Auteur coup de coeur : Víctor del Árbol

Auteur coup de coeur : Víctor del Árbol

Victor del Arbol est né à Barcelone en 1968, de parents venus dans les années 60 d’Andalousie et d’Extrémadure.

Tour à tour soudeur, garçon de café et séminariste, il commença sans les terminer des études d’histoire, de droit et de théologie. Il a été pendant vingt ans membre de la police catalane (Mossos d’Esquadra). Il a travaillé comme speaker et rédacteur pour le programme radio « Cataluña sin Fronteras ». Mais surtout il est, et a toujours été écrivain. Les endroits clos l’asphyxient, il n’aime pas les salles de classe et a toujours préféré les livres. Son premier roman El Peso de los Muertos publié en 2006 a reçu le prix Tiflos. La Tristeza del Samurái (La tristesse du samouraï) a été traduit dans de nombreuses langues et lui a valu en 2012 le prix du meilleur polar européen décerné par Le Point.

L’auteur ayant reçu le Prix Nadal (équivalent du Goncourt espagnol) en 2016 il me semble un peu réducteur de l’étiqueter « roman noir »…

« Je m’intéresse très peu à l’univers du crime, ce qui m’intéresse, ce sont les raisons et les conséquence du crime. Pour moi, c’est ça le roman noir « .

Victor Del Arbol

Comment définir le style littéraire de Del Arbol..

Bien qu’il soit pour le moment catalogué comme auteur de « thriller ou roman noir », je trouve que la littérature est très présente dans les livres de Del Arbol, ainsi que les références littéraires (le poète Maïakovski) . Je ne sais plus où j’avais lu qu’il y a des romans qui racontent une histoire, qu’il y a des romans qui sont importants par le style, et qu’il y a des romans qui te racontent une histoire avec en plus un style impeccable. Del Arbol, c’est à la fois une fresque historique, un roman noir, une histoire humaine…

Son écriture prend aux tripes, ce n’est pas une écriture neutre et je trouve qu’elle suit le déroulement de l’histoire… Parfois violente et étouffante, parfois nostalgique quand elle parle tragédies intériorisées et dépassées, recherchée, avec les mots justes, jamais vulgaire.

Le titre de l’un de ses romans (« Toutes les vagues de l’océan ») parle de lui-même «  Un million de gouttes » dans la version originale.. Car en espagnol, Victor del Arbol a le sens de l’image… « la première goutte qui tombe est celle qui commence à éroder la pierre ». Il y a des images, des couleurs, des nuances, des odeurs et des réminiscences, une connaissance profonde de l’Histoire qui créent une ambiance documenté. Toujours la description, le mot juste.

Ce que l’on peut aussi dire c’est que de nombreuses phrases sont des thèmes de réflexions. Il y a des cotés philosophiques qui pourraient être explorés, et surtout le sens profond des racines de l’être humain, de la recherche de l’identité de chacun ; il fouille dans l’âme de ses personnages et je pense que si ses auteurs de référence sont ou ont été Hermann Hesse, Tolstoï, Hemingway ou Camus, on le ressent. C’est une écriture qui pose beaucoup de questions .

Romans à son actif pour le moment.

Le poids des morts (2020) El peso de los muertos (2006)  ( cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire )

Novembre 1975 : Lucía rentre à Barcelone après des années d’exil, accompagnée par les cendres de son père et par les fantômes qui avaient provoqué son départ. Le général Franco agonise et avec lui une Espagne décrépite et violente. Incarnant ce pays vénéneux qu’une atmosphère “fin de règne” incite plus encore à la terreur et à la suspicion, le commissaire Ulysse s’apprête à livrer la dernière bataille. Décidés à se délester du fardeau du poids des morts, le policier et la jeune femme convergent vers l’aile psychiatrique de la prison Modelo où un indigent, qui y vit reclus depuis trois décennies, semble détenir les clés de la rédemption. L’esprit de l’homme est perturbé mais quelques souvenirs fugaces viennent contredire les conclusions d’un drame qui s’est joué près de trente ans plus tôt.
Un vieux militaire inflexible, une belle épouse délaissée, un jeune médecin éperdument amoureux : autour de cette funeste trinité gravitaient aussi un terrifiant policier formé dans les bataillons coloniaux de Melilla et un pauvre bougre qui, par lâcheté, lui avait vendu sa petite fille. L’inévitable face-à-face entre ce policier et la femme que cet enfant est devenu renvoie chacun au mensonge “originel” sur lequel il a bâti sa vie.
Ce tout premier roman de Víctor del Árbol porte en germe l’incomparable talent de l’auteur à décrire les tourments de l’âme ainsi que les nuances de tout le mal que l’on peut faire par amour.

Esta es una historia sobre la memoria y sobre el modo en que construimos el pasado según nos conviene.
Noviembre 1945: Nahum Márquez va a morir en el patíbulo. Noviembre 1975: Lucía regresa a Barcelona desde el exilio con las cenizas de su padre y con los fantasmas que la esclavizan. Franco agoniza, y con él una España que encarna el comisario Ulises, dispuesto a una última batalla con su propia decrepitud, a manos de una España emergente, la de Gilda y sus amigos que nada le deben al pasado excepto, quizá, una pátina de romanticismo. El encuentro entre Lucía y el comisario, temido pero inevitable, enfrentará dos mundos, el de los vivos y el de los muertos que viven a lomos de estos. Durante treinta años cada personaje que tuvo que ver en la muerte de Nahum Márquez ha inventado sus propios recuerdos de cómo fue aquella historia de amor y tormento. Es una ficción que les permite vivir más allá de lo que realmente ocurrió y que les pone a salvo del dolor y de su propia responsabilidad. Pero Lucía está cansada de huir y de mentirse. Ya no puede con el peso de los muertos. Quiere la verdad, pero la verdad es como un espejo lanzado contra el suelo: rompe la realidad en mil pedazos. Y los demás no están dispuestos a permitirlo. No pueden hacerlo porque eso sería aceptar lo inaceptable: que durante treinta años han vivido una mentira sin darse cuenta de que el Mundo ha pasado de largo y los ha dejado en el andén. Y si una muerte se cubre con otra muerte, el silencio se convierte en el mejor de los pasados.

La Tristesse du Samouraï  ( cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire )
Résumé de l’éditeur (Actes Sud) : Mise élégante et port altier, une femme arpente les quais de la gare de Mérida au petit matin. Des passagers apeurés n’osent croire que la guerre est finie, mais Isabel fait partie de la caste des vainqueurs et n’a rien à redouter des phalangistes arrogants qui battent le pavé en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîne, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train pour Lisbonne partira sans elle. L’enfant rentre seul chez son père, obnubilé par le sabre qu’un homme vient de lui promettre. Il n’est encore qu’un petit garçon vulnérable, très attaché à sa mère. Et Isabel disparaît pour toujours.

La maison des chagrins ( 09/2013)  (cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire)

Résumé de l’éditeur (Actes Sud) : Une violoniste virtuose commande à un peintre brisé le portrait du magnat des finances qui a tué son fils. Elle veut déchiffrer sur son visage la marque de l’assassin. Pour cautériser ses propres blessures, elle ouvre grand la porte de la maison des chagrins dont personne ne sort indemne. Un thriller viscéral qui conduit chaque être vers ses confins les plus obscurs.

Toutes les vagues de l’océan / Un millón de gotas   (cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire)
lu en espagnol (Editorial: Destino/  mai 2014) – 700 pages quand même…

Résumé : Gonzalo est un quelqu’un de bien. Il aime sa famille, c’est un avocat travailleur, une personne qui n’a rien à cacher. Mais personne n’est vraiment transparent dans un monde où l’innocence n’existe pas. En apprenant le suicide de sa sœur Laura dont il était très proche pendant son enfance mais que la vie a séparés au point de perdre tout contact, Gonzalo va devoir se pencher sur son passé, sur le passé de son père Elias, de sa famille. Une descente en enfer dans l’Union Soviétique des années 30, en Sibérie, une plongée dans la guerre civile espagnole, dans les camps de réfugiés du Sud de la France, dans la Deuxième guerre mondiale, dans la résistance interne contre Franco.

Mais Gonzalo nous entrainera bien plus loin ; il nous amènera à tracer une carte exhaustive de la condition humaine, à vivre une histoire d’amour incroyable, la trahison, la culpabilité et pour terminer à explorer un monde ou la mémoire est une invention qui est loin d’être fiable.

Une grande épopée : passé et présent se confondent, s’entrecroisent dans une histoire extraordinaire dont personne ne sortira indemne.

La veille de presque tout / La vispera de casi todo ( Prix Nadal – équivalent du Goncourt – de littérature 2016)  (cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire)

lu en espagnol (Editorial: Destino/  février 2016) – la version française janvier 2017. Prix Transfuge de la rentrée littéraire d’hiver catégorie polar étranger – 2017

L’inspecteur Ibarra a été transféré depuis trois ans dans un commissariat de sa Galice natale après avoir brillamment résolu l’affaire de la petite disparue de Málaga. Le 20 août 2010, 0 h 15, il est appelé par l’hôpital de La Corogne au chevet d’une femme grièvement blessée. Elle ne veut parler qu’à lui. Dans un sombre compte à rebours, le récit des événements qui l’ont conduite à ce triste état fait écho à l’urgence, au pressentiment qu’il pourrait être encore temps d’éviter un autre drame.
À mesure que l’auteur tire l’écheveau emmêlé de ces deux vies, leurs histoires – tragiques et sublimes – se percutent de plein fouet sur une côte galicienne âpre et sauvage.
Une fillette fantasque qui se rêvait oiseau marin survolant les récifs, un garçon craintif qui, pour n’avoir su la suivre, vit au rythme de sa voix, un vieux chapelier argentin qui attend patiemment l’heure du châtiment, un vétéran des Malouines amateur de narcisses blancs…
Aucun personnage n’est ici secondaire et l’affliction du passé ne saurait réduire quiconque au désespoir. Chacun est convaincu que le bonheur reste à venir, ou tente pour le moins de s’inventer des raisons de vivre. C’est ainsi que, dans ce saisissant roman choral, l’auteur parvient à nimber de beauté l’abjection des actes, et de poésie la noirceur des âmes.

Les Pigeons de Paris (2016)  (cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire)

Editions la Contre Allée – La collection « Fictions d’Europe » – Petite collection : Ce que l’Europe évoque dans l’imaginaire
Résumé : Dans un village isolé d’Espagne, Juan attend sur le pas de sa porte celles et ceux qui viennent pour exproprier le vieil homme de là où il a vécu et grandi. Ils sont jeunes et ambitieux, pressés de faire table rase du passé. Ce sont les enfants de Clio fille d’émigrés à Paris revenus au village le temps d’un été durant l’enfance de Juan. C’était alors les années 60, Clio rencontrait Juan, lui apprenait à lire et lui faisait découvrir un monde vaste et diversifié. Elle incarnait la promesse d’un avenir meilleur…
De la petite à la grande Histoire, un texte sur le fil
Si la nostalgie sous-tend le texte, c’est dans le contexte d’un enjeu mémoriel, incarné par les destinées de Juan et Clio (Muse de l’Histoire). L’histoire de Juan témoigne que depuis l’après-guerre, la confrontation des valeurs s’est faite au détriment de celles d’une politique qui prônerait une Europe dite sociale. Quant à Clio, elle reflète une Europe malade, en perte de sens, dont la promesse d’un monde meilleur à vivre échoue. On connaît bien Victor del Arbol pour son art du scénario. Une fois encore, il excelle ici, dans une forme pour autant beaucoup plus courte qu’à son accoutumée.

Tres relatos en negro.

Un petit livre avec trois récits, un de Víctor del Árbol  (El caimán) , un de César Pérez Gellida et le troisième de Edgar Allan Poe

Por encima de la lluvia (Par-delà la pluie)  (2017)  (cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire

Actes Sud – 02/01/2019 – 448 pages

Résumé : Les murailles de Tarifa abritent la dernière résidence de deux septuagénaires que rien ne destinait à se rencontrer. Ancien directeur d’une succursale de banque, Miguel est aussi mesuré et prévisible qu’Helena est impulsive et extravagante. La disparition tragique d’un pensionnaire les décide à solder leurs comptes avec la vie : ils se lancent sur les routes au volant d’une flamboyante Datsun de 1967 ; cap sur Barcelone, Madrid et Malmö.
Miguel veut sauver sa fille des griffes d’un pervers narcissique et retrouver un troublant amour de jeunesse. Helena aimerait revoir son fils, installé à Malmö. Elle a connu, elle aussi, une passion dévorante mais son existence est un champ de ruines depuis la disparition de son père à Tanger lorsqu’elle était enfant : le suicide de sa mère, un mariage sans amour, la mort de tous ceux qui lui sont chers.
Chacun sera le miroir de l’autre dans sa quête de vérité pour pouvoir refermer les blessures traumatisantes de l’enfance et trouver enfin la paix de l’âme. Avec le talent qu’on lui connaît, Víctor del Árbol fait converger ces histoires vers un dénouement criant de vérité et d’émotion. Et si, au cours de ce saisissant road movie, on traverse les contrées arides de la maladie, de la prostitution ou du grand âge, on en sort convaincu que vivre est le plus beau des voyages.

Antes de los años terribles  (07.05 2019) – sortie en espagnol  (cliquer sur le titre pour aller sur le commentaire)

« Avant les années terribles, j’étais un enfant heureux dans cet endroit. Le bonheur semblait être l’état naturel de la vie, quelque chose d’aussi évident que le lever du soleil chaque matin. Les premiers rayons de lumière ont filtré à travers les feuilles de palmiers du toit le matin où tout a commencé à changer ». Une nouvelle vie a commencé pour Isaïe le jour de son arrivée à Barcelone quand, encore enfant, il a tourné le dos à son monde. Après une longue période, il s’est construit une nouvelle vie, essayant de tracer sa route en montant une entreprise de réparation de bicyclettes. Tout bascule le jour où il reçoit la visite d’Emmanuel, une vieille connaissance qui le convainc de retourner en Ouganda pour participer à une rencontre sur la réconciliation historique du pays.

Le passé qu’il croyait avoir laissé derrière lui va ressusciter. Il va devoir affronter l’enfant qu’il était, le regarder dans les yeux sans compromis et se pardonner, s’il veut aller de l’avant et ne pas perdre sa femme, qui bientôt, et de pire des façons, découvrira une terrible vérité : nous ne savons pas toujours tout sur ceux que nous aimons. Quand on est allé trop loin, s’enfuir n’est pas une option.

Article (en anglais)  écrit par Del Arbol et présente les principaux auteurs espagnols du « noir » : Manuel Vázquez Montalbán, Juan Madrid, Lorenzo Silva, Eugenio Fuentes, Alicia Giménez Barlett, Domingo Villar, Rafael Chirbes, Andreu Martín, Mariano Sánchez Soler, Vicente Garrido,

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