter et ronronner comme une sorte de machine efficace.<\/p>\n<p>Quelque chose de sauvage s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 de moi, une intr\u00e9pidit\u00e9 poussait les mots, les faisait tambouriner contre mes l\u00e8vres, hurlant pour que je les laisse sortir<\/p>\n<p>On ne peut pas fuir la sauvagerie qu\u2019on a en soi.<\/p>\n<p>Les rires et les cris s\u2019\u00e9taient tus dans ma t\u00eate. \u00c0 leur place, j\u2019entendais le ruissellement de la chute, un peu plus loin vers l\u2019ouest. La petite crique o\u00f9 la rivi\u00e8re se d\u00e9versait dans le lac. L\u00e0-bas, l\u2019eau ne gelait jamais compl\u00e8tement, m\u00eame par le plus grand froid.<\/p>\n<p>Il y avait du silence aussi dans la t\u00eate de Papa, la pl\u00e9nitude et le vide de la for\u00eat avaient le m\u00eame effet sur lui que sur moi, nos soucis ne disparaissaient pas compl\u00e8tement, mais ils \u00e9taient comme la nature apr\u00e8s de fortes chutes de neige, quand tout est recouvert et qu\u2019on distingue encore la forme des choses mais qu\u2019elles n\u2019ont plus aucun tranchant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: Jamey Bradbury est originaire du Midwest et vit depuis quinze ans en Alaska. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionniste, actrice, secouriste et b\u00e9n\u00e9vole \u00e0 la Croix- Rouge. 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