Goetz, Adrien « Intrigue à l’anglaise » (Pénélope 01) 2007

Goetz, Adrien « Intrigue à l’anglaise » (Pénélope 01) 2007

Adrien Goetz (né en 1966 à Caen) est un écrivain français, auteur de plusieurs romans axés sur l’histoire de l’art. Il est également chercheur et enseignant dans ce domaine.

Après une formation au lycée Malherbe de Caen en Normandie et au lycée Louis-le-Grand à Paris, il a été élève à l’École normale supérieure, rue d’Ulm, où il a obtenu l’agrégation d’histoire. Après une thèse de doctorat d’histoire de l’art portant sur la période romantique, il enseigne aujourd’hui à l’université de Paris-Sorbonne. Il a également vécu et travaillé aux États-Unis où il a été Teaching Assistant en littérature française à Université Yale et en Italie, à la Scuola Normale Superiore de Pise.

Ses travaux d’historien de l’art l’ont conduit à s’intéresser à Ingres (il a notamment publié en 2006 Ingres Collages, un essai accompagnant une exposition dont il a été le commissaire au Musée Ingres de Montauban et au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg) mais aussi à Honoré de Balzac (il a préfacé et commenté son roman sur l’art, Le Chef-d’œuvre inconnu).

Son premier roman, Webcam (2003), avait pour héros un artiste contemporain imaginaire, qui rappelait un peu la figure de Balthus. Son deuxième roman, La Dormeuse de Naples (2004), a reçu le prix des Deux Magots et le prix Roger-Nimier. La Dormeuse de Naples raconte les aventures imaginaires d’un authentique chef-d’œuvre perdu par Ingres en 1815, le pendant de la Grande Odalisque du Louvre, à travers le monde des ateliers des peintres du XIXe siècle à Paris, à Naples et à Rome. Son troisième roman, Une petite légende dorée (2005), se passe à notre époque, entre Yale University, Washington DC, l’Italie, et l’Europe centrale. C’est encore une fois une aventure artistique puisque le personnage principal, Carlo, cherche à reconstituer un tableau de la Renaissance siennoise dont les fragments sont dispersés à travers le monde. Son quatrième roman, À bas la nuit ! (2006), est l’histoire d’une collection privée imaginaire léguée, par une richissime excentrique qui ressemble beaucoup à Peggy Guggenheim, à un jeune garçon très doué et très mystérieux, sorte de Gatsby issu du monde des banlieues. Dans Intrigue à l’anglaise (2007, Prix Arsène Lupin) c’est une jeune conservatrice du patrimoine qui tente de percer les mystères des trois mètres qui manquent à la célèbre tapisserie de Bayeux.

En 2007, l’Académie française lui a décerné le prix François-Victor Noury pour l’ensemble de son œuvre. Cinq de ses ouvrages ont été traduits en quatre langues étrangères, dont l’italien, le portugais, et l’anglais.

Il collabore à divers titres de presse dans le domaine artistique. Longtemps chroniqueur pour la revue L’Œil et dans Zurban, hebdomadaire de la vie culturelle parisienne, il écrit aujourd’hui dans les colonnes de Beaux-Arts Magazine. Il est, depuis 2007, le rédacteur en chef de Grande Galerie le Journal du Louvre. Depuis 2008, sa chronique Les arts et vous, consacrée aux expositions, paraît dans Le Figaro du lundi.

Il a mené, en parallèle, des activités bénévoles au sein de Patrimoine sans Frontières, une organisation non gouvernementale humanitaire dont il a été le secrétaire général et le vice-président jusqu’en 2009. La mission de cette ONG est de défendre le patrimoine en déshérence et de l’inscrire dans un contexte de développement local durable. L’association agit dans de nombreux pays, tels le Liban, le Cameroun, l’Albanie ou le Kosovo.

 

Les enquêtes de Pénélope 1 – Intrigue à l’anglaise (2007)

Résumé : Trois mètres de toile manquent à la fameuse tapisserie de Bayeux, qui décrit la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Que représentaient-ils ? Les historiens se perdent en conjectures. Une jeune conservatrice du patrimoine, Pénélope Breuil, s’ennuie au musée de Bayeux, jusqu’au jour où la directrice du musée, dont elle est l’adjointe, est victime d’une tentative de meurtre ! Entre-temps, des fragments de tapisserie ont été mis aux enchères à Drouot. Pénélope, chargée par le directeur du Louvre de mener discrètement une enquête, va jouer les détectives et reconstituer l’histoire millénaire de la tapisserie, de 1066 à la mort tragique de Lady Diana sous le pont de l’Alma… (Prix Arsène Lupin)

Mon avis : En matière d’enquêtes dans le domaine de l’art, j’avais déjà bien aimé les aventures de Jonathan Argyll écrites par Ian Pears (Une série de romans policiers se déroulant dans le monde de l’art entre Italie et Angleterre.) C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai fait la connaissance de Pénélope (jeune conservatrice du patrimoine nommée à Bayeux pour son premier poste alors qu’elle rêve des antiquités égyptiennes du Louvre) et de Wandrille ( un journaliste) . D’ailleurs une jeune femme amoureuse de l’Egypte ne pouvait que m’enchanter. Dès le premier tome, je me suis attachée aux personnages. L’aventure est passionnante, pas de temps mort. Et ce n’était pas gagné d’avance… car Bayeux et une tapisserie … pas folichon, de prime abord. Entre le Moyen Age, le XIXème et l’époque contemporaine, une enquête pleine de fantaisie, d’hypothèses incroyables, et une connaissance du sujet évidente.. De quoi me donner envie d’aller me promener à Bayeux… C’est tout dire … On y parle art, crimes, enquêtes, machination, capitale et province… . Mais… car il y a un mais… ce n’est pas facile à lire car c’est touffu, le style n’est pas fluide, un peu (beaucoup) poussif… Toutefois, je me réjouis de retrouver Pénélope à Versailles…

Extraits :

Son attention est retenue par un paragraphe intitulé « Visages de profil », qu’elle commence à lire en égyptologue : «Une autre innovation […] consiste à recourir massivement à la représentation de profil des visages, ce qui a là aussi pour effet d’accélérer le cours du récit

Elle aime l’imprévu, l’instant qui la transforme en héroïne de roman. Une héroïne qui sombre à nouveau, avec délices, dans les vaguelettes du premier sommeil

Elle ne crie pas. Nul ne se préoccupe d’une jeune femme assise par terre. Elle se recroqueville dans la posture d’une statue-cube de l’Égypte ancienne, un bloc de basalte, les bras autour des genoux.

Pénélope, sur son oreiller de toile de lin, rêve en tapisserie. Champollion le Jeune rêvait en hiéroglyphes. Quelques pensées floues viennent cerner quelques minutes de rêve, puis, elle rouvre les yeux. Elle adore cet entre-deux-eaux, comme l’espèce d’hypnose qui la saisit chaque fois dans le

Elle se sent une héroïne d’Hitchcock qui sait qu’elle doit se rendre à un rendez-vous donné par un fou au téléphone. Et qui y va.

En feuilletant les pages, elle se laisse porter par la musique. Et la proustienne musique des noms, qui fait passer dans ses yeux des milliers de villages, de couronnes et de petites églises.

Baptisé au cidre, fini au calva

Il commence à pleuvoir beaucoup. « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvaises bottes »

Le château n’en est pas un. Il ressemble à un mastaba égyptien, ou mieux à quatre ou cinq mastabas empilés comme des moules à cake : une version en pierres locales, avec du lichen vert aux jointures, de la pyramide à degrés de Saqqarah. Rien moins. Pénélope s’attendait à tout, mais ça… L’Égypte rongée de lierre et de vigne vierge. La Nubie nettoyée au Gulf Stream. Une pyramide qu’on aurait dotée d’une entrée monumentale à colonnes de marbre de style élisabéthain et complétée, à son sommet, par des cheminées Renaissance

 

Les enquêtes de Pénélope:
1. Intrigue à l’anglaise
2. Intrigue à Versailles
3. Intrigue à Venise
4. Intrigue à Giverny

6 Replies to “Goetz, Adrien « Intrigue à l’anglaise » (Pénélope 01) 2007”

  1. Beaucoup d’érudition, on sent que l’auteur connait son sujet, mais il ne nous assomme pas avec.
    Pas de violence mais de la légéreté, on passe un très bon moment avec Pénélope.

  2. j’ai beaucoup aimé ce livre mais, comme toi, j’ai été gênée par le style. Soyons clairs : ce n’est pas bien écrit. Mais malgré tout je vais lire les autres car l’intrigue est originale et prenante et l’auteur parvient à nous transmettre sa passion.

  3. Voilà pratiquement fini. J’aime bien mais j’ai eu un peu de mal avec le style au début. Phrases courtes et un peu méli mélo… mais après un épisode avec Carlos Ruiz Zafon je continuerai les aventures de Pénélope et ses amis.

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