Del Arbol, Victor “El peso de los muertos”(Le poids des morts) 2006

Réédité en 2016 (288 pages) – Prix Tiflos 2006 –

Lu en espagnol ( pas encore traduit)

Résumé : Nous aimons croire qu’il est possible d’enterrer le passé mais la mémoire réside dans notre inconscient et notre histoire est souvent le fruit de notre imagination. Raison pour laquelle quand, en septembre 1975, Lucie reçoit chez elle, à Vienne, un appel en provenance d’Espagne elle décide que c’est le moment de rentrer à Barcelone et d’affronter les fantômes qui l’asservissent. Elle sent que son monde n’est pas tel qu’elle l’a imaginé. Fatiguée de fuir et de se mentir à elle-même, elle décide d’affronter sa propre réalité. Mais, comme elle le craignait, ses morts ressurgissent vingt ans après, quand elle parcourt les rues de Barcelone et la douleur, les angoisses et la peur l’assaillent à nouveau. Franco est à l’agonie, mais le régime est encore en place et des personnages comme Ulysse et ses sbires sont toujours là, dans une Espagne décadente qui se débat entre en système qui part en déconfiture et les premiers vents du changement. Pendant ce temps, un certain Liviano est incarcéré depuis trente ans à la prison Modelo ; c’est peut-être la seule personne capable de reconstruire lavéritable histoire du General Quiroga et de sa femme Amelia au début de la dictature, celle de Nahúm Márquez, celle du père de Lucia et celle de Lucia elle-même. “Le poids des morts” nous confronte au plus profond de notre mémoire et à nos angoisses les plus profondes.

Mon avis : Je ressors un peu troublée de cette lecture : un des personnages se prénomme Gilda (comme ma Maman) et que l’auteur évoque les cygnes (qui étaient les animaux préférés de ma maman) et que maman adorait se faire tremper par la pluie pour se sentir vivante. Vous y ajoutez la dictature franquiste et les récits de maman reviennent en masse (fin de la parenthèse familiale)

Donc… Premier roman de l’un de mes auteurs préférés. Et ça commence fort ! On est tout de suite dans le vif du sujet ! Lucia (l’héroïne) a enfoui bien profondément dans sa mémoire des souvenirs qu’elle a occulté pour pouvoir continuer à vivre. Les années ont passé et les libertés qu’elle avait prises pour arranger le passé à sa sauce l’empêchent de vivre : on a beau vouloir oublier, la vérité finit par trouver le chemin de la sortie… On ne peut pas vivre avec le poids du secret et de la dissimulation ; il faut apprendre à vivre avec le passé pour pouvoir continuer à vivre. Et pour vivre avec le passé, il faut le connaitre et donc aller à sa rencontre, le faire ressurgir, avec les souffrances qui vont avec. D’ailleurs il n’y a pas que les personnages qui souffrent ; une fois de plus Victor a réussi à me faire souffrir avec eux ! Un roman qui se déroule dans les dernières semaines du Franquisme – c’est le dernier moment pour certains pour finir ce qu’ils veulent achever avant le passage à une autre politique – et l’ambiance pesante et inquiétante de l’Espagne est un personnage supplémentaire, qui rode et répand terreur et suspicion. Les personnages du passé ont changé mais ils sont toujours là… surtout les pires…

Les personnages, comme dans ses autres romans, ne sont jamais tout bons ou tout mauvais (même les pires) mais sont fracturés dans leur âme et dans leur chair. Ils ont tous leurs faiblesses, leur part de fragilité, même les plus noirs, ce qui fait qu’au final ils sont finalement tous attachants par un bout ou un autre… Rien n’est jamais blanc ou noir… Au final tout le monde a toujours une part de culpabilité, même si ce n’est pas celle qu’on imagine… Mis à part Andrés, le mari de Lucía, il faut dire que la galerie des hommes que nous propose l’auteur est particulièrement gratinée et détestable…

Comme dans tous les romans de Victor del Arbol, passé et présent se complètent et se répondent. Et les personnages sont si bien analysés et décortiqués qu’on a l’impression de faire leur connaissance et de les côtoyer. Et ils sont tous crédibles et représentatifs de la société, à un moment ou un autre.

Et toujours l’eau… la mer, l’océan, la pluie qui lave et rend vivant…

Extraits :

Lo mejor era cargar con lo que la vida le daba y seguir adelante

Trae la lluvia consigo, es su traje. Ha mudado de cuerpo, pero sigue llevando el mismo vestido. Igual que yo. Llevo una nube encima, y a donde voy me sigue como la sombra de mi tristeza. Igual que a usted. Llenaríamos un océano si nos juntásemos.

Llevo toda la vida pensando en el antes. No estoy acostumbrada a pensar en el después.

Lo probable y lo increíble son cabos de la misma cuerda. Si los juntas, resulta lo inevitable.

No puedo dormir. Solo tengo ganas de asesinar a la luna.
– ? Asesinar a la luna ?
– Sí, porque se mete en su cuarto y la espía desnuda.

Querían decirse tantas cosas que lo único que les quedaba era callar, callar y dejar que sus cuerpos se despidiesen el uno del otro con calma, como una barca que se despide del muelle y se aleja mar adentro empujada por una marea suave pero inevitable

Rosas sin espinas. Rosas de mentira

«Así era la vida, pensó, un círculo que termina donde empieza. Uno anda de chico a viejo sin darse cuenta de que, en realidad, no avanza, solo desanda lo andado».

« Quien no sabe de dónde viene, no sabe adónde va »

Informations :

Le Kapokier appelé également fromager (Ceiba pentandra (L.) Gaertn. De la famille des Bombacacées) est un grand arbre tropical. Il est remarquable par son fruit qui contient des fibres cotonneuses appelées « Kapok » et par son tronc qui développe à sa base des contreforts très importants. Il accepte comme synonyme Eriodendron anfractuosum.

La gota malaya : La bota malaya era solo una modalidad de un antiguo método de tortura que dio otros frutos, como la bota española, que por aquí empleamos con fines píos y que exportamos con éxito a otros países europeos. Competía con los brodequins (borceguíes) franceses.
De la bota malaya se pasó a la gota malaya por confusión con la gota china. Esta es otro método de tortura. El reo es colocado boca arriba e inmovilizado. Sobre su frente cae cada pocos segundos una gota de agua. Al cabo del tiempo, el sufrimiento físico y el psicológico corren parejos.
Un líder político se reveló un auténtico creador de lenguaje cuando empleó la  expresión gota malaya, que quedó inmortalizada. Fue Felipe González, que dijo de Pasqual Maragall que era una auténtica gota malaya, en referencia a las permanentes demandas de recursos del entonces alcalde de Barcelona, donde iban a celebrarse los juegos olímpicos. Del éxito del invento dan prueba las cifras de Internet mencionadas al principio. Así evoluciona el español.  ( http://blogs.lavozdegalicia.es/lamiradaenlalengua/2013/03/23/la-gota-malaya/)

Image : Tronc du Kapokier

Auteur coup de cœur : (voir article)

5 thoughts on “Del Arbol, Victor “El peso de los muertos”(Le poids des morts) 2006

  1. Voilà ma fille le commande ,d’ici là j’arriverai à le lire je pense .
    C’est émouvant de trouver des concordances familiales ,y de añorar de este . Ce verbe je l’ai appris hier et je l’adore . Pardon pour les fautes Catherine .

    • ah la nostalgie… le regret…
      Et puis le prénom Gilda… pas si frequent à l’époque de Maman ( et pas tellement plus maintenant) …
      Pas de référence à Rita Hayworth mais à Rigoletto de Verdi..

  2. Il donne envie ton coup de coeur Cathy.
    « Se faire tremper par la pluie pour se sentir vivante » que de sens et de force dans une phrase comme celle-ci.

  3. un livre que j’aimerais beaucoup ; je vais voir si d’autres livres sont édités en français. Merci pour tes conseils de lecture. Bonne soirée

    • tous ses autres livres sont en français. Seul son tout premier ( celui-ci) qui était épuisé vient d’être ré-édité et seulement en espagnol..

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