Holt, Anne « série Hanne Wilhelmsen « 

Holt, Anne « série Hanne Wilhelmsen « 

Auteur : Anne Holt, née le 16 novembre 1958 a Larvik, est une écrivaine et militante politique norvégienne, auteur de romans policier.

Elle vit actuellement à Oslo avec sa compagne et sa fille. Anne Holt est devenue un auteur à succès de romans policiers dans les pays scandinaves.

Elle est également connue en Norvège pour ses prises de position en faveur des droits des homosexuels.

Inspectrice de police, reporter pour la télévision norvégienne, avocate spécialisée dans la protection des enfants et Ministre de la Justice en 1996, le parcours d’Anne Hall et sa connaissance du milieu criminel d’Oslo donnent à ses romans policiers toute leur richesse.

Elle entame sa carrière de romancière en 1993 avec « La Déesse aveugle ». Elle reçoit en 1994 le prix Riverton du meilleur roman policier de l’année pour « Bienheureux ceux qui ont soif… » et le Prix des Libraires Norvégiens pour « La Mort du démon ».

Serie : Hanne Wilhelmsen : Hanne Wilhelmsen est inspectrice à la police d’Oslo ; elle est lesbienne et roule en Harley rose. Les autres protagonistes : l’avocate Karen Borg et le procureur Häken Sand (qui est amoureux de Karen Borg depuis toujours) et Billy T. un flic qui vient des stups.

1 – La déesse aveugle (1998)

Résumé : Un petit criminel toxicomane est trouvé abattu, le visage atrocement défiguré, au bord de la rivière Aker à Oslo, un vendredi soir. Cela n’éveille guère l’attention. Mais lorsque l’avocat de la victime est également trouvé assassiné dans son appartement quelques jours plus tard, l’affaire prend une autre tournure. La police, qui a chargé l’inspecteur Hanne Wilhelmsen de l’enquête, entrevoit alors les contours d’une mafia de la drogue particulièrement bien organisée. Elle se doute rapidement que derrière celle-ci se trouve le monde des privilégiés de la société norvégienne.

Mais qui est véritablement impliqué ?

Mon avis : Une plongée dans les mécanismes de la justice, dans les coulisses de la justice et de la police.. Des personnages bien sympathiques avec leurs zones d’ombre et d’incertitude.. DE plus on sent bien que l’auteur connait son sujet de l’intérieur. Les abus de pouvoir et le monde de la politique norvégiens ne sont pas épargnés. Pour ma part j’ai beaucoup aimé la description du monde de la justice et la recherche de preuves pour étayer les convictions des policiers. Ce n’est pas tout de savoir (dès le début) qui est coupable. Encore faut-il le prouver !

Merci à  l’amie qui m’a offert le 2ème livre de la série… Comme j’aime commencer par le début, j’ai découvert une romancière que j’aime bien. Et j’ai donc lu la trilogie …

Extraits :

Sans compter la tragédie des personnes âgées dont le seul crime était d’être seules au monde depuis des mois

Nous pouvons être lents ici à la police. Mais nous savons toujours ajouter deux à deux. Normalement nous arrivons à quatre, et nous pensons que nous y sommes maintenant

L’un après l’autre, ils étaient sortis de sa vie, ou elle des leurs, mais leurs routes presque effacées se croisaient de temps en temps en paroles de politesse

Depuis qu’il était sorti de sa vie, elle était devenue un as dans l’art de tout arranger pour elle-même dans le silence et pour tous les autres, contre paiement.

Elle était fatiguée et lourde, mais incapable de retourner au pays des rêves

La nuit, tous les problèmes devenaient énormes, même si dans la journée ils n’étaient tout au plus que des ombres désagréables. Ce qui était tellement facile à minimiser dans la lumière du jour, comme des broutilles, anodines, ou de petits désagréments réparables, devenait quelque chose d’imposant, des fantômes obsessionnels se penchant sur elle entre la nuit et le jour

Il paraît que les rêves d’accidents d’avion signifient un manque de contrôle dans l’existence

Son enfance était imprégnée par le service d’espionnage sophistiqué des femmes au foyer, des agents qui épiaient derrière les rideaux, toujours à la pointe de l’information, qu’il s’agisse de sols mal lavés ou de relations extra-conjugales

L’amertume avait rivalisé avec l’alcool pour donner à son visage un air contrarié et hargneux.

Malgré de nombreuses tentatives furibondes, il n’avait jamais réussi à obtenir la première page de son vivant. Son cadavre obtint au total la une dans six journaux. Il aurait été fier

ne t’aveugle pas avec les différences. Regardons plutôt ce qui les lie, ces deux affaires

Il l’a achevé si scrupuleusement que, même s’il avait eu neuf vies, il n’aurait probablement pas survécu

Ce n’est pas bien de travailler autant, admit-il. Mais c’est pire de se réveiller la nuit en pensant à tout ce que tu n’as pas fait. J’essaie d’être à peu près à jour chaque vendredi. Le week-end est alors plus agréable

Il n’était pas dans ses habitudes de se vanter, ni de s’emporter ainsi. Mais ça lui donnait tout de même une sensation agréable

Elle commençait lentement à sentir les effets qu’infligeait à l’âme le fait d’avoir à se confronter tous les jours aux assassinats, viols, mauvais traitements et violences. Ça lui colla à la peau, comme un drap mouillé. Même si elle avait pris l’habitude de prendre une douche chaque fois qu’elle rentrait du travail, elle sentait de temps à autre qu’elle puait la mort, comme les mains du pêcheur sentent toujours la poiscaille.

Elle s’imaginait les pêcheurs scruter l’océan à la recherche de traces prévisibles ou imperceptibles de poisson : les rassemblements de mouettes, les bancs de baleines en chasse…

Il se remit à rire, de façon aussi stridente et aussi forte que l’instant d’avant. Le fou rire résonna entre les murs en béton, frappa la pièce de long en large, dansa une ronde autour de lui avant de disparaître par le grillage, en emportant avec lui la dernière lueur de raison

Après s’être salués, ils ne surent plus quoi dire. C’était embarrassant de rester muet devant un téléphone qui l’était également, et il se racla nerveusement la gorge pour remplir le vide

Ils firent l’amour pendant de longues heures. Un amour profond et intense, deux vieux amis avec une longue histoire commune qui ne s’étaient jamais touchés, jamais comme ça. C’était comme se promener dans un paysage cher et connu, mais transporté dans une autre saison. Un paysage connu et inconnu en même temps, le même, mais avec une lumière différente, et comme étranger et vierge

Il s’appuya contre un réverbère, remonta le col de son blouson de mouton et se sentit comme James Dean

Ses propres tentatives culinaires étaient toujours ratées. Un mètre de bibliothèque rempli de littérature et de livres de cuisine ne l’avait guère aidée

Le moteur était là devant elle, entièrement démonté, et elle le nettoyait avec des Coton-tige. Rien n’était trop bien pour une Harley

La fatigue s’était posée comme une cagoule noire serrée autour du crâne, et les yeux se fermèrent lentement au bout de quelques minutes de silence

Sa panique n’était pas sensible à la raison. Elle s’agrippait avec des griffes ensanglantées autour du cœur, et la douleur était intense

Ses vêtements avaient fané au même rythme que leur propriétaire

Elle soupira. C’était un bon livre. Cela, elle le savait, car elle avait lu les critiques. Mais elle le trouvait horriblement ennuyeux. Elle avait cependant pris la décision de le lire d’un bout à l’autre. Elle s’inventait tout de même de petites occupations pour se distraire

2 – Bienheureux ceux qui ont soif… (1999)

Résumé : Oslo, la chaleur d’un printemps exceptionnel pèse sur la ville. L’inspectrice Hanne Wilhelmsen va se trouver confrontée à deux affaires difficiles. D’une part, les « massacres du samedi » après lesquels on découvre, en des endroits différents, d’énormes quantités de sang mais pas de cadavre… D’autre-part, une jeune femme violée dans des conditions atroces. Le portrait robot du violeur est trop vague pour être utile, et le désir de vengeance de la victime et de son père inquiète l’inspectrice : ils pourraient bien faire justice eux-mêmes…

Un roman troublant sur le racisme ordinaire et les agressions sexuelles. Mais aussi un polar qui dénonce les dysfonctionnements du système judiciaire norvégien.

Mon avis : Sympa de retrouver Hanne Wilhelmsen. Celui que j’ai le moins aimé de la trilogie. Une fois encore on plonge dans les coulisses de la justice/police norvégienne. On assiste à la montée des crimes et du racisme dans les pays scandinaves. Comme dans les romans de Mankell les romans et les crimes servent un peu de prétexte pour nous faire découvrir la vie en Norvège et les problèmes auxquels sont confrontés les habitants et les institutions. Ici le problème de l’immigration est en toile de fond. Vite lu et je passe au tome 3..

Extraits :

L’heure était si matinale que, comme on dit chez nous, le diable n’avait même pas encore enfilé ses chausses

Des petits oiseaux gris, indifférents à la pollution du centre-ville, pépiaient sur un bouleau qui étirait ses bras morts vers la lumière matinale

Il ôta ses lunettes et se mit à les nettoyer avec sa cravate sans grand profit pour ses lunettes et au grand dommage de sa cravate définitivement froissée.

Ne te soucie pas de mes conquêtes. Efforce-toi plutôt de devenir la dernière, blagua-t-il après une petite pause.

La fenêtre étant ouverte, elle devait renoncer à entrebâiller la porte, car le moindre courant d’air aurait eu raison du semblant d’ordre qui régnait miraculeusement sur son bureau.

J’ai le sommeil très léger, vous comprenez, conti-nua-t-il. C’est comme si j’avais épuisé mon capital de sommeil

Chacun savait que l’autre aurait aimé parler. Mais comment commencer. Et surtout comment continuer : ils n’en avaient aucune idée. Ils ne réussissaient ni à entrer, ni à sortir de cette relation si fusionnelle qu’elle rendait toute communication impossible

Une haine bienfaisante, libératrice, forte. C’était comme si un tuteur métallique redressait sa colonne vertébrale. Elle n’avait jamais connu ça avant ce jour. Voir

3 – La mort du démon (2002)

Résumé : Olav est un jeune garçon de douze ans qui a fugué du foyer d’accueil pour mineurs Vârsol à Oslo. Il faut dire que le meurtre brutal de la directrice a profondément bouleversé les enfants et le personnel de l’établissement. Hanne Wilhelmsen, fraîchement promue au grade d’inspectrice principale, va découvrir que le centre dissimule bien des secrets. Elles pressent qu’en levant le voile qui les recouvre, ils la mèneront tout droit vers l’assassin.

L’humain forme le cœur de cette intrigue, soulevant les difficiles et parfois douloureux problèmes liés à l’enfance en détresse, à l’honnêteté, à la compétence et à la compassion.

Mon avis : Arrivée de Billy T. dans l’équipe de Hanne qui a été promue suite au décès de son patron. Elle a toujours des soucis dans sa vie privée et le saut professionnel ne se fait pas sans mal. Elle qui est une enquetrice hors pair a du mal a être davantage administration et patron que flic de terrain. Dans cette enquete les deux autres personnages ( l’avocate et le procureur sont absents).

Extraits :

Quand il se leva, le lit exhala un soupir de soulagement

La maison lui manquait. Il le sentait partout dans son corps, comme une anémie. C’était un sentiment qu’il n’avait jamais connu auparavant

Sa vie était en grand partie basée sur la construction de barrières entre elle et les autres, des barrières qui lui permettaient de pouvoir se retirer. A tout instant

À grands gestes, il désignait la rue Keberg, où deux hommes en étaient venus aux mains. Le museau d’une Volvo s’était un peu cavalièrement immiscé dans le cul d’une Toyota Corolla dernier modèle.

Tu tires dans toutes les directions, c’est devenu une affreuse habitude qui vient aussi sûrement qu’amen dans la bouche d’un curé… Chaque fois que je mets sur la table un problème de fond. Pan, pan, pan, voilà ce que j’entends, et après tu n’es plus qu’une forteresse inexpugnable. Tu ne vois donc pas combien c’est dangereux ?

Quand tous les enfants attendent Noël avec impatience, lui, il le redoute parce que ça ne dure que quelques jours. Quand l’été arrive et que les autres veulent aller se baigner, lui, il reste à l’intérieur, à manger, en disant qu’il est trop gros pour aller dehors. Là où un enfant normal pleure et se sent triste, lui, il sourit et refuse que je le console. Tu as lu La Reine des Neiges ? Hanne fît non de la tête. — H. C. Andersen. Ça parle d’un miroir qui déforme tout. Il s’est brisé en mille morceaux et ceux qui en ont reçu un éclat dans l’œil interprètent tout ce qu’ils voient de travers. Ceux qui en ont reçu un éclat dans le cœur deviennent durs comme de la pierre

Mais est-ce que tu ne ressens jamais cet étrange… Un étrange bien-être envers un homme que tu apprécies particulièrement ? Un sentiment agréable, qui fait que tu as envie d’être tout le temps avec lui, de faire des choses rigolotes, bavarder, rire, jouer, le genre de trucs qui ressemble à tout ce dont on a envie quand on est amoureux

A la main, il tenait une rose qui avait déjà commencé à courber la tête par manque d’eau ou peut-être elle aussi par respect pour la défunte.

je sais qu’il est parti pour toujours et il fait nuit et il n’y a plus que le silence, il ne me reste plus rien. Rien. Même pas moi-même.

Elle restait assise sans bouger un cil, sans rien dire, sans regarder personne, sans réagir à ce qu’on lui disait. C’était la seule façon pour elle de se raccrocher à la vie et à la réalité

Quelque chose en elle était en train de se briser. Elle avait l’impression que ses entrailles avaient changé de place en un chaos infernal. Ça cognait et tapait dans son abdomen, comme si son cœur était tombé dans son bas-ventre. Elle ne parvenait à respirer qu’avec la partie supérieure de ses poumons, remontés tout en haut de sa gorge, là où il n’y avait pas assez de place pour eux. Pas une seule pensée ne circulait dans sa tête. Au lieu de cela, ses sentiments virevoltaient dans son estomac et voulaient monter, sortir. Ses bras et ses jambes étaient comme inexistants, se contentant de pendre, morts et courbaturés, inutiles sauf à bloquer la sortie de tout ce qui bouillonnait dans sa poitrine

On gratte un peu à la surface d’une personne a priori assez terne, ordinaire et intègre. Et on découvre que la réalité est bien différente. Il y a toujours quelque chose de caché sous un vernis irréprochable. Rien n’est comme on le pense au premier regard. On a tous nos côtés sombres

Le monde entier n’est qu’une vaste escroquerie. Un négatif de l’image véritable

J’ai arrêté d’essayer de lui répondre, il ne voulait pas entendre ce que je lui disais, de toute façon. Personne ne m’a jamais écoutée

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