Gerhardsen, Carin « La maison en pain d’épices » (2011)

Gerhardsen, Carin « La maison en pain d’épices » (2011)

Autrice : Carin Gerhardsen, née le 6 décembre 1962 à Katrineholm, est un auteur suédois de roman policier. Elle est diplômée de l’Université d’Uppsala. Mathématicienne de formation, elle a été consultante en informatique avant de se consacrer à l’écriture. Elle réside à Stockholm.

Série policière Conny Sjöberg
La Maison en pain d’épices – Hanna était seule à la maison – La Comptine des coupables – La Dernière Carte –  Dissonances

Fleuve noir, 10.02. 2011, 298 pages / 10/18 – 16.02.2012- 334 pages – traduit par Céline Bellini et Charlotte Drake

 

Résumé :

La Suède est frappée par une série de meurtres barbares. Seul point commun entre les victimes, leur âge : 44 ans. A première vue ces personnes ne se connaissaient pas, mais à mieux y regarder, leurs chemins se sont bel et bien croisés, il y a longtemps, dans la petite ville de Katrineholm. A l’époque, tous fréquentaient la même école. Et le souffre-douleur de la classe s’appelait Thomas Karlsson. Aujourd’hui, Thomas est un homme effacé, asocial, aigri et… toujours en vie. Autant dire le coupable idéal. Surtout qu’il a été aperçu rôdant près du domicile des victimes. Thomas l’avoue, il nourrit encore de la rancune, beaucoup de rancune même, à l’encontre de ses anciens tortionnaires. Seulement ce n’est pas lui qui les a tués, il le jure ! Ils l’ont pourtant roué de coups, humilié, insulté, tyrannisé. Ils ont brisé sa vie. Alors si ce n’est pas lui, qui ? Qui avait un meilleur mobile pour les assassiner ? Un roman tortueux, malicieux, d’une grande intensité, sur les dérives de l’enfance et de ses  » espiègleries « . Le tout servi par une plume noire, affûtée comme une lame…

Mon avis :
Alors direction le grand Nord … la Suède.
Au programme deux enquêtes : la principale, menée par l’équipe du Commissaire Sjöberg déclenchée par la découverte d’un corps dans une maison temporairement inoccupée et celle menée par l’inspectrice Petra Westman, nettement plus personnelle mais sur un autre sujet grave traité dans ce livre, une autre forme de violence : le viol.
Comment se fait il que le cadavre d’un homme de 44 ans, marié, père de trois enfants, respecté et sans aucun antécédent, soit retrouvé dans la maison d’une vieille dame qui le retrouve sur le sol de sa cuisine à son retour de l’hôpital ? Alors que l’enquête s’enlise, plusieurs autres meurtres sont perpétrés… Une seule constante : l’âge des victimes…
Je ne vais pas vous en dire plus… si ce n’est que les traumatismes de l’enfance peuvent avoir de lourdes conséquences, mais nous en sommes tous conscients. Les enfants sont méchants et s’ils agissent impunément, sous les yeux d’adultes indifférents, cela peut générer des troubles qui accompagneront les victimes tout au long de leur vie.
Les enfants victimes de traumatismes peuvent devenir violents, se transformer en tueurs en série… Ils peuvent se renfermer sur eux-mêmes, devenir violents, ou alors invisibles, renfermés sur eux-mêmes, enveloppés dans une cape d’invisibilité et de solitude… Ils ont besoin d’aide, de se sentir considérés comme des êtres humains…
J’ai découvert cette autrice qui nous entraine dans un thriller psycho-psychiatrique qui met mal à l’aise et qui va nous tenir en haleine jusqu’au bout…

Extraits :

[…] elle a beau ne pas être un cadeau, elle est décorée comme un sapin de Noël.

Une enfance volée ne se rattrape pas. On ne peut ni l’oublier, ni la changer, ni en guérir. C’est un état de douleur chronique.

Il réfléchit encore à l’indifférence. En effet, ce n’est pas un crime, personne ne peut supporter le fardeau de tous les problèmes de la terre. On choisit certaines personnes, certaines guerres ou catastrophes naturelles qui nous touchent plus que d’autres. Et puis, il y a ceux qui ne choisissent rien. C’est indéniablement la solution la plus simple. Il prend conscience que l’indifférence est un péché capital pour un philosophe.

Je fais partie du peuple invisible. Ce peuple invisible qui traverse la vie la tête basse, quel que soit le temps ou la conjoncture. Pour nous, la conjoncture est toujours mauvaise et le temps toujours maussade. Nous nous inclinons en permanence par peur de recevoir un coup de poing dans la figure ou un coup de pied dans la poitrine. Démarche pourtant inutile, puisque personne ne nous voit.

Des enfants qui, livrés à eux-mêmes, ont fait ce qui leur semblait nécessaire pour conserver leur territoire et leur statut social.

 

Photo : ville de Katrineholm (Suède)

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