Suter, Martin « L’amour et la fureur » (2026) 286 pages

Suter, Martin « L’amour et la fureur » (2026) 286 pages

Auteur: Ecrivain suisse allemand, né le 29 février 1948 à Zurich. Il écrit aussi des textes pour le chanteur Stephan Eicher.

voir ma page « Auteur Coup de Coeur : MARTIN SUTER » (Martin Suter est l’un de mes auteurs suisses préférés.
(Je tiens à vous signaler qu’un monde sépare la série cosy-murder von Allmen et tous les autres.)

Editions Phébus – 02.01.2026 – 286 pages ( « Wut und Liebe » 2025  traduit de l’allemand par Olivier Mannoni)

Résumé :

Lasse de se morfondre dans une vie étriquée, Camilla quitte du jour au lendemain son boulot de comptable et son petit ami, Noah, artiste sans le sou qui vit à ses crochets. Elle se dit pourtant encore amoureuse, mais cela ne lui suffit plus. Désespéré, le jeune peintre est prêt à tout pour reconquérir sa muse. Alors lorsqu’il rencontre Betty, la veuve …

Lasse de se morfondre dans une vie étriquée, Camilla quitte du jour au lendemain son boulot de comptable et son petit ami, Noah, artiste sans le sou qui vit à ses crochets. Elle se dit pourtant encore amoureuse, mais cela ne lui suffit plus. Désespéré, le jeune peintre est prêt à tout pour reconquérir sa muse. Alors lorsqu’il rencontre Betty, la veuve sexagénaire d’un homme d’affaires poussé dans la tombe par son associé, Noah accepte la mission de tueur à gages qu’elle lui propose pour obtenir vengeance, moyennant une juteuse rémunération. 

Mais l’amour et la fureur ont-ils jamais fait bon ménage ? Maître du trompe-l’oeil, des ellipses savamment distillées et des dialogues à double fond, Martin Suter nous offre un suspense acide et jouissif, où la vérité se joue de nous jusqu’à la dernière ligne. Une étourdissante réflexion sur les jeux de pouvoir, les dynamiques de couple, les mensonges et la trahison.

Mon avis:  ❤️❤️🩶

Première fois que je suis déçue par cet auteur qui est l’un de mes auteurs préférés. Il faut dire que je n’ai pas croché au thème… Je t’aime mais comme tu gagnes pas assez je préfère me tirer pour ne pas avoir besoin de travailler…
Et le gentil peintre prêt à tuer un inconnu pour gagner le pactole et que son amour revienne…
Mais mis à part ça, l’intrigue est sympa, les dialogues m’ont fait sourire,  il y a des rebondissements, et au final on se demande qui gagnera de l’anormalité ou du capitalisme ? Argent contre amour ? Amour ou raison ? La trahison est partout dans le roman, la confiance est malmenée… Bienvenue dans le monde des embrouilles de la finance, des combines, de l’opacité  … Et l’art dans tout ça ? On se demande ce qui compte le plus.. créer ou faire du fric…
J’ai eu peu d’empathie pour le personnages et je le regrette. 

Extraits:

« Je t’aime, mais je n’aime pas la vie avec toi. »

je trouve injuste d’être belle et de ne pas avoir une belle vie.

Toujours le même motif, l’arrière-cour et son tilleul, traité dans des styles différents : naturaliste, impressionniste, cubiste, pop et abstrait. Un projet qui s’inscrivait dans sa quête d’un concept artistique et qu’il jugeait fort réussi.

Ils avaient d’abord formé un couple, puis une équipe, comme beaucoup de couples quand ils ont de la chance. Elle avait fait en sorte de lui redonner des forces. 

Le cœur et la raison sont des ennemis jurés.

« N’explique jamais ton art. L’art se suffit à lui-même. Si tu t’en charges, tu déstabilises les visiteurs. »

Le manque, on ne le ressent pas quand la personne est encore en vie.

L’amour grandit avec la mort de l’être aimé. La haine aussi… Mais passons.

Quand on est mal logé, c’était sa théorie, on passe trop de temps à l’extérieur et, au bout du compte, ça coûte davantage qu’un loyer cher.

Je crois que « raisonnable » et « amoureuse », ça ne va pas ensemble.

Ils avaient arrêté de discuter. Non qu’ils n’aient plus de sujets de conversation, ou qu’ils aient voulu dire quelque chose sans savoir comment. C’était juste le silence qui naît parfois de l’harmonie entre deux personnes.

C’est beaucoup trop rationnel pour moi. Je suis une artiste. L’art et la raison, ça ne fait pas bon ménage.
– L’amour et la raison non plus.
– L’amour et l’art, c’est presque la même chose.

– Je ne sais pas si j’ai raison, mais d’après mon expérience il ne faut pas chercher à devenir quelqu’un d’autre, ça ne fonctionne pas. 

– L’art, on le fait toujours pour soi. Sans ça, il n’aurait aucun impact sur le monde.
– Tu crois ?
– Non. Je le sais.
– Vraiment ?
– Si tu le fais pour le monde, c’est du marketing. Ça ne peut devenir de l’art que si tu le fais d’abord pour toi, puis pour le monde.

Toi ? Le tir de précision ? Il aura fallu que je voie ça avant de mourir… Sérieusement ? Toi, l’artiste peintre ?
Noah tenta une petite blague :
– Les artistes peintres travaillent aussi au pistolet.

– Une mort subite, ça peut être bien aussi. Mais ça dépend du moment où elle est subite. Parce que nul n’a envie de laisser derrière lui une affaire qui n’a pas été liquidée.
Elle prit son verre.
– Ou une personne.

Toutes deux sourirent intérieurement en repensant à ces « malgré tout » qu’elles avaient croisés au cours de leur existence.

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