Bussi Michel « Code Lupin » (2006)

Ses romans : Code Lupin (2006) – Omaha crimes /Gravé dans le sable (2007/2014) – Mourir sur Seine (2008) – Sang famille (2009 épuisé) –Nymphéas noirs (2011) – Un avion sans ailes (2012) – Ne lâche pas ma main (2013) – N’oublier jamais (2014) – Maman a tort (2015) – Le temps est assassin (2016) –

 

Résumé : L’aiguille creuse d’Etretat, les tours blanches de l’abbaye de Jumièges, le vieux phare de Tancarville, le tombeau de Rollon sous les ruines de Thibermesnil, la valleuse déserte de Parfonval, les îles englouties de la Seine, les marées d’équinoxe de la Barre-y-va…
Autant de lieux mystérieux dont les énigmes sont percées par Arsène Lupin, dans de fascinantes chasses aux trésors, au cœur du triangle d’or, le fameux triangle cauchois, imaginé par Maurice Leblanc. Imaginé ? Est-ce si sûr ?
Et si les aventures d’Arsène Lupin dissimulaient un code ? Un sens secret ? La clé d’un trésor normand, bien réel celui-là ?
Le professeur Roland Bergton en est convaincu. Il dispose d’une journée pour percer l’énigme, avec pour seuls indices une pièce d’or trouvée sous les falaises, une nouvelle inachevée de Maurice Leblanc… et l’aide d’une jeune étudiante en histoire, aussi brillante que séduisante.
Michel Bussi est l’un des auteurs de romans policiers les plus lus et les plus primés en France.
Code Lupin est son premier livre de fiction publié.
Différent de ses romans suivants, avant tout ludique et pédagogique, Code Lupin est à la fois une biographie romancée de Maurice Leblanc, un jeu de piste dans les pas d’Arsène Lupin, une invitation au voyage dans le triangle d’or cauchois et un pastiche des romans de Dan Brown.

Mon avis : Si vous aimez Arsène Lupin et/ou Maurice Leblanc.. c’est un petit roman incontournable ! Mais pour moi c’est une condition pour le lire. On est sur les traces de Lupin/Leblanc, on visite la Normandie et tous les endroits en relation avec les intrigues. Si on ne connaît pas, on passera totalement à côté du livre. Mais attention, cela va vous donner envie de replonger dans les aventures du gentleman cambrioleur. Sinon on ne s’ennuie pas un seul instant.. il y a du rythme, les personnages sont sympas mais c’est surtout et je le répète : un parcours en Normandie sur les traces du couple Lupin/Leblanc.

Extraits :
Il a créé un genre policier particulier. Aux histoires classiques de vols, meurtres, détectives, il a ajouté ce que l’on pourrait appeler un “contexte”. Mais chez Leblanc, le contexte ne sert pas seulement de décor, comme Londres chez Conan Doyle par exemple. Chez Leblanc, c’est le contexte historique et géographique qui permet de résoudre l’énigme. Leblanc lui-même reconnaissait que c’est sans doute ce qui rendait ses œuvres différentes des autres romans policiers : l’utilisation de l’histoire de France, des châteaux, des églises, des cryptes, des souterrains, des grottes, des cartes codées, des symboles ésotériques… C’est Maurice Leblanc qui a inventé ce genre littéraire : la chasse au trésor policière. Dan Brown et son Da Vinci Code, Umberto Eco et tous les autres ne sont que ses héritiers

Et je ne me rappelle que d’une chose de mes lectures de Lupin. La clé de l’énigme reposait sur la disposition des lieux entre eux.

“On eut dit, entre les falaises et les nuages de l’horizon, un lac de montagne assoupi au creux des roches qui l’emprisonnent, s’il n’y avait dans l’air quelque chose de léger, et dans le ciel ces couleurs pâles, tendres et indéfinies, qui donnent à certains jours de ce pays un charme si particulier”

Le recul des falaises, petit à petit, efface des siècles d’histoires entre les cauchois et la mer, ferme des valleuses, effondre les escaliers, les échelles… La lutte avec la falaise est inégale

Disons que chez les celtes comme les grecs, le dodécaèdre servit d’abord à se diriger, un peu comme une rose des vents. Du moins c’est ce que l’on suppose. Puis il devint un instrument d’astronomie… puis un outil d’astrologie… Et enfin un support majeur pour prédire l’avenir. Un dé à douze faces ! Il est très utilisé encore aujourd’hui par les mathématiciens dans les simulations de jeux de hasard. C’est une figure aux propriétés très étranges

Et le bruit sourd des vagues, violent, régulier. Frappant la falaise, faisant trembler ses entrailles, cherchant à s’introduire par la moindre faille

Redondo, Dolores « Le gardien invisible » (2013)

Auteur : Dolores Redondo est née en 1969 à San Sebastian. Après un roman historique, Los privilegios del angel (2009), elle signe avec Le Gardien invisible son premier roman policier qui inaugure « la trilogie du Batzan ».

Première enquête de l’inspectrice Amaia Salazar (Trilogie Baztán)

Résumé : Au Pays basque, sur les berges du Baztán, le corps dénudé et meurtri d’une jeune fille est retrouvé, les poils d’un animal éparpillés sur elle. La légende raconte que dans la forêt vit le basajaun, une étrange créature mi-ours, mi-homme… L’inspectrice Amaia Salazar, rompue aux techniques d’investigation les plus modernes, revient dans cette vallée dont elle est originaire pour mener à bien cette enquête qui mêle superstitions ancestrales, meurtres en série et blessures d’enfance.

«Mythologies basque et familiale se confondent, l’intrigue se nimbe d’une atmosphère quasi surnaturelle. La magie opère. Dolores Redondo serait-elle la cousine espagnole de Fred Vargas?» Madame Figaro

 

Mon avis : Ah oui ! La revue « LIRE – Spécial polar » recommandait cette romancière dans son article sur les auteurs de polars espagnols. Je suis bien contente d’avoir décidé de partir au pays basque avec Amaia. Un thriller psychologique, une inspectrice attachante, des légendes… J’ai totalement fondu. Au point de me lancer dans le tome deux et d’avoir commandé le tome 3 en espagnol… L’importance du passé, de la tradition et des racines à la sauce basque.

Le retour sur les lieux de son enfance pour mener une enquête sur un tueur en série de jeunes filles n’est pas anodin pour l’inspectrice Salazar. Tout son passé va ressurgir, avec ses fantômes et ses angoisses. Ce qu’elle tentait de cacher remonte à la surface. Le roman est à la fois un thriller qui permettra à la policière de démasquer un tueur en série, un retour psychologique sur sa vie, une présentation de cette belle région pleine de tradition et de mystères, une découverte des traditions ancestrales, un témoignage sur la vie dans cette partie du pays basque… Mêlant les croyances anciennes et les technologies de pointe un livre que je recommande et une romancière à suivre. Le suspense est au rendez-vous, les personnages et l’intrigue sont oppressants.. C’est bien construit..

Extraits :

il lui sembla comme toujours qu’il y avait trop de monde. C’était un sentiment proche de l’absurde peut-être dû à son éducation catholique, mais, devant un cadavre, elle éprouvait un besoin impérieux d’intimité et de recueillement qui l’écrasait dans les cimetières et se trouvait violé par la présence professionnelle, distante et étrangère de ceux qui évoluaient autour du corps, seul témoin de l’œuvre d’un assassin, et cependant muet, réduit au silence, ignoré dans son horreur.

– Je t’aime, murmura-t-elle. Et elle sourit en songeant que c’était vrai, qu’elle l’aimait plus que tout, plus que personne, et que cela la rendait si heureuse de le tenir entre ses jambes, en elle, et de faire l’amour avec lui. Ce sourire persistait ensuite pendant des heures, comme si un instant passé avec lui lui suffisait à exorciser tous les maux du monde.

l’amour ne s’est pas éteint d’un coup, mais je me suis rendu compte un jour qu’il s’était usé après un processus lent mais inexorable de ponçage, tchic, tchac, tchic, tchac, un jour après l’autre. Et ce jour-là, je me suis aussi aperçue qu’il n’en restait plus rien

 

faire sortir de l’obscurité le profil d’un meurtrier était quasiment devenu une obsession. Il était fasciné par ce jeu d’échecs où il était primordial d’anticiper le coup duquel découleraient les autres jusqu’à la victoire de l’un ou l’autre joueur

– Tu ne m’en avais jamais parlé. – Non, il y a longtemps que je n’y avais pas pensé ; sans compter que c’est une partie de mon passé dont je n’aime pas me souvenir. Mais en revenant ici, toutes ces sensations semblent refaire surface, reprendre forme, comme des fantômes

Oublier est un acte involontaire. Plus on essaie de laisser quelque chose derrière soi, plus cette chose vous poursuit

dégageant cette sensation de triomphe propre à ces personnes âgées qui vivent en tirant parti de chaque jour sans penser à la mort. Ou peut-être en pensant à elle pour lui voler encore un jour, encore une heure.

– Pourquoi ne doit-on pas se tirer les cartes à soi-même ? – Parce qu’on est pas assez objectif quand on est concerné. Les craintes, les désirs, les préjugés peuvent brouiller le jugement. On dit également que cela porte malheur et attire le mal. – Eh bien, c’est aussi un point commun avec l’investigation policière, car un inspecteur ne doit pas enquêter sur une affaire qui le touche personnellement.

Être assis en face de quelqu’un et deviner qu’il souffre, qu’il ment, qu’il cache quelque chose, qu’il se sent coupable, tourmenté, sale ou au-dessus des autres est aussi commun pour moi lors de ma consultation que pour toi dans un interrogatoire, à la différence que les gens viennent me voir volontairement et pas toi

qu’est-ce qui compte vraiment, qu’une chose soit prouvée, ou que tant de personnes la croient ?

le monde n’a pas tellement changé, il reste un lieu parfois obscur, où les esprits malins guettent notre cœur, où la mer continue à avaler des navires entiers sans qu’on puisse en retrouver aucune trace, et il y a toujours des femmes qui prient pour se voir accorder la grâce d’enfanter. Tant qu’il y aura de l’obscurité, il y aura de l’espoir, et ces croyances auront toujours de la valeur et elles feront partie de nos vies

son visage était pâle comme si on avait effacé les traits à force de les laver à l’eau glacée

Depuis la nuit des temps, la croisée des chemins est considérée comme un lieu d’incertitude et de confluence quant à la voie à suivre et aux rencontres que l’on allait y faire.

La croix a une double fonction : elle sanctifie les lieux et indique à celui qui la voit qu’il se trouve en terre incertaine. Elle a également pu être mise là en raison de sa forme. Quatre chemins parfaitement tracés qui se rejoignent au centre du cimetière, mais aussi au-dessous, dans l’inframonde, où pullulent les âmes tourmentées des assassins et de leurs victimes, lui dit-il en lui désignant la disposition des lieux.

Quand on commença à descendre le cercueil dans la fosse et qu’il perdit le contact avec le bois mouillé, il s’écroula tel un arbre qu’on aurait scié à la base, et tomba évanoui dans les flaques

En fin de compte, dans ta tentative de moraliser, de diriger et de mener tout le monde à la baguette, tout ce que tu obtiens, c’est de faire le vide autour de toi. Personne ne t’a demandé d’être une héroïne ou une martyre.

Je crois que tu fais partie de ces femmes dévouées qui se consacrent corps et âme à soutenir une famille, dans le seul but de disposer d’une bonne dose de culpabilité et de reproches dont elles peuvent accabler les autres, jusqu’à ce qu’elles se retrouvent avec leur abnégation et leurs récriminations mais plus personne autour d’elles pour en entendre parler

Les enfants ne sont pas faits de sang, mais d’amour

Elle n’avait pas de souvenirs de ces jours-là, elle supposait qu’elle les avait passés en état de choc, même si elle se rappelait s’être montrée sereine et maîtresse d’elle-même, avec ce contrôle de soi que donne l’incrédulité devant les événements.

Rappelle-toi ce que tu as appris à Quantico : si tu es bloquée, fais reset, réinitialise. Parfois, c’est la seule manière de débloquer un cerveau, peu importe qu’il soit humain ou cybernétique. Fais reset, inspectrice. Éteins et rallume, et recommence par le début

Ses pleurs cessèrent et elle resta ainsi, désolée, son âme lui faisant l’effet d’une maison sur la falaise dont les propriétaires inconséquents auraient laissé portes et fenêtres ouvertes à la tempête

Et maintenant une furie en balayait l’intérieur, renversant tout, faisant disparaître le moindre vestige d’ordre impie. La colère était la seule chose qui existât, elle naissait dans les recoins sombres de son âme, envahissant les espaces que la désolation avait vidés

Elle pouvait presque entendre les conversations qui s’étaient tenues à son sujet et qui étaient restées en suspens tels des nuages d’orage à son arrivée.

Le stress post-traumatique est un assassin endormi. Il reste parfois latent des mois, voire des années après l’événement qui l’a provoqué. Une situation réelle où l’individu a couru un danger réel. Le stress agit comme un système de défense qui identifie des signes de danger donnant l’alerte dans le but de protéger l’individu et d’éviter qu’il ne soit à nouveau confronté au même péril

ses souvenirs étaient flous et craquelés à la façon d’une vieille pellicule noir et blanc brûlée par le nitrate de cellulose.

C’était un de ces jours où l’aube s’est arrêtée aux premières lueurs du jour sans parvenir à se lever entièrement

Ces matins sombres faisaient partie de ses souvenirs d’enfance, et elle se rappelait les nombreux jours passés à rêver de la présence chaude et caressante du soleil.

La vallée vit des temps d’incertitude, et quand les nouvelles formules échouent, on a recours aux anciennes.

Une lumière déchira le ciel, qui s’était assombri jusqu’à prendre un ton de vieil étain. Un coup de tonnerre résonna, tout proche, et il se mit à pleuvoir

D’épais rideaux de pluie balayaient la rue d’un bout à l’autre, on aurait dit que quelqu’un avait agité un énorme arrosoir pour la débarrasser du mal, ou de la mémoire

La pluie, qui avait commencé à tomber depuis peu, continuait à faire un bruit assourdissant à l’extérieur, et rendait la maison d’autant plus accueillante

le rejet ne vient pas de celui qui reçoit, mais de celui qui se sent étranger

la douleur est parfois si profonde et enkystée qu’on souhaite et qu’on croit qu’elle va rester là, cachée et muette

 

Elle ne comprenait pas encore comment fonctionnait l’instinct, la machinerie compliquée qui se mettait automatiquement en marche chez un enquêteur, mais, de façon très subtile, elle entendait presque les rouages de l’affaire tourner, s’encastrer, entraîner dans leur lent mouvement inexorable des centaines de pièces qui s’imbriquaient à leur tour dans d’autres, faisant apparaître peu à peu un sens

Ce matin-là, il ne pleuvait pas, mais le brouillard couvrait les rues d’une patine de tristesse ancestrale qui forçait les gens à se courber, comme s’ils portaient une lourde charge, et à se réfugier dans les cafés où il faisait chaud

Image: eguzki-lore : mot composé de eguzki (« soleil ») et de lore (« fleur ») –  « fleur du soleil » – la fleur Eguzkilore, la fleur du soleil. En terre basque, elle protège les maisons des mauvais esprits, des génies, de la tempête et de l’adversité (chardon argenté)

Deuxième volet de la trilogie : « De chair et d’os » (2015)

Bussi, Michel «Un avion sans elle» (2012)

Auteur : Michel Bussi a commencé à écrire dans les années 1990. Alors jeune professeur de géographie à l’université de Rouen, il écrit un premier roman, situé à l’époque du Débarquement de Normandie. Ce dernier est refusé par l’ensemble des maisons d’édition. Il écrit quelques nouvelles, s’attelle à l’exercice de l’écriture de scénarios mais sans parvenir à les faire publier. Il attendra dix ans pour que l’idée d’un roman, inspiré d’un voyage à Rome au moment du pic de popularité du Da Vinci Code de Dan Brown, s’impose. Ce succès d’édition international, ainsi que la lecture d’une réédition de Maurice Leblanc pour le centenaire d’Arsène Lupin, le poussent à se lancer dans un travail d’enquêteur. De retour à Rouen, équipé de ses cartes de l’IGN, il noircit des carnets jusqu’à pouvoir proposer, en 2006, un manuscrit intitulé Code Lupin à un éditeur régional et universitaire, les éditions des Falaises. Ce premier roman sera réédité neuf fois.

Plusieurs années seront nécessaires pour que les ouvrages de Michel Bussi, qui paraissent au rythme d’un par an, tel Mourir sur Seine en 2008, ou Nymphéas Noirs en 2011, voient leurs ventes s’envoler. Après une série de récompenses locales, grâce à ses premières éditions en livre de poche, mais surtout grâce à la sortie en rayon polar de son ouvrage maître Un avion sans elle, l’auteur géographe est propulsé sur le devant de la scène.

Une des particularités de son travail est de situer la majorité de ses romans en Normandie. Son roman N’oublier jamais, sorti en mai 2014, met « plus que jamais6 » la Normandie au cœur de son intrigue, tout comme Maman a tort (qui se déroule au Havre), sorti en mai 2015. Son dernier roman cependant, Le temps est assassin, sorti en mai 2016, se déroule en Corse.

Ses romans : Code Lupin (2006) – Omaha crimes /Gravé dans le sable (20067/2014) – Mourir sur Seine (2008) – Sang famille (2009 épuisé) –Nymphéas noirs (2011) – Un avion sans ailes (2012) – Ne lâche pas ma main (2013) – N’oublier jamais (2014) – Maman a tort (2015) – Le temps est assassin (2016) –

Salué par le chroniqueur littéraire Gérald Collard comme le polar de l’année, Un avion sans elle est récompensé par le prix Maison de la presse 2012, le prix du roman populaire 2012 et le prix du meilleur polar francophone 2012 (Montigny-Lès-Cormeilles). Vendu à près de 300 000 exemplaires , il est actuellement en cours de traduction dans 19 pays dans le monde. Les droits ont été achetés pour une adaptation cinématographique. Il est publié en feuilleton dans l’Est Républicain, à partir de septembre 2013 et pendant plus de 200 jours.

Résumé : Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapée d’un crash d’avion, une fillette de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée « Libellule ». Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, la jeune femme va dénouer les fils de sa propre histoire jusqu’à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?.

Mon avis : Une des phrases du livre est « Côté suspense, je crois que vous n’avez pas à vous plaindre : une année interminable pour moi se résume pour vous à quelques pages à lire. »… et bien moi le livre m’a semblé interminable. On aurait coupé 200 pages que cela n’aurait pas été un luxe. Si je n’avais pas lu d’autres livres de cet auteur, je ne sais pas si je serais allée au bout.. Alors oui l’idée est bonne mais c’est longuet… Et puis je dois dire que les personnages ne sont pas sympathiques… on a bien envie de connaitre le fin mot de l’histoire mais pas pour réconforter les personnages.. par curiosité. Alors à mon avis, à moins d’être fan absolu de Bussi et de vouloir tout lire de lui, je dois dire que je ne comprends pas le succès de ce roman…

Extraits :

« Il plongea dans les vagues bleues des lettres, des mots, des lignes, comme on plonge en apnée dans un océan de doutes. »

« Réunir deux malchances est parfois une équation positive comme quand on ajoute deux signes moins. »

« La tour Eiffel grelottait dans le brouillard, on distinguait à peine ses pieds humides dans les flaques qu’un fin crachin agrandissait lentement. »

« Ici, on entend tout. C’est comme ça. Les murs ne sont pas épais. On ne peut pas avoir de secrets. C’est peut-être parce qu’on n’en veut pas, d’ailleurs, des secrets. »

« un petit type droit à lunettes, sorte de croisement entre Eliot Ness et Woody Allen »

« Jusqu’à présent, au cours de sa vie, jamais elle n’avait eu à se plaindre de Dieu, ni de son mari d’ailleurs »

« Cela peut vous sembler étrange, mais j’ai appris après toutes ces années que les épreuves qu’exige la religion renforcent la foi plus qu’elles ne l’éprouvent. L’injustice divine, curieusement, pousse à la soumission plus qu’à la révolte. Comme la punition oblige à l’obéissance. Surtout la punition injuste, celle qui tombe au hasard, pour l’exemple »

« Je ne fis pas attention à l’atmosphère glaciale que ce reptile froid laissait derrière lui dans la pièce. »

« Son esprit semblait fonctionner comme un ordinateur auquel il manque de la mémoire vive »

« Il avait mis les pieds dans un mauvais conte de fées, il conversait avec la serial killeuse du rayon jouets d’une grande surface pour enfants »

« Le soleil se couchait sur ce toit du monde. Le toit de son monde, au moins »

« Les étoiles apparaissaient et disparaissaient, sans doute masquées par d’invisibles nuages poussés par le vent du Jura. Comme de fausses étoiles filantes, appelant des vœux qui ne se réalisent pas »

 

Goetz, Adrien « La dormeuse de Naples » (2004)

Auteur : Adrien Goetz (né en 1966 à Caen) est un écrivain français, auteur de plusieurs romans axés sur l’histoire de l’art. Après une thèse de doctorat d’histoire de l’art portant sur la période romantique, il enseigne aujourd’hui à l’université de Paris-Sorbonne. Ces romans ont tous pour toile de fond le monde de l’art.

Résumé : Trois cahiers manuscrits nous invitent à mener l’enquête : l’un serait une confession d’Ingres, l’autre aurait été écrit par Corot et le troisième par un artiste inconnu, ami de Géricault, dans le secret des ateliers. L’objet de cette enquête : La Dormeuse de Naples, un tableau énigmatique, peint par Ingres, qui a disparu et qui suscita bien des désirs… Mais ce ne sont pas seulement la qualité du tableau et sa disparition qui en font un tel mythe. Le modèle qui inspira le peintre est chargé de mystères. Qui était la jeune femme superbe qu’Ingres considérait comme  » – déjà peinte  » tant elle était parfaite à ses yeux ? Et qu’est devenue la toile ? Quête de la beauté autant qu’enquête littéraire et artistique, ce récit d’Adrien Goetz nous fait revivre l’atmosphère de l’Italie mythique des peintres et du Paris bohème des romantiques. Prix des deux Magots, 2004. Prix Roger Nimier, 2004.

Mon avis : J’ai commencé à aimer cet auteur en lisant les enquêtes de Penelope (voir articles sur le blog) et c’est naturellement que j’enchaine sur le reste de ses écrits. Beaucoup aimé ce (tout) petit roman à trois voix traitant de manière différente de la dormeuse. Trois peintres (même quatre) mais aussi différentes façons de peindre : Ingres et ses nus, Corot pour ses paysages, Géricault et Delacroix comme peintres du romantisme. Chaque intervenant a un rapport différent avec le tableau mais chaque peintre semble l’avoir vu. Ingres voue un amour (platonique) au modèle, mais tous sont tombés sous le charme de la dormeuse. Et le mystère est double.. Qu’est-il advenu du tableau et qui était vraiment le modèle ? J’ai bien aimé parcourir l’Italie du quattrocento, pénétrer dans les ateliers des peintres, faire connaissance avec Chateaubriand, croiser les proches de Napoléon… Et comme il enseigne l’histoire de l’art à la Sorbonne, il sait de quoi il parle…

Extraits :

Quand vous manquez au respect que vous devez à la nature, quand vous osez l’offenser dans votre ouvrage, vous donnez un coup de pied dans le ventre de votre mère

Le calme est la première beauté du corps – de même que, dans la vie, la sagesse est la plus haute expression de l’âme

Le cou d’une femme n’est jamais assez long, ni son dos, ni ses doigts.

Ma solitude d’avant le premier coup de couleur, ma solitude de dessinateur attentif, ma solitude d’artisan qui place en silence ses vernis, ma solitude d’écrivain qui ne sait pas relire ses phrases

L’hydre des solitudes avait des têtes qui repoussaient, des yeux partout pour me regarder, des cous hideux de serpent vert

Plus que Rome, plus que Florence, j’ai aimé Naples. À Rome j’ai aimé Raphaël, à Florence Masaccio, à Naples, j’ai aimé. Ce fut la seule fois.

Il avait l’air d’aimer pourtant la littérature, et la musique, et tout ce qui est agréable. Il en restait à l’agréable et à l’utile, justement parce que le beau fait peur

Qui peindrait mes rêves ? Il faut bien que je m’en occupe.

Je ne parle pas d’amour, mais seulement de peinture. En vérité, pour moi, ce fut la même chose. Mes tableaux montrent ce que j’aime.

Je voulais saisir par l’étude tout ce qu’il y a de fugitif, les nuages, les ombres qui tournent sur les murs

J’étais comme un artiste mahométan à qui sa religion interdit les visages.

Mon seul bonheur, c’est un rectangle de papier sur lequel je peux écraser un pinceau bien gras, le nez sur la couleur, et la regarder se répandre. Attaquer par le centre, estomper, ajouter des taches blanches, minuscules, prendre du recul, laisser, retravailler ailleurs, le carnet sous le bras. Voici la petite surface du monde que je contrôle, le domaine sur lequel j’ai pouvoir, le rectangle de carton qui échappe aux parents Corot. Je sais exactement où je dois placer une touche de pâte blanche sur une balustrade pour que le soleil l’illumine. Je sais dans quel sens doivent naviguer les nuages pour donner du relief à la colline au-dessous d’eux

Ouvrir mes carnets, tailler mes crayons. Sortir mes pinceaux de leur carquois.

C’était la ville la plus dissimulatrice qui se pouvait voir. Tous les Romains s’habillaient couleur de muraille

la seule Dormeuse de Naples que je veuille conserver se trouve dans mes souvenirs et je la regarde quand je veux. Il me suffit de fermer les yeux.

Le soleil donnait la beauté à tout, il n’entrait que mal, comme à regret, dans mes peintures.

Rien ne vaut d’être contemplé que Dieu, et la beauté – son reflet terrestre

Peindre, c’est se faire un masque, et non se livrer sur la toile, comme on le croit de nos jours.

Dans la pièce voisine, se cache une jolie fille qui entre et sort à mon gré. C’est la Folie, mon invisible compagne, dont la jeunesse est éternelle et dont la fidélité ne lasse pas. Je la laisse sortir de plus en plus souvent. Car dans le temps de ma jeunesse, j’étais obligé de garder ma Folie pour moi et de l’enfermer dans mon armoire. Un jour, j’ai fini par ouvrir la porte et la douce Folie s’est échappée, mais j’en ai encore plein mon armoire, en réserve

 

 

Holt, Anne « série Hanne Wilhelmsen « 

Auteur : Anne Holt, née le 16 novembre 1958 a Larvik, est une écrivaine et militante politique norvégienne, auteur de romans policier.

Elle vit actuellement à Oslo avec sa compagne et sa fille. Anne Holt est devenue un auteur à succès de romans policiers dans les pays scandinaves.

Elle est également connue en Norvège pour ses prises de position en faveur des droits des homosexuels.

Inspectrice de police, reporter pour la télévision norvégienne, avocate spécialisée dans la protection des enfants et Ministre de la Justice en 1996, le parcours d’Anne Hall et sa connaissance du milieu criminel d’Oslo donnent à ses romans policiers toute leur richesse.

Elle entame sa carrière de romancière en 1993 avec « La Déesse aveugle ». Elle reçoit en 1994 le prix Riverton du meilleur roman policier de l’année pour « Bienheureux ceux qui ont soif… » et le Prix des Libraires Norvégiens pour « La Mort du démon ».

Serie : Hanne Wilhelmsen : Hanne Wilhelmsen est inspectrice à la police d’Oslo ; elle est lesbienne et roule en Harley rose. Les autres protagonistes : l’avocate Karen Borg et le procureur Häken Sand (qui est amoureux de Karen Borg depuis toujours) et Billy T. un flic qui vient des stups.

1 – La déesse aveugle (1998)

Résumé : Un petit criminel toxicomane est trouvé abattu, le visage atrocement défiguré, au bord de la rivière Aker à Oslo, un vendredi soir. Cela n’éveille guère l’attention. Mais lorsque l’avocat de la victime est également trouvé assassiné dans son appartement quelques jours plus tard, l’affaire prend une autre tournure. La police, qui a chargé l’inspecteur Hanne Wilhelmsen de l’enquête, entrevoit alors les contours d’une mafia de la drogue particulièrement bien organisée. Elle se doute rapidement que derrière celle-ci se trouve le monde des privilégiés de la société norvégienne.

Mais qui est véritablement impliqué ?

Mon avis : Une plongée dans les mécanismes de la justice, dans les coulisses de la justice et de la police.. Des personnages bien sympathiques avec leurs zones d’ombre et d’incertitude.. DE plus on sent bien que l’auteur connait son sujet de l’intérieur. Les abus de pouvoir et le monde de la politique norvégiens ne sont pas épargnés. Pour ma part j’ai beaucoup aimé la description du monde de la justice et la recherche de preuves pour étayer les convictions des policiers. Ce n’est pas tout de savoir (dès le début) qui est coupable. Encore faut-il le prouver !

Merci à  l’amie qui m’a offert le 2ème livre de la série… Comme j’aime commencer par le début, j’ai découvert une romancière que j’aime bien. Et j’ai donc lu la trilogie …

Extraits :

Sans compter la tragédie des personnes âgées dont le seul crime était d’être seules au monde depuis des mois

Nous pouvons être lents ici à la police. Mais nous savons toujours ajouter deux à deux. Normalement nous arrivons à quatre, et nous pensons que nous y sommes maintenant

L’un après l’autre, ils étaient sortis de sa vie, ou elle des leurs, mais leurs routes presque effacées se croisaient de temps en temps en paroles de politesse

Depuis qu’il était sorti de sa vie, elle était devenue un as dans l’art de tout arranger pour elle-même dans le silence et pour tous les autres, contre paiement.

Elle était fatiguée et lourde, mais incapable de retourner au pays des rêves

La nuit, tous les problèmes devenaient énormes, même si dans la journée ils n’étaient tout au plus que des ombres désagréables. Ce qui était tellement facile à minimiser dans la lumière du jour, comme des broutilles, anodines, ou de petits désagréments réparables, devenait quelque chose d’imposant, des fantômes obsessionnels se penchant sur elle entre la nuit et le jour

Il paraît que les rêves d’accidents d’avion signifient un manque de contrôle dans l’existence

Son enfance était imprégnée par le service d’espionnage sophistiqué des femmes au foyer, des agents qui épiaient derrière les rideaux, toujours à la pointe de l’information, qu’il s’agisse de sols mal lavés ou de relations extra-conjugales

L’amertume avait rivalisé avec l’alcool pour donner à son visage un air contrarié et hargneux.

Malgré de nombreuses tentatives furibondes, il n’avait jamais réussi à obtenir la première page de son vivant. Son cadavre obtint au total la une dans six journaux. Il aurait été fier

ne t’aveugle pas avec les différences. Regardons plutôt ce qui les lie, ces deux affaires

Il l’a achevé si scrupuleusement que, même s’il avait eu neuf vies, il n’aurait probablement pas survécu

Ce n’est pas bien de travailler autant, admit-il. Mais c’est pire de se réveiller la nuit en pensant à tout ce que tu n’as pas fait. J’essaie d’être à peu près à jour chaque vendredi. Le week-end est alors plus agréable

Il n’était pas dans ses habitudes de se vanter, ni de s’emporter ainsi. Mais ça lui donnait tout de même une sensation agréable

Elle commençait lentement à sentir les effets qu’infligeait à l’âme le fait d’avoir à se confronter tous les jours aux assassinats, viols, mauvais traitements et violences. Ça lui colla à la peau, comme un drap mouillé. Même si elle avait pris l’habitude de prendre une douche chaque fois qu’elle rentrait du travail, elle sentait de temps à autre qu’elle puait la mort, comme les mains du pêcheur sentent toujours la poiscaille.

Elle s’imaginait les pêcheurs scruter l’océan à la recherche de traces prévisibles ou imperceptibles de poisson : les rassemblements de mouettes, les bancs de baleines en chasse…

Il se remit à rire, de façon aussi stridente et aussi forte que l’instant d’avant. Le fou rire résonna entre les murs en béton, frappa la pièce de long en large, dansa une ronde autour de lui avant de disparaître par le grillage, en emportant avec lui la dernière lueur de raison

Après s’être salués, ils ne surent plus quoi dire. C’était embarrassant de rester muet devant un téléphone qui l’était également, et il se racla nerveusement la gorge pour remplir le vide

Ils firent l’amour pendant de longues heures. Un amour profond et intense, deux vieux amis avec une longue histoire commune qui ne s’étaient jamais touchés, jamais comme ça. C’était comme se promener dans un paysage cher et connu, mais transporté dans une autre saison. Un paysage connu et inconnu en même temps, le même, mais avec une lumière différente, et comme étranger et vierge

Il s’appuya contre un réverbère, remonta le col de son blouson de mouton et se sentit comme James Dean

Ses propres tentatives culinaires étaient toujours ratées. Un mètre de bibliothèque rempli de littérature et de livres de cuisine ne l’avait guère aidée

Le moteur était là devant elle, entièrement démonté, et elle le nettoyait avec des Coton-tige. Rien n’était trop bien pour une Harley

La fatigue s’était posée comme une cagoule noire serrée autour du crâne, et les yeux se fermèrent lentement au bout de quelques minutes de silence

Sa panique n’était pas sensible à la raison. Elle s’agrippait avec des griffes ensanglantées autour du cœur, et la douleur était intense

Ses vêtements avaient fané au même rythme que leur propriétaire

Elle soupira. C’était un bon livre. Cela, elle le savait, car elle avait lu les critiques. Mais elle le trouvait horriblement ennuyeux. Elle avait cependant pris la décision de le lire d’un bout à l’autre. Elle s’inventait tout de même de petites occupations pour se distraire

2 – Bienheureux ceux qui ont soif… (1999)

Résumé : Oslo, la chaleur d’un printemps exceptionnel pèse sur la ville. L’inspectrice Hanne Wilhelmsen va se trouver confrontée à deux affaires difficiles. D’une part, les « massacres du samedi » après lesquels on découvre, en des endroits différents, d’énormes quantités de sang mais pas de cadavre… D’autre-part, une jeune femme violée dans des conditions atroces. Le portrait robot du violeur est trop vague pour être utile, et le désir de vengeance de la victime et de son père inquiète l’inspectrice : ils pourraient bien faire justice eux-mêmes…

Un roman troublant sur le racisme ordinaire et les agressions sexuelles. Mais aussi un polar qui dénonce les dysfonctionnements du système judiciaire norvégien.

Mon avis : Sympa de retrouver Hanne Wilhelmsen. Celui que j’ai le moins aimé de la trilogie. Une fois encore on plonge dans les coulisses de la justice/police norvégienne. On assiste à la montée des crimes et du racisme dans les pays scandinaves. Comme dans les romans de Mankell les romans et les crimes servent un peu de prétexte pour nous faire découvrir la vie en Norvège et les problèmes auxquels sont confrontés les habitants et les institutions. Ici le problème de l’immigration est en toile de fond. Vite lu et je passe au tome 3..

Extraits :

L’heure était si matinale que, comme on dit chez nous, le diable n’avait même pas encore enfilé ses chausses

Des petits oiseaux gris, indifférents à la pollution du centre-ville, pépiaient sur un bouleau qui étirait ses bras morts vers la lumière matinale

Il ôta ses lunettes et se mit à les nettoyer avec sa cravate sans grand profit pour ses lunettes et au grand dommage de sa cravate définitivement froissée.

Ne te soucie pas de mes conquêtes. Efforce-toi plutôt de devenir la dernière, blagua-t-il après une petite pause.

La fenêtre étant ouverte, elle devait renoncer à entrebâiller la porte, car le moindre courant d’air aurait eu raison du semblant d’ordre qui régnait miraculeusement sur son bureau.

J’ai le sommeil très léger, vous comprenez, conti-nua-t-il. C’est comme si j’avais épuisé mon capital de sommeil

Chacun savait que l’autre aurait aimé parler. Mais comment commencer. Et surtout comment continuer : ils n’en avaient aucune idée. Ils ne réussissaient ni à entrer, ni à sortir de cette relation si fusionnelle qu’elle rendait toute communication impossible

Une haine bienfaisante, libératrice, forte. C’était comme si un tuteur métallique redressait sa colonne vertébrale. Elle n’avait jamais connu ça avant ce jour. Voir

3 – La mort du démon (2002)

Résumé : Olav est un jeune garçon de douze ans qui a fugué du foyer d’accueil pour mineurs Vârsol à Oslo. Il faut dire que le meurtre brutal de la directrice a profondément bouleversé les enfants et le personnel de l’établissement. Hanne Wilhelmsen, fraîchement promue au grade d’inspectrice principale, va découvrir que le centre dissimule bien des secrets. Elles pressent qu’en levant le voile qui les recouvre, ils la mèneront tout droit vers l’assassin.

L’humain forme le cœur de cette intrigue, soulevant les difficiles et parfois douloureux problèmes liés à l’enfance en détresse, à l’honnêteté, à la compétence et à la compassion.

Mon avis : Arrivée de Billy T. dans l’équipe de Hanne qui a été promue suite au décès de son patron. Elle a toujours des soucis dans sa vie privée et le saut professionnel ne se fait pas sans mal. Elle qui est une enquetrice hors pair a du mal a être davantage administration et patron que flic de terrain. Dans cette enquete les deux autres personnages ( l’avocate et le procureur sont absents).

Extraits :

Quand il se leva, le lit exhala un soupir de soulagement

La maison lui manquait. Il le sentait partout dans son corps, comme une anémie. C’était un sentiment qu’il n’avait jamais connu auparavant

Sa vie était en grand partie basée sur la construction de barrières entre elle et les autres, des barrières qui lui permettaient de pouvoir se retirer. A tout instant

À grands gestes, il désignait la rue Keberg, où deux hommes en étaient venus aux mains. Le museau d’une Volvo s’était un peu cavalièrement immiscé dans le cul d’une Toyota Corolla dernier modèle.

Tu tires dans toutes les directions, c’est devenu une affreuse habitude qui vient aussi sûrement qu’amen dans la bouche d’un curé… Chaque fois que je mets sur la table un problème de fond. Pan, pan, pan, voilà ce que j’entends, et après tu n’es plus qu’une forteresse inexpugnable. Tu ne vois donc pas combien c’est dangereux ?

Quand tous les enfants attendent Noël avec impatience, lui, il le redoute parce que ça ne dure que quelques jours. Quand l’été arrive et que les autres veulent aller se baigner, lui, il reste à l’intérieur, à manger, en disant qu’il est trop gros pour aller dehors. Là où un enfant normal pleure et se sent triste, lui, il sourit et refuse que je le console. Tu as lu La Reine des Neiges ? Hanne fît non de la tête. — H. C. Andersen. Ça parle d’un miroir qui déforme tout. Il s’est brisé en mille morceaux et ceux qui en ont reçu un éclat dans l’œil interprètent tout ce qu’ils voient de travers. Ceux qui en ont reçu un éclat dans le cœur deviennent durs comme de la pierre

Mais est-ce que tu ne ressens jamais cet étrange… Un étrange bien-être envers un homme que tu apprécies particulièrement ? Un sentiment agréable, qui fait que tu as envie d’être tout le temps avec lui, de faire des choses rigolotes, bavarder, rire, jouer, le genre de trucs qui ressemble à tout ce dont on a envie quand on est amoureux

A la main, il tenait une rose qui avait déjà commencé à courber la tête par manque d’eau ou peut-être elle aussi par respect pour la défunte.

je sais qu’il est parti pour toujours et il fait nuit et il n’y a plus que le silence, il ne me reste plus rien. Rien. Même pas moi-même.

Elle restait assise sans bouger un cil, sans rien dire, sans regarder personne, sans réagir à ce qu’on lui disait. C’était la seule façon pour elle de se raccrocher à la vie et à la réalité

Quelque chose en elle était en train de se briser. Elle avait l’impression que ses entrailles avaient changé de place en un chaos infernal. Ça cognait et tapait dans son abdomen, comme si son cœur était tombé dans son bas-ventre. Elle ne parvenait à respirer qu’avec la partie supérieure de ses poumons, remontés tout en haut de sa gorge, là où il n’y avait pas assez de place pour eux. Pas une seule pensée ne circulait dans sa tête. Au lieu de cela, ses sentiments virevoltaient dans son estomac et voulaient monter, sortir. Ses bras et ses jambes étaient comme inexistants, se contentant de pendre, morts et courbaturés, inutiles sauf à bloquer la sortie de tout ce qui bouillonnait dans sa poitrine

On gratte un peu à la surface d’une personne a priori assez terne, ordinaire et intègre. Et on découvre que la réalité est bien différente. Il y a toujours quelque chose de caché sous un vernis irréprochable. Rien n’est comme on le pense au premier regard. On a tous nos côtés sombres

Le monde entier n’est qu’une vaste escroquerie. Un négatif de l’image véritable

J’ai arrêté d’essayer de lui répondre, il ne voulait pas entendre ce que je lui disais, de toute façon. Personne ne m’a jamais écoutée

Salem, Carlos « Japonais grillés » (2015)

Résumé : Dans ma boîte, je suis le meilleur, mais je sais aussi que je vais bientôt devoir prendre ma retraite. Et je veux laisser ma place à quelqu’un d’aussi bon que moi, un héritier, si tu veux. Il s’appelle Juan.
Ce boulot, c’est celui d’un tueur à gages, qui termine sa carrière après avoir gravi les échelons de la hiérarchie comme dans tout bonne multinationale qui se respecte. À Barcelone et Madrid, côté rue le jour, et côté bar la nuit, se croisent des prostituées, un flic sur le déclin, un candidat au suicide… Autant de personnages truculents qu’un tourbillon de péripéties précipite aussitôt dans des situations rocambolesques. Humour et dérision sont la marque de fabrique de Carlos Salem. Cette fois encore, l’écrivain argentin ébouriffe le polar d’une loufoquerie jubilatoire.

Avis global sur les 5 nouvelles (80 pages) . Du Salem pur jus. Jubilatoire, déjanté, humour noir. J’adore ! Mais les nouvelles, faut que j’aime l’écrivain car c’est pas du tout du tout mon truc . Je n’arrive pas à me mettre dans l’histoire que je suis déjà éjectée… C’est comme si on me propose le strapontin et qu’on me refuse le canapé…

1. Japonais grillés : Ou comment faire place nette et préparer sa succession quand on est tueur à gage…
Extraits
« Je ne compte pas me faire publier, mais l’écriture me sert à regarder ma vie, mon boulot sous un angle plus excitant »
« pour une mission très spéciale on fait appel à une entreprise très spéciale, non ? Une multinationale de l’assassinat, un truc comme ça, où chaque employé aurait un numéro qui indiquerait son importance dans la hiérarchie »
« la règle d’or concernant les Japonais en voyage : quand il y en a un qui fait des photos de groupe, il y en a toujours un autre qui prend la photo de celui qui prend la photo, tu comprends ? Ces enfoirés photographient tout, putain ! «
« J’arrive juste à saisir le nom des lieux et celui de l’hôtel où ils occupent à eux seuls tout un étage, d’après ce que répète l’un d’eux dans sa langue comme si c’était la première étape d’une invasion »
« pourquoi ne pas en profiter pour bavarder un peu et se rappeler le bon vieux temps où les marchés étaient de vrais marchés et où les profs n’avaient qu’un seul travail »

2. Petits paquets : Petit tour dans un atelier clandestin…
Extraits
« Il étudiait ou il avait étudié l’architecture, il était jeune et il dessinait ses rêves »
« C’était un pont pareil à tous les autres : ils ne mènent nulle part mais les gens ne le savent pas et passent leur vie à les traverser »
« Que quelqu’un vous aime, c’est une bonne chose même si ça ne sert pas à grand-chose. Mais que quelqu’un vous ait aimé, ça ne sert directement à rien. C’est une question de temps verbaux «

3. Comme voyagent les nuages : Petite incursion dans le monde des suicidaires…
Extraits
« Tu as remarqué comme certains visages peuvent te rappeler des périodes de ta vie, des figures et des noms, des mots et des parfums ? — Quand je bois du cognac, oui. Mais évite de le faire, après ça te casse la tête… »
« Elle a lustré le robinet de la baignoire comme si elle le masturbait mais avec plus de rage que de désir «
« Elle est restée là longtemps, à regarder passer le temps, injuste et lent comme un escargot qui dépose sa bave sur le plus beau des rêves »
« ils ont tous deux rêvé de ce qui s’était passé. De ce qui ne s’était pas passé. Maintenant, mal à l’aise, ils craignent que le moindre mot entraîne des explications qui n’expliqueraient rien »
« Mais le plus important, ce n’est pas la manière dont tu te suicides, mais ta détermination à le faire. C’est ce qui différencie les suicides sérieux des suicides improvisés. Les gens croient que la responsabilité passe par le choix de la méthode. Et ils perdent de vue que l’essentiel, c’est d’assumer le projet, de se convaincre de son bien-fondé et de le considérer comme une consolation. »

4. Des marguerites dans les flaques : Souvenirs, regrets, passé…
Extraits
« Dans le monde de la nuit, il y a toujours quelqu’un prêt à te raconter l’histoire d’un autre sans qu’on le lui demande. »
« Mes facultés déclinent et l’alcool m’affecte plus qu’avant. Le nuage. Le putain de nuage dans ma tête. J’oublie les choses et je perds patience. Allez, remplis mon verre et sers-t’en un, parce qu’à partir de ce soir, j’arrête de boire. Promis. »
« Mon bar est l’un de ceux où, à force d’épuiser les nuits, le temps glisse lentement. L’un de ces endroits où tu passes des années à attendre qu’il arrive quelque chose d’inhabituel et où il n’arrive jamais rien. »
« Comme s’il pleurait à l’intérieur depuis des années et qu’il venait de découvrir une porte de sortie pour toutes ces larmes perdues »

5. Mais c’est toi qu’elle aimait le plus : Et coté trahison ????

Bussi, Michel « N’oublier jamais » (2014)

Auteur : Michel Bussi a commencé à écrire dans les années 1990. Alors jeune professeur de géographie à l’université de Rouen, il écrit un premier roman, situé à l’époque du Débarquement de Normandie. Ce dernier est refusé par l’ensemble des maisons d’édition. Il écrit quelques nouvelles, s’attelle à l’exercice de l’écriture de scénarios mais sans parvenir à les faire publier. Il attendra dix ans pour que l’idée d’un roman, inspiré d’un voyage à Rome au moment du pic de popularité du Da Vinci Code de Dan Brown, s’impose. Ce succès d’édition international, ainsi que la lecture d’une réédition de Maurice Leblanc pour le centenaire d’Arsène Lupin, le poussent à se lancer dans un travail d’enquêteur. De retour à Rouen, équipé de ses cartes de l’IGN, il noircit des carnets jusqu’à pouvoir proposer, en 2006, un manuscrit intitulé Code Lupin à un éditeur régional et universitaire, les éditions des Falaises. Ce premier roman sera réédité neuf fois.

Plusieurs années seront nécessaires pour que les ouvrages de Michel Bussi, qui paraissent au rythme d’un par an, tel Mourir sur Seine en 2008, ou Nymphéas Noirs en 2011, voient leurs ventes s’envoler. Après une série de récompenses locales, grâce à ses premières éditions en livre de poche, mais surtout grâce à la sortie en rayon polar de son ouvrage maître Un avion sans elle, l’auteur géographe est propulsé sur le devant de la scène.

Une des particularités de son travail est de situer la majorité de ses romans en Normandie. Son roman N’oublier jamais, sorti en mai 2014, met « plus que jamais6 » la Normandie au cœur de son intrigue, tout comme Maman a tort (qui se déroule au Havre), sorti en mai 2015. Son dernier roman cependant, Le temps est assassin, sorti en mai 2016, se déroule en Corse.

Ses romans : Code Lupin (2006) – Omaha crimes /Gravé dans le sable (20067/2014) – Mourir sur Seine (2008) – Sang famille (2009 épuisé) –Nymphéas noirs (2011) – Un avion sans ailes (2012) – Ne lâche pas ma main (2013) – N’oublier jamais (2014) – Maman a tort (2015) – Le temps est assassin (2016) –

Résumé :
« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »
Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.
C’est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?

Mon avis : Jeune, beur, handicapé… Et seul sur les lieux d’un crime… Evidemment il est le coupable idéal et désigné… Au point que lui-même finira par se demander si il est fou ou pas… On dit qu’il ne faut jamais se fier aux apparences ? Engrenage ou pas engrenage ? Comment deméler le vrai du faux ? Ce livre est un chef d’œuvre de manipulation. Je l’ai commencé et pas lâché.. J’avais déjà lu un livre de cet auteur qui m’avait beaucoup plu (voir l’article sur « Nymphéas noirs ») ; et bien je ne suis pas déçue par mon deuxième essai.. Un thriller très psychologique, construit, qui ne laisse pas de place au hasard. Un assassin machiavélique… mais qui est-il ? Le suspense a été total jusqu’à la fin du livre…

Extraits :

Une vieille dame tenait au bout d’une laisse interminable un petit chien ridicule, genre modèle qui fonctionnerait avec une télécommande et des piles, prétentieux au point d’insulter les mouettes à coups de jappements hystériques.

Dans votre vie, vous ne rencontrez pas plus de dieu vicieux que de prof qui vous prend comme bouc émissaire.
Les dieux comme les profs s’en foutent, de vous. Vous n’existez pas pour eux.
Vous êtes tout seul.
Pour que la pièce retombe un jour de votre côté, il faut juste jouer, souvent, beaucoup, recommencer, toujours.
Insister.

Je n’avais jamais rencontré une fille aussi proche de ma vision du monde. Décalée, pas tout à fait dans le réel. Sur le rebord d’une fenêtre, entre deux vides, celui des bagnoles qui grouillent dans la rue au-dessous, celui des étoiles au-dessus.

Je comprenais maintenant ces innocents qui avouent aux flics un crime qu’ils n’ont pas commis, après des nuits de garde à vue, après des heures d’arguments, d’hypothèses et de preuves assénés par l’accusation. Ces innocents qui finissent par croire à la vérité énoncée par d’autres, qui en viennent à douter de leurs propres certitudes, celles qu’ils possédaient en entrant dans le bureau du juge.

La lune peignait la nuit en clair-obscur.

Des solitaires qui se refaisaient en boucle le film de leur vie. Comme s’ils pouvaient refiler leur malheur au premier venu rien qu’en le leur racontant

Je me suis servi un calvados, un Boulard. L’étiquette indiquait « hors d’âge ».
Comme la maison.
A peine en avais-je lapé une gorgée qu’un incendie ravagea ma gorge. Ma toux se cogna aux murs, rebondit dans le silence, puis s’éloigna en hoquets vers les étages comme un esprit frappeur craintif qu’un opportun aurait dérangé.

J’ai grandi avec l’idée que je ne serais jamais grand, que je n’avais pas assez de pièces en bon état dans mon moteur pour aller bien loin sur la route. Que la panne pouvait arriver n’importe quand et me laisser en rade sur le bord du chemin. Alors j’ai inventé mon avenir, je me suis imaginé un destin d’Achille, tu vois ce que je veux dire ? Accepter de mourir jeune mais à condition d’en profiter avant, de fixer la barre non pas en chiffrant les années à vivre, mais les objectifs à atteindre.

Longtemps, je n’ai pas eu de chance.
J’ai toujours cru que le hasard retomberait toujours du même côté, jamais du mien.

 

Rash, Ron « Incandescences » (2015)

Résumé : Les douze nouvelles de ce recueil sont des portraits de désespoir rural, des tranches de vie oblitérées par la misère, le manque d’éducation, la drogue. Situées dans le décor sauvage et magnifique des Appalaches, déjà rencontré dans Le Monde à l’endroit et Une terre d’ombre, elles évoluent entre l’époque de la guerre de Sécession et nos jours. Elles décrivent avec une compassion affligée et lucide de pathétiques gestes de survie, une violence quotidienne banalisée par la pauvreté, des enfants sacrifiés par leurs parents au culte de la crystal meth ou des actes meurtriers commis sous couvert de bonnes intentions. Elles parlent aussi de vieux mythes et des croyances qui perdurent dans cette contrée imperméable au progrès et à la modernité. A mi-chemin entre le minimalisme de Raymond Carver et le gothique de William Faulkner, Ron Rash écrit une prose d’une noirceur poétique, laissant par instants entrevoir un éclair d’humanité même chez les êtres les plus endurcis.

Mon avis (nouvelle par nouvelle) : Dans un monde de misère, de douleur, de survie plus que de vie, l’amour et l’argent sont en conflit.. Mais que sont-ils face à la faim, la solitude, la drogue… Et toujours ces paysages désertiques et extrêmes, de neige, de froid, de glace, d’hiver, sous des ciels noirs mais ou malgré tout des étoiles qui brillent… de la boue, de la crasse… et soudain une lueur, une bougie, un éclair blanc.. qu’il provienne du ciel ou d’une lame… qui illumine la scène. Mais j’ai toujours du mal à apprécier les nouvelles comme genre littéraire. J’aime l’écriture de Ron Rash et c’est un amuse-bouche, un « avant-gout » un peu frustrant car j’aime m’imprégner des ambiances et là je ne fais que mettre le doigt dans la place…

1. Les temps difficiles :
Toujours le contraste entre ombre et lumière – que ce soit dans la nature ou dans les caractères des personnages – chez Ron Rash. Des œufs disparaissent dans le poulailler. En pleine période de misère, chaque œuf représente de l’argent. Qui est l’auteur de ces larcins ? Un voisin, un animal domestique, un animal sauvage ? Alors que les propriétaires du poulailler traquent le coupable, des réflexions mettent en lumière ce que révèle la misère dans le caractère des gens. Agressivité, ressentiment, honneur, importance de chaque miette de nourriture, mais aussi bienveillance et compréhension…
Extraits :
« Ce vallon-là est si bougrement sombre qu’y faut y faire entrer la lumière au pied-de-biche »
«Son visage tout entier rayonnait, comme si la courbe de ses lèvres déroulait une vague lumineuse de la bouche au front »
« Avec leurs vêtements en loques pendant sur leurs corps efflanqués, on aurait cru des épouvantails en route pour un nouveau champ de maïs »
« Au bout d’un certain temps, la lune et les étoiles pâlirent. À l’est, l’obscurité s’éclaircit jusqu’à prendre la couleur du verre bleu indigo. »

2. Le bout du monde : L’alliage de la misère et de la méthamphétamine est à l’origine du rapprochement de deux frères.. L’un d’entre eux est prêteur sur gages. Il revend sans état d’âme ce que lui apporte son neveu, tout en sachant bien que les objets sont volés dans la maison familiale ; tant que cela reste en famille il ne veut pas s’en mêler. Le jour ou le neveu lui amène des objets volés, il retournera dans la maison familiale pour régler le problème à sa façon…

3. Des confédérés morts : La aussi on part sur le vol et la revente. Mais il y a opposition entre les motifs.. D’un côté s’enrichir par appât du gain, de l’autre aider. Et si je puis dire… la morale de cette histoire punira la mauvaise raison de voler (si il peut y en avoir une bonne) .. J’aime bien le mimétisme entre l’origine des gens en le langage parlé.
Extraits :
« On est sur une crête maintenant, et je vois toute une flopée d’étoiles éparpillées dans le ciel. Une nuit comme y en a pas de plus claires, et je me dis que c’est pas difficile pour Dieu de me voir de là-haut. Cette idée me tracasse un peu, mais c’est bien plus facile d’avoir un jugement sur un truc si on le voit entièrement en bien ou entièrement en mal. Faire ce qu’on est en train de faire c’est un péché, certainement, mais pas s’occuper de celle qui vous a enfanté et élevé, c’est un péché pis encore. Voilà ce que je me dis en tout cas »
« J’ai une pelle et une pioche, je dis. Je sais aussi comment faire autre chose que m’appuyer dessus. »
« Y me comprend mais y rigole, c’est tout, y me raconte ce qu’il a combiné dans sa tête. Je commence à répondre que jamais de la vie je ferais un truc pareil, mais y tend la main comme pour arrêter la circulation, et y me demande de lui épargner mon oui ou mon non jusqu’à ce que j’aie eu le temps de bien peser tout ça dans ma tête »
Attendre c’est ce qu’on fait pendant deux semaines, pasque ce premier soir dans ma cour quand je lève la tête vers le ciel la lune est toute maigrelette et a pas l’air de grand-chose de plus qu’un truc à quoi on suspendrait un manteau
« Finalement la bonne nuit arrive, la pleine lune qui vient se poser tout contre le monde. Une « lune de chasseur », il appelait ça mon père, et c’est pas difficile de voir pourquoi, pasqu’une lune comme ça, ça aide vraiment pour vadrouiller dans les bois. »

4. L’envol : La méthamphétamine est aussi le sujet de cette nouvelle. Un jeune garçon va tenter d’aider ses parents pour leur montrer son amour et ensuite va trouver le moyen d’échapper à la vie. L’argent c’est une chose mais c’est loin d’être le remède universel…
Extraits :
« Sa mère ne cessait de remettre du petit bois dans le feu, en disant à Jared que s’il regardait bien il verrait des ailes d’anges battre dans les flammes. « Les anges descendent parfois par la cheminée, tout comme le Père Noël », lui expliqua-t-elle »
« Il était parvenu à mi-pente lorsque la lame accrocha le soleil de midi et l’acier lança un éclair »
« Pendant quelques instants il resta assis à écouter combien le monde était silencieux et immobile »

5. La femme qui croyait aux jaguars : Nouvelle sur la solitude. Personne ne connait cette femme. Bien qu’elle travaille, elle n’a personne avec qui parler. Son passé est mort le jour où elle a perdu le bébé qu’elle venait de mettre au monde. Elle a perdu l’espoir.. et toute sa ville s’est écroulée. Pour tromper sa solitude, elle se penche sur les disparus… que ce soit le jaguar comme animal ayant vécu dans sa région dans des temps reculés ou des enfants disparus sans laisser de traces…
Extraits :
« Les derniers jours ont été d’autant plus épuisants qu’elle a dû s’entretenir avec quantité de gens. Elle est fille unique, les longs silences de ses jeunes années peuplés de livres et de jeux qui ne nécessitaient pas d’autres joueurs »
« la solitude reparaissant dans la vie de Ruth comme un lieu géographique, un paysage ni hostile ni accueillant, simplement familier »
« Leur couple était devenu un inextricable échange de douleur »
« Quelque chose en elle largue les amarres. Elle s’allonge sur le banc, pose sa tête sur son avant-bras. Elle ferme les yeux et elle s’endort. »

6. Incandescences : La nouvelle qui a donné le titre au recueil : encore sur la solitude à laquelle est confrontée une femme. Elle vit seule depuis la mort de son mari et le départ de ses filles ; elle rencontrera un étranger de passage… Ce n’est pas un causeur mais c’est une présence.. Est-elle prête à fermer les yeux sur tout pour ne pas mourir seule…
Extraits :
« C’était comme si ses longs silences lui donnaient une plus grande faculté de communiquer d’autres façons »
« Parce qu’elle savait ce que l’on espérait d’elle – qu’elle reste là, seule, à attendre que les années, peut-être les décennies, passent jusqu’à ce qu’elle meure à son tour. »

7. Retour : Celle que j’ai le moins apprécié. Changement d’époque… De retour dans ses montagnes, un soldat se remémore … . Une nouvelle « humaine » sur la guerre, ou le thème du vol des morts est abordé. Pour quelques dollars, il aurait pu dépouiller un mort… Le soldat respecte son adversaire tombé au combat … et à son retour chez lui, de passage au cimetière face à une croix, établit un parallèle entre lui qui est en vie et le disparu, les sommets de son Amérique et les neiges éternelles du Japon. Un dernier moment avant de retourner à sa vie d’avant… Un peu trop ébauchée et pas assez aboutie à mon gout..

8. Dans la gorge : Une de celles que j’ai beaucoup aimé. Le présent n’est pas la continuité du passé. Les règles ont changé… Il lui faudra fuir pour échapper à ce qui était pour lui une évidence et qui se transforme en cauchemar…
Extraits :
« Puis son esprit s’était égaré en un lieu où elle n’avait pu le suivre, emportant avec lui tous les gens de son entourage, leurs noms et les liens qui les unissaient, s’ils vivaient encore ou s’ils étaient morts. »
« Le liniment qu’il passait tous les matins et tous les soirs sur ses articulations et ses muscles lui donnait l’impression d’être une machine grinçante et mangée de rouille qu’il fallait graisser et faire chauffer avant qu’elle crachote et prenne vie »
« Il frissonnait, l’esprit en déséquilibre, chaque pensée penchant vers la panique »

9. Étoile filante : Quand sa femme reprend ses études, tout change.. Les deux mondes se télescopent et il assiste à la mort de leur amour…
Extraits :
« C’est pas parce qu’on a de l’instruction qu’on ne peut rien faire d’autre »
« Lynn arrange ses bouquins sur la table. Ils sont empilés là devant elle comme une grande assiette de nourriture qui la rend de plus en plus forte »
« Y a tellement d’étoiles qu’on peut voir comment certaines semblent être passées sur un fil et dessiner des formes »
« Elle a posé sa tête sur mon épaule. « J’espère que ça sera toujours comme ça, elle a dit. S’il y avait une étoile filante, je ferais pas d’autre vœu. »
« T’as intérêt à t’y habituer, dit une voix dans ma tête. Y a un bon paquet de nuits en vue où elle sera pas au même endroit que toi, peut-être même dans une autre ville. Je lève les yeux vers le ciel une dernière fois mais y a rien qui file »
« Je me fabrique un souvenir qui va pas tarder à m’être nécessaire »

10. L’oiseau de malheur : Je pense que c’est ma préférée. Un homme a quitté les montagnes de son enfance et la vie qui allait avec. Il a changé de mode de vie et s’est adapté à un environnement citadin. Quand soudain il est rattrapé par des croyances surgies de son passé. Incompréhension dans le milieu dans lequel il vit, stupeur de son entourage qui pensent qu’il ne peut être que dérangé mentalement ou surmené.
Extraits
« Un lever de soleil rouge annonçait la pluie, tout comme le cri du coucou à bec jaune. D’autres signes, qui étaient annonciateurs d’une vie nouvelle, ou d’une vie touchant à sa fin. «
« Le vieil homme avait également entendu le hibou, et pour lui c’était un son de Jugement dernier, tout aussi définitif que le choc sourd des mottes de terre sur son cercueil »
« Ils l’avaient précipité dans un monde où le ciel ne comptait pas, où la terre ne vous noircissait pas les ongles, ne collait pas à vos souliers ni ne rendait vos mains calleuses, mais était vue, au mieux, derrière des vitres d’immeuble, de voiture et d’avion. Le monde hors sujet et muet. Ses professeurs avaient cru qu’il pouvait quitter le monde dans lequel il avait grandi, et peut-être qu’à son tour il les avait crus. »
« Les superstitions ne sont rien d’autre que l’ignorance de la cause et de l’effet »
« Couper le bois, le ranger, et finalement le brûler, lui procurait du plaisir, du travail qui, contrairement à tant de choses qu’il faisait au bureau, était tangible, en quelque sorte plus réel »

11. « Waiting for the End of the World » : Ce pourrait être la nouvelle tragi-comique du recueil. L’histoire d’un ancien prof qui se retrouve obligé, pour avoir un peu d’argent, de jouer de la guitare dans un bouge. Elle est écrite à la première personne. Il doit chanter toutes les heures une même chanson évoquant la liberté alors qu’il est tout sauf libre de faire ce qu’il veut… et qu’il en a visiblement marre… même si il ne fait rien pour s’envoler… Le chanteur est enfermé dans une « cage » qui a un nom qui évoque l’espoir, joue un titre qui est porteur d’espoir, évoque des paroles qui évoquent l’espoir… et tout ce qui l’environne est déprimant au possible… J’ai pas trop croché.
Extrait : On est donc quelque part entre samedi soir et dimanche matin pour ce qui est de l’heure, et moi je suis dans un bar perdu sur le bord d’une route, un cube en béton qui s’appelle La Dernière Chance, et je joue « Free Bird » pour la cinquième fois ce soir, seulement je ne pense pas à Ronnie Van Zant mais à un artiste exhumé de ma vie d’avant, Willie Yeats, et à son vers « Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt ».
« Tout ce que je suis pour eux c’est une enveloppe avec un chèque à l’intérieur »

Et voici les paroles du refrain de la chanson…

If I leave here tomorrow
Would you still remember me?
For I must be traveling on now
‘Cause there’s too many places I’ve got to see.

But if I stayed here with you, girl,
Things just couldn’t be the same.
‘Cause I’m as free as a bird now,
And this bird you can not change, oh, oh, oh, oh.
And this bird you can not change.
And this bird you can not change.
Lord knows I can’t change.

12. Lincolnites : cette nouvelle serait inspirée par un fait réel; une histoire qui est arrivée à un de ses ancêtres en Caroline du Nord. Pendant la Guerre de Sécession, sa famille et ses voisins étaient connus comme des partisans de L’Union. Un jour, un Confédéré arriva et “confisca” un cheval. Bien mal en prit au soldat..

pas trop aimé.

Nesbø, Jo « Du sang sur la glace » (2015)

tome 1 des aventures de Olav Johansen

Résumé : Quand on gagne sa vie en supprimant des gens, il peut être compliqué, voire dangereux, d’être proche de qui que ce soit. Olav est le tueur à gages attitré d’un gangster qui règne sur la prostitution et le trafic de drogue à Oslo. Lorsqu’il tombe enfin sous le charme de la femme de ses rêves, deux problèmes de taille se posent. C’est la jeune épouse – infidèle – de son patron. Et il est chargé de la tuer…

Mon avis : Pas de Harry Hole dans ce petit roman de 150 pages. On pénètre dans l’univers d’un tueur à gages qui est tueur à gages car c’est une activité qui lui réussit et qu’il a échoué dans les autres domaines ; n’est pas revendeur de drogue ou Dodo la Saumure qui veut…
C’est principalement la psychologie de cet anti-héros qui est mise en avant. Il est de fait tout sauf le portrait type du tueur : humain, maladroit, timide, peu sûr de lui, il adore lire et est passionné par « les Misérables » de Victor Hugo. Il est romantique, dyslexique, nul en maths, excellent expéditeur… c’est jouissif, bien rythmé. Pas de temps mort et beaucoup de tendresse et d’humour. J’ai adoré.

Extraits
:
La neige dansait comme du coton dans la lumière du réverbère

Ils tourbillonnaient ensemble, le vent et la neige, tournaient et tournaient sur les quais, dans le noir

les cristaux de neige qui se forment par grand froid sont différents de ceux de la neige mouillée, à gros grains ou croûtée

Je suis – d’après elle – le type de personne qui ne fait que chercher quelque chose à quoi se soumettre. Une religion, un grand frère, un chef. Ou l’alcool et la drogue

J’ai lu un ou deux trucs, mais j’en sais bien peu et en tout cas pas le genre de choses qui peuvent être utiles. Et j’écris plus lentement que ne se forme une stalactite.

dans un marché gouverné par des charlatans, des imbéciles et des amateurs, même une médiocrité pouvait devenir altesse royale Tu n’as été là jusqu’à aujourd’hui que parce qu’il n’y avait personne d’autre. Tu as comblé un vide dont j’ignorais l’existence même.

La phrase avait semblé stupide quand je l’avais formulée dans ma tête. Et elle le sembla tout autant quand je la prononçai à voix haute.

J’aime regarder des films. Pas autant que lire des livres, mais un bon film exerce un peu la même fonction. Il vous convainc de voir les choses différemment

Mais l’avidité est comme de l’eau de fonte, quand une voie est fermée, elle s’en trouve simplement une autre

Son regard se déplaçait sur mon visage, l’absorbait, segment par segment, comme si c’était un plat qu’elle mangeait. Je sais que c’est là l’instant où l’on est censé savoir, lire les pensées de l’autre, sentir l’autre.

Je comptai les secondes. C’étaient là des secondes que nous avions ensemble, des secondes que personne ne pourrait nous enlever, des secondes que nous dévorions ici et maintenant

Je lisais et rêvais. Lisais et rêvais. Ajoutais et retranchais. Ne savais plus avec certitude ce qui était le fruit de l’imagination de l’auteur et ce qui était le fruit de la mienne

Je marchais sur les plaques de verglas à petits pas rapides, genoux légèrement pliés. C’est une chose qu’on apprend quand on est petit en Norvège.

Je n’avais presque plus mal. Et c’était comme si je pouvais m’échapper de tout, comme si cela ne dépendait pas de moi, j’étais un bateau sur un fleuve, et c’était le fleuve qui décidait. Le destin, la destination étaient donnés. Le reste était le voyage, le temps et ce que vous voyiez et viviez sur la rive. La vie est simple si seulement on est suffisamment malade

Il lui arrivait parfois de prendre peur quand elle sentait la puissance de son propre amour. Il était tel un barrage au bord de la rupture, et elle savait qu’entre baigner et noyer quelqu’un dans l’amour, la différence pouvait être infime

Jacq, Christian – Les enquêtes de Setna (2014/2015)

À la cour de Ramsès II, Setna, le nouveau héros de Christian Jacq, est confronté à de redoutables énigmes

Tome 1 – La tombe maudite

Résumé : Setna est un prince, le fils de Ramsès II. Scribe aux vastes connaissances, c’est un brillant magicien, capable de lutter contre les forces du Mal. Alors que Ramsès le Grand vient de gagner la bataille de Nubie, une tragédie se produit : le vase scellé d’Osiris, le plus précieux des trésors, qui contient le secret de la vie et de la mort, a disparu. Pour contrer les plans du voleur, Setna s’allie à Sékhet, une séduisante jeune femme aux dons exceptionnels, avec laquelle il noue, envers et contre tous, une idylle passionnée. Ensemble, ils devront résoudre des énigmes mystérieuses et dénoncer les complots les plus inattendus. Leur amour et leurs savoirs seront-ils assez puissants pour combattre la malédiction ? Amour, faux-semblants et conspirations; le premier volet d’une intrigue au cœur de l’Égypte ancienne.

Extrait :

L’homme n’est qu’argile et paille, Dieu construit et déconstruit chaque jour.

Tome 2 – Le livre interdit

Résumé : Le prince Setna, fils cadet de Ramsès II, doit se rendre à la capitale pour questionner son père sur la disparition du vase scellé d’Osiris, un vase unique qui contient le secret de la vie et de la mort. Mais le chemin pour le retrouver est criblé de dangers et rien n’indique que Pharaon acceptera de lui confier la vérité. Setna a pourtant une mission à accomplir : se procurer le livre de Thot, le livre interdit, qui seul pourrait arrêter le voleur, un mage noir aux desseins funestes. De son côté, Sékhet, la fiancée de Setna, se cache depuis que son père, après lui avoir fait une révélation terrifiante, a voulu la supprimer. Réfugiée chez des paysans, elle doit une nouvelle fois fuir pour échapper à des tueurs. Sékhet pourra-t-elle transmettre à Setna l’épouvantable secret dont elle est dépositaire ? Pendant ce temps-là, le mage noir progresse sur le chemin du Mal…

Extraits :

Écouter est lumineux et utile pour un fils obéissant

Hathor, déesse des étoiles, et ses sept fées s’étaient penchées sur le berceau de Setna, lui promettant un destin exceptionnel. En lui offrant sept bandelettes de fil rouge, elles l’avaient protégé de l’agression des forces obscures, façonnant une âme capable de percevoir la lumière secrète, présente au cœur des multiples formes de la vie

La vigne est le chef-d’œuvre de la nature, alliée au génie de l’homme, déclara le Vieux ; les ceps, on jurerait du bois mort, les crétins les dédaignent. Et tu vois ce qu’ils nous procurent : la liqueur d’immortalité, l’héritage d’Osiris ! Méfie-toi des malfaisants qui ne boivent pas de vin. Ils ont le cœur sec, la pensée stérile et répandent le malheur

Tome 3 – Le voleur d’âmes

Résumé : Péril à la cour de Ramsès II. Doutes, tensions et incertitudes planent sur le royaume. Le prince Setna, fils cadet de Ramsès II, et sa compagne Sékhet poursuivent leur combat contre le Mal. Mais la tournure que prennent les événements complique leur mission…Alors que tous pensent que Setna a péri noyé, celui-ci navigue vers la cité sacrée de la déesse-Chatte. Il espère y découvrir le vase d’Osiris, sans lequel il ne peut arrêter le mage noir. Malheureusement, le voilà en proie à une illusion mortelle. Aura-t-il assez de bravoure et d’amour envers Sékhet, pour ne pas céder à des tentations qui le mèneraient inexorablement à sa perte ? Sékhet, convaincue que son amant est toujours vivant, s’est réfugiée dans le temple de la déesse-Lionne. Malgré ses précautions, elle demeure néanmoins à la portée du mage noir qui, avec l’aide de son réseau syrien, prépare une vaste offensive contre Ramsès. Séparés et désemparés, comment Setna et Sékhet peuvent-ils continuer à s’opposer à l’inexorable progression du mage ?

Extraits:

Le Vieux ôta le bouchon et huma l’un de ces petits blancs secs qui vous redonnaient le cœur à l’ouvrage. Une goulée, et les idées noires se dissipaient ; deux, l’énergie circulait ; trois, la journée débutait

le hiéroglyphe du nez ne servait-il pas à écrire le mot « joie »?

Mon régime fonctionne à merveille : noyaux de dattes malaxés et filtrés pour soigner mon foie, extraits de grenades et huile de balanite pour les intestins

Je me rends au temple pour solliciter l’aide de la déesse et façonner une protection magique, en disposant une corde à sept nœuds autour de son nom.

Vous n’avez pas le droit ! — On a mieux : les pleins pouvoirs

C’est curieux, chez les imbéciles, ce besoin de se sentir supérieurs

Contemple le couchant… Il porte en lui le mystère de la mort et de la résurrection. Si l’on sait déchiffrer les signes, le destin s’éclaircit ; et le tien est riche de promesses.

Tome 4 Le Duel des mages

Résumé : Le réseau syrien du mage noir est-il vraiment démantelé, ce dernier est-il réduit à l’impuissance ? Les maléfices de Kékou empêcheront-ils Setna de rejoindre enfin Sékhet ? Et le vase d’Osiris sera-t-il transformé en arme de destruction, à l’issue du duel des mages, opposant Setna à Kékou ?

Extraits:

Le Mal est fascinant, tu as raison, car il habite le cœur des humains et dirige le monde ; c’est lui qui est à l’origine de la création et donne la véritable puissance

le bonheur passé ne s’efface pas

Rien ne saurait anéantir l’amour, mais on peut mourir pour lui

S’il était un produit apprécié des Égyptiens, c’était bien l’huile ; qu’elle fut de moringa, de ricin, de sésame ou d’olive, elle possédait tant de vertus et d’usages que les techniciens des pressoirs ne chômaient pas

Le hiéroglyphe de la patte de taureau symbolisait la Grande Ourse, formant la cour des étoiles impérissables à laquelle était accueillie l’âme royale.

Symboles des âmes des pharaons ressuscités, des hirondelles dansaient dans le ciel ; et la lumière était d’une clarté presque irréelle

Sur les parois extérieures des demeures d’éternité, étaient représentés des couples, tantôt debout, tantôt assis, aux visages sereins ; en prononçant leur nom, le passant les faisait revivre

Mon avis sur la série : Cela faisait bien longtemps que j’avais arrêté de lire les romans de cet auteur. Les premiers étaient passionnants et m’ont donné envie de découvrir plus sur l’histoire de l’Egypte. Mais cette série est du remplissage.. Arnaque côté prix. A emprunter impérativement dans une bibliothèque ! Peu de pages, écrit gros. Et si en plus on enlève les pages résumant les tomes précédents et les illustrations ou certaines descriptions qui se répètent « pour mémoire » d’un livre sur l’autre… Bref les 4 tomes forment un roman standard (alors environ100 Francs suisses pour les 4 ce n’est juste pas admissible !!) On se demande comment il ose faire payer si cher …

Toujours fluide et agréable à lire, un roman qui passe bien quelques heures dans le train ; mais c’est juste un roman d’amour avec deux trois intrigues . L’Egypte, c’est le décor. une historiette avec quelques petites références à L’Egypte et deux trois allusions à la mythologie..

Si comme moi vous vous demandez « Mais pourquoi elle s’appelle Sékhet, c’est qui Sékhet ? » vous vous lancez dans une recherche sur la déesse Sékhet, méconnue, qui personnifie les champs et leurs produits. Elle est la personnification du limon fertile que le Nil dépose sur ses abords lors de ses crues