Black, Benjamin (Banville, John ) « La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe » (2015) 377 pages

Black, Benjamin (Banville, John ) « La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe » (2015) 377 pages

Auteur : Né à Wexford, en Irlande, le 8 décembre 1945, John Banville vit à Dublin. Depuis ses débuts, l’œuvre de cet  » orfèvre des mots  » a été récompensée par de nombreux grands prix littéraires. Avec La Mer, plébiscitée par la critique et le public anglais, publiée dans une trentaine de pays, il a remporté le plus prestigieux d’entre eux : le Booker Prize. Ses derniers romans, L’intouchable (1998),  Eclipse (2002), Impostures (2003) , La Mer,  Athéna (2005),  Infinis (2011), La lumière des étoiles mortes (2014), La guitare bleue (2018 ), Neige sur Ballyglass House (2022)

Il est considéré comme l’un des auteurs vivants les plus importants de langue anglaise. Il est lauréat d’un prix Booker [ La Mer,] et il a reçu en 2014 le célèbre prix Prince des Asturies pour l’ensemble de son œuvre romanesque, publiée en grande partie chez Robert Laffont, dans la collection « Pavillons ».

Passionné de littérature policière des années 50, il écrit également des romans noirs – Série Quirke –  sous le pseudonyme de « Benjamin Black » : Les Disparus de DublinLa Double Vie de Laura SwanLa Disparition d’April LatimerMort en été Vengeance – Holy Orders (2013)Even the Dead (2016) – Le printemps basque d’April Latimer (2025) (April in Spain (2021) – 

Autre roman (traduit) : «La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe » (2016) ressorti en 2023 sous le titre « Marlowe » . (Nouveau titre suite à la sortie du film  Marlowe ou Détective Marlowe au Québec, une coproduction internationale réalisée par Neil Jordan et sorti en 2022. Le scénario, signé William Monahan, est adapté du roman The Black-Eyed Blonde de John Banville qui met en scène le personnage de Philip Marlowe créé par Raymond Chandler.)

Robert Laffont – Pavillons  — 15.01.2015 – 378 pages – / 10/18 – 04.02.2016 – 377 pages (The Black-Eyed Blonde (2014) traduit par Michèle Albaret-Maatsch) 

Résumé:

Evénement dans le monde du roman noir : Benjamin Black fait revivre Marlowe, comme s’il sortait de la plume de Raymond Chandler.
Nous sommes au début des années 1950, Philip Marlowe est en petite forme, business et moral en berne, lorsqu’un nouveau client pousse sa porte : une jeune femme, belle, richement vêtue. Clare Cavendish, héritière d’une des familles les plus fortunées de Bay City, Californie, veut engager le détective pour retrouver son amant, officiellement disparu dans un accident de voiture deux mois plus tôt.
Marlowe ronchonne mais accepte, évidemment – Clare Cavendish est incroyablement séduisante. Et c’est le début de ses ennuis…
Un pari littéraire sous forme d’hommage parfaitement réussi : seul John Banville, alias Benjamin Black, maître du genre et styliste hors pair, pouvait le tenter et le relever avec autant de brio et de naturel.

 » J’ai adoré ce livre. C’était comme voir un vieil ami que l’on croyait mort entrer dans la pièce.  » Stephen King

Note de l’auteur

Raymond Chandler conservait dans ses dossiers une liste de titres pour de futurs romans et nouvelles. Parmi eux, Le Journal d’un costume à carreaux voyantL’Homme à l’oreille déchiquetée et Arrête de crier – c’est moi. Sur la liste figurait également La Blonde aux yeux noirs.

Mon avis: 🩶🩶🩶🩶
Que se soit John Banville ou son pseudo Benjamin Black, j’aime… En même temps il reçu le le Booker Prize et le prix Prince des Asturies pour l’ensemble de son œuvre romanesque …
Il fallait oser se mettre dans la peau de Chandler ! Et bien je n’ai pas été déçue ! Pari gagné ! On retrouve l’atmosphère de ces romans noirs des années 50, ce personnage de détective privé cher à Chandler, en un peu moins bagarreur peut-être, mais si on le titille, il sait se défendre et renverse la vapeur… Si vous avez aimé le Philip Marlowe des romans de Chandler, vous allez replonger dans l’ambiance et même recroiser l’Inspecteur Bernie Ohls…
La galerie des personnages est savoureuse, l’écriture respectée, le décor colle à l’époque… alcool, clopes, et femmes fatales…
Il est temps de se rendre à Bay City et faire la connaissance de la belle (et riche héritière) Clare Cavendish, de deux malfrats mexicains, de partir à la recherche d’un disparu…

C’est un plaisir de retrouver Marlowe. Savoureux et l’enquête va réserver des surprises… 

Extraits:

Je sortis ma pipe et la bourrai. Je me fis alors la réflexion qu’il y avait du Cavendish dans mon mélange de tabac. Imaginant le sourire blasé et la moue de dédain de ma visiteuse devant cette heureuse coïncidence, je décidai de garder ce détail pour moi.

Pour celui qui veut paraître réfléchi et pondéré, la pipe est un accessoire extrêmement précieux.

Il avait une tête d’abruti au bout d’un cou interminable sur lequel sa pomme d’Adam dribblait façon balle de ping-pong quand il déglutissait.

Il y a silences et silences. Certains, on peut les décrypter, d’autres non.

Les studios de cinéma sont des endroits curieux. On a l’impression d’évoluer dans un rêve éveillé où on croise cow-boys, danseuses de music-hall, hommes singes et centurions romains qui vont tous leur chemin comme n’importe quel autre employé ou ouvrier en route pour le bureau ou l’usine. 

Dans une maison désertée, il règne un silence incomparable. Une légère odeur écœurante de pourriture sèche flottait dans l’atmosphère renfermée. J’eus l’impression que le mobilier m’observait, telle une meute de chiens de garde trop abattus pour bouger ou même aboyer.

Le mec qui se balade avec un flingue pareil n’est pas porté à ergoter sur des détails mesquins. Et, à la façon négligente dont il le tenait, je voyais bien qu’ils étaient potes depuis pas mal de temps, le flingue et lui. 

Elle sourit. Il y a toujours un soupçon de tristesse dans les sourires les plus beaux, les plus charmants. Le sien était de ceux-là.

Déjà pour lui-même, ce mec était une catastrophe sur pattes, mais c’était mon ami, et dans ce monde, le mien en tout cas, c’est rare – je ne me lie pas facilement d’amitié. 

ça ferait un sacré schpounz si je foutais le feu à West Hollywood

Pigé ? J’ai des principes. Ce ne sont ni de très grands ni de très nobles principes, mais, d’un autre côté, ils ne sont pas à vendre.

Image : Marlowe (Humphrey  Bogart)

2 Replies to “Black, Benjamin (Banville, John ) « La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe » (2015) 377 pages”

  1. Reprendre un tel héros n’a pas dû être évident… Pas certaine d’être tentée car mes quelques lectures de “reprises“ ou de suite n’ont pas vraiment été convaincantes.
    En revanche, ce post me fait constater que j’ai raté la série Quirke qui me semble bien attirante 😉

  2. Pareil pour moi. Les extraits ne sont pas très convaincants. Peut-être ai-je conservé dans ma mémoire d’ado d’avant mes 17 ans d’un style plus nerveux et incisif. Reprendre un héros peut se faire autrement qu’en tentant de prolonger un style. L’écrivain doit s’approprier le personnage et le faire s’exprimer selon des formulations nouvelles et non calquées.
    Une forme de détachement, oui, mais le mobilier l’observe « telle une meute de chiens de garde », ça ne colle pas.
    Par contre, d’autres formules sont meilleures, même si pour le flingue la seconde phrase aurait pu être plus claire et plus courte.

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