Niel, Colin « Wallace » (2024) 329 pages

Niel, Colin « Wallace » (2024) 329 pages

Auteur: né le 16 décembre 1976 à Clamart, est un auteur français de romans noirs.
Ingénieur des eaux et forêts, diplômé d’études approfondies en biologie de l’évolution et écologie, Colin Niel a travaillé pendant douze ans dans la préservation de la biodiversité. Il a vécu plusieurs années en Guyane française, où il a notamment été chef de mission pour la création du parc amazonien de Guyane, mais aussi à Paris, à Lille, à Montpellier, en Guadeloupe où il fut directeur adjoint du parc national de la Guadeloupe.

Romans:
Série guyanaise: Les Hamacs de carton (2012) – Ce qui reste en forêt (2013) – Obia  (2015) – Sur le ciel effondré (2018)
Autres romans: Seules les bêtes (2017) – Entre fauves (2020) – Darwyne (2022) – Wallace (2024) 

Adaptés à l’écran : Seules les bêtes (en 2029) 

Rouergue – 21.08.2024 – 329 pages / Livre de poche – 04.02.2026 – 352 pages

Suite de « Darwyne »

Résumé:

Mathurine travaille pour la protection de l’enfance. Mère célibataire de Wallace, un garçon de neuf ans, elle vit en Guyane, aux portes de l’Amazonie. Alors que Wallace grandit, les relations se tendent entre la mère et le fils. Elle rêvait d’un enfant qui aimerait la forêt, lui ne vit que pour se mesurer aux champions de Fortnite. Fragilisée par la mort dramatique d’une adolescente placée en famille d’accueil, Mathurine est bouleversée lorsque le père de celle-ci, Tiburce, lui confie avoir vécu une étrange expérience en forêt. 

Quelque chose de l’ordre d’une apparition. Quelque chose qui fait ressurgir le souvenir d’un enfant qu’elle a croisé autrefois et dont elle n’a jamais pu admettre la perte. Avec ce nouveau roman qui nous immerge dans l’extraordinaire forêt primaire de la France d’Outre-Mer, Colin Niel tisse une toile fascinante sur le thème de la parevountalité. Dans la jungle des peurs et des enchantements, père et fille, mère et fils sont soumis à de terribles épreuves lorsque l’autre vient à manquer. 

Mais l’amour n’est-il pas la force qui peut nous conduire à dépasser nos plus profonds cauchemars ?

Quand les parents se perdent en forêt, que deviennent les enfants ? Un roman initiatique dans le dédale de la parentalité

Mon avis : ❤️❤️❤️❤️
Il me semble  important de lire Darwyne avant.
J’avais eu le coup de coeur pour Darwyne et donc quoi de plus normal que de continuer à suivre la famille monoparentale composée de Mathurine et Wallace. Et je suis passée pas loin du coup de coeur dans cette suite…
Mathurine est travailleuse sociale, elle travaille pour l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE ). Wallace a presque dix ans, et sa Maman l’élève seule. Il ne sait pas ce que c’est d’avoir un Papa. Mathurine est toujours aussi attirée par la forêt et les êtres qui y habitent mais elle n’as plus trop le temps et l’occasion de s’y promener. Mathurine ne veut toujours pas croire à la mort du petit Darwyne, porté disparu et dix ans plus tôt. Mathurine qui croit en l’existence de ces êtres et créatures de légende.
Wallace lui, n’est pas intéressé par la forêt; ce qu’il veut c’est jouer aux jeux vidéos et la nature ne l’intéresse pas. 

Wallace et sa maman s’éloignent l’un de l’autre. Bien sûr qu’ils s’aiment mais ils s’éloignent. Les souvenirs du petit Darwyne – un enfant spécial, une créature qui est assimilée aux Maskilili. Mathurine qui se demande si elle n’aurait pas préféré avoir un fils comme Darwyne, Wallace qui est jaloux de cette créature.. Wallace qui se demande s’il n’aurait préféré avoir un père plutôt qu’une Maman… Et les deux se culpabilisent mutuellement de la facture qui s’installe entre eux.

On va faire la connaissance de Tiburce, un homme bourru qui élevait seul sa fille – adolescente rebelle – qui a été retrouvée morte. Tiburce qui ne savait pas s’y prendre et était violent avec sa fille, qui a été placée par l’ASE. Un homme qui ne savait pas dialoguer, surtout avec une adolescente..
Mathurine va être très bouleversée par la disparition de l’adolescente, et va se pencher sur les nombreuses disparitions intervenues ces dernières années. Mais il s’agit principalement de disparitions d’adultes et elle ne peut pas croire que le créateur de la forêt pourraient s’en prendre à de mineurs. Car elle est persuadée que les créatures de légende existent, et qui plus est,  est certaine que Darwyne est non seulement vivant, mais qu’il est près d’elle et qu’il établit des contacts avec elle…
Alors retour dans la forêt … dans la forêt primaire . En compagnie de ces personnages, nous allons nous enfoncer dans la forêt amazonienne, dans l’inconnu, dans un monde de mythes et légendes, peuplé de créatures inconnues, de présences invisibles qui observent tout sans êtres vues.  On va s’enfoncer dans un monde de rêves et de cauchemars, perdre le sens de la réalité, mélanger revient et réalité, mélanger imaginaire et vécu..
Et que va-t-on trouver au bout du chemin ???

Extraits:

Et les gens de ressortir les mythes et les légendes qu’on racontait autrefois pour faire peur aux gamins. De se remettre à parler du Maskilili, créature de la forêt qui ressemblerait à un enfant sans vraiment en être un. Ou à un homme de petite taille, peut-être, il y a différentes versions de l’histoire. Ce qu’on dit, c’est que le Maskilili, il a les pieds à l’envers. Complètement retournés vers son dos et vers l’arrière de ses genoux. Et aussi que son truc à lui, c’est d’égarer les humains aventurés sur son domaine. De les attirer très loin vers les profondeurs du sous-bois. 

Plus Méryane a grandi, plus elle s’est engouffrée dans ce truc qu’on appelle adolescence pour ne pas nommer l’enfer, plus c’est devenu difficile. Plus elle est devenue ingérable et sauvage et hostile. Plus elle s’est mise à le détester, ou en tout cas à le lui dire assez de fois pour qu’il en soit certain. Et à revenir avec ses faux ongles immenses et multicolores, bordel. Et à sortir sans lui demander, dans des endroits dont il ne savait rien mais qu’il imaginait salement fréquentés. Et plus Tiburce a réalisé l’ampleur de son impuissance. Que face à une ado lui gueulant dessus comme s’il était le pire des humains, et sachant mieux que personne comment faire pour l’atteindre avec ses mots et ses insultes, la seule arme en sa possession, c’était la force. 

Parce que l’Amazonie, contrairement à ce que croient ceux qui n’y connaissent rien, elle n’est pas homogène. Elle a sa géographie, qui se dessine en carte mentale dans la tête des initiés dont il pense faire partie.

Élever des gosses, c’est apprendre à s’en séparer, surtout, hein.

Et alors, assise à côté de lui, elle a eu la sensation de revivre ce qu’autrefois elle aimait tant.
Se perdre dans un sous-bois.
Juste ça : se laisser happer par la forêt, et par l’infinie richesse des vies qui la peuplent.

 

Mythes et legendes de Guyane
Le MASKILILI, terreur des petits guyanais appartient au monde de la nuit et de la forêt. On lui prête la faculté de se déplacer, émet un sifflement caractéristique par intervalles. Sa particularité est d’avoir les pieds retournés à l’envers, si bien que si on s’aventure à le suivre, fatalement il vous égarera. Il circule dans l’obscurité et bien sûr demeure constamment invisible. Il est dit encore qu’il peut enlever les petits enfants qui ne sont  pas sages. La nourriture préférée du MASKILILI c’est le piment et le café, qu’il vient picorer durant la nuit. Le MASKILILI est invisible même si on l’entend souvent rôder autour des habitations.
Il a pour but d’effrayer les enfants guyanais pour qu’ils ne s’éloignent pas de leurs parents le soir. C’est une créature qui ressemble à un enfant dans le but de donner confiance à l’enfant en question. Il n’est pas dit qu’il est méchant avec les humains mais les grands-parents laissent croire que si .. Le Maskilili est joueur et aime perdre les chasseurs en forêt.
(Sources : Ville de Cayenne – Etres fabuleux et génies de Guyane / Wikipedia )

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