{"id":9387,"date":"2019-09-18T13:00:15","date_gmt":"2019-09-18T12:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9387"},"modified":"2023-08-04T10:06:13","modified_gmt":"2023-08-04T08:06:13","slug":"di-fulvio-luca-les-prisonniers-de-la-liberte-rl2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9387","title":{"rendered":"Di Fulvio, Luca \u00abLes prisonniers de la libert\u00e9 \u00bb (RL2019)"},"content":{"rendered":"\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Luca Di Fulvio &#8211; n\u00e9 le 13 mai 1957 \u00e0 Rome et mort le 31 mai 2023 &#8211; est un homme de th\u00e9\u00e2tre et un \u00e9crivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de litt\u00e9rature d\u2019enfance et de jeunesse. Il est devenu l\u2019un des nouveaux ph\u00e9nom\u00e8nes litt\u00e9raires \u00e0 suivre avec la sortie de \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3909\">Le gang des r\u00eaves<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0La gang dei sogni\u00a0\u00bb, 2008) publi\u00e9 en France en juin 2016 chez Slatkine &amp; Cie et premier tome d\u2019une forme de trilogie. Pl\u00e9biscit\u00e9 par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des ann\u00e9es 20 par les yeux d\u2019un jeune Italien, s\u2019est lentement mais s\u00fbrement transform\u00e9 en best-seller. Suivra, un an plus tard, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7653\">Les enfants de Venise<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb (La ragazza che toccava il cielo, 2013) puis \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9107\">Le soleil des rebelles\u00a0<\/a><\/span>\u00bb (Il bambino che trov\u00f2 il sole di notte 2015), \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9387\">Les prisonniers de la libert\u00e9<\/a> <\/span>\u00bb (la figlia della libert\u00e0 2018) RL2019,\u00a0\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14564\">Mamma Roma<\/a><\/span> \u00bb (La ballata della citt\u00e0 eterna 2020) (RL2021), \u00ab Le paradis cach\u00e9 \u00bb (RL2023)<\/p>\r\n<p>En 2020 il publie son premier roman jeunesse \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12309\">Les aventuriers de l&rsquo;autre monde<\/a><\/span>\u00bb (I ragazzi dell&rsquo;altro mare)<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Slatkine &amp; Cie \u2013 12.09.2019 \u2013 653 pages<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: 1913, trois jeunes gens embarquent pour l\u2019Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcel\u00e9e, elle n\u2019a eu d\u2019autre choix que d\u2019abandonner sa ferme. Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derri\u00e8re lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre \u00e0 la Mafia locale. Raechel, petite juive russe, a vu sa famille d\u00e9cim\u00e9e dans un pogrom. Elle n\u2019emporte avec elle que le souvenir de son p\u00e8re. Le nouveau monde les r\u00e9unira.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s New York, Luca Di Fulvio nous emm\u00e8ne \u00e0 Buenos Aires. Un parcours sem\u00e9 d\u2019embuches, o\u00f9 amiti\u00e9, amour et trahisons s\u2019entrem\u00ealent\u2026\u00a0 Un grand Di Fulvio.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Un tr\u00e8s grand merci aux Editions Slatkine &amp; Cie pour l\u2019envoi de ce livre qui est juste un magnifique cadeau.\u00a0 Le talent de conteur de l\u2019auteur se confirme au fil des ans et une fois de plus, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emport\u00e9e d\u00e8s la premi\u00e8re page. Un \u00e9norme coup de coeur.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Les M\u00e8res de la place de Mai\u00a0\u00bb qui font encore et toujours l\u2019actualit\u00e9 en ce d\u00e9but de XXI\u00e8me si\u00e8cle en luttant pour la dignit\u00e9, le respect des droits des femmes et des droits humains, la libert\u00e9 de penser et de s\u2019exprimer, ont de qui tenir. Ce sont sans nul doute les descendantes des h\u00e9ro\u00efnes de ce livre, d\u00e9barqu\u00e9es il y a un si\u00e8cle en Argentine, dans le \u00ab\u00a0nouveau monde\u00a0\u00bb qui \u00e0 premi\u00e8re vue, ressemblait diablement \u00e0 l\u2019ancien\u00a0! Un livre \u00e0 la gloire de ceux qui refusent de se soumettre, qui brisent la ligne qui leur avait \u00e9t\u00e9 trac\u00e9e par d\u2019autres, qui veulent voir triompher la justice et la libert\u00e9. Un homme, Rocco, que tout destinait \u00e0 suivre les traces de son p\u00e8re, un maffieux pur et dur. Une jeune femme, Rosetta, d\u2019une beaut\u00e9 \u00e0 couper le souffle qui n\u2019a d\u2019autre choix que de traverser les oc\u00e9ans pour sauver sa vie. Et Raechel, un vilain petit canard, qui va fuir sa Russie natale pour \u00e9chapper \u00e0 une vie de pers\u00e9cution aux ordres de sa belle-m\u00e8re. Une travers\u00e9e \u00e9prouvante pour, au final, se retrouver dans la fange du d\u00e9part, voire bien pire. Avec leur courage, leurs armes et surtout leur volont\u00e9 de survivre, de vivre debout, de toujours se relever et de croire en eux, ces trois personnages vont se relever \u00e0 chaque chute pour continuer \u00e0 vivre, faire que leurs r\u00eaves se r\u00e9alisent. Ils vont puiser dans leur foi en eux pour mettre un pied devant l\u2019autre. Ils vont d\u00e9couvrir la puissance des r\u00eaves, de l\u2019entraide, de la foi en l\u2019impossible pour le faire devenir possible. Et que rien n\u2019est jamais perdu quand on \u00e9pouse les bonnes causes et qu\u2019on s\u2019allie aux bonnes personnes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un livre qui montre que rien n\u2019est jamais fini, que, comme le dit Mona Chollet dans l\u2019essai que je viens de lire, <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9363\">\u00ab\u00a0Sorci\u00e8res &#8211; La puissance invaincue des femmes\u00a0\u00bb\u00a0<\/a>; les femmes sont redoutables et invincibles quand on leur donne la possibilit\u00e9 de relever la t\u00eate et quand certaines montrent la voie et leur redonnent la facult\u00e9 de croire. L\u2019auteur incite aussi l\u2019importance des mots, de l\u2019\u00e9ducation, de la coh\u00e9sion sociale face \u00e0 la corruption, au monde de l\u2019argent, de la drogue, de la violence et de la force.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusqu\u2019au bout j\u2019ai trembl\u00e9 et vibr\u00e9\u00a0; jusqu\u2019au bout le suspense est total. J\u2019ai aim\u00e9 aussi la fa\u00e7on dont certains \u00ab\u00a0m\u00e9chants\u00a0\u00bb ne sont au final que des hommes qui peuvent se r\u00e9v\u00e9ler moins brutes que ce que la fa\u00e7ade laissait penser, des carapaces avec certaines failles. Beaucoup de magnifiques personnages secondaires aussi, humains derri\u00e8re les masques. Et au final une fresque somptueuse comme l\u2019auteur sait si bien les peindre avec des mots, des couleurs, des femmes et des hommes \u00ab\u00a0debout\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">T\u00f4t ou tard, tout le monde meurt, et en Sicile, le plomb est une maladie comme une autre<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 le mode de vie r\u00e9sign\u00e9 de leur communaut\u00e9, son p\u00e8re lui avait appris que tout \u00eatre humain est l\u2019enfant de ses propres choix, et que chacun a le devoir de d\u00e9terminer son propre destin.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses cheveux serr\u00e9s dans un chignon strict, comme ceux d\u2019une vieille dame, n\u2019\u00e9taient plus comme avant un scandaleux \u00e9tendard de la libert\u00e9, livr\u00e9 aux caresses du vent.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on est enfant, on est libre de croire aux contes. Mais quand on devient grand\u2026 on sait que le P\u00e8re No\u00ebl n\u2019existe pas, ajouta-t-il avec un regard bienveillant.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Au village, on disait que tu te comportais comme un homme, commen\u00e7a-t-il \u00e0 grand peine, que tu croyais avoir des couilles et que c\u2019\u00e9tait p\u00e9ch\u00e9\u2026 parce que Dieu a cr\u00e9\u00e9 les femmes sans couilles\u2026\u00a0\u00bb Il donna un coup de pied \u00e0 deux cailloux, l\u2019air g\u00ean\u00e9. \u00ab\u00a0Mais tant que tu n\u2019es pas en s\u00e9curit\u00e9, continua-t-il en levant les yeux vers elle\u2026 tu as int\u00e9r\u00eat \u00e0 les garder, tes couilles\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle \u00e9tait seule, songea-t-il, seule comme lui, seule \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Une solitude qu\u2019aucune pr\u00e9sence ne pouvait combler.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce fl\u00e9chissement, ce regard trop insistant avait un nom\u00a0: l\u2019attirance. Mais c\u2019\u00e9tait un mot trop lourd pour deux solitaires comme eux. Ils savaient exactement ce qu\u2019ils fuyaient, mais n\u2019avaient aucune id\u00e9e de ce vers quoi ils se dirigeaient. Au fil des heures, le silence se fit tellement obstin\u00e9 et anormal que, dans leur esprit \u00e0 tous les deux, il \u00e9tait devenu plus bruyant que n\u2019importe quelle conversation.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le ciel \u00e9tait bleu fonc\u00e9, noir et violac\u00e9, de la m\u00eame couleur que les marques sur le corps des filles, un ciel tum\u00e9fi\u00e9. Comme si Dieu lui-m\u00eame avait \u00e9t\u00e9 tabass\u00e9, pensa-t-elle.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis sa naissance, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019elle se voyait tout enti\u00e8re. Elle observa la forme de ses \u00e9paules, droites et robustes, la pl\u00e9nitude de ses seins, la courbe de ses hanches, ses longues jambes fusel\u00e9es, et ses cheveux d\u2019un noir brillant, c\u2019\u00e9tait comme si elle se d\u00e9couvrait, elle faisait pour la premi\u00e8re fois connaissance avec elle-m\u00eame, \u00e0 vingt ans.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et \u00e0 Buenos Aires, \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres de distance, alors qu\u2019un oc\u00e9an entier le s\u00e9parait de la Sicile, tout avait l\u2019air identique, son destin compris. La mafia, c\u2019est comme la glu\u00a0: une fois sur toi, tu ne peux plus t\u2019en d\u00e9barrasser.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le baron adorait la pauvret\u00e9\u00a0: la pauvret\u00e9, c\u2019\u00e9tait la v\u00e9ritable richesse des riches, c\u2019\u00e9tait la clef magique pour obliger les gens \u00e0 accepter ce qu\u2019ils n\u2019accepteraient jamais autrement.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014\u00a0Toi, tu es la derni\u00e8re roue du carrosse<br \/>\u2014\u00a0Peut-\u00eatre, mais les balles, c\u2019est emmerdant m\u00eame pour les roues.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">tout \u00eatre humain a le devoir, plus encore que le droit, d\u2019\u00e9crire son propre destin.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais peut-\u00eatre que tu ne sais plus qui tu es. Il avait raison. Elle savait qui elle avait \u00e9t\u00e9, mais pas qui elle \u00e9tait aujourd\u2019hui.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eux aussi \u00e9taient en cage. Leurs barreaux avaient pour nom mis\u00e8re et ignorance.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014\u00a0Tu sais ce que j\u2019adore, chez toi\u00a0? C\u2019est que tu aimes marcher au bord du pr\u00e9cipice, comme un candidat au suicide.<br \/>\u2014\u00a0C\u2019est la seule bande de terre o\u00f9 on peut marcher librement, r\u00e9pliqua-t-il en haussant les \u00e9paules. \u00c0 ce qu\u2019il para\u00eet, vous avez pris tout le reste.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est alors que la nuit avait commenc\u00e9. Elle l\u2019appelait ainsi. La nuit, cet univers de t\u00e9n\u00e8bres o\u00f9 personne ne la voyait plus.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et de toute fa\u00e7on, trouver une personne \u00e0 Buenos Aires, sauf si elle fait tout pour se faire remarquer, c\u2019est pratiquement impossible. Cette ville\u2026 engloutit les gens, elle les efface.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il secoua la t\u00eate pour se d\u00e9barrasser de cette pens\u00e9e angoissante. Les fautes des p\u00e8res \u00e9taient des cha\u00eenes qui emprisonnaient leurs enfants. En tout cas, c\u2019\u00e9tait son sentiment.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y avait des moments o\u00f9 il aurait voulu l\u2019\u00e9trangler, le vieux. Mais c\u2019\u00e9tait aussi le seul \u00eatre au monde capable de percer son armure d\u2019acier, le seul \u00e0 pouvoir glisser une main \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa cuirasse et atteindre son c\u0153ur.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">cela \u00e9voquait le calme avant la temp\u00eate. Tout se tait, pas un poil de vent, le ciel est sombre, bas et compact comme si on pouvait le couper au couteau, et on croirait que l\u2019univers entier retient son souffle. Mais tout le monde savait que le silence allait bient\u00f4t \u00eatre d\u00e9chir\u00e9 par le fracas des armes, et que le ciel vomirait alors des flots de sang.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 quelque chose qu\u2019une femme ne saurait pas faire\u00a0\u00bb, commenta Delrio, comme d\u2019habitude. \u00ab\u00a0Voil\u00e0 quelque chose que vous ne permettez pas \u00e0 une femme de faire\u00a0\u00bb, pensa Raquel.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jour apr\u00e8s jour, s\u2019oubliant elle-m\u00eame pour se concentrer sur les autres, elle commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9chiffrer la vie comme elle ne l\u2019avait jamais fait auparavant. Et elle se rendit compte qu\u2019\u00eatre un homme, dans cette ville de tous les extr\u00eames, \u00e9tait vraiment un truc pour les durs \u00e0 cuire. Les autres \u00e9taient balay\u00e9s.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On dit souvent que notre ville est une fourmili\u00e8re. Mais c\u2019est une erreur. Dans les fourmili\u00e8res, les fourmis collaborent entre elles, elles ne se tabassent pas du soir au matin. Buenos Aires est une ville dure, qui ne fait pas de cadeau.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, des femmes avaient commenc\u00e9 \u00e0 employer des termes dangereux comme justice et libert\u00e9, des mots qui sonnaient tr\u00e8s bien dans la bouche des hommes, mais pas dans celle des femmes. Car chez elles, ces mots pouvaient en sous-entendre un autre, bien plus scandaleux, qui \u00e9tait \u00e9galit\u00e9. L\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits. Ridicule\u00a0!<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais maintenant, j\u2019ai compris une chose. Si on commence \u00e0 fuir, apr\u00e8s, on ne s\u2019arr\u00eate plus.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il le regarda encore, l\u00e0 o\u00f9 personne ne savait regarder\u00a0: au fond de son \u00e2me, dans la zone sombre o\u00f9 \u00e9tait tapie la b\u00eate. Et il se r\u00e9jouit de ne pas \u00eatre son ennemi.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014\u00a0Si tu avais une arm\u00e9e comme \u00e7a, tu gagnerais la guerre\u00a0!<br \/>\u2014\u00a0Merde, qu\u2019est-ce que tu racontes\u00a0? Une arm\u00e9e de femmes\u00a0?<br \/>\u2014\u00a0Une arm\u00e9e de c\u0153urs\u00a0!<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tous les autres avaient l\u2019impression qu\u2019ils \u00e9taient silencieux, mais leurs yeux \u00e9taient remplis de tous les mots qu\u2019ils ne pourraient jamais se dire. Et ils se les disaient sans aucune pudeur, sans rien garder pour soi, sans rien cacher \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Dans la jungle, chaque animal vit uniquement parce qu\u2019il veut survivre.\u00a0\u00bb Un bref nuage de tristesse traversa son regard autrefois de glace. \u00ab\u00a0Le jour o\u00f9 il n\u2019a plus la volont\u00e9\u2026 il est condamn\u00e9. \u00c7a peut prendre une minute, une heure ou un jour, le temps n\u2019est qu\u2019une illusion\u2026 Et cet animal, qu\u2019il soit un roi ou un moins que rien, ne tardera pas \u00e0 mourir. Il mourrait m\u00eame sans avoir d\u2019ennemis, parce que c\u2019est l\u00e0 que se niche son pr\u00e9dateur\u2026\u00a0\u00bb Et il frappa son c\u0153ur du doigt. \u00ab\u00a0Il est sa propre mort.\u00a0\u00bb<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Luca Di Fulvio &#8211; n\u00e9 le 13 mai 1957 \u00e0 Rome et mort le 31 mai 2023 &#8211; est un homme de th\u00e9\u00e2tre et un \u00e9crivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de litt\u00e9rature d\u2019enfance et de jeunesse. 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