May, Peter « Meurtres à Pékin » (2005)

May, Peter « Meurtres à Pékin » (2005)

Série chinoise : Tome 1

 

Résumé : Pékin, ville baignée de tradition mais avide de modernité, une société qui se rue dans le capitalisme moderne mais profondément marquée par le système communiste.
Le cadavre carbonisé d’un homme est découvert un matin dans un parc. Le même jour, deux autres corps sans vie sont trouvés à deux endroits différents de la ville. Pour seul indice, un mégot de cigarette américaine laissé en évidence à côté de chacun des trois corps, comme une signature.
Margaret Campbell, médecin légiste aux États-Unis, spécialisée dans les brûlés, qui se trouve à Pékin pour une série de conférences, va se voir embarquée malgré elle dans l’enquête de Li Yan, fraîchement promu commissaire. L’Américaine rigoureuse et le policier chinois, ironique et énigmatique, choisissent deux approches totalement différentes d’un même objectif. Deux mondes s’affrontent, mais, devant la complexité d’une affaire qui cache un secret monstrueux, les deux investigateurs vont devoir faire taire leurs oppositions et unir leurs talents pour découvrir la vérité, fût-ce au péril de leur vie. Car si les lieux sont exotiques et chargés de tradition, les dangers, eux, sont bien du XXIe siècle : menace des OGM et remous dans les milieux politiques.

Mon avis : Un nouvel univers dans lequel je découvre Peter May. Et comme toujours j’aime voyager avec cet auteur. Ecosse, virtuel, Europe, Chine… j’adore.  Et j’aime découvrir la Chine, sous un autre angle que celui donné par les aventures de l’inspecteur Chen écrites par Qiu Xiaolong. Je me réjouis de repartir en Chine en sa compagnie !

Extraits :

Le taoïsme vient du mot dao, qui signifie « la voie ». Il nous enseigne que nous devons trouver notre place dans la voie naturelle des choses sans perturber la fonction du tout. En acceptant notre place dans le monde, nous sommes plus impliqués par les conséquences de nos actions, car chaque action entraîne une réaction ; tout ce que nous faisons a une conséquence sur les autres.

 « La mort de chaque homme me diminue, parce que je fais partie de l’humanité ; n’envoie donc jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi. (John Donne)

Sur le chemin du retour, il se passa quelque chose. Quelque chose d’impalpable et d’irrationnel. Quelque chose d’infime au plus profond de la grande complexité des relations humaines. Comme une radio dont le réglage se détraque soudain légèrement, et transforme une musique agréable en un son grinçant

Le « Pourquoi ? » était la réponse, mais non le moyen de la trouver

nul homme n’est une île

Tu gagneras le jour où tu arrêteras de perdre

Quand la vie consiste à s’occuper de la mort, on la prend au sérieux, oui

Dans ta petite tête s’éveille un intérêt que ta grosse tête cherche aussitôt à réfréner

C’étaient d’abord les yeux qui la séduisaient. Les fenêtres de l’âme. On pouvait lire tellement de choses sur la personnalité de quelqu’un dans ses yeux ; l’humour, la chaleur, ou l’absence des deux. Elle aimait les hommes intellectuels qui avaient le sens de l’humour

Jaune. Couleur du soleil. Couleur de la vie. Ça va vous remonter le moral et stimuler votre qi.

Avec deux bouts de bois à frotter l’un contre l’autre, on peut faire du feu. Avec du feu, on peut brûler les livres et détruire la connaissance qu’ils renferment. Si on supprime la connaissance, on supprime le pouvoir

quand on est jeune, on éprouve le sentiment de n’exercer aucun contrôle sur sa vie, on croit que ce sont les vieux qui décident tout. Puis, quand on devient assez vieux pour changer les choses, on se sent trop âgé pour en profiter

C’est naturel. Comme de se sentir bien après avoir été malade. On continue à vivre

ses pensées se bousculèrent dans son cerveau comme les nuages dans le ciel un jour d’orage

Parce que dans mes rêves, j’étais libre. Libre de voyager dans mon enfance, de parler à mes parents, libre d’aller dans les endroits que j’avais aimés dans ma vie : les hautes montagnes du Tibet, la mer Jaune léchant les rivages du Jiangsu, le Hong-Kong de mon enfance, avec ses couchers de soleil rouge sang dans la mer de Chine du Sud. Ils ne pouvaient pas toucher à ces choses, ni me les enlever. Et tant qu’on les a, on a la liberté.

Son visage reflétait la colère qui grondait en elle comme un orage dans un ciel d’été

Cela ne faisait que quatre jours ? Plutôt quatre vies.

Les avis qu’on donnait volontiers aux autres étaient souvent les plus difficiles à suivre soi-même. Faciles à donner. Durs à suivre

il savait que les vrais monstres se cachaient à l’intérieur : peur, vanité, cupidité, méchanceté. Seulement, maintenant, quelqu’un les avait lâchés et ils régnaient sur le monde. Mais ils ne se dissimulaient pas dans le noir comme les monstres de son enfance. Ils travaillaient dans des bureaux, vivaient au grand jour. Ils avaient des femmes, des maris, des frères, des sœurs, des enfants. Ils contrôlaient et manipulaient ceux qui les entouraient, exploitaient les faibles, affamaient les pauvres. Et ils se prenaient pour des dieux

Elle n’avait même plus peur de mourir. Elle redoutait davantage de gaspiller chaque précieuse seconde qui lui restait à vivre. Le pire, c’était de savoir qu’elle lui survivrait sans doute

Il se réveilla lentement, comme un plongeur remontant à la surface, vers la chaleur et la lumière du soleil après l’obscurité froide des profondeurs. Il prit conscience de la douceur qui l’entourait, et se retourna avec précaution pour se retrouver face à elle

2 Replies to “May, Peter « Meurtres à Pékin » (2005)”

  1. J’ai terminé les 6 volumes écrits par l’auteur et j’attends le suivant avec impatience. Donc, j’ai aimé ! mais quoi ? qui ? pourquoi ?
    Commençons par le style que je trouve plaisant, accrocheur juste ce qu’il faut, l’histoire bien conçue, énigmatique, pas cousue de fil blanc et exempte des facilités dont abusent certains auteurs (le tueur en série très « intelligent, gore, retord mais c’est pas de sa faute poursuivit par le policier intelligent qui se saoule et n’a pas de vie »).
    Les personnages principaux Li Yan et Margaret Campbell. Lui est honnête, intelligent, beau gosse et bien assis sur 5000 ans de civilisation et de tradition. Elle est intelligente, jolie blonde aux yeux bleu (LE fantasme du chinois) têtue voire tête de mule, incapable de laisser filer lorsque ça la démange et pétrie de la supériorité américaine (elle débarque en Chine sans avoir lu la moindre ligne de la documentation remise par l’ambassade). Bref tout ce qu’il faut pour que leurs relations soient calmes comme un dragon qui aurait égaré sa queue dans un nid de frelon.
    Ce qu’il y a de bien avec Peter May, c’est qu’il parvient à faire la synthèse entre ces éléments opposés. Il nous dépeint une société chinoise sans concession mais sans arrogance, jugement ou paternalisme. Il évoque la révolution culturelle, les évènements dramatiques de la place Tien An Men par le biais de personnages secondaires que je trouve pour ma part très attachants (en particulier Mei Yan, une délicieuse dame chinoise qui vend des crêpes dans la rue et que l’on retrouve comme un fil rouge).
    Je ne vous parlerai pas de l’histoire. Lisez le livre pour la découvrir. Cela commence par un corps carbonisé dans un parc et se termine…par les remerciements de l’auteur ! Et vous ferez comme moi, vous vous précipiterez à la bibliothèque ou chez le libraire pour prendre le suivant.

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