Baudin, Cecile « Deuil de sel » (2026) 400 pages
Autrice: Autrice française née à Lyon le 20 octobre 1972, habite aujourd’hui en Seine-et-Marne.
Après des études scientifiques, a travaillé pendant vingt-cinq ans dans différents métiers de main d’œuvre, comme DRH puis à son compte : transport, BTP, ingénierie, déchets, métallurgie…
Romans : Marques de fabrique (2023) – La constance de la louve (2024) – Dur comme fer (2025)
Série Claire Le Vaillant –tome 1 : Deuil de sel (2026)
Un petit conseil, allez voir son site ( https://www.cecilebaudin.fr/)
Presses de la Cité – 19.03.2026 – 400 pages (Préface d’Eric Fouassier )
Résumé:
1960. La paisible commune de Salins-les-Bains est le théâtre d’étranges événements : disparition de chats, lettres d’un corbeau… Bientôt, un accident aux allures de suicide secoue la ville, puis un meurtre est perpétré. Le coupable est arrêté, mais Christian Roche, le jeune curé de la paroisse, décide de suivre une autre piste : n’est-il pas celui à qui tous se confessent ?
2025. Claire Le Vaillant, généalogiste successorale à Lyon, se voit confier un dossier important.
Avec l’aide de « Junior », son assistant, elle doit reconstituer la généalogie d’une défunte sans héritiers connus, dont elle découvre que la mère se serait suicidée en 1960 à Salins-les-Bains. Leur enquête, complexe, va recouper celle du père Roche, et leurs propres recherches éclaireront d’un jour nouveau les événements de cette année fatidique.
Première enquête de Claire Le Vaillant. Une intrigue parfaitement maîtrisée, étayée par des recherches documentaires scientifiques et patrimoniales pointues.
Mon avis: ❤️❤️❤️❤️❤️
J’adore les romans policiers historiques bien documentés. C’est le cas et je me suis régalée.
Direction une petite bourgade thermale du Jura dans les années 60. Un coin bien tranquille où il ne se passe jamais rien… Et d’un seul coup en quelques semaines, deux décès de jeunes femmes et un « corbeau » qui dérange…
Nous rentrons rapidement dans le vif du sujet.
– Une mort suspecte? suicide? Accident? meurtre ?
– Une disparition … Des enquêtes vite bouclées …
Mais est-ce aussi simple que cela ? Bien des années plus tard, en 2025, une généalogiste va farfouiller dans le passé pour les besoins d’une succession … Non seulement elle va se pencher dans les archives ( très intéressant de savoir comment se déroule la recherche d’un éventuel héritier) mais elle va aussi rechercher les personnes qui auraient pu être en contact avec les protagonistes de l’époque et entrer en contact avec elles.
Le passé révélera-t-il au grand jour des secrets enfouis ? Petit à petit, comme l’espère la généalogiste, Claire Le Vaillant, les pièces du puzzle vont se mettre en place…
On va visiter cette petite ville du Jura, découvrir les bienfaits du sel et des salines, visiter la Grande Saline, les anciennes sources médiévales, en apprendre beaucoup sur la dérivation de la rivière, , la saumure, les différentes gammes de sel, les bienfaits du thermalisme, tant pour la santé que pour l’économie locale (le casino entre autres) . Autre spécialité de la ville : la faïencerie.
Et cela fait revivre les années 60… vous vous souvenez ? Quels sont les temps forts de ces années ? Quels sont les événement marquants ou les habitudes de l’époque ? Joli clin d’oeil …
Dès le début j’ai bien aimé les personnages: le curé, la généalogiste et son assistant qui se découvre un intérêt pour ce qu’il fait.. Quand les personnages me plaisent c’est déjà presque gagné d’avance. Et quand en prime il y a une bonne intrigue, de l’action, des émotions, des rebondissements, un contexte historique et social… c’est coup de coeur… D’ailleurs quatre livres de cette autrice et quatre coups de coeur…
J’avais beaucoup aimé la série « Les enquêtes du généalogiste » de Dan Waddell et j’ai été ravie de retrouver un personnage de généalogiste. Et ce roman m’a fait penser à une plongée dans les mines de sel avec Marc Voltenauer dans «Les protégés de Sainte Kinga» qui se déroule dans les salines de Bex en Suisse et repenser au petit livre toujours en attente de lecture, « La furieuse – rives et dérives » de Michèle Lesbre…
Carton plein donc ! Plus qu’à attendre la suite des enquêtes de Claire Le Vaillant …
Extraits:
Il ne suffit pas d’aimer pour deux pour être aimé en retour. Cela ne se passe pas comme ça. Car l’amour deviendrait contrainte, pression, possession, tout l’inverse de ce qu’il prétend être.
La seule véritable fantaisie de l’endroit tient dans la montée au bureau : chaque marche constitue une case assez solide pour être creuse dessous, de telle sorte que les contremarches accueillent de multiples livres de toutes les couleurs. Claire adore sa bibliothèque-escalier.
Salins-les-Bains. La Mini s’engouffre dans une vallée encastrée, comme si un géant avait entaillé la montagne d’un coup de hache. Un fort en haut à l’ouest, un autre en haut à l’est, on croirait Charybde et Scylla gardant le détroit de Messine […]
C’est pas la joie ici… Du gris-rose, du gris-jaune ou du gris-gris… […] n’empêche qu’ici, la France est si profonde que tu vois même plus le ciel…
La moitié de la France s’appelle Bernard ! C’est le deuxième nom le plus courant, après Martin.
Oh, regardez les métiers, ils sont presque tous différents, à part « employé des faïenceries », qui revient souvent. Il y a des quincailliers, un ferblantier, des horlogers, des cafetiers, des menuisiers, des mécaniciens, un magasinier, des taxis, des serruriers, tiens, un dentiste, et même un « saleur en cave d’affinage »… s’amuse Brandon.
— Eh oui, c’était une autre époque.
Tu apprendras que les événements de la vie font des vagues, comme les cercles concentriques sur l’eau. Autour, avant et après. C’est ça qu’on cherche aujourd’hui : les vagues. Et tu le sauras quand tu en auras croisé une…
En tout cas, quelqu’un entretient cette tombe, c’est certain. Regarde ces fleurs fraîches, elles sont récentes. Et juste devant, il y a cette plaque toute propre : « À ma meilleure amie ».
— Les fleurs et la plaque ne sont peut-être pas liées
— Souvent, si. Les gens placent les deux tout près, comme s’ils voulaient dire au défunt : « Ces fleurs, c’est moi qui te les ai apportées ! »
« Il y a toujours quelque chose à faire », c’est son mantra, ce qui la tient debout : la conviction que même une voie sans issue doit forcément dissimuler un petit sentier, un passage secret. Sinon, il n’y aurait aucune explication à toutes les atrocités de la vie, à toute cette absurdité. Elle veut croire que tout a un sens, que chaque épreuve cache en elle-même sa propre raison d’être ; même une vie stérile, ou la mort d’un petit garçon de trois ans.
Image: Salins-les-Bains – passée en noir/blanc (Source Wikipedia)
One Reply to “Baudin, Cecile « Deuil de sel » (2026) 400 pages”
Toujours aussi tentant… les premiers romans de cette autrice sont encore sur ma liste d’envies.
Faut vraiment que je passe à l’achat 😉