{"id":862,"date":"2014-06-30T15:48:06","date_gmt":"2014-06-30T14:48:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=862"},"modified":"2020-09-19T12:06:25","modified_gmt":"2020-09-19T10:06:25","slug":"belinda-bauer-lappel-des-ombres-022012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=862","title":{"rendered":"Belinda Bauer \u00ab L\u2019Appel des ombres \u00bb (02\/2012)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice :<\/strong> Belinda Bauer grandit en Angleterre et en Afrique du Sud. Elle s&rsquo;installe \u00e0 Cardiff o\u00f9 elle travaille comme journaliste et sc\u00e9nariste pour la BBC. En France, ses livres sont publi\u00e9s chez Fleuve noir et 10\/18. Elle publie en 2009 son premier roman, Blacklands (Sous les bruy\u00e8res) avec lequel elle remporte le Gold Dagger Award en 2010. Elle a publi\u00e9 \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=855\">Sous les bruy\u00e8res<\/a>\u00a0\u00bb (2009,) \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=862\">L&rsquo;Appel des ombres<\/a>\u00a0\u00bb (2012), \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=590\">Le Voleur d&rsquo;enfants tristes<\/a> \u00bb ( 2013), \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1347\">\u00a0Cadavre 19<\/a>\u00a0\u00bb (2014), \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11723\">Arr\u00eat d\u2019urgence<\/a> \u00bb (2019)<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me volet des enqu\u00eates de Jonas Holly<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Des meurtres sans motif apparent, perp\u00e9tr\u00e9s contre les plus faibles de la communaut\u00e9. La petite bourgade de Shipcott, nich\u00e9e au creux des collines sombres d&rsquo;Exmoor et coup\u00e9e du monde par ce mois de janvier impitoyable, est sous le choc. Ici, tout le monde se conna\u00eet. Tout le monde s&rsquo;entraide. Et tout \u00e9tranger est imm\u00e9diatement rep\u00e9r\u00e9&#8230; Pourtant, quelqu&rsquo;un d\u00e9cime sans merci ceux qui ne peuvent se d\u00e9fendre. Le policier Jonas Holly, charg\u00e9 de l&rsquo;enqu\u00eate, sent la panique l&rsquo;envahir. Il devrait prot\u00e9ger ces hommes et ces femmes, c&rsquo;est son job. Seulement, les meurtres continuent et le tueur semble le narguer, en lui adressant des messages provocateurs et mena\u00e7ants. Et pendant qu&rsquo;il chasse cette ombre insaisissable, qui veillera sur Lucy, sa femme, cette victime id\u00e9ale qui ne peut quitter la maison seule ? Chasseur ou proie ? Dans un petit village isol\u00e9, sous un linceul de neige, les fronti\u00e8res s&rsquo;estompent&#8230;<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: Une fois encore j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par le talent de Belinda Bauer. Ca commence doucement, \u00e7a gonfle en intensit\u00e9\u00a0; on est pris , on se pose des questions, on fait les avanc\u00e9es et les reculades en m\u00eame temps que les personnages.. Connaissance est faire avec le deuxi\u00e8me protagoniste qui prendra toute sa dimension dans le troisi\u00e8me tome. Construction \u00e9labor\u00e9e, ambiance intimiste et d\u2019autant plus angoissante, personnages interessants, une s\u00e9rie qui me plait de plus en plus.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Il sentit en lui un rel\u00e2chement de tension, comme exploserait une vieille montre, dispersant des milliers de pi\u00e8ces et envoyant ses ressorts subitement d\u00e9tendus valser en tous sens.<\/p>\n<p>au cours de la nuit, par un \u00e9trange tour de passe-passe, la vie avait fait place au tr\u00e9pas, le chaud, au froid, et ce monde, au suivant<\/p>\n<p>les br\u00e8ves rafales de neige de la nuit pass\u00e9e semblaient s\u2019\u00eatre immisc\u00e9es dans les ondes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es parce que m\u00eame les rares cha\u00eenes accessibles n\u2019\u00e9taient d\u00e9sormais plus visibles qu\u2019\u00e0 travers un tourbillon blanc de parasites<\/p>\n<p>La matin\u00e9e \u00e9tait belle \u2013 la m\u00e9t\u00e9o, en tout cas<\/p>\n<p>Parfois elle se le rappelait, elle aussi. Comment elle avait \u00e9t\u00e9. C\u2019\u00e9tait \u00e7a le pire, tu sais\u00a0? Pas qu\u2019elle perde la boule, mais qu\u2019elle sache qu\u2019elle la perdait<\/p>\n<p>En faisant abstraction du drame, le monde n\u2019\u00e9tait que beaut\u00e9.<\/p>\n<p>le souvenir \u00e9tait bien l\u00e0, \u00e0 peine refoul\u00e9, tout pr\u00eat \u00e0 affleurer, d\u00e9chirer les chairs, rouvrir de vieilles blessures et les faire saigner de nouveau. Et il n\u2019y avait pas que les plaies. Il y avait le souvenir de la terreur qui faisait trembler, pisser, chaque fois qu\u2019un humain approchait et que s\u2019avan\u00e7ait une main, au cas o\u00f9 elle contiendrait non pas des bons morceaux mais une soudaine douleur aigu\u00eb, inflig\u00e9e par un \u00e9go\u00efste<\/p>\n<p>Les premiers flocons voltig\u00e8rent depuis le ciel de velours noir telles de petites \u00e9toiles \u00e9gar\u00e9es, et en quelques minutes \u00e0 peine, les galaxies elles-m\u00eames pleuvaient<\/p>\n<p>Il avait tellement l\u2019habitude de son Land Rover et de ses quatre roues motrices avec son dispositif de freins anti-blocage, que la Volkswagen lui faisait l\u2019effet d\u2019\u00eatre en rollers dans la neige.<\/p>\n<p>Les maisons \u00e9taient plant\u00e9es l\u00e0 o\u00f9 elles \u00e9taient tomb\u00e9es \u2013 quelques-unes par ci, quelques autres par l\u00e0, une douzaine \u00e9parpill\u00e9e le long de la rivi\u00e8re de part et d\u2019autre d\u2019un pont en pierre en dos d\u2019\u00e2ne sournois qui ne laissait passer qu\u2019une voiture \u00e0 la fois, en d\u00e9pit des larges voies d\u2019acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Elle s\u2019effondra sous ses yeux, tandis que des larmes coul\u00e8rent si fort sur ses joues qu\u2019elles rebondirent sur la table comme tomb\u00e9es d\u2019un robinet d\u00e9fectueux<\/p>\n<p>Parfois, il fallait accepter de n\u2019\u00eatre que ce qu\u2019on \u00e9tait. Et ce qu\u2019on ne serait jamais<\/p>\n<p>Il avait pass\u00e9 la plus grande partie d\u2019une nuit blanche \u00e0 arpenter les all\u00e9es des pourquoi\u00a0? Et ce n\u2019est qu\u2019en redescendant la colline en direction du village qu\u2019il avait pris conscience que la seule question \u00e0 laquelle il devait r\u00e9ellement s\u2019attacher \u00e9tait\u00a0: qui\u00a0?<\/p>\n<p>Il ne savait plus o\u00f9 l\u2019on pouvait tirer un trait entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, le bon et le mauvais, le bien et le mal<\/p>\n<p>De l\u2019endroit terrifiant o\u00f9 les souvenirs remontaient comme des poissons morts, pour rompre la calme surface de ses pens\u00e9es.<\/p>\n<p>Il savait aussi, dans le secret de son c\u0153ur, que s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas tenu de sortir chaque jour, il se pourrait bien qu\u2019il ne sorte plus jamais de chez lui\u00a0; qu\u2019il risquait de se replier entre les murs de la maison et de trop repenser \u00e0 ce qui avait failli se produire, \u00e0 quel point la chose avait \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9e de peu.<\/p>\n<p>Mais bon, peut-\u00eatre sa v\u00e9rit\u00e9 n\u2019\u00e9tait-elle pas la v\u00e9rit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : Belinda Bauer grandit en Angleterre et en Afrique du Sud. 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