Pérez, Roland « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » (2021) 224 pages

Pérez, Roland « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » (2021) 224 pages

Auteur:
né le 15 octobre 1963 à Paris 12e, est un avocat français et animateur de radio et de télévision.
Roland Perez naît à Paris en 1963 dans une famille juive marocaine. À la naissance, il est atteint d’un pied-bot sévère, mal opéré, ce qui l’empêche de marcher et le contraint à rester à domicile pendant ses premières années.
A l’âge de sept ans, contre tout pronostic médical, il parvient à marcher pour la première fois, événement qu’il décrit comme une renaissance et qu’il relate dans son autobiographie « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan ». D’abord formé à l’école du spectacle et au Cours Simon, il se destine à la profession d’avocat et prête serment en 1985, tout en restant proche du milieu des artistes. Il assiste et conseille les auteurs et les artistes interprètes et défend leurs droits de la personnalité et leur droit à l’image. Il deviendra l’avocat et l’ami de la chanteuse…

Romans:
En quête de vie privée (1995) – Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan (2021) – Ma mère, Dieu et Litzie (2023)  – Bonne fête des mères, Papa ! (2025)

Les Escales – 07.10.2021 – 224 pages / Pocket – 05.01.2023 – 224 pages
Prix littéraire du Cheval blanc 2022

Adapté au cinéma avec Leïla Bekhti et Jonathan Cohen en 2025.

Résumé:

Le récit tendre et détonnant d’une enfance pas comme les autres, bercée par la voix de Sylvie Vartan. Un roman drôle et chaleureux sur la famille et sur la différence.
Roland, dernier enfant d’une famille juive séfarade, n’est pas un petit garçon comme les autres. Les médecins sont formels : il ne marchera jamais. Mais Esther, sa mère, refuse de le croire. Elle parcourt Paris, de spécialiste en spécialiste, son fils dans les bras, à la recherche du médecin qui fera un miracle. 

Niché dans un HLM du XIIIe arrondissement, l’appartement familial est devenu le territoire de Roland. Un terrain de jeu qu’il explore à quatre pattes, prêtant oreille aux discussions de sa mère et de ses voisines, à leurs prières et chuchotements bienveillants, tout en attendant avec impatience le retour de ses frères et soeurs de l’école. Le monde extérieur, c’est à travers la télévision qu’il le découvre. 

Il y rencontre Sylvie Vartan, une fée bienveillante à la carrière naissante, dont la voix l’accompagnera sur le chemin de la guérison. Et quand le miracle auquel sa mère n’a jamais cessé de croire se produit enfin, que Roland, qui a alors sept ans, parvient à faire ses premiers pas, c’est un monde nouveau et infini qui s’offre à lui : les trottoirs de Paris, le métro, et surtout l’Ecole des enfants du spectacle… 

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est un roman tendre et loufoque, aux personnages drôles et attachants. Une histoire vraie, lumineuse et pleine d’espoir. Lauréat du Prix Littéraire du Cheval Blanc 2022 Lauréat du Prix Littéraire du Cheval Blanc 2022

Mon avis: ❤️❤️❤️❤️

Hommage à l’amour maternel, aux enfants différents, à la détermination, et aussi à Sylvie Vartan, sa fée blonde et aussi à l’importance de la musique…
Une mère de six enfants (4 garçons et 2 filles)  qui va remuer ciel et terre, rencontrer un nombre important de médecins, puis qui va faire confiance à la femme d’un rebouteux décédé pour que son fils (le petit dernier) ne soit pas un handicapé. Une mère adorable mais ô combien agaçante. Une famille qui va se comporter comme si tout était normal et ne va pas victimiser le petit dernier.
Une mère sociable qui vit dans un HLM du XIIIème arrondissement et qui entretient des solides relations amicales avec ces voisines,Mme Israël, Mme Bentolila, Mme Dahan,  Mme Benayoun . Car pour elle vivre dans Paris est déjà une réussite et elle a tout fait pour quitter la banlieue. 

Un livre qui nous plonge aussi dans l’univers des chanteurs des années 60/70 … des magazines comme Salut les Copains et Mademoiselle Age Tendre, dans les émissions de télé style Maritie et Gilbert Carpentier, Midi magazine avec Danièle Gilbert, puis OK! Et Podium…
L’obstination d’une mère quitta inscrire son fils qui a commencé à marcher à 7 ans à aller de l’avant en l’inscrivant à des cours de danse, de comédie, en le poussant à faire de la figuration au cinéma…
Un livre autobiographique qui nous retrace le parcours de Roland Perez qui après avoir été journaliste ( et spécialiste de Sylvie Vartan), chroniqueur à la radio est maintenant reconnu comme est maintenant l’avocat des stars du petit écran.
Un livre qui parle aussi de l’attachement à l’enfance, à un quartier, et qui en plus de montrer la relation mère-enfant parlera aussi des relations pudiques entre l’auteur et son père…
Un livre qui fait sourire, se lit vite, mais qui est également très tendre, très touchant.
Un livre qui prouve qu’il ne fut rien lâcher… si on a le courage d’y croire. 

Sans oublier la jolie Postface  de Sylvie Vartan …
Je n’aurais jamais imaginé que le pouvoir d’un artiste puisse aller au-delà des émotions suscitées, je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse même contribuer à la guérison.
À mon tour, donc, d’exprimer ma gratitude à Roland pour m’avoir fait toucher du doigt, à travers ce récit, le fait que les artistes peuvent à ce point jouer un rôle quasi irréel dans la vie des gens.

Extraits:

— C’est ce que l’on appelle un pied bot.

— Un pied beau ?… J’ai pas compris. Et l’autre ? Il est pas beau ?

Débuta alors un périple de plusieurs années qui nous mena ma mère et moi aux quatre coins de la capitale à la rencontre de modestes spécialistes, de célèbres professeurs et de pathétiques charlatans. Chaque sortie était pour moi une nouvelle aventure. Je découvrais la ville et, surtout, l’univers captivant du métro. Tant de gens différents, des petits, des gros, des qui portaient des lunettes, de larges cravates, des attachés-cases…

Jamais je ne me suis senti différent, jamais dans le regard de ma famille je n’ai lu de pitié ni de peine. Tout leur amour, tellement immense, me portait et effaçait toute trace de tristesse ou de frustration. Je marchais dans ma tête, tout simplement. C’était mon domaine, j’étais comme tout le monde, même si je ne savais pas à quoi ressemblait le monde. Car on veillait bien à me protéger des regards extérieurs. Dehors, oui, j’étais différent.

Sa communication avec Dieu et ses saints ne se limitait pas aux jours de shabbat. La hot line était ouverte en permanence.

— Comment ça si Dieu le veut ? Mais y veut plus, tu vois bien ! J’ai tout fait avec lui. Combien je peux encore prier, combien je peux le supplier ? J’allume tellement de bougies, j’invoque nos ancêtres, je vois les rabbins, je vais au pèlerinage. Combien encore ? Tu vas me le dire ! J’ai plus d’idée. Je comprends pas, Dieu il est sourd, il m’entend pas, il me voit pas !!! Je sais pas ce qu’il fait !

Comment un rayon de soleil peut-il s’éteindre en plein midi ?

Posant mon front contre les murs, j’ai commencé à les embrasser un par un, leur parlant comme s’ils pouvaient m’entendre. Je ne vous oublierai jamais. Au revoir. Vous avez été si précieux pour moi. Et toi, tu te souviens ? C’est ici que j’ai posé ma main pour la première fois. Et je ne retenais plus mes larmes. J’ai été si heureux ici. Adieu. Adieu mes amis. Adieu mon couloir. Ce n’était pas seulement à notre vieil HLM que je disais adieu, c’était à mon enfance.

On remercie rarement ses parents pour tout ce qu’ils nous ont donné. Dommage. Mais comme pour les examens universitaires, il y a toujours une session de rattrapage. Et ce roman en est l’illustration.

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