Norek, Olivier « Code 93 » 2013

Norek, Olivier « Code 93 » 2013

Auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, il publie « Entre deux mondes » en 2017.

1ère enquête du capitaine Victor Coste

Résumé : Victor Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits.

Une série de découvertes étranges – un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d’autocombustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…

Écrit par un « vrai flic », Code 93 se singularise par une authenticité qui doit tout à l’expérience de son auteur. Mais il témoigne aussi d’une belle maîtrise des sentiments et relève un véritable défi en matière de suspense, dans un environnement proche et pourtant méconnu. Cette plongée inattendue dans un monde de manipulations criminelles au sein des milieux de la politique et de la finance nous laisse médusés.

Mon avis : Il ne fait pas dans la dentelle ! Mais pas non plus dans la caricature. Je ne vis pas dans le 9.3 mais il donne vraiment l’impression d’écrire en adéquation avec la réalité. On a l’impression de faire partie de l’équipe, composée de personnalités qui sonnent « vrai ». J’ai beaucoup aimé. Il y a de l’action, de l’amitié, pas de temps morts. … Il travaille à la construction et la déconstruction des personnes qui deviennent des criminels. Il suit une personne et tente de comprendre ce qui a fait qu’il est passé à l’acte, qu’il est devenu un « monstre ». Le but de l’équipe est la protection de la victime. Il dépeint aussi la vie des « flics », avec pour moteur « la victime », le temps qui passe.. et le risque de voir une nouvelle victime.. L’urgence. Ces personnages sont très humains, des flics normaux, ni pourris ni casse-cou… Cela ferait une superbe série télévisée…

En interview il a déclaré : «80 % de ce que je décris sont vrais : la manière d’inspecter, les relations entre flics, le travail avec le légiste, les moyens inégaux dans les services».

Extraits :

Quatre voies grises et sans fin s’enfonçant comme une lance dans le cœur de la banlieue. Au fur et à mesure, voir les maisons devenir immeubles et les immeubles devenir tours.

Dans le XVIe, quand on gueule « police » tout le monde se paralyse, même ceux qui ne sont pas concernés. Quand on annonce « police » dans le 93, les racailles entendent « pool ! » et sortent les fusils

La télévision n’offrait de toute façon rien d’autre. Séries sur les flics, films sur les flics, reportages sur les flics. Il n’avait jamais compris pourquoi les gens les détestaient autant en vrai qu’ils les adoraient en fiction.

Avec cette enquête, c’était un pas en avant pour deux en arrière et il n’avait jamais été très bon danseur.

son visage donnait l’impression d’un linge froissé taché de maquillage, proche d’un Picasso raté.

Sa faiblesse, c’était l’Autre, il le savait. L’entendre était différent

– Vous jugez, ou vous écoutez ? – Les deux sont indissociables.

On peut toujours tenter de vendre une maison en ruine tant que la façade présente bien

– Je suis davantage café, avec du sucre plutôt que des somnifères.

Certaines strates sont trop élevées pour que la Justice vienne y jouer les alpinistes

 

photo : « Banlieue 93 » – © Arnau Bach ·

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