Villemin-Sicherman, Anne « 1803 : La nuit de la sage-femme » (2024) 336 pages
Autrice: Anne Villemin Sicherman, autrice française née le 6 février 1951 à Pont-à-Mousson. Elle est l’auteur d’une série de romans policiers historiques dont l’intrigue se déroule essentiellement à Metz, à la fin du XVIII e siècle.
Après une carrière de médecin gynécologue, elle se consacre désormais à l’écriture de romans historiques à intrigues policières et a été lauréate du prix Historia. Sa série des enquêtes d’Augustin Duroch plonge le lecteur dans la vie quotidienne sous l’Ancien Régime.
Série Augustin Duroch : Guet-apens rue des Juifs – L’Argent des farines – Le Souper de Lafayette – Un bûcher pour Versailles – L’Abbé Grégoire s’en mêle – Rumeur 1789 – Retour à Varennes – La Femme rouge – La Dernière Chance d’Éléonore – Les Disparus de germinal,
Elle mêle à des intrigues policières, aux côtés de personnages de fiction, des personnalités historiques, comme, dans les premiers volumes, Charles Alexandre de Calonne, intendant des Trois-Evêchés à Metz, puis Contrôleur général des finances de Louis XVI, puis l’abbé Grégoire, ou encore Pierre Louis Roederer. On y vit aussi des évènements historiques, comme le Concours de Metz de 1787 et 1788, lancé par l’Académie Royale de Metz, et qui a constitué une étape importante dans l’émancipation des juifs de France, et surtout, la fuite à Varennes, de Louis XVI et Marie Antoinette et la bataille de Valmy. Dans son dernier ouvrage c’est la terreur qui assombrit la vie des messins en 1794. (Source wikipedia)
Série Victoire Montfort : 1803, la nuit de la sage-femme (2023) – 1812, le fiancé de Russie (2024) – 1814, Typhus (2026)
Comme dans la série précédente, des personnages historiques y sont mis en scène, à côté de personnages de fiction. On voit apparaitre, par exemple, dans 1803, la nuit de la sage-femme, Germaine de Staël, Benjamin Constant, Charles de Villers, Dorothea von Rodde, le Préfet Colchen, et le médecin accoucheur Morlanne.
Dans 1812, le fiancé de Russie, c’est aussi Napoléon lui-même, et l’impératrice Marie-Louise, mais aussi le Préfet Vaublanc, et le mathématicien Olry Terquem, qui apparaissent, certains avec un rôle important dans l’intrigue. Le rôle principal y est assumé par Victoire Monfort, une sage-femme, épouse d’un commissaire de police. (Source wikipedia)
Une enquête de Victoire Montfort – tome 1
10/18 – 02.02.2023 – 307 pages / Polar – 18.04.2024 – 336 pages
Résumé:
Un mort revient à la vie et réveille ainsi de vieilles craintes d’agitation politique…
Metz, automne 1803. Un événement secoue la ville : au cimetière de la Chambière, un mort est revenu à la vie ! Mais lorsque le commissaire Montfort arrive, l’homme expire en prononçant un seul mot : » assassin « . Victoire, la femme de Montfort, est appelée au chevet de Lucienne Lacour, la veuve de l’homme à tout faire de l’hôtel Le Pont-à-Mousson, car la jeune femme est sur le point d’accoucher.
Or, c’est son mari qui a été enterré. S’agit-il d’une résurrection, comme le soutient le curé de Saint-Eucaire ? Le macchabé était-il le porteur d’un message divin que personne n’a entendu ? Ou, au contraire, s’agit-il d’un malheureux enterré vif, comme cela arrive encore trop souvent ? Les Montfort mènent l’enquête et recueillent confidences sur confidences.
Mon avis: 🖤🖤🖤🖤
Tout commence avec la découverte d’un homme enterré vivant… Il s’agit du mari de la fille de la propriétaire d’un hôtel tenu par Mme Plantin, une veuve dont la fille va accoucher d’un instant à l’autre. Une veuve qui semble entretenir des relations pour le moins étranges avec le curé. Un hôtel dans lequel séjourne Germaine de Staël de passage à Metz l Un lieu qui semble être un nid d’informateurs pour la police. Même le factotum de Mme de Staël – Eugène – va être un espion pour les autorités lors de son séjour à Metz.
Est-ce une erreur? A-t-il été assassiné? Est-ce un meurtre lié à la politique ou à tout autre chose? Et lorsque en prime un prêtre va s’en mêler et parler de résurrection, cela ne va plaire ni au préfet ni à l’évêque…
Le coté historique est extrêmement intéressant et je n’ai pas l’impression que la période « le Consulat » soit souvent le cadre de romans. Le coté religion est bien présent car Bonaparte tente de relancer la liberté de culte. Le coté politique également avec le retour des aristocrates, la crainte de la montée de l’opposition et les complots possibles des royalistes visant Bonaparte
J’ai apprécié l’écriture, le coté humoristique ( le comique de situation) , l’évolution de la condition féminine, l’évolution de la médecine et la possibilité de la réanimation pour éviter d’enterrer des personnes encore vivantes..
J’ai aimé l’idée du tandem enquêteurs constitué par la sage-femme et son mari Alfred, le commissaire ,qui croit fermement en l’intuition féminine de sa femme, son don ce l’observation, ses connaissances médicales et sa fonction lui permettant de voir ce qui se passe réellement dans les familles.
Mais il y a un mais… Germaine de Staël est clairement le personnage principal alors que j’aurais souhaité que ce soit Victoire. Victoire qui est une sage-femme « haut- de-gamme » qui a fait une formation poussée à Paris, qui s’intéresse aux réactions physiques du corps, qui suit les autopsies pour en apprendre encore davantage sur son métier et en particulier les signes qui confirment la mort effective des individus ( nouveau-né ou adulte) et qui finira par donner des cours aux autres sage-femmes
Je n’ai pas boudé mon plaisir de lecture mais ce n’est pas le coup de coeur pour deux raisons:
– j’apprécie énormément les romans historiques mais là j’ai un peu eu l’impression que les personnages réels prennent trop le pas sur les personnages de fiction et que l’Histoire ( avec un grand H) étouffait l’intrigue.
– je ne me suis pas attachée aux personnages
Extraits:
Si vous ôtez la foi au peuple, vous n’avez que des voleurs de grand chemin.
Trop d’ignorance, ajoutée au désir de se débarrasser au plus vite des cadavres, conduit à ces aberrations. Il vous faut imaginer la mort comme une sorte de long couloir, dans lequel une personne s’éloigne peu à peu et définitivement de la vie. On ne sait pas déterminer avec précision quand elle y entre, ni si elle en est vraiment ressortie. Le cas d’aujourd’hui ne présente aucune ambiguïté.
me revint en mémoire un des modes de défense enseignés par mon mari. Je me glissai dans le dos de Dupré et, en un seul geste, je lui claquai violemment les deux oreilles. L’effet fut immédiat.
C’est de la broderie au point de Lunéville, cette enquête !
Quand on remue une flaque d’eau limpide, on fait remonter la boue.
Il est parfois des événements de la vie qui sont si difficiles à supporter que le fait de s’en abstraire par tous les moyens peut être d’un certain secours. Mais tôt ou tard, il faut les affronter.
C’est ce que je répète chaque jour à mes élèves. C’est pourquoi je leur enseigne que l’on doit étudier toute sa vie. On ne peut pas se contenter d’un savoir figé. Les connaissances évoluent sans cesse, et il est nécessaire de travailler sans relâche.
Image: tirée du Site « promenade.temporelle – autour des arènes de Metz-Sablon »