Penny, Louise « Un long retour » (2015)

Penny, Louise « Un long retour » (2015)

La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 10: « un long retour » (2015)

Résumé : Dans sa retraite de Three Pines, l’ex-inspecteur-chef Armand Gamache croit avoir découvert la paix à laquelle il aspirait en quittant la tête de la section des homicides de la Sûreté du Québec. Toutefois, comment refuser son aide à son amie Clara lorsqu’elle lui demande de retrouver son mari, Peter Morrow ? Le couple avait décidé de se séparer pour un an, mais le temps a passé et Peter n’a pas donné de nouvelles. Accompagné de Clara, de Myrna Landers et de Jean-Guy Beauvoir, son ancien adjoint, Gamache part à sa recherche. Il parcourt les paysages démesurés de Charlevoix, jusqu’au fin fond du Québec, et s’aventure plus profondément encore dans l’âme tourmentée de Peter. À la poursuite d’un artiste si désespéré qu’il vendrait son âme… Le retour s’avère d’autant plus incertain qu’il ne sert à rien de rentrer si l’on ne s’est pas trouvé soi-même.

Mon avis : Encore, encore, encore. Toujours aussi attachée à cet inspecteur et à son humanité. Il ne ressemble à aucun autre enquêteur. Tout en finesse… Mon enquêteur préféré.. cela se confirme à chaque lecture.. Une enquête ou la force tranquille de Gamache s’oppose en délicatesse à l’impatience bouillonnante de son amie. La force de l’amitié et la force de l’amour. Une très belle histoire qui décortique les sentiments de jalousie larvée et d’amour… L’intuition féminine et amoureuse face à l’intelligence du cœur. Une quête intellectuelle et artistique.. Un des meilleurs.. comme je le dis à chaque fin d’enquête…

Extraits :

Il est vrai : nous aimons la vie, parce que nous sommes habitués non à la vie, mais à l’amour, songea Reine-Marie en regardant Ruth et Rose assises côte à côte.

Nietzsche. S’il savait qu’elle citait Nietzsche dans sa tête, Armand la taquinerait sans fin.

Il avait pris du ventre bien des mille-feuilles plus tôt.

Le baume, aurait-il voulu lui dire, n’était ni la colère, ni la frayeur, ni l’isolement.

Il connaissait la bonne réponse à cette question. De la même façon qu’il connaissait la vraie réponse. Il n’aurait pas juré qu’elles correspondaient tout à fait.

Il reprit le livre et le serra si fort qu’elle crut pendant un moment qu’il risquait d’en faire jaillir des mots.

Se retourner contre ceux qui vous aiment. Voir ses alliés comme des menaces et ses amis comme des ennemis. Être dévoré vivant. De l’intérieur.

Le bar était en réalité une bibliothèque. Un lieu où Dickens se serait senti chez lui. Où Conan Doyle aurait peut-être déniché un ouvrage utile. Où Jane Austen aurait pu s’installer pour faire un brin de lecture. Et se soûler, si l’envie lui en avait pris.

Elle savait que le bonheur et la bonté allaient de pair. L’un ne se concevait pas sans l’autre.

Et, au centre d’une affaire comme d’un tableau ou d’un poème, se trouvait une émotion forte.

— Que préférerais-tu ? demanda Ruth. Réussir à vingt ans et être oubliée à cinquante ? Ou le contraire ?

Les Écossais et les Québécois avaient beaucoup en commun. Ils avaient été conquis par les Anglais. Malgré de grandes difficultés, ils avaient réussi à préserver leur langue et leur culture. Et ils avaient des aspirations nationalistes.

Peut-être se met-il tout simplement à pleurer, de temps à autre. Pas de peur ni de chagrin. Les larmes ne sont jamais que des souvenirs accablants qui, transformés en eau, s’écoulent.

On enseignait aux avocats à ne poser de questions qu’à condition d’être prêts à entendre les réponses. Ils avaient horreur des surprises.

Qu’y a-t-il de plus menaçant que la liberté ? N’est-ce pas cela, au fond, l’inspiration ? On ne peut ni l’enfermer ni la canaliser. Ni la contenir ni la maîtriser.

La peur habite la tête, tandis que le courage vit dans le cœur. Notre travail consiste à aller de l’un à l’autre.

Je pense qu’elles sentent que je les vois comme des personnes, et non comme de petites vieilles.

Un homme courageux dans un pays courageux. Il était facile d’avoir du courage quand le pays lui-même était courageux. Mais que se passait-il dans le cas contraire ? Quand le pays était corrompu, grotesque, avide et violent ?

Ces gens sont des pêcheurs. Ils constituent une espèce différente. Ils trouvent en mer toute l’action dont ils ont besoin. Chez eux, ils veulent avoir la paix.

— Imaginons que la vue des conséquences vous soit épargnée. Y a-t-il dans le monde une personne que vous tueriez ? Si vous n’aviez qu’à appuyer là-dessus, fit-elle en posant les yeux sur la pastille, pour que la personne meure ? Le feriez-vous ?

j’ai trouvé ce livre sur la table de chevet de mon père. Le signet à l’endroit où il l’avait laissé. Je l’ai rangé dans une boîte avec d’autres objets.

Des trésors enfantins. De vieilles clés ouvrant la porte de maisons où il ne vivait plus.

Sa lèvre inférieure tremblait et des larmes lui montèrent aux yeux. De l’eau salée. Une mer d’émotion. Contenue. Il semblait désespérément vouloir dire tout ce qui avait été tu, pendant des dizaines d’années. Il se contenta de laisser échapper un souffle inégal.

One Reply to “Penny, Louise « Un long retour » (2015)”

  1. Terminé aussi mais un peu moins enthousiaste que toi pour ce tome-ci… Difficile cependant d’expliquer le pourquoi… Juste un ressenti d’un peu de lassitude durant le long voyage de la fine équipe vers l’épilogue. Peut-être pas le bon moment pour le lire…
    Ceci dit, je vais juste faire une pause pour cause de sortie du dernier Dicker puis du dernier Musso et je reviendrai avec grand plaisir vers Gamache

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