{"id":9020,"date":"2019-07-10T10:09:47","date_gmt":"2019-07-10T09:09:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9020"},"modified":"2019-07-10T10:10:36","modified_gmt":"2019-07-10T09:10:36","slug":"le-guellec-gwenael-armorican-psycho-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9020","title":{"rendered":"Le Guellec, Gwenael \u00abArmorican Psycho\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Auteur&nbsp;<\/strong>: N\u00e9 en 1982 \u00e0 Brest, en Bretagne, et passionn\u00e9 de voyages, de photographie et de musique \u00e9lectronique, il r\u00e9side en Ile-de-France depuis 2006. \u00ab\u00a0Armorican Psycho\u00a0\u00bb est son premier roman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les nouveaux auteurs \u2013\n11.04.2019 \u2013 699 pages &#8211; Prix du suspense\nPsychologique <em><strong>2019<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>&nbsp;: Au lendemain de la f\u00eate des morts, une temp\u00eate sans pr\u00e9c\u00e9dent s&#8217;empare de la pointe armoricaine, plongeant la cit\u00e9 du Ponant dans une pluie sans fin. Photographe amateur atteint d\u2019achromatopsie, une crainte obsessionnelle de la lumi\u00e8re associ\u00e9e \u00e0 une absence totale de vision des couleurs, Yoran Rosko vit retir\u00e9 dans son appartement sur le port et ne sort que la nuit. Il est appel\u00e9 pour confirmer l&rsquo;identit\u00e9 du cadavre de l&rsquo;homme qui lui avait permis de faire ses premiers pas dans le huiti\u00e8me art, retrouv\u00e9 mort \u00e0 son domicile, le corps mutil\u00e9 et recouvert de sel. Sauf que ce corps s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre celui d&rsquo;un ancien capitaine de cargo norv\u00e9gien, disparu en mer en 1995&#8230;<br \/>La traque d&rsquo;un tueur insaisissable \u00e0 travers le prisme noir et blanc d&rsquo;un photographe. Difficile de refermer la derni\u00e8re page ! Yoran Rosko, photographe solitaire atteint d&rsquo;une maladie rare le contraignant \u00e0 vivre dans un monde d\u00e9nu\u00e9 de couleur, enqu\u00eate sur la disparition de Claude, son ami et mentor. De Brest au cercle polaire, il va se retrouver confront\u00e9 au \u00ab\u00a0Tueur de sels, un myst\u00e9rieux tueur en s\u00e9rie Insaisissable, aux motivations obscures. <br \/> Et si cette chasse \u00e0 l&rsquo;homme cachait un secret encore plus inavouable&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mon avis<\/strong>&nbsp;: Le moins que l\u2019on puisse dire c\u2019est que Brest, en novembre, quand il fait froid et qu\u2019il pleut, c\u2018est tout sauf accueillant, \u2026 Du coup, je me dis que le fait que Rosko soit g\u00ean\u00e9 par la lumi\u00e8re du soleil, ne voie pas les couleurs et visionne la r\u00e9alit\u00e9 en tonalit\u00e9s de gris et noir ne doit pas changer grand-chose au paysage. Lui qui de plus voue sa vie professionnelle \u00e0 la photographie en noir et blanc est dans le cadre qui lui convient parfaitement. C\u2019est davantage un roman visuel en d\u00e9grad\u00e9s qu\u2019un roman qui m\u2019a int\u00e9ress\u00e9 par le style de l\u2019auteur qui n\u2019est pas flamboyant. Tout est en nuances \u2026 jusqu\u2019aux meurtres qui sont blancs de sel\u2026 il d\u00e9crit parfaitement le cot\u00e9 glauque du port de Brest, des quais battus par le vent et la pluie, des ruelles d\u00e9sertes et peu accueillantes, et le choix entre rideaux de crachin ou de fum\u00e9e. On y rajoute un tueur en s\u00e9rie \u2026 et l\u2019attrait de Brest est encore plus restreint\u2026 On rel\u00e8vera toutefois que tout comme dans les villes et villages de p\u00e9cheurs, les restes de peinture des bateaux servent \u00e0 peindre les maisons, les cabanes de plage, les entrep\u00f4ts pour donner un peu de couleur au monde qui nous entoure. Mais comme c\u2019est en hiver, de nuit et sous la temp\u00eate, on ne peut pas dire qu\u2019on en profite\u2026 &nbsp;<br \/>Passer des quais de Brest \u00e0 ceux d\u2019Oslo ne change pas grand-chose&nbsp;: toujours aussi grisouille, venteux, pluvieux, froid et brouillardeux. Un peu plus anxiog\u00e8ne car Rosko est en pays inconnu. Et on va enchainer sur Bergen, \u00ab&nbsp;la ville de la pluie&nbsp;\u00bb, les \u00eeles F\u00e9ro\u00e9, l\u2019oc\u00e9an gris miroir, l\u2019Islande en hiver\u2026<br \/>La piste&nbsp;: une vieille photo en \u2026 mais oui&nbsp;! en noir et blanc. Et sur un bateau, le temps est toujours aussi \u00e9pouvantable. Une mer d\u00e9mont\u00e9e, des avaries, des marins peu accueillants. Rosko avance, seul dans la tourmente&nbsp;: suspense en eaux troubles. L\u2019ambiance est \u00e0 l\u2019unisson avec la m\u00e9t\u00e9o\u2026 on avance dans le brouillard et le suspense est l\u00e0. O\u00f9 va-t-on&nbsp;? apr\u00e8s le rideau de pluie, apr\u00e8s la vague, la v\u00e9rit\u00e9 va-t-elle transparaitre&nbsp;? <br \/>J\u2019ai bien aim\u00e9 cet enqu\u00eateur solitaire, qui trace sa route avec les moyens du bord, au feeling et \u00e0 l\u2019instinct. C\u00f4t\u00e9 flics, ce n\u2019est pas la gloire. Il y a le flic brestois qui enqu\u00eate \u00e9galement en solo, le kador d\u00e9barqu\u00e9 sur place qui se la joue\u2026 Une qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9 qui va s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer avec le retour \u00e0 Brest de Rosko et la mise en commun des deux enqu\u00eates des deux solistes. Il faudra remonter loin dans le pass\u00e9 pour trouver les motivations du coupable. <br \/>Bien aim\u00e9 aussi la bande son, les petites r\u00e9f\u00e9rences telles que celle du titre \u00ab&nbsp;Armorican Psycho&nbsp;\u00bb, la mention de Jack Kerouac. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Extraits<\/strong>&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Mai Tai&nbsp;\u00bb signifiait \u00ab&nbsp;le meilleur&nbsp;\u00bb\nen tahitien, et pour lui, c\u2019\u00e9tait on ne peut plus proche de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Auroville, la ville de l\u2019Aurore [\u2026] Auroville avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1968 dans ce qui \u00e9tait alors un d\u00e9sert, par celle que tout le monde appelait ici la M\u00e8re. De son vrai nom Mirra Alfassa et d\u2019origine fran\u00e7aise, M\u00e8re avait eu pour ambition de construire une communaut\u00e9 humaine universelle vivant en harmonie et ind\u00e9pendante de toute nation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils marchaient sous une pluie fine jusqu\u2019aux cabanes, Croisic prenant l\u2019initiative dans la discussion. Non par volont\u00e9 r\u00e9elle d\u2019\u00e9clairer son interlocuteur, pensa Yoran, mais probablement davantage pour d\u00e9cider des questions avant d\u2019y r\u00e9pondre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque Brestois avait une histoire \u00e0 raconter \u00e0 propos du\nquartier de Recouvrance, dont le pont constituait le lien privil\u00e9gi\u00e9 avec le\ncentre-ville. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la vieille tour Tanguy et le jardin des Explorateurs,\nde l\u2019autre, le ch\u00e2teau de Brest, r\u00e9gnant sur la cit\u00e9 du haut de ses dix-sept\nsi\u00e8cles, et l\u2019Arbre emphatique d\u2019Enric Ruiz Geli et ses sept plantes.\nL\u2019alliance, si brestoise, entre pass\u00e9 regrett\u00e9 et avenir esp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">il n\u2019y avait que trois saisons dans le Tamil Nadu, celle o\u00f9 il faisait chaud, celle o\u00f9 il faisait tr\u00e8s chaud et celle o\u00f9 il faisait trop chaud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous \u00eates une balise de d\u00e9tresse dansant dans un raz-de-mar\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle s\u2019appr\u00eatait \u00e0 effectuer le chemin inverse, lorsqu\u2019une\nseconde vague, la pire, celle de l\u2019effroi, celle qui glace le sang \u00e0 tout\njamais, s\u2019empara de ses derniers \u00e9lans de volont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ignorant l\u2019heure qu\u2019il \u00e9tait, il avait d\u00e9cid\u00e9 de laisser le\ntemps s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On aurait dit que la nuit \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en train de tomber. \u00c0\nmoins que ce ne soit le jour qui f\u00fbt en train de se lever. Il suivait du regard\nles sillons d\u2019eau de pluie qui constellaient en continu sa baie vitr\u00e9e, sans se\nsoucier de la temp\u00eate qui balayait les bateaux de plaisance du port, comme\nautant de minuscules osselets en pleine \u00ab&nbsp;retournette&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les questions se bousculaient dans son esprit, bien plus que\nles r\u00e9ponses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e7a sentait le neuf. Le vieux. Le bois. La\nferraille. La peinture. La rouille. La vie du port, dans toute sa splendeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ombre \u00e9tait celle d\u2019un homme \u00e2g\u00e9, us\u00e9 et fatigu\u00e9, portant\nsur lui les stigmates de ce qui avait d\u00fb \u00eatre une longue et p\u00e9nible travers\u00e9e.\n\u00c0 moins que ce ne f\u00fbt sa vie qui l\u2019ait \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La peur au ventre. C\u2019\u00e9tait \u00e7a son moteur. Cette terreur,\nint\u00e9rieure et pourtant tellement palpable, l\u2019avait men\u00e9 ici.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;hellig&nbsp;\u00bb se rattachait au sacr\u00e9. C\u2019\u00e9tait le terme\nqui permettait de qualifier les saints. En Bretagne aussi, les bateaux portant\ndes noms de saints \u00e9taient nombreux, donc rien de fracassant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Devant lui se d\u00e9ployait l\u2019ossature du mus\u00e9e d\u2019art moderne\nd\u2019Oslo, tout de bois, de verre et d\u2019acier, et dont il jugea le design \u00e0\nmi-chemin entre la raie manta et l\u2019ovni.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tu sais, la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est jamais plus insupportable que l\u2019injustice. Jamais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le contexte \u00e9tait si critique que la SRPJ de Rennes avait d\u00e9p\u00each\u00e9 un super flic \u00e0 Brest. Un cow-boy que la r\u00e9putation pr\u00e9c\u00e9dait. En fait, c\u2019\u00e9tait un peu comme si Jack Bauer prenait la rel\u00e8ve de Derrick.<br \/>Et \u00e7a faisait mal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Yggdrasil, l\u2019Arbre du Monde de la mythologie nordique<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n\u2019y avait rien que l\u2019on pouvait faire <em>pour<\/em> \u00e7a ou <em>contre<\/em> \u00e7a. Les\nchoses \u00e9taient ainsi. Au m\u00eame titre qu\u2019un caniche ne battrait jamais un l\u00e9vrier\n\u00e0 la\ncourse. Ou que l\u2019\u00e9clat de la lune ne pouvait pas rivaliser avec celui du soleil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les abers \u00e9taient \u00e0 la Bretagne ce que les fjords \u00e9taient\n\u00e0 la Norv\u00e8ge. De longues baies aussi resserr\u00e9es que profondes, berceaux de\nfleuves c\u00f4tiers se jetant dans la mer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur&nbsp;: N\u00e9 en 1982 \u00e0 Brest, en Bretagne, et passionn\u00e9 de voyages, de photographie et de musique \u00e9lectronique, il r\u00e9side en Ile-de-France depuis 2006. \u00ab\u00a0Armorican Psycho\u00a0\u00bb est son premier roman. 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