del Arbol Victor – La maison des chagrins (09.2013)

Résumé de l’éditeur (Actes Sud) : Une violoniste virtuose commande à un peintre brisé le portrait du magnat des finances qui a tué son fils. Elle veut déchiffrer sur son visage la marque de l’assassin. Pour cautériser ses propres blessures, elle ouvre grand la porte de la maison des chagrins dont personne ne sort indemne. Un thriller viscéral qui conduit chaque être vers ses confins les plus obscurs.

Analyse de l’auteur (interview sur la télévision espagnole) : Quelle serait votre réaction si un drame faisait basculer toute votre vie ? Dans ce roman nous suivons 18 personnages, qui tous réagissent à leur façon. C’est l’histoire d’un homme qui mène une vie normale, sous contrôle, bien tracée et soudain un événement lui enlève toute envie de vivre. Dans un monde rationnel, nous croyons en la justice, nous pensons nous connaître, connaître nos réactions ; mais quand il se passe une chose exceptionnelle, alors on découvre des facettes insoupçonnées de notre caractère et la vengeance en fait partie. Ce sentiment nait de l’impuissance ; c’est une forme de justice, irrationnelle, primitive si on peut dire. Quand on sent que le système ne répond plus à nos attentes, on envisage de se rendre justice soi-même. Dans ce roman, les chemins et les destins des protagonistes se croisent, c’est un roman à plusieurs voix.

L’un des personnages clés, Eduardo, est un peintre très connu, qui à la suite d’un accident, perd toute sa famille et se retrouve au fond du gouffre. Pour survivre, il peindra des portraits que lui commande son agent artistique. Un jour un portrait quelque peu spécial lui est demandé par une violoniste de talent qui comme lui, a perdu son enfant. Cette femme lui demande de perdre non pas son fils disparu mais l’assassin de son fils. La curiosité, la similitude de leurs destins … pourquoi le peintre va-t-il accepter cette commande bien qu’il sache qu’elle est au-delà du raisonnable et qu’il sent assez mal la situation.. Il ne le sait pas mais il accepte…

Dans notre monde moderne, c’est l’Etat qui a le monopole du châtiment. Mais la vengeance est un sentiment bien antérieur à l’état de droit, à la loi. C’est un instinct primordial, et dans le roman, c’est la raison de vivre des protagonistes. En général, la raison de vivre des êtres c’est l’amour, la famille, le métier, la passion… mais quand tout cela disparait… il faut bien s’accrocher à quelque chose pour continuer à avancer : et cela peut-être le désir de se venger. Les êtres humains ont une qualité humaine essentielle, la faculté d’adaptation, la résilience.

La vengeance est un instinct primaire, une impulsion, mais pas toujours. Cela peut-être un coup de colère mais aussi un long processus de macération de la blessure. Le titre fait référence à une phrase de Francis Bacon « Celui qui s’applique à la vengeance garde fraiches ses blessures » Les personnages du livre font tout pour les entretenir, pour garder les blessures ouvertes. L’un des personnages du roman va attendre de longues années avant de se venger car il sait bien qu’une fois sa vengeance effectuée, sa vie n’aura plus aucun sens. La haine, tout comme l’amour sont des états obsessionnels.

Les êtres humains sont les enfants de leur passé, de la mémoire ; nous sommes des arbres avec des racines, et si les racines sont malades, l’arbre va mal. Mais il faut faire attention car dans la vengeance personnelle, il y a toujours le risque de se tromper ; dans ce cas victime et bourreau se rejoignent. Certaines de nos décisions n’ont pas de marche arrière et conditionnent tout notre futur. Passé un certain stade, nos actes nous transforment et nous devenons une autre personne ; il faut vivre avec son passé et ses choix. Quand on tue quelqu’un on se tue soi-même d’une certaine manière ; on fait disparaître nos convictions, nos croyances, nos idéaux, celui qu’on croyait être.

Ce roman met en balance le bien et le mal, le désir de se venger et l’impossibilité de pardonner ; ces personnages sont des gens normaux qui sont confrontés à une situation exceptionnelle et non des tueurs de métier : et cela fait toute la différence.

  Mon avis : Deuxième livre que je lis de cet auteur et toujours aussi convaincue. Oui ce sont des romans policiers violents, mais ce sont surtout des analyses de personnages confrontés à des situations qui leur sont « tombées dessus » dans leur petite vie plan-plan et qui entrainent des actes et des réactions. L’analyse des caractères est très psychologique. Alors oui les personnages sont fracassés, et l’ambiance lourde et sombre, mais c’est un superbe livre, qui se déroule maintenant mais qui fait des références à des contextes historiques comme la torture sous Pinochet ou plus proche géographiquement, lors de la Guerre d’Algérie. Et l’intrigue est magnifiquement construite. Alors il faut le lire si ce n’est pas déjà fait…

Je trouve très dommage d’avoir modifié le titre qui était « Respirer par la blessure » (« Respirar por la herida »)

Extraits :

Un paysage ne ment pas, mais le regard le déguise, ce qui le rend toujours différent, comme s’il devenait un reflet de notre état d’âme

La maison et le champ se regardaient avec indifférence ; ils semblaient aussi inséparables qu’une peinture et son encadrement.

Un jour comme un autre, une seconde semblable à la précédente, qui ne laissait en rien présager qu’elle serait le dernier instant de bonheur de sa vie

On a toujours quelque chose à dire quand il n’est plus temps de le dire

Parfois, les larmes de la douleur doivent rester à l’intérieur.

Il avait le regard fuyant et insomniaque d’une souris qui cherche à se rendre invisible

De temps en temps, un détail attirait son attention et ses yeux lançaient une lueur atténuée qui permettait d’entrevoir l’homme qu’il avait été autrefois. Mais bientôt l’ombre qui recouvrait tout retombait

Un peu de désillusion ou de tristesse affleurait à ses lèvres, sorte de partie émergée de l’iceberg de ses pensées

Quand on se sait regardé, même notre désir de vérité contient la graine du mensonge

Étrange, ce silence où deux inconnus semblent se dire beaucoup de choses sans prononcer un seul mot.

Il sourit comme s’il s’amusait de la perplexité de cet homme déjà âgé qui, cependant, semblait ne pas comprendre l’évidence.

À mesure qu’ils avançaient, le temps perdait tout son sens, comme si les horloges étaient une hérésie intolérable en ce lieu qui respirait le renfermé, la tristesse

il se dit qu’acheter une maison ne faisait pas de vous le propriétaire. Elle a besoin d’être habitée pour devenir un foyer, et celle-ci n’en était pas un

Cette femme parlait par les yeux, et ses brefs battements de paupières étaient autant de points et de virgules

Vous peignez les portraits, ou vous les écrivez ?

elle souriait et se montrait affable, ses manières étaient douces, mais en réalité elle n’avait pas l’air d’être là : son sourire et son regard étaient les restes statiques d’une présence sans âme

Dans chaque création, l’artiste laisse un bout de son âme. Mais si vous en cherchez un ici, vous ne le trouverez pas

Faire le portrait d’une personne qui n’est plus, honnêtement, cela revient à peindre un paysage de mémoire. Ce n’est pas le paysage, mais un mirage déformé par le souvenir.

L’avenir : un événement qui avait cessé d’exister

L’avenir : les sentiments qui grandissent, moisissent, chavirent

Parfois, il ne faisait rien, il s’adossait au tronc pendant des heures entières, le regard dans le vague, et si on le dérangeait, il se retournait, l’air vaguement égaré, envahi par un désarroi et une solitude qui impressionnaient.

En vieillissant, on mange moins, on dort moins, en définitive on vit moins. Le seul plaisir qui reste aux vieux, c’est la musique, et encore, celle-ci s’éloigne lentement de notre cervelle.

Quelle merveille de regarder en l’air quand les pieds étaient trop lourds

D’une façon ou d’une autre, nous avons en nous tous les hommes possibles. Pourquoi permettre à certains de vivre et étouffer les autres ? Voilà un mystère non résolu

C’est idiot de frapper le sol quand la poussière est retombée, sauf si on a envie de la voir remonter en l’air

On espère toujours quelque chose, jusqu’au moment où on abandonne

Un bouquet de fleurs séchées, c’est très proche de la perception que nous avons de l’éphémère, tu ne crois pas ?

c’étaient des roses, fraîchement coupées. On les avait coupées pour qu’elles meurent dans ce pot, pour contempler leur agonie.

Mais elle avait parfois tant besoin d’un peu d’amour, de quelques gouttes de tendresse, de compagnie.

Évoquer le passé et le rattacher au présent pouvait être aussi épuisant qu’explorer un labyrinthe dont on ne connaîtrait qu’une partie

Il regrettait de constater qu’en dépit de ses efforts, il ne pouvait briser le bloc de glace dans lequel quelqu’un avait dû congeler autrefois le cœur de cette femme

Mais sans un nom à répéter, il ne resterait aucune trace de son passage dans le monde

il me semble qu’il est toujours là, avec moi, prêt à affronter le monde et à rattraper ses rêves.

Je commence à oublier ce qu’il était vraiment, son odeur, son contact, sa voix. C’est cela, l’oubli, n’est-ce pas ? Et c’est la véritable mort.

Que sont les mots quand on ne peut pas les entendre ? Des enclumes, des marteaux qui empêchent la douleur de mourir

La véritable mort n’était pas l’oubli, mais le souvenir perpétuel, l’impossibilité d’échapper à l’instant fatidique, qui à force de se répéter finissait par s’inventer, comme un film dont on connaît le dénouement, car on l’a vu des centaines de fois, auquel on ajoute à chaque projection un nouveau détail, une nouvelle épine pour entretenir la souffrance

Comment veux-tu que je te parle, avec la langue des sourds-muets ? Parce que c’est à ça que tu ressembles

Il regarda sa main, étrange objet qui avait été animé d’une volonté propre pendant un dixième de seconde

combien de baffes nous donnes-tu tous les jours avec tes insolences, tes silences, tes mépris ?

Je ne veux pas être coincée entre l’arbre et l’écorce par ta faute

il y a encore des choses à dire, des arêtes sous la surface, qui piquent comme des épines, mais quand on essaie de les contourner, tout peut se passer à peu près bien

Les bruits quotidiens glissaient sur sa peau comme les rayons du soleil, sans le toucher

Sa tête devint une chambre noire et fermée, où il cohabitait avec des ombres sans nom.

La tristesse d’Arthur n’était ni résignée, ni mélancolique, ni nostalgique. C’était un poing serré qui tournoyait dans le vide sans trouver personne sur qui frapper

Parfois elle voulait parler, mais aucun son ne sortait. Elle ne trouvait pas les mots, le ton, le moment. Peut-être se taisait-elle parce que le silence contenait tout implicitement, parce qu’elle s’était habituée à assister à sa propre vie comme une spectatrice de pierre. Parler était une perte de temps. Respirer était inévitable, mais elle pouvait ravaler ses mots

Pour lui, la neige était toujours une danse mystérieuse de cristaux qui allaient et venaient au rythme d’une musique secrète, préparant les rues à un film de retrouvailles et de nostalgies

Toutes les légendes mentent, et la mienne n’est pas une exception. Nous inventons la vérité en fonction de nos besoins

…flottant entre deux eaux, celles de la nostalgie et celles de la tristesse

… le violon ressemble à un cheval, c’est un être vivant, rebelle et fier, qui ne se laisse pas dompter par un étranger, sauf s’il reconnaît le toucher de son maître, alors tu peux en tirer le meilleur

Le plus probable, il le comprenait maintenant, c’était qu’il n’avait plus de place pour la douleur. Il était bloqué.

C’est ainsi qu’une vie change. Soudain quelqu’un apparaît et la coupe en deux. Plus rien n’est comme avant

Elle ferma les paupières et imagina un corps nu, sans défense, mort, gisant sur le sol sale de sa chambre. Son adolescence assassinée

De son point de vue, les gens n’étaient ni bons ni mauvais, les choses ni bonnes ni mauvaises ; ce genre de manichéisme était bon pour les livres. Lui, il ne voyait que des zones grises, des danses d’ombres, et il essayait de garder un pied de chaque côté

Les photographies ne reflètent rien d’autre qu’une image qui avec le temps finit par mourir

… comme un chien regarde la lune. Elle était loin, on voyait son éclat, certes, mais il ne savait rien d’elle et ne voulait rien savoir

Le passé qui s’invente est toujours meilleur que le présent.

Sa main tournait dans le vide les pages de sa vie, et elle voyait se succéder les décennies, les amis, les décès et les naissances, les fêtes, les voyages et les réflexions de moins en moins profondes, toujours moins elle, toujours plus la routine.

Alors, qu’êtes-vous exactement ? Nous sommes tous quelque chose, dans la mesure où ce que nous faisons nous définit, vous ne croyez pas ?

Les hasards n’existent pas, ils sont une façon différente d’aborder l’ordre des choses, un code qu’il faut déchiffrer”, se dit-il

Les cicatrices sont des fleuves souterrains, tu sais ? Comme la lave qui sort des volcans, ils ne s’éteignent jamais

Mais toi, tu veux le portrait d’une chose impossible, mon ami : tu cherches la carte de l’intérieur d’un homme.

Elle était seule, et parfois la solitude lui pesait comme du plomb et l’entraînait au fond d’un puits obscur où elle ne pouvait plus voir ni respirer

Mais eux, ils avaient dû continuer de mourir à petit feu, au fil des jours

L’art ne peut pas changer l’âme de la brute, car la brute humaine est devenue sourde et aveugle et n’a même plus à perdre son âme

Imaginer, c’est anticiper l’avenir, lointain et immédiat. La scène qu’il allait découvrir ne le préoccupait pas. Ce qui se passerait ensuite non plus. Il le savait parfaitement. L’avenir, c’était lui qui l’inventait.

Dans son échelle de valeurs – un escalier en colimaçon qui montait et descendait à sa convenance –, ce qu’il avait vu ne méritait aucune indulgence.

Les enfants sont fragiles, les espérances sont fragiles, les nuages sont en coton. La vie est un équilibre fragile qui se casse facilement, les livres se brûlent, les mots aussi

Il n’avait jamais eu peur de franchir une porte ouverte, il ne s’était jamais demandé ce qu’il trouverait de l’autre côté. Rien ne pouvait être pire que ce qu’on laissait derrière soi.

Il avait un regard froid et distant, comme le reflet d’un fleuve gelé

Mais une chose est sûre, tout ça, le luxe, les tableaux, les dents parfaites, ce ne sont que des guenilles pour se déguiser. Un sou

soupir te donne tout, le suivant te le reprend, et le cycle peut se répéter autant que le voudra le caprice des dieux.

La lumière blafarde de l’ampoule du mur en briques dessinait la misère de la ruelle comme un coup de crayon, qui aurait dessiné les gouttières ruisselantes, les flaques crasseuses, les zones d’ombre

L’amour commence par les yeux et finit avec l’habitude

Mais leurs rêves les rapprochaient, et elle avait besoin d’espoir. Mentir, ce n’est pas toujours faire une entorse à la vérité, c’est juste s’accrocher à la part de réalité nécessaire pour ne pas couler

Les rêves qu’on s’interdit font du mal,

Je ne sais pas ce qui te tourmente. Mais je sais qu’on ne peut avancer en regardant derrière soi

Un homme sans rêve ni passion est un linceul, qu’importe s’il s’agit de timbres ou de canettes de bière

Les gens croient ce qu’ils veulent bien croire, et ce qu’ils croient finit par devenir pour eux la réalité et la vérité

As-tu déjà ressenti l’impression d’être un arbre sans racines ?

Il ne voulait pas répondre aux doigts de cette femme aussi seule que lui, qui cherchait les siens pour les entrelacer

Parfois, je parle trop ; non que j’aie beaucoup à dire, mais le silence me dérange, tu sais.

Le catalogue des raisons pour lesquelles on renonce à ce qu’on doit faire était aussi étendu que le cynisme des êtres humains

J’ai l’impression que cette histoire est comme le sparte noué en tresse : plus on l’arrose, plus il durcit et s’enroule sur lui-même

il avait des mots sur le bout de la langue. Mais au dernier moment ceux-ci reculèrent et se remirent à danser à l’intérieur de lui.

Voilà pourquoi il faudrait détruire les voleurs d’enfance. Parce que c’est le pire des crimes qu’on puisse commettre contre un être humain : lui voler l’espoir, détruire son âme

Quand le verre de l’amertume est plein, le cœur ne souffre plus, car il ne sent plus rien

Parfois, on veut aimer quelqu’un et on ne sait comment l’atteindre. On accumule tant de ratés qu’on finit par perdre le chemin et il est impossible de retrouver la bonne direction.

c’est à toi de récupérer les débris de ta vie et d’en faire quelque chose de neuf.

 

Perry Anne – Série « Charlotte et Thomas Pitt »

Cette série a pour cadre le Londres des années 1880 et 1890. Les titres présentent la particularité d’indiquer la localisation géographique précise du (ou des) meurtre(s)

1979 L’Étrangleur de Cater Street (The Cater Street Hangman)

Résumé : Suffragette avant l’heure, l’indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o’clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s’étalent les faits divers les plus sordides.
Aussi bien le Londres des années 1880 n’a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.
Dans cette nouvelle série  » victorienne « , la téméraire Charlotte n’hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.
Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l’Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l’assaut de l’Hexagone.

Mon avis : Moins emballée que par la série Monk mais laissons les personnages se mettre en place. L’intrigue est bonne. C’est pour le moment les personnages qui semblent moins attachants.. mais je pense que la suite pourrait me donner tort…

1980 Le Mystère de Callander Square (Callander Square)

Résumé :  « Les amoureux de la fiction historique et policière doivent absolument connaître cette nouvelle série qui se déroule dans l’Angleterre de la reine Victoria. Une ambiance d’époque lourde de sensualité, une écriture et des dialogues de haute tenue, une description des classes sociales parfaitement convaincante et des personnages profondément humains ; voilà qui rend la lecture des romans d’Anne Perry absolument inoubliable.
Le début : des jardiniers découvrent les corps de deux bébés assassinés dans le beau quartier de Callander Square. Pitt est chargé de l’enquête…

Mon avis : Maintenant que les personnages se mettent en place ils deviennent attachants. Bien aimé ce 2ème opus. J’attaque le 3ème donc…

1981 Le Crime de Paragon Walk (Paragon Walk)

Résumé : Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l’inspecteur Pitt, chargé de l’affaire, se heurte à l’hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l’élite.
Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges

Mon avis : C’est le 3ème tome  et qui me conforte dans l’idée qu’il faut les lire dans l’ordre! On y fait la connaissance de Lady Vespasia (un vrai coup de coeur) et les personnages s’installent.. que l’on retrouvera dans les autres tomes. Le sujet est bon, le suspense au rendez-vous. On découvre la « Haute ».. mais là je trouve qu’on est plus dans l’univers d’Emily ( la soeur) que de Charlotte et Pitt. Thomas est pour ainsi dire inexistant et Charlotte est montrée coté superficiel… Mais il faut le lire pour comprendre les liens entre les personnages.

1981 Resurrection Row (Resurrection Row)

Résumé : Alors que Lord et Lady Cantley sortent d’une représentation à l’opéra, ils croisent un cab qu’ils aimeraient bien emprunter par ce froid mordant. Or, assis à la place du chauffeur, se trouve le cadavre déterré de Lord Augustus mort depuis bientôt trois semaines. Chargé de l’enquête dans la très chic rue de Gadstone Park Thomas Pitt se perd sur les raisons de cette folie. Encore une enquête passionnante pour Charlotte et Thomas Pitt.

Mon avis : Super ! De plus en plus fan… j’ai pas deviné … le suspense a été total jusqu’au bout…
1983 Rutland Place (Rutland Place)

Résumé : Charlotte Pitt reçoit un message de sa mère, Caroline Ellison, car un objet compromettant qu’elle possède a disparu. En se rendant à Rutland Place, elle s’aperçoit que plusieurs autres choses se sont volatilisées dans le voisinage. De plus, Caroline se sent épiée. Quand une femme est assassinée, Thomas Pitt entre en scène.

Mon avis :  et bien j’accroche de plus en plus moi … Emily revient sur le devant de la scène. Charlotte est de plus en plus débrouille, elle est bien dans son rôle de « déclassée » à cheval sur les deux univers. J’aime beaucoup les descriptions de la vie à l’époque.

1984 Le Cadavre de Bluegate Fields (Bluegate Fields)

Résumé : Le cadavre dénudé d’une jeune homme de bonne famille est retrouvé dans un quartier mal famé de Londres. Thomas Pitt est chargé de l’enquête, comme à chaque fois que l’affaire apparaît toucher les classes « supérieures ». Il va rapidement découvrir que le jeune homme a été violé et plongé dans un bain. Tout indique que le crime a été commis par un proche de la victime mais Pitt devra faire preuve d’une diplomatie à toute épreuve et affronter les multiples barrières qu’on lui opposera.

Mon avis : J’aime beaucoup. Je trouve sympa cette ambiance familiale au coin du feu ou Charlotte et Thomas discutent des affaires et permettent les vraies questions. C’est ces dialogues qui présentent la vie à l’époque qui pimentent les romans. Cette fois ci, le tribunal fait son apparition.. C’est marrant comme dans la série de Monk, Pitt est peu apprécié par son supérieur, il y a une héroïne qui s’infiltre dans la bonne société et renseigne l’enquêteur, la Lady de la Haute… et toujours ces descriptions.. Je replonge dans les bas-fonds et la prostitution…
Alors je l’ai fini et c’est de loin mon préféré. L’enquête officielle, l’enquête en marge , l’enquête de la police et de la Haute société, la peinture des mœurs… une réussite. Et en toile de fond les réformes parlementaires, le voile de la bienséance.. la différence entre les states de la société.. Le Meilleur!

1985 Mort à Devil’s Acre Death in the Devil’s Acre

Résumé : Un corps émasculé est trouvé à Devil’s Acre, dans les bas fonds de Londres. Mais c’est le premier d’une série. Pitt mène l’enquête sur 4 meurtres, qui ont pour seul point commun le quartier dans lequel ils ont été commis… Un médecin, un souteneur, un aristocrate, un professeur… Et Charlotte va bien évidemment mener son enquête …

Mon avis : On entre dans l’univers des soirées, des robes, des divertissements, de la façon de passer le temps, de l’ennui sous le vernis de façade.. Excellent opus, mais toujours un petit coup de cœur pour le précédent..

1987 Meurtres à Cardington Crescent (Cardington Crescent)

Résumé : Georges, le mari de la sœur de Charlotte est retrouvé sans vie alors qu’il passe quelques jours avec sa femme dans sa famille. La famille du mari a tout intérêt à ce qu’Emily soit coupable et elle aurait de bonnes raisons de l’être

Mon avis : Ce n’est pas mon préféré. Loin de là. Mais c’est un bon polar et l’ambiance est toujours si plaisante et bien rendue.. Les secrets de famille de la bonne société anglaise et mépris pour ceux qui n’en font pas partie est un vrai bonheur

1988 Silence à Hanover Close (Silence in Hanover Close)

Résumé : Thomas est chargé d’enquête sur un meurtre commis au cours d’un cambriolage plusieurs années auparavant. Il va devoir rechercher chez les receleurs les objets volés pour espérer retrouver la piste du meurtrier. Charlotte et sa soeur Emily vont à nouveau mettre leur audace à profit pour aider Thomas dans son enquête et faire éclater la vérité.

Mon avis :  Alors là c’est un tout bon ! Cette fois ci les deux sœurs sont totalement à contre-emploi et Thomas atterit en prison… A elles de jouer… Suspense garanti !

1990 L’Égorgeur de Westminster Bridge (Bethlehem Road)

Résumé : Un gentilhomme attaché à un réverbère de Westminster Bridge … Sir Lockwood Hamilton, membre du Parlement est le premier de la série de parlementaires retrouvé mort, la gorge tranchée par un rasoir, maintenu debout contre un réverbère par son écharpe blanche. Thomas Pitt mène l’enquête et Charlotte, la tendre épouse de Thomas, ne peut résister à l’envie d’aider son mari. …

Mon avis : Une fois encore, le suspense est présent. Cette fois ci le contexte social nous entraîne dans le sillage du mouvement féministe, des « suffragettes » qui luttent pour obtenir le droit de vote, le droit de décider de leur vie, de leur biens, pour être reconnue comme des êtres pensants et non des objets soumis aux lois et aux désirs des Hommes… Charlotte va se mêler à la bonne société pour enquêter de l’intérieur. Elle va approcher les femmes, et obtenir des confidences car il est plus facile d’observer pour Charlotte que pour son inspecteur de mari.

1991 L’Incendiaire de Highgate (Highgate Rise)

Résumé : Le paisible quartier de Highgate a été le théâtre d’un terrible incendie qui a coûté la vie à Clemency Shaw, l’épouse d’un médecin reconnu. L’inspecteur Thomas Pitt et sa femme, Charlotte, auront à déterminer s’il s’agit là d’un simple accident ou d’un acte criminel. Méthodiquement, le célèbre duo de détectives tente de tracer un portrait du couple afin de rendre justice.

Mon avis : 11ème aventure.. Cette fois ci Anne Perry nous entraine dans les bas-fonds et dans la façon d’exploiter les pauvres en les entassant dans des taudis et en les faisant payer un maximum pour avoir un toit dans des des conditions insalubres…

1992 Belgrave Square (Belgrave Square)

Résumé :elle va observer ce monde de passion, de pouvoir et de cupidité que la police n’est pas autorisée à voir et permettre d’identifier le coupable. Décidément, ce que femme veut…

Mon avis: il ne restera pas dans les mémoires… mais il a le mérite de révéler un autre fléau, qui lie les personnes de la moyenne et haute société et les menace, alors qu’à la base, il semble que ce soit une idée humaniste et humanitaire… Attention aux motivations cachées…….

1993 Le Crucifié de Farrier’s Lane (Farrier’s Lane)

Résumé : à une représentation théâtrale, le juge Samuel Stafford meurt empoisonné dans une loge voisine. Il s’apprêtait à rouvrir le dossier d’un homme condamné cinq ans plus tôt à la pendaison pour le plus horrible des meurtres. L’Inspecteur Pitt se retrouvent donc avec deux enquêtes criminelles à mener ; or police et magistrature ne semblent guère disposées à lui faciliter la tâche. Heureusement Charlotte est à ses côtés pour l’aider à découvrir la vérité

Mon avis :  pas d’Emily cette fois-ci.. mais sinon Pitt est aidé de Charlotte, de Caroline (sa mère) et de Gracie , la petite bonne. Cette fois ci, le racisme anti-juif et la mauvaise réputation des acteurs et actrices de théâtre est au centre de l’intrigue.. ou plutôt des intrigues.. et même si j’ai cru deviner qui était le coupable à un moment… les rebondissements se multiplient jusqu’à la fin .. et les mobiles et motifs des crimes ne sont pas si évidents que ça…

1994 Le Bourreau de Hyde Park (The Hyde Park Headsman)

Résumé : La découverte de corps décapités dans Hyde Park fait resurgir une peur que les londoniens n’avaient plus ressentie depuis Jack l’Éventreur. Et si Thomas Pitt, récemment promu commissaire, ne trouve pas très vite le coupable, on ne donne pas cher de sa tête ! Un premier cadavre est retrouvé sur un bateau, puis un second dans un kiosque à musique. Les indices sont bien maigres. Y a-t-il un point commun entre les victimes, un officier de marine respecté, et un musicien ? La population, la presse, les politiciens,… tout Londres réclame vengeance. Jamais Pitt n’a été autant aux abois et si curieusement réticent à effectuer une arrestation. Et au moment où il en aurait le plus besoin, Charlotte, son épouse, semble incapable de l’aider…

Mon avis : Encore une aventure qui m’a plu. Piit est promu Commissaire mais un Commissaire nommé sur son talent d’enquêteur et non sur son appartenance sociale… c’est pas bien vu … ni par la hiérarchie, ni par les jaloux de son commissariat… et puis Charlotte est occupée par son installation ans une nouvelle maison, Emily par la campagne pour aider son mari a devenir un membre du parlement… Le pauvre Pitt est bien seul dans cette galère…

1995 Traitors Gate (Traitors Gate)

Résumé : Sir Arthur Desmond, mentor du commissaire Thomas Pitt, est retrouvé mort dans un club londonien. Accident ? Suicide ? Son fils n’y croit pas et demande à Thomas d’enquêter. Pendant ce temps, au ministère des Colonies, un traître divulgue à l’Allemagne des informations sur la politique anglaise en Afrique. Or, Desmond travaillait aux Affaires étrangères et avait porté des accusations contre le gouvernement au sujet des colonies. Les suspects : un groupe d’hommes très influents et fort soucieux de leur réputation. C’est alors que le corps d’une aristocrate londonienne est découvert dans la Tamise… Thomas Pitt et sa femme vont risquer leur vie dans cette intrigue qui mêle souvenirs, amitié et affaire d’État. C’est toute l’expansion de l’Empire qui est en jeu. La  » reine  » du polar victorien nous entraîne de nouveau, avec jubilation, dans une époque dont elle connaît tous les secrets

Mon avis : Toujours sympa mais nettement plus soft que le monde selon Monk… Mais bien sympa de voir l’autre société londonienne de l’époque. les magouilles au plus haut niveau…… La bonne société londonienne, les vagues suscitées par ces dames qui veulent avoir des pensées propres… l’appât du gain.. les « clubs » anglais.. la politique vis à vie des colonies… Beaucoup aimé aussi..

1996 Pentecost Alley (Pentecost Alley)

Résumé : Deux ans après le massacre des prostituées de l’East End par Jack l’Éventreur, un tueur est de nouveau à l’oeuvre dans le quartier de Whitechapel. Meurtres rituels dans les bas-fonds de Londres ? Qui sont les membres du Hellfire Club dont un insigne a été trouvé près du corps mutilé de la fille de joie ? Et en quoi ce fait divers, somme toute banal pour l’époque, réclame-t-il l’intervention du commissaire Thomas Pitt ? Ce dernier va se trouver confronté à la puissante famille des FitzJames dont l’influence à Londres est telle qu’il n’aura pas droit au moindre faux pas. Que vaut en effet la parole d’une prostituée contre celle d’un FitzJames ?

Mon avis :  Et voili voila… Charlotte et Emily s’en mêlent.. Pitt est pris à parti… Mais que fait la police ? Une super enquête.. jusqu’à la dernière page…  Merci la bibliothèque! Pour les polars, c’est le top… cela permet de reporter le budget livre sur des cd ou des livres autres, de continuer à lire des polars gratuitement et de ne pas surcharger les tablards.

1997 Ashworth Hall (Ashworth Hall)

Résumé : En cette fin de XIXe siècle, les dissensions politiques et religieuses en Irlande n’en finissent pas d’empoisonner le gouvernement britannique ; la guerre civile menace. Une rencontre secrète est alors organisée entre protestants et catholiques irlandais dans le superbe manoir d’Ashworth Hall, et le commissaire Pitt se voit contraint d’assurer, en toute discrétion, la sécurité du lieu. Aidé de l’inspecteur Tellman, déguisé en valet et plus bougon que jamais, et de sa femme Charlotte, Pitt surveille le déroulement de cet événement à hauts risques tandis que la tension monte entre les invités. Lorsque l’un des convives est assassiné, l’atmosphère orageuse d’Ashworth Hall pourrait bien tourner à l’explosion de violence et mettre en péril la paix de tout le royaume…

Mon avis : Et voilà Charlotte et Pitt conviés à la réunion … Gracie devient camériste ( au fait saviez-vous que pour le linge blanc ne jaunisse pas il faut tapisser vos tiroirs en bleu ?) et Tellman n’apprécie pas du tout d’être le domestique de Pitt ! L’ambiance entre les catholiques et les protestants est électrique… Charlotte et Gracie  mènent l’enquête… comme de bien entendu ! Un huis-clos ou tout le monde s’inquiète pour tout le monde. Dans une ambiance tendue de discussions entre nationalistes, dans un monde de trahisons amoureuses…  La suspicion à tous les étages… et le règne du politique, de la manipulation, des pistes et des fausses-pistes. Encore un très bon Anne Perry, sur un sujet politique cette fois.

1998 Brunswick Gardens (Brunswick Gardens)

Résumé : En cette année 1891, à Londres, chez le très respecté pasteur Parmenter, éminent théologien promis à de hautes fonctions, l’atmosphère est lourde et la situation « fâcheuse ». Un meurtre vient d’être commis et la victime n’est autre que la belle assistante du pasteur, Unity Bellwood, une femme libre, féministe et grande militante des théories de Darwin. Les suspects ne manquent pas, car les idées modernes de la jeune femme lui avaient valu de nombreuses inimitiés dans la maison. Chargé de cette épineuse affaire, le commissaire Thomas Pitt, aidé de sa femme, la clairvoyante Charlotte, devra plus que jamais faire preuve de tact et d’habileté. Les consignes sont claires : éviter un scandale. Sur fond de pressions politiques et de querelles religieuses, c’est un véritable parcours d’obstacles qui attend les Pitt, d’autant plus qu’un des occupants de la maison est une personne qu’ils connaissent tous deux fort bien.

Mon avis : Celui-ci est très particulier.. En effet on est un peu les témoins des déchirements et des discussions des membres de la famille Parmenter. Alors oui Thomas et Charlotte sont là, mais presque comme des spectateurs car les indices et les avancées se font en suivant les discussions des personnes concernées et qui parlent avec le vicaire que les Pitt connaissent et qui vit dans la maison. C’est aussi un exposé sur le darwinisme qui met à mal la croyance aveugle en Dieu ; c’est aussi la rivalité entre l’église anglicane et la catholique, une réflexion sur la confrontation foi/science… Et puis au moment ou on commence à se demander si les Pitt vont commencer à enquêter… ils déboulent et c’est parti… Suspense jusqu’à la fin.

1999 Bedford square (Bedford Square)

Résumé : Shocking ! Le général Balantyne ne décolère pas contre cet inconnu qui a eu le mauvais goût de venir mourir sur son perron de Bedford Square. Pour Thomas Pitt, chargé de l’enquête, l’existence d’un lien entre la victime et le vieux militaire ne fait cependant aucun doute, mais pour le découvrir il va lui falloir explorer les arcanes de la haute société victorienne. Et lorsqu’il s’agit de s’introduire dans ce milieu huppé, aucune aide ne lui est plus précieuse que celles de sa femme, l’intrépide Charlotte, de son amie Lady Vespasia, et de l’indispensable bonne Gracie. Ensemble, ils vont peu à peu découvrir l’odieux chantage dont étaient victimes six des personnages les plus influents du royaume et qui menaçait leur bien le plus cher dans cette société impitoyable : leur réputation.

Mon avis : Toujours sympa mais pas un des meilleurs…

2000 Half Moon Street (Half Moon Street)

Résumé : En cet automne 1891, Londres sembles bien triste au commissaire Thomas Pitt, depuis que sa chère Charlotte est partie se reposer à Paris. Mais il n’a guère le temps de sombrer dans le spleen, car la découverte du corps d’un homme habillé en femme dans une barque, sur la Tamise, l’entraîne dans une nouvelle aventure pleine de mystère. Qui était la victime et pourquoi cette mise en scène macabre ? Aidé de l’irascible sergent Tellman, Pitt fouille les consciences et les cœurs de la haute société, arpentant les coulisses des théâtres où se jouent les pièces d’un certain Oscar Wilde. Gentlemen et ladies irréprochables peuvent parfois cacher de bien dérangeantes vérités…

Mon avis : Et encore une belle enquête de Thomas. Cette fois dans le monde du théâtre et de la photographie. On y croise (très brièvement) Oscar Wilde.. et on en apprend un peu plus sur la famille de Charlotte et Emily…

2001 La conspiration de Whitechapel (The Whitechapel Conspiracy)

Résumé : Printemps 1892. John Adinett, un membre respecté de la haute société londonienne, est jugé pour le meurtre d’un de ses meilleurs amis. Le commissaire Thomas Pitt, chargé de l’enquête, est appelé à témoigner. Mais à l’issue de ce bien étrange procès, le voilà trainé dans la boue, démis de ses fonctions et exilé dans un des quartiers les plus sordides de Londres. Seule sa femme, l’intrépide Charlotte, sera capable de reprendre l’enquête de son cher mari afin de sauver sa carrière et sa vie des griffes du mystérieux et puissant Cercle Intérieur… Des somptueux salons de l’aristocratie aux taudis de L’East End, Anne Perry n’a pas son pareil pour faire le portrait d’une société victorienne gangrenée par l’injustice sociale et au bord du chaos.

Mon avis : Oui! Encore une fois j’ai plongé dans la politique politicienne et dans la vie de Pitt et famille. Cette fois ci honneur aux personnages secondaires… Gracie et Tellmann en tête, Lady Vespasia ensuite.. Et Charlotte bien sur! Pitt est démis de ses fonctions, seul et en danger… Et en train de se créer de nouveaux amis.. Et de nouveaux ennemis aussi… Un livre qui nous en apprend beaucoup sur. Les complots et sur la vie amoureuse des personnages.
Bien aimé..

Extraits:

Nous devrions compresser le temps, ajouta-t-il avec un geste éloquent à l’appui. Éliminer tous les moments déplaisants et ne garder que les rires, la musique, les bons dîners, les conversations et peut-être quelques danses. Ce qui devrait nous ramener à un âge décent, ne trouvez-vous pas ?

La réalité pouvait-elle rivaliser avec le souvenir

Je me surprends souvent à trop parler et je sais que c’est dû à mon besoin de donner une meilleure image de moi

l’injustice était la seule denrée inépuisable en ce monde

À la tienne, mon gars ! Et à hier, parce que demain tu risques de pas être là pour le voir !

Il était si plein de vie que je n’imaginais même pas qu’il puisse la perdre.

Le fait que le monde continue sans lui me paraît… insensé

une part de la joie que suscitent les beaux jours est due au fait que l’on sait qu’ils se termineront très vite et qu’ils reviendront, même si certains d’entre nous ne seront plus là pour en jouir

Mieux vaut que les fleurs s’épanouissent pour quelques-uns que pas du tout

Son absence ne durait que depuis quelques semaines, mais elle avait l’impression de traverser un désert temporel

— Il n’y a pas de haine sur cette terre comparable à celle que certains éprouvent envers celui qui possède une vertu qu’ils n’ont pas. C’est le miroir qui vous montre tel que vous êtes et vous oblige à vous voir.

Ses rêves étaient tissés avec les fils de son âme

C’était un idéaliste ; il voyait trop le monde comme il souhaitait le voir. Il refusait de laisser l’expérience éteindre ses espérances ou lui enseigner la réalité.

 

2002 Southampton Row (Southampton Row)

Résumé : Fraîchement réintégré à son poste de Bow Street et félicité par la reine victoria en personne pour sa précédente affaire, le commissaire Thomas Pitt n’a guère le temps de se réjouir.
Le voilà de nouveau congédié et sommé de rejoindre la très obscure Special Branch. son ennemi le plus acharné, le machiavélique Voisey, est de retour à la tête du  » cercle intérieur « , la société secrète la plus puissante et la plus mystérieuse de l’empire britannique ! a l’approche des élections parlementaires, thomas pitt doit à tout prix découvrir les intentions du sinistre personnage afin de mieux déjouer ses plans.
Plongé bien malgré lui au coeur des arcanes du pouvoir, alors que l’étau se resserre, Pitt n’a que quelques jours pour empêcher le royaume tout entier de sombrer dans le chaos.

Mon avis : Toujours un plaisir  de retrouver Londres en compagnie de cette petite famille.. Ah la vie d’un policier n’est pas simple… surtout quand les politiques font la loi… Politique.. Cette fois ç’est la petite famille qui est mise au vert. C’est la suite du précédent. Intéressant de suivre l’évolution des hommes de pouvoir.. Mais je regrette un peu les petits crimes sans contexte politique…

2003 Seven Dials (Seven Dials)

Résumé : Thomas Pitt, membre bien malgré lui de la Special Branch, un organe aussi puissant que mystérieux des services secrets britanniques, se voit confier une périlleuse affaire. On a surpris, dans le jardin d’une luxueuse demeure londonienne, la belle Égyptienne Ayesha Zakhari, maîtresse d’un ministre du gouvernement de Sa Majesté Victoria, transportant le corps d’un jeune diplomate, fraîchement assassiné. Détail embarrassant : le ministre se trouvait sur les lieux du crime. L’Empire, déjà aux prises avec des mouvements de grève et des émeutes dans le pays, se passerait bien des conséquences d’un tel scandale. Crime passionnel ou sordide piège politique ? Tout accuse la jeune étrangère mais Thomas Pitt se fie rarement aux apparences. Des champs de coton de la lointaine Égypte aux infâmes taudis londoniens, il va remuer terre et ciel pour découvrir la vérité, malgré un climat politique explosif…

 Mon avis : Alors si on mélange Pitt et l’Egypte! Que demander de plus. Et en plus si tout le monde se remet à enquêter! J’ai adoré suivre les enquêtes de Charlotte, Gracie, Lady Vespasia, Thomas… et me promener à Alexandrie !

Extraits:

Une porte avait été ouverte sur des mondes qui jusque-là lui étaient interdits mais, plus important encore, elle avait désormais le sentiment de pouvoir affronter n’importe qui sur un plan d’égalité intellectuelle. Ce qu’elle ne savait pas, elle pouvait le découvrir. Elle savait lire, elle pouvait donc apprendre.

Un homme qui ment pour servir ses propres intérêts finit par mentir sur tout

c’est l’esprit et l’intelligence qui vous font apprécier un homme, et il est difficile de les apprécier quand l’homme en question est trépassé.

Il dit toujours que mon anniversaire, c’est plus important que Noël. Parce que Noël, c’est pour tout le monde, alors que mon anniversaire, c’est que pour moi.

Comme beaucoup de ceux qui ne savent ni lire ni écrire ou qui ont appris très tard, elle avait une excellente mémoire.

Si on brise les règles, au bout du compte ce sont elles qui vous brisent

Des fois, je me dis que votre cervelle est enfermée dans votre bouquin de règlements

Vous voyez pas que c’est c’qu’on vit, c’qu’on ressent, c’qui est à l’intérieur qui compte ? Les gens sont faits de chair et de sang et… d’erreurs aussi. Et de rêves ! Et de peurs

Autant de sens moral qu’un chat de gouttière

J’savais qu’il était têtu mais il est pire qu’une mule ! Et j’en ai vu, d’ces maudites bêtes ! Quand elles veulent plus bouger, c’est comme s’il leur poussait des racines sous les sabots.

Le soir tomba subitement. Le ciel d’émail si clair prit soudain une teinte turquoise au moment où se mit à flotter la plus lancinante des plaintes, une sorte de chant douloureux comme il n’en avait encore jamais entendu. Un long et incessant ululement qui semblait couler de chaque mur de chaque édifice de la cité.

Il pouvait ramener le passé à la vie, vous faire entendre des rires qui n’avaient plus retenti depuis des millénaires. Avec lui, on voyait les couleurs du monde, on entendait la musique en écoutant simplement le vent sur le sable

2006 Long Spoon Lane (Long Spoon Lane)

Résumé : Réveillé en pleine nuit par Victor Narraway, chef de la Special Branch, Thomas Pitt est sommé de se rendre d’urgence dans Myrdle Street où des anarchistes menacent de faire sauter une bombe. Après une course-poursuite effrénée, il parvient à arrêter deux d’entre eux, mais découvre dans leur Q.G. de Long Spoon Lane le cadavre de leur chef, fils d’un lord très influent, abattu d’une balle dans la nuque. Intrigué par ce meurtre et les accusations plutôt troublantes des deux anarchistes qui dénoncent une corruption policière étendue, Pitt décide d’enquêter avec l’aide de son ancien acolyte du commissariat de Bow Street, l’inspecteur Tellman. Il découvre alors une conspiration policière et politique terrifiante, orchestrée par le Cercle intérieur, qui ne lui laissera pas d’autre choix que de s’allier avec son pire ennemi, Lord Charles Voisey.

Mon avis : J’ai adoré. Ici les filles n’interviennent pas.. Un petit peu Lady Vespasia … Une ambiance très particulière dans cette guerre des polices.. Il faut que je comble le trou des quelques tomes pas lu… C’est dommage de ne pas suivre la vie de la famille …

 2009 Buckingam Palace Gardens (Buckingam Palace Gardens)

Quatrième de couverture : Thomas Pitt, agent des services très secrets de la reine Victoria, la Special Branch, et son supérieur, le glacial Narraway, sont convoqués de toute urgence au palais de Buckingham. L’impensable vient de se produire : un crime barbare a été commis sur la personne d’une prostituée, retrouvée au petit matin dans un placard. La jeune femme était « invitée » à une fête très privée donnée par le prince de Galles… Le coupable doit être désigné et l’affaire étouffée au plus vite, avant que le scandale ne s’ébruite hors du palais, au risque de mettre la Couronne en péril…

Mon avis : 25 ème aventure de Thomas Pitt. Cette fois, l’aide viendra de Gracie. Suspense de bout en bout.. je crois que c’est l’enquete la plus difficile et la plus aboutie de la série. Passionnant de bout en bout !

2010 Lisson Grove

Résumé : (26ème aventure) En cette fin du XIXe siècle, la Couronne tremble sous le vent révolutionnaire de groupes anarchistes. Lorsqu’un informateur est assassiné, l’intrépide Thomas Pitt n’hésite pas à suivre son meurtrier jusqu’à Saint-Malo pour découvrir ses commanditaires. Sans se douter que le danger rôde toujours sur Londres et menace plus que jamais son épouse Charlotte…
« Quand Anne Perry met Thomas et Charlotte Pitt en scène, on se retrouve plongé en pleine époque victorienne. »  The New York Times

Mon avis : Excellent! Ce coup ci c’est la ballade irlandaise…Suspense jusqu’au bout. Charlotte et Thomas enquêtent séparément. Vespasia est partie prenante et la « Spécial Branch » se découvre..

Extraits:

Aimer comportait toujours le risque de la perte. Mais ne pas aimer créait un vide plus grand encore

Puis avec un sourire soudain, comme un soleil printanier qui perce à travers un rideau de pluie,

Mais la tragédie change les gens. À moins qu’elle ne révèle ce qui a toujours été là, mais sous la surface. Dans quelle mesure connaît-on les autres ? Sans parler de soi-même

L’histoire ne se répète-t-elle pas, comme des variations sur un thème ? Chaque génération, chaque artiste ajoute une note différente, mais la mélodie sous-jacente est la même

Il s’arrêta, les yeux pleins de larmes, voyant sans doute une scène tout autre que cette pièce calme et austère. Le passé était vivant pour lui, les morts avaient des visages, les plaies ne s’étaient pas refermées.

Un être sans expérience n’était qu’une coupe à remplir – joliment façonnée peut-être, mais vide. Et pour une âme courageuse ou passionnée, l’expérience était faite de souffrance, de faux départs et d’erreurs de jugement

Elle se retourna pour contempler les mouettes qui décrivaient des cercles au-dessus du sillage d’écume. Ils restèrent l’un à côté de l’autre sans rien dire, étrangement réconfortés par le mouvement rythmique et infini des vagues et les ailes pâles des oiseaux qui en reflétaient la courbe.

Ce qui paraît à peu près aussi probable que de voir des jonquilles au mois de novembre

 

2012 Dorchester Terrace

Résumé : Tout à prouver et aucun droit à l’erreur : devenu directeur de la Special Branch, Thomas Pitt est seul aux commandes. Lorsqu’il reçoit des informations à propos d’un projet d’attentat visant un Habsbourg sur le sol britannique, Pitt doit redoubler de vigilance. Sa carrière et la paix de l’empire ne tiennent plus qu’à un fil et aux souvenirs d’une aventurière italienne…  Entre luttes de pouvoir, ambitions personnelles et coups de bluff, une nouvelle aventure passionnante du célèbre héros victorien d’Anne Perry, The Queen of Mystery.

Mon avis :: Je pense que c’est de loin le meilleur ! Intrigue, passé et présent, tout le monde est impliqué dans les enquêtes. Et les enquêtes sont à deux niveaux : le crime local et le contexte international. Un tout bon ! Avec suspense et rebondissements jusqu’à la fin

 Extraits :

Ce qui compte, ce n’est pas tant la décision elle-même que le fait de la prendre au bon moment

Il ne faut jamais revoir ses rêves au rabais. Il faut viser les étoiles. Vivre et mourir les bras tendus et les yeux fixés sur le but suivant.

Peut-être est-ce un exemple de gens qui sont tombés amoureux d’un rêve qu’ils ne comprenaient pas vraiment

Ne pas avoir de but revient à être mort, la paix en moins

Parfois le passé est si vivant pour moi que je mélange les bagatelles du présent et les grandes questions d’alors – les gens d’aujourd’hui et ceux que nous connaissions

Quand le passé est infiniment plus excitant que le présent, qui ne voudrait pas s’y attarder un peu ? Et nous avons tous tendance à nous remémorer nos souvenirs avec un peu plus de couleur et de lumière qu’ils n’en possédaient réellement

Perdre son pouvoir revient à se regarder disparaître, comme si des fragments de vous-même échappaient à votre contrôle et se volatilisaient, vous laissant de plus en plus diminué et démuni, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de vous hormis un cœur minuscule conscient de sa seule existence et incapable d’influer sur quoi que ce soit d’autre.

Son amour n’était pas aveugle et ne choisissait pas de croire seulement ce qui lui plaisait. C’était un amour aux yeux ouverts, peut-être le seul type d’amour sûr, en fin de compte, et par conséquent infiniment précieux

Personne ne gagne tout le temps, sauf si l’objectif visé est facile à atteindre

Les hommes regardent les jolies femmes avec plaisir, les femmes avec envie, et si elles ont du style, pour voir ce qu’elles peuvent copier. Ou pour chercher un défaut.

Lord Byron n’a-t-il pas déclaré que le bonheur était né jumeau ? Les plaisirs goûtés seuls perdent la moitié de leur saveur

2013 Bryanston mews

Résumé : Dans la touffeur de l’été 1896, les agents de la Special Branch, Thomas Pitt en tête, sont au comble de l’effroi. Mrs. Quixwood, épouse d’un riche banquier, vient de succomber à un viol, et la mise en scène trop bien orchestrée du suicide laisse peu de place au doute. Secondé par sa femme, Pitt ouvre immédiatement l’enquête. Mais c’est sans compter sur les secrets que la victime a emportés avec elle et qui s’acharnent à brouiller les pistes…
En pleine guerre des Boers, l’horreur s’invite au sein d’une bourgeoisie ruinée par les conflits d’Afrique du Sud.

Mon avis : Encore une excellente enquête de Pitt et de son ancien patron Lord Victor Narraway. Lady Vespasia prend de plus en plus d’importance au fil des tomes et j’en suis bien contente. Ici on est davantage dans le crime et le viol que dans la politique internationale.. Sordide à souhait !

Extraits :

« Les peurs qu’on cherche à fuir nous poursuivent avec une noirceur croissante qui finit par nous consumer. Celles qu’on affronte risquent d’anéantir tout espoir, mais ne nous dérobent ni notre courage ni notre identité »

« Après une tragédie, il est normal de se reporter en arrière et de se demander comment nous aurions pu l’éviter. Dans la plupart des cas, il n’y a rien à faire, mais nous nous torturons néanmoins. Nous aimerions avoir aidé. Surtout, nous aimerions défaire le passé et le revivre avec plus de sagesse, plus de bonté, mais quand la douleur s’atténue, nous savons que c’est impossible. Seul l’avenir peut être changé. »

« Sa peine était trop profonde, trop entière pour se manifester sous forme de colère. »

« Et pourquoi pas décrocher la lune, tant que vous y êtes ? »

 

2014 L’inconnue de Blackheath

Résumé : En 1897, alors que la Grande-Bretagne est lancée dans une course à l’armement, l’inspecteur Pitt doit trouver celui qui a sauvagement tué puis défiguré une jeune femme ressemblant fort à la servante du haut fonctionnaire Dudley Kynaston. Derrière ce meurtre sanglant, chercherait-on à atteindre cet expert du gouvernement détenteur de nombreux secrets sur la stratégie navale britannique ? Tandis que d’autres meurtres surviennent, Pitt aura besoin de tout le secours de Charlotte et de sa soeur Emily, dont le mari vient d’obtenir un siège de député au Parlement.

Mon avis : Et nous voici déjà au tome 29 des aventures de Charlotte et Thomas! Et je trouve que les personnages se bonifient, s’humanisent au fil des ans. La trame sociale et familiale se tisse de plus en plus, les sentiments s’expriment. Les personnages gagnent en profondeur et en maturité. Les intrigues se sophistiquent. Deux niveaux : le crime et les enquetes d’etat. Intéressant. Vivement l’année prochaine !

Extraits :

Toute disparition nous rappelle à tous qu’elle est la seule réalité inéluctable de l’existence.

Le pouvoir repose sur les faveurs. Les menaces sont un pis-aller

L’expérience, en apportant profondeur et compassion, permet d’apprécier les bonnes choses à leur juste valeur. Le temps met le courage à l’épreuve et adoucit le cœur

La conversation a titubé au bord du précipice, et finalement, pour Emily, ç’a été la plongée dans l’abîme.

Elle a ses propres angoisses : sa peur de l’ennui, et par conséquent de devenir ennuyeuse elle-même. La beauté à laquelle elle était habituée commence à perdre son éclat. Elle va devoir apprendre à se reposer sur sa personnalité, son charme, son style et même son esprit. Ce n’est pas facile.

tu n’as jamais pu me tromper et tu ne peux toujours pas, alors ne perds pas ton temps à essayer.

Tu as déjà été vraiment amoureux ? Oui ? Quand on l’est, on ne voit rien d’autre, crois-moi. On trébuche dans les ornières sur la route parce qu’on a la tête dans les nuages et des rêves plein les yeux

Tu as la tête sur les épaules, ça c’est sûr. Elle est même si bien vissée qu’on se demande comment tu peux la tourner !

Je n’ai pas passé toute ma vie dans une boîte avec le couvercle fermé

Votre sens de la repartie pourrait arrêter un cheval au galop, ou pétrifier une duchesse à vingt pas

Je vous assure que la douleur ne s’atténue pas simplement parce qu’on l’a déjà connue. Elle est toujours aussi neuve, et transperce tout autant.

L’on apprend très vite la valeur de ce que l’on craint de perdre. Nous tenons la lumière pour acquise, jusqu’au moment où elle s’éteint. Vous êtes accoutumée à tourner le robinet pour avoir de l’eau. Vous avez oublié ce qu’il en est d’aller en chercher au puits

Chacun est ballotté au gré de son propre vent, habité par sa propre obscurité…

L’ignorance est parfois une sorte de sécurité

Ne pas aimer revient à mourir à petit feu. Ou peut-être est-ce pire que cela. Peut-être est-ce hésiter sur le rivage de la vie et ne jamais entrer dans l’eau. Seulement, si on va trop loin, on risque non seulement de se noyer, mais aussi d’en entraîner d’autres avec soi.

Pourtant, ces derniers temps, elle se sentait particulièrement vulnérable avec lui, comme si, à un moment donné, elle avait retiré l’armure émotionnelle qui la protégeait depuis des années

2015 :  La disparue d’Angel Court 

Résumé : Londres, 1898. Lorsqu’ échoit au commandant Thomas Pitt la mission de protéger une jeune Espagnole en visite dans la capitale, il ne comprend pas tout suite en quoi ce travail relève de la Special Branch, organe des services secrets britanniques. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse au milieu de la nuit dans le quartier d’Angel Court. Sofia, fondatrice d’une nouvelle religion controversée, prêchait des idéaux que certains diraient blasphématoires, et sa vie avait été menacée. Mais Pitt sent qu’il y a une raison plus profonde et plus dangereuse à son enlèvement ; si c’est bien de cela dont il s’agit. Et alors que les ramifications de son enquête s’étendent jusqu’en Espagne, il sait que le temps est compté et que la sécurité de la Nation pourrait être en jeu.

Édition agrémentée d’une préface de l’auteure, d’une carte et d’une bibliographie présentant les épisodes de la série.

Mon avis: (voir article)

2016 :  « L’attentat de Lancaster Gate »

Résumé : Lorsque Thomas Pitt arrive sur la scène d’un attentat dévastateur dans Lancaster Gate, il découvre deux policiers morts et trois autres gravement blessés. Les anarchistes de Londres font des suspects idéaux, mais l’enquête de Pitt et de l’inspecteur Tellman les oriente vers la piste d’une vendetta personnelle. Ces policiers auraient-ils menti sur un raide pour saisir de la drogue et laissé un innocent être condamnée à la pendaison ? L’idée que la police puisse se montrer malhonnête pique Tellman à vif ; il a rejoint les forces de l’ordre pour protéger la société, et non pas l’exploiter. Mais il doit découvrir la vérité, même si cela implique de révéler des indices de chantage et de corruption. Avec la menace de nouveaux attentats, et la pression de leurs supérieurs qui souhaitent une résolution rapide, chaque mouvement de Pitt et Tellman est surveillé et leurs vies sont soudain menacées…

Mon avis : (voir article)

2017 :  « Un traître à Kensington Palace »

Résumé : Londres, 1899. Tandis que son règne touche à sa fin, la reine Victoria veut s’assurer que son héritier, le prince de Galles, mène une existence irréprochable. Elle charge son confident John Halbert d’enquêter sur l’entourage du Prince, en particulier le riche Alan Kendrick, flambeur et séducteur impénitent. Mais lorsque le corps de John est retrouvé flottant dans une barque sur la Serpentine, la Reine n’a d’autre choix que de convoquer Thomas Pitt à Buckingham Palace pour lui confier une mission secrète : enquêter sur les circonstances douteuses de cette mort que tout le monde croit accidentelle.
Obligé d’élucider seul la plus épineuse de ses affaires, Thomas Pitt se retrouve impliqué dans une machination qui ne menace pas seulement la réputation d’un homme, mais aussi la sécurité de l’Empire.

Mon avis : (voir article)

Perry Anne « Série William Monk »

Cette série a pour cadre le Londres des années 1850 et 1860, et met en scène, un trio de détectives : William Monk, ancien policier devenu détective privé et frappé d’amnésie, Hester Latterly, infirmière s’étant dévouée auprès de Florence Nightingale lors de la guerre de Crimée, et Oliver Rathbone, avocat.

1990 Un étranger dans le miroir – The Face of a Stranger

Résumé : Dans le Londres des années 1850 William Monk, inspecteur de police chevronné, se réveille à l’hôpital. Violemment agressé il y a quelques semaines, il a perdu la mémoire. Ce qu’il s’empresse bien de taire à ses supérieurs, qui auraient tôt fait de l’exclure manu militari de la police londonienne. Revenu à la vie professionnelle, il mène parallèlement une enquête sur le meurtre d’un jeune aristocrate, et sur lui-même. Il découvre d’abord qu’il n’était ni très sympathique ni très aimé, et qu’il avait laissé tomber sa famille, d’origine trop modeste, pour mieux réaliser ses ambitions. Il se rend compte aussi qu’il avait été mêlé de très près au meurtre sur lequel son supérieur, qui veut sa peau, le laisse investiguer…
Mon avis :C’est le 1er d’une série avec pour personnage principal, Monk ( pas Adrian .. William ).. J’ai reçu ce livre il y a un an lors de l’achat plusieurs livres de poche 10 – 18 ..
Je suis prise par l’intrigue, le personnage… bref je fais connaissance et je pense que je suis en train de me dire que si je vois les autres je vais me laisser tenter… Encore une série à lire dans l’ordre…
Alors oui : je l’ai dévoré. Du suspense tout au long du livre. Par contre, nettement plus policier qu’historique…il se passe dans le Londres de 1850; quelques références à la vie et à l’époque .. mais sinon… il est valable par l’intrigue, les personnages, l’ambiance un peu étrange dûe au fait que Monk enquête à la fois sur le crime et sur sa vie pour essayer de recouvrer la mémoire… à lire.

1991 Un deuil dangereux –  A Dangerous Mourning

Résumé :
La famille Moidore n’avait encore jamais connu de scandale, bien à l’abri dans sa demeure de Queen Anne Street. Mais la famille va être frappée par un drame atroce : la fille de Sir Basil Moidore est assassinée. L’inspecteur William Monk est sommé de retrouver le coupable au plus vite et d’épargner autant que possible la famille. Peu aidé, tant par l’hostilité de ses supérieurs que par les séquelles de son amnésie, Monk devra lire derrière les silences et les ombres pour parvenir à résoudre cette nouvelle enquête. Heureusement, sa complice Hester Latterly viendra lui prêter main-forte.« En plongeant son héros dans le Londres des années 1850 avec délectation et sadisme, Anne Perry est entrée dans la cour des plus grands. Voici du neuf et du neuf éblouissant. »
Mon avis : :c’est « pilpatant »…. à lire impérativement dans l’ordre! fini . genial jusqu’à la derniere page!
1992 Défense et trahison – Defend and Betray

Résumé :Après une brillante carrière militaire au service de la couronne d’Angleterre en Inde, l’estimé général Thaddeus Carlyon rencontre la mort, non dans l’affrontement d’une bataille, mais au cours d’un élégant dîner londonien. Accident ou homicide ? La belle Alexandra, épouse du général, confesse bientôt son meurtre, passible du gibet. William Monk, Hester Latterly et Oliver Rathbone travaillent d’arrache-pied pour faire tomber le mur de silence élevé par l’accusée et la famille de son mari ; ils cherchent désespérément une réponse à ce sombre et effrayant mystère, afin de sauver la vie d’une femme.
Mon avis : de plus en plus accro! J’adore les personnages, les enquetes, les intrigues, le suspense, le coté social.. tout quoi !
1993 Vocation fatale –  A Sudden, Fearful Death

Résumé :Une nouvelle enquête s’offre au détective William Monk.
En lui demandant son aide, Mrs. Julia Audley Penrose le plonge dans l’embarras, car il s’agit d’un problème difficile : une agression sexuelle dont a été victime sa sœur. Seuls le professionnalisme de Monk et l’aide précieuse d’Hester Latterly – elle-même confrontée à la mort violente d’une patiente, étranglée à l’hôpital de Londres où elle travaille – et de Lady Callandra, sa bienfaitrice, permettront de résoudre cette douloureuse affaire.
Mon avis : J’ai fait une découverte et je les lâche plus! J’adore! Ce quatuor (Détective, infirmière, Lady et Avocat qui finit toujours par fonctionner ensemble et qui est formidable.. en plus de l’enquête, il y a la personnalité des intervenants, et il y a l’enquête, et le souci de sauver les accusés…

1994 Des âmes noires – The Sins of the Wolf

Résumé : Hester Latterly est engagée par une riche famille écossaise pour accompagner une vieille dame à Londres.
Son unique consigne ? Lui faire avaler son remède pour le cœur, qu’elle a fragile. Dans le train, Hester se lie d’amitié avec sa patiente, lui administre le médicament puis s’endort. À son réveil, la vieille dame a rendu l’âme. L’autopsie révèle qu’il s’agit d’un empoisonnement, et Hester, accusée du meurtre, est emprisonnée. Tous les amis de la jeune femme se mobilisent : Monk part pour Edimbourg afin d’y mener enquête avec le soutien de Rathbone, d’Hester et de Callandra.
Ensemble, ils finiront par découvrir la vérité… et bien plus encore. Cette nouvelle enquête de William Monk donne l’occasion à Anne Perry de nous fournir une illustration supplémentaire de l’ingéniosité parfois perverse avec laquelle elle explore les dessous de l’Angleterre du XIXe siècle.

Mon avis : Palpitant jusqu’au bout.. et Florence Nightingale est même de la partie.. J’adore et je plonge de plus en plus dans l’Angleterre du XIXème… avec la vie des riches, la description des pauvres à la « Dickens » par moments… un régal.. et les personnages récurrents sont attachants.. et les intrigues ne se dénouent qu’au dernier moment…
1995 La Marque de Caïn –  Cain His Brother

Résumé :Angus Stonefield, époux et père modèle et dévoué, homme d’affaires intègre, a disparu depuis trois jours. Le seul point sombre de la vie de cet homme exceptionnel était Caleb, son frère jumeau maléfique, aussi détestable qu’Angus était aimable et aimé. Deux frères jumeaux que tout oppose… sauf la disparition d’Angus qui fait de Caleb un suspect parfait. Quand Monk s’en mêle, les certitudes disparaissent… jusqu’au dénouement! Avec Monk, l’Angleterre victorienne devient un élément romanesque. Ses lieux servent de territoires aux investigations du fringant détective. Au fond, Monk est bel et bien un héros de son temps.

Mon avis : Comme toujours j’ai pas lâché .. mais pour une fois, j’ai deviné… mais j’ai quand même été surprise à la fin… Une belle description des bas-fonds insalubres …….. comme toujours , je me réjouis de lire le suivant..
1996 Scandale et calomnie –  Weighed in the Balance

Résumé :Le prince Friedrich, héritier déchu d’un petit État allemand, meurt des suites d’un accident de cheval dans ~1 a demeure de Lord et Lady Wellborough, dans le Berkshire. La comtesse Zorah Rostova, qui a autrefois eu une liaison avec le prince, accuse son épouse Gisela de l’avoir assassiné. Poursuivie en diffamation, elle demande à Oliver Rathbone d’assurer sa défense. Ce dernier accepte, subjugué par le charme étrange de la comtesse. Pour cette septième aventure de Monk, les amateurs d’Anne Perry retrouveront avec plaisir leurs héros préférés.

Mon avis :au début moins emballée. Sauf coté historique et politique. En effet les 3 héros récurrents, Monk, l’avocat et Esther enquetent mais il font moins « équipe » que d’habitude.. Mais l’histoire est tellement étrange qu’on se passionne une fois de plus. Les personnages sont une fois de plus totalement atypiques… Une fois encore : je me réjouis de lire le prochain…
1997 Un cri étranglé  – The Silent Cry

Résumé :De quoi peuvent bien être coupables un père et un fils de la bonne société londonienne pour mériter la sanglante correction qui leur a été infligée dans un des quartiers les plus sordides de la ville ? Au vu des témoignages, le sergent Evan semble très vite penser que le fils, Rhys Duff, toujours entre la vie et la mort, et incapable de parler ou d’écrire pour raconter les faits, n’est pas aussi innocent qu’il y paraît.
« Si elle cède au pittoresque, sans avoir la prétention de jouer à l’historienne ou à la sociologue, Anne Perry ne mâche pas ses mots pour autant. Lorsqu’elle soulève le voile, rien ne lui échappe: prostitution, inceste, pédophilie, avortements clandestins, corruption – inutile de dire que ceux qui tiennent le haut du pavé ne sont pas les moins compromis. Une enquête de William Monk, c’est le dépaysement assuré. »

Mon avis :une nouvelle réussite. Monk retrouve petit à petit ses souvenirs.. par bribes. Cette fois Sir Oliver est moins présent… et Hester davantage… Une autre virée dans les bas-fonds… mais là j’avais pas mal deviné… avec toutefois des zones d’ombre…

1997 Mariage impossible – Whited Sepulchres [titre britannique]  ou A Breach of Promise

Résumé : Killian Melville, jeune architecte de génie, vient de découvrir que Lambert, son principal client et ami, a décidé de le marier à sa fille unique, Zillah Lambert. Il a même déjà annoncé cette union par voie de presse. Melville refuse, mais expliquer au Tout-Londres que le fiancé rompt son engagement reviendrait à couvrir d’opprobre la jeune promise. Pourtant, rien ni personne ne parvient à convaincre Melville d’accepter ce mariage pour éviter le procès au cours duquel il renonce à fournir la moindre explication. Le lendemain, on le retrouve mort, empoisonné. Les recherches de l’inspecteur Monk vont se révéler vaines ; on conclut au suicide. Un peu vite… À la faveur d’une autre enquête, Monk découvrira (enfin) la clef de l’histoire.

Mon avis : magnifique ! j’adore ces personnages, ces intrigues, l’ambiance de Londres-…  

1999 Passé sous silence –  The Twisted Root

Résumé : La fête donnée en l’honneur du prochain mariage de Miriam Gardiner dans la maison londonienne de son fiancé, Lucius Stourbridge, aurait dû être l’un des plus beaux jours de sa vie. Mais, au cours de la soirée, Miriam disparaît soudainement sans laisser de trace. Soucieux d’éviter le scandale, Lucius charge William Monk de l’enquête, et lui révèle que son cocher, Treadwell, a également disparu. Monk est bouleversé par la détresse de Lucius : son récent mariage avec Hester Latterly l’a rendu sentimental. Et puis, lorsque le corps de Treadwell est découvert, il comprend que cette mort est liée à un terrible secret … Miriam, suspectée du meurtre, est arrêtée. Pour William Monk, la course contre la montre commence…

Mon avis : Un des meilleurs !!!!!!!!!!! Tout le monde est là. tout le monde cherche et s’implique de son coté! le sujet est bon

2000 Esclaves du passé  – Slaves of Obsession

Résumé : William et Hester Monk sont invités à dîner chez les Alberton, des amis de Lady Callandra. Le repas est animé par les vives discussions entre Daniel Alberton, riche marchand d’armes, et sa fille Merrit, jeune idéaliste an iesclavagiste qui prend fait et cause pour un autre convive, Lyman Breeland, officier de l’Union américaine, venu acheter des fusils qu’Alberton a déjà promis à Philo Trace, un gradé de la Confédération sudiste.
Très vite, Daniel Alberton explique à Monk qu’il est victime de chantage et lui demande de l’aider à se sortir de cette mauvaise passe. En effet, le maître chanteur menace de le livrer à un scandale qui ruinerait sa réputation et sa carrière. Alors que Monk commence son enquête, Casbolt, beau-frère et associé de Daniel Alberton et cousin de sa femme Judith, vient réveiller Monk en pleine nuit – Alberton et Merrit ont disparu. Au terme de quelques recherches, leurs craintes se confirment : les caisses de fusils et de munitions ont été volées, et ils découvrent Alberton assassiné, dont Monk retrouve la montre dans la cour de l’entrepôt, preuve apparemment indiscutable de sa culpabilité.

Mon avis : Monk et Hester en Amerique en pleine guerre et l’expérience de la Crimée qui ressurgit; le passé oublié de Monk qui remonte un tantinet… Une course contre la montre pour retrouver les coupables… et le dénouement tout à la fin….. Suspense garanti.
2001 Funérailles en bleu – Funeral in Blue

Résumé : Deux femmes sont retrouvées mortes dans l’atelier d’un peintre londonien. L’une d’elles, Elissa Beck, était une joueuse invétérée, accablée de dettes au point d’avoir ruiné son mari. Ce dernier est immédiatement soupçonné… Afin d’y voir plus clair dans cette affaire un peu trop simple à son goût et qui le touche de près, Monk va devoir s’allier, bien malgré lui, avec son meilleur ennemi, le commissaire Runcorn. L’enquête le mènera jusqu’à Vienne, sur les traces du passé trouble des Beck, héros du soulèvement contre la tyrannie des Habsbourg qui secoua l’Autriche en 1848.

Mon avis : Rathbone manque au casting! On va découvrir un pan de la jeunesse de Monk et Runcorn, l’époque ou ils étaient amis… Kristian Beck, personnage que nous connaissons déjà sera au centre de l’enquête.. encore un personnage qui sort de l’ombre.

2002 Mort d’un étranger – Death of a Stranger

Résumé : Londres, 1862.
Le corps d’un respectable directeur d’une société de chemins de fer, Nolan Baltimore, est découvert dans une maison close du quartier de Coldbath Square, non loin du dispensaire où chaque nuit, Hester, la femme du détective William Monk, apporte soins et réconfort aux prostituées. Celles-ci sont les premières suspectes et le scandale fait bientôt la une des journaux. Alors que Monk enquête sur une fraude risquant de causer une catastrophe ferroviaire, il découvre bientôt d’étranges liens entre cette affaire et le meurtre de Coldbath Square.
Mais le détective, amnésique depuis six ans, va aussi se trouver confronté au cours de cette enquête à hauts risques avec son mystérieux passé… Le temps est-il venu pour lui de lever le voile sur son identité ?

Mon avis :ha-le-tant…. Une enquete qui va replonger Monk dans son passé… il va devoir affronter des personnes qu’il avait connues il y a longtemps. Va-t-il avoir onte de ce qu’il va découvrir? Va-t-il recouvrer un pan de sa mémoire? Est-il quelqu’un de bien? une horrible personne? Comme je sais que d’autres lisent la série je ne vais rien dévoiler… mais c’est un tout bon!!!!

2004 Meurtres sur les docks – The Shifting Tide

Résumé : En 1873, sur les bords de la Tamise, un marin est assassiné et une cargaison d’ivoire dérobée à bord d’un bateau appartenant à l’armateur londonien Clément Louvain. Celui-ci fait appel à William Monk pour récupérer son ivoire au plus vite… Voici le plus ‘smart’ des détectives anglais plongé dans un univers rude et qu’il connaît fort mal : celui des marins et des docks brumeux de la Tamise. Quittant à regret la terre ferme pour le monde de la marine marchande, Monk, avec l’aide précieuse d’Hester, sa femme, et du jeune Scuff, un orphelin cockney qu’il a recruté pour l’occasion, devra pourtant avoir le pied marin pour venir à bout de cette affaire semée d’embûches.

Mon avis : le résumé est faux… Esther est dans une galère toute autre et elle n’aide pas Monk…… Elle tente de mener à bien un tout autre défi : une clinique pour les filles des rues à Portpool Lane, où elle travaille bénévolement, et ou il se passe bien des choses…. Excellent polar . On est sur les docks, et la reconstitution de la vie dans ce coin là est fascinante…..

 2006 Meurtres souterrains – Dark assassin

Résumé : L’heure est aux mutations dans le Londres victorien ! Et tandis que partout dans la ville des travaux de grande envergure se dessinent, dont celui de la rénovation du système des égouts, William Monk est porté à la tête d’une brigade fluviale. Lors d’une patrouille sur la Tamise, il est témoin d’un drame : un couple chute dans les eaux glacées et trouve la mort dans l’instant… D’abord convaincu par la thèse de l’accident, Monk ne parvient pas à chasser certaines incohérences de son esprit : la soudaine rupture de fiançailles des victimes et la vigueur avec laquelle la jeune femme dénonçait les forages poussent bientôt notre détective à chercher une lueur dans les tréfonds londoniens… Avec une ingéniosité sans cesse renouvelée, Anne Perry poursuit sa brillante exploration du crime…

Mon avis : Et je retrouve Monk pour sa 15ème aventure ! Une fois de plus je me rends compte qu’il est important de suivre cette série dans l’ordre! Un tout bon ! extremement instructif en plus sur les travaux menés à Londres. Monk enquète. avec son meilleur ennemi… Esther enquete de son coté… 2 enquetes s’imbriquent ( une de la police métropolitaine et une de la police fluviale) sur 2 suicides; ceux d’un père et de sa fille… mais ces suicides ne seraient-ils pas des meurtres?

2009 Mémoire coupable – Execution Dock

Résumé : Après une course-poursuite effrénée, William Monk, inspecteur de la police fluviale londonienne, réussit enfin à mettre la main sur Jericho Phillips. Accusé du meurtre d’un garçon de treize ans et soupçonné de prostituer de jeunes mineurs sur son bateau, Phillips ressort pourtant libre du tribunal, grâce à la stratégie de défense employée par le célèbre avocat et ami de Monk, Sir Oliver Rathborne. Jetant le discrédit sur les forces de police, cette affaire devient la bête noire du plus coriace détective de Sa Majesté. Aidé par sa femme Hester, Monk décide de réouvrir l’enquête et découvre que certains gentlemen de la bonne société londonienne n’étaient pas si étrangers à l’odieux commerce de Phillips…
« Une intrigue captivante, des personnages crédibles et le souci du détail historique…ce roman ne fera que renforcer le rang, d’une taille déjà fort appréciable, des admirateurs de Perry. » « Publishers Weekly »

Mon avis :  On plonge dans le sordide, dans la prostitution enfantine… Cette enquete signera-t-elle la fin e l’amitié de Sir Olivier et des Monk ? La loyauté et l’amitié triompheront-ils de l’horreur ? La justice et la police ont elles leurs limites…. L’amour des enfants est-il plus fort que le droit et la justice?? Suspense et passion…

 2010: La fin justifie les moyens – « Acceptable Loss »

Résumé : L’infâme proxénète Jericho Philips est mort. Pourtant, Monk reste persuadé que d’innocentes victimes souffrent encore. Quand son instinct lui souffle d’aller fouiller dans les activités du beau-père de Rathbone, l’inspecteur sait qu’il ne va pas aimer ce qu’il va découvrir… Dans l’univers du chantage, du vice et de la corruption, les vérités déclenchent des ouragans.

Mon avis :   C’est la suite de « Mémoire coupable ».. à lire impérativement à la suite.
Encore une fois on tremble pour nos héros…… Monk, Hester, Oliver vont-ils sortir indemnes de l’aventure ???????????

  2011: Une mer sans soleil  – « A sunless Sea »

Résumé :  Sur la jetée de Limehouse, la brume dérobe au jour de terribles secrets… Peu après le suicide d’un honorable docteur, c’est le corps d’une femme que l’on retrouve mutilé. Trop averti pour croire aux coïncidences, Monk ne tarde pas à pénétrer l’envers trouble du commerce pharmaceutique. Une affaire qui menace de compromettre les plus hautes sphères de la société…

Mon avis : 18ème aventure de Monk. Un meurtre atroce. une femme évicérée, un éminent professeur qui se suicide dans un parc, une enquete dans le monde de l’opium… et voici nos héros qui partent enqueter.. Esther, Sir Oliver, Monk, son ancien patron et « meilleur ennemi ».. tout le monde est de la partie…
Et le suspense va durer.. Enquête de tous les protagonistes, recherche de témoins, le tout sur fond de procès et de scandale politique possible. On pénètre dans le monde des vendeurs d’opium.. Et cette fois on est persuadés qu’il est important d’a les lire dans l’ordre car sinon on perd de nombreuses allusions aux enquêtes passées et au « fil rouge »…

2013 : Une question de justice  Blind Justice  (19ème enquête)

Résumé : Nommé juge depuis peu, Rathbone doit faire face à un dilemme complexe : rendre la justice en violant le secret professionnel ou laisser acquitter un coupable. Mais en livrant une pièce à conviction qui accable le révérend Taft, il n’imagine pas que cette décision menace de compromettre son avenir… Dès le lendemain, le révérend et sa famille sont retrouvés morts. Et il n’en faut pas plus pour que Rathbone soit rendu coupable de la tragédie…
Pris au piège d’une affaire délicate, le détective William Monk va devoir démêler la vérité s’il veut sauver la carrière de son fidèle ami olivier Rathbone.

Mon avis : Enquête très spéciale. Pas de sang, mais plongée dans le monde de la corruption. Une fois encore toute la petite bande est mobilisée pour aide n ami. Et cette fois, une aide inattendue se profile. Une fois encore, il saute aux yeux que cette série doit se lire dans l’ordre car qui n’a pas lu les deux livres précédents va ne pas être dans le coup. Et j’aime toujours autant les aventures de Monk et Cie. Bonne plongée dans le monde de la justice.

2014 : Du sang sur la Tamise (20ème enquête)

Résumé : Londres, 1856. Alors que le canal de Suez sonne l’ère du progrès, William Monk se voit confronté à une affaire sans précédent. Sous ses yeux, un navire explose sur la Tamise et cause la perte de nombreux passagers. Pour la police, le coupable de l’attentat est vite trouvé. Mais ne s’agirait-il pas surtout de couvrir la vérité à l’aide d’un bouc émissaire ? Hanté par les images du drame, Monk est prêt à se dresser contre une autorité corrompue pour que justice soit faite…

Mon avis : voir l’article sur le livre

 

2015 : Le couloir des ténèbres (21ème enquête)

Résumé : Magnus Rand, un médecin rusé, et son frère Hamilton, un chimiste de génie, sont prêts à tout pour remédier à la fatale maladie « du sang blanc ». Dans l’annexe du Royal Naval Hospital de Londres, à Greenwich, alors qu’Hester Monk s’occupe d’un des patients des frères Rand, le richissime Bryson Radnor, elle dcouvre trois jeunes enfants terrifiés et apprend avec stupeur qu’ils ont été emprisonnés par le frères Rand à des fins expérimentales. Mais les frères Rand sont trop près de leur but pour permettre à quiconque de révéler leurs expériences. Hester est enlevée avant d’avoir pu les dénoncer.

Mon avis : voir l’article sur le livre

2016 : Vengeance en eau froide  (22ème enquête)

Résumé : Monk est appelé par McNab, chef du service des douanes, lorsqu’un cadavre est repêché dans la Tamise. Il constate rapidement que le noyé a reçu une balle dans le dos. L’homme, un faussaire, s’est évadé alors qu’il était sur le point d’être interrogé par des douaniers. Quelques jours plus tard, une seconde évasion a lieu. Le prisonnier parvient à s’échapper alors que Pettifer, le douanier à sa poursuite, se noie malgré l’aide de Monk. McNab pense que les deux hommes cherchaient à cambrioler l’entrepôt d’un homme d’affaires important, Aaron Clive. Alors que Monk poursuit son enquête, une partie de son passé lui est révélée : il a été marin en Californie. Mais il est soudain arrêté pour le meurtre de Pettifer. Cette arrestation a été commanditée par McNab, qui le hait depuis toujours, sans que Monk ne se souvienne pourquoi à cause de son amnésie. Le soutien et les efforts de ses amis seront-ils suffisant à sortir Monk de ce mauvais pas ?

Mon avis : voir article sur le livre

2017 : « Meurtre en écho » (23ème enquête)

Résumé : Le commandant Monk a déjà vu la mort. Trop souvent de près. Mais le meurtre de ce Hongrois, retrouvé dans un entrepôt du bord de la Tamise, s’avère aussi cruel qu’atypique. Doigts disloqués, lèvres découpées, cadavre transpercé d’une baïonnette et entouré de dix-sept bougies éteintes dans le sang… Tout évoque un rituel glaçant qui place d’emblée ce crime loin des mobiles habituels. Tandis que sa femme Hester essaie d’aider un homme surgi de son passé qui se trouve mêlé à l’affaire, Monk tente de pénétrer la petite communauté hongroise londonienne, repliée sur elle-même. Et alors que le premier meurtre rituel se mue en une série terriffiante, il va lui falloir combattre la défiance, l’hostilité et les menaces de ceux qu’il est censé protéger

Mon avis : voir article sur le livre

Rufin Jean-Christophe Le collier rouge (27/02/2014)

Collection Blanche Gallimard (160 pages)

Résumé de l’éditeur : Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte.
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.
Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…
Plein de poésie et de vie, ce court récit, d’une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité.
Être loyal à ses amis, se battre pour ceux qu’on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l’être humain n’est-il pas d’aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat?

Analyse et avis :

Un ancien combattant remet sa légion d’honneur à son chien lors de la cérémonie du 14 juillet et il est arrêté. Ce petit huis clos de 160 pages est basé sur une histoire vraie qui était celle du grand père d’un ami de l’auteur. Il avait au début prévu d’en faire une pièce de théâtre. Pas de longues digressions, des phrases courtes et percutantes, réduites à l’essentiel. Huis clos donc de 4 personnages : le prisonnier, le juge, la compagne du prisonnier et le chien.

En toile de fond une grande question : la part de la bête dans l’homme et l’impression que la guerre réduit l’homme à l’état de bête et à faire un travail de bête : défendre, garder, tuer. Et la part humaine de l’homme pendant la guerre en opposition avec l’humanité des bêtes, du rapport à l’animalité et à l’humanité. De fait la guerre de 14 n’a eu que des vaincus, car tous les combattants ont vécu comme des bêtes. Il y a aussi une évocation du rôle important des animaux dans les tranchées, de leur présence et de leur utilité … Ils ont cru qu’ils partaient à la chasse. Ils sont partis à la guerre, ils ont été des guerriers à part entière et en plus de réconforter, ils ont été des dératiseurs, des gardiens, des sentinelles… On parle de la vision de la guerre. Pour  être humain, il ne suffit pas de tuer proprement. Le livre évoque aussi la problématique du retour des soldats « les anciens combattants sont devenus sauvages ».

Le problème des femmes est aussi évoqué. Leur rôle (elles qui travaillent la terre), le problème des enfants, de la fidélité, de la suspicion de non paternité, des tromperies.

Prise de conscience du pacifisme à la fin de la guerre. Explication aussi du rôle des activistes, de la prise de conscience politique des soldats grâce à la lecture.

Le personnage principal est complexe ; de fait on se demande pourquoi il a agi ainsi, lui qui n’aime pas plus que ça les animaux ; des rebondissements et l’explication du rôle du chien dans l’histoire. On se demande aussi pourquoi le prisonnier ne veut pas de la clémence du juge, qu’il provoque pour se faire condamner.

Enfin les 4 personnages sont sensibles et humains sous leur aspect bourru.

Vive lu alors je conseille… Je trouve qu’il va bien en complément du livre de Seigle lu il y a peu.

Extraits :

Ils avaient cela en commun, tous les deux, cette fatigue qui ôte toute force et toute envie de dire et de penser des choses qui ne soient pas vraies

Voilà ce qu’avaient produit quatre ans de guerre : des hommes qui n’avaient plus peur, qui avaient survécu à tellement d’horreurs que rien ni personne ne leur ferait baisser les yeux

Elle souriait mais la gravité de ses yeux ôtait à ce sourire toute chaleur

Son malheur n’était pas de vivre dans cette campagne et pauvrement, mais d’avoir connu et espéré autre chose

On sentait qu’il avait été dressé à ne pas s’agiter, à faire le moins de bruit possible, sauf pour donner l’alerte. Mais ses yeux à eux seuls exprimaient tout ce que les autres chiens manifestent en usant de leur queue et de leurs pattes, en gémissant ou en se roulant par terre

Il était entré dans l’armée pour défendre l’ordre contre la barbarie. Il était devenu militaire pour être au service des hommes. C’était un malentendu, bien sûr. La guerre n’allait pas tarder à lui faire découvrir que c’est l’inverse, que l’ordre se nourrit des êtres humains, qu’il les consomme et les broie

Il avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien… Mais nous qui n’étions pas des chiens, on nous demandait la même chose

Il y a des êtres, comme ça, qui vivent hors de leur classe. C’est assez rassurant, vous ne trouvez pas ?

Il y a les êtres, aussi. Leur histoire peut les faire changer de classe, comme moi, par exemple. Et puis, il y a ceux qui semblent vivre en dehors de tout cela, par eux-mêmes, en quelque sorte

Il était romantique, sans le savoir. Et j’aimais cela

Le cri d’une femme amoureuse laisse toujours aux hommes l’impression qu’en cette matière ils sont d’une grande faiblesse.

Les arbres étaient des chênes pour la plupart. Ils avaient été plantés, les premiers, dès l’époque de Louis XIV. À mesure qu’on avance dans les allées forestières, on découvre des alignements inattendus. Le désordre des troncs fait alors place, pour un instant, à une trouée rectiligne qui semble conduire jusqu’à l’horizon. Cette irruption de la volonté humaine dans le chaos de la nature ressemble assez à la naissance de l’idée dans le magma des pensées confuses. Tout à coup, dans les deux cas, naît une perspective, un couloir de lumière qui met de l’ordre dans les choses comme dans les idées et permet de voir loin. Dans les deux cas, ces moments lumineux ne durent pas. Dès que l’on reprend sa marche, dès que l’esprit se remet en mouvement, la vision disparaît, si l’on n’a pas pris garde de la fixer par la mémoire ou l’écriture

la compagnie des chiens était la seule présence qui ne trouble pas la solitude

L’humanité, c’est aussi avoir un idéal et se battre pour lui

Kéthévane Davrichewy – Les séparées (01/2012)

Résumé de l’éditeur: Quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues.

Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d’autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.

Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. (…)

Si, de cette amitié fusionnelle, Kéthévane Davrichewy excelle à évoquer les élans et la joie, si les portraits de ceux qu’Alice et Cécile ont aimés illuminent son livre, elle écrit aussi très subtilement sur la complexité des sentiments. Croisant les points de vue de ses deux narratrices, et comme à leur insu, elle laisse affleurer au fil des pages les failles, les malentendus et les secrets dont va se nourrir l’inévitable désamour.

Car c’est tout simplement de la perte et de la fin de l’enfance qu’il s’agit dans ce roman à deux voix qui sonne si juste.

Mon avis: 1er roman que je lis d’elle ; c’est en fait son 3ème. Un livre sur l’amitié. Une amitié fusionnelle qui se disloque. Des phrases simples. L’auteur parle de tous les sentiments : l’amour, l’amitié, la haine, la confiance, la trahison. Comment une amitié si forte peut-elle s’effondrer.. On parle souvent des ruptures amoureuses, là c’est une rupture d’amitié. Deux jeunes filles de 16 ans, de deux milieux sociaux différents et qui ont des vies totalement différentes. Mais ce qui importe est leur relation. Mémoires à deux voix de deux femmes qui déroulent leur vie depuis maintenant jusqu’à l’enfance. Pourquoi se sont-elles éloignées ? Pourquoi la vie les a coupé en deux, les a « séparées », elles qui ne formaient qu’une ? La difficulté de grandir, d’avoir une vie « à soi »… Comme points de repères, les chansons qui ont marqué leur vie, de Julien Clerc aux Stones…Les problématiques de la vie qu’elles ont affronté ensemble et séparément. En des rebondissements, des chemins de traverse qu’elles prennent en secret, et qu’elles ne partagent pas ? J’ai beaucoup aimé cette analyse de l’amitié et me réjouis de découvrir les autres livres de cette romancière.

 Extraits :

Rien ne lui semblait réel, ni irréel non plus. Elle était quelque part entre les deux, flottant dans la pièce aux contours familiers, qui lui semblait soudain étrangère et hostile. Il lui était impossible de savoir ce qu’elle ressentait, ni même si elle ressentait quelque chose

Elle s’absentait, sa propre vie lui échappait. Elle en était spectatrice. Les heures, les minutes, les secondes venaient se fracasser sur une vitre invisible et incassable

Comment dois-je te nommer désormais ? Il importe peu puisque cette lettre n’en est pas une. Juste une épigraphe éphémère murmurée dans la solitude, sans pouvoir prononcer un mot

Ai-je encore un corps ou ne suis-je plus qu’une dépouille dont l’âme veille un peu ? Autour de moi, on se demande si je suis encore là

Mes paupières sont closes et mes yeux ouverts sur ma mémoire

À la lisière de la vie de son amie, elle l’assurait de son soutien et de sa compréhension sans faille

Nous avions déserté notre relation, nous qui avions conversé quotidiennement pendant plus de trente ans. L’inconcevable s’était produit, nous projetant dans l’absurde.

Je remontais le cours de l’histoire, revenais aux sources, disséquais les signes

Les méfaits du temps courent, cimentent, perdurent.

Ce qui est effrayant dans la mort de l’être cher, écrivait Montherlant, ce n’est pas sa mort, c’est comme on en est consolé. » Qu’y a-t-il de plus terrible que d’être consolé ? Je refuse de l’être

Ce n’est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons, disait Mauriac ; elle nous les garde au contraire et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre amour ; c’est la vie qui dissout l’amour. »

J’écrivais sans cesse des citations dans mon cahier, comme nous le faisions enfants. As-tu gardé cette habitude ? Nous donnions tous pouvoirs aux mots et à la littérature.

Rien ne nous arrivait jamais, nous cherchions une bataille à mener

Et nous avions la littérature, l’art pour nous élever. Je trouvais que nous accumulions plus de théories sur l’esthétique que d’émotions. Nous pensions trop, nous parlions trop. Tu voulais aller au fond des choses, disséquer la moindre de nos pensées. Ce fut un tort.

Je me lovais dans votre quotidien comme je me blottissais dans les coussins de votre canapé

Les mésententes récentes lui apparaissaient plus nettement, jaillissant brutalement sur une toile désormais imparfaite

Ce qui avait filtré de l’échange qu’elle avait entendu était plus grave qu’une simple dissonance. L’amitié pouvait-elle finir ? Pouvait-on cesser d’aimer ? Qu’est-ce qui prouvait qu’on aimait?

Fut-elle amoureuse ? Ou eut-elle envie de l’être ? Elle croyait de plus en plus aux amours qu’on s’invente

La littérature densifiait ce qu’elle vivait, lui donnait de la valeur

Les images se bousculent, m’envahissent, ma tête n’est plus qu’un kaléidoscope qui me heurte, m’apaise ou m’exalte

Tu n’as pas cessé de m’aimer, j’ai cessé de t’intéresser. Et je t’ai haïe pour ça.

Le silence nous envahissait

Elles se turent, dans l’inachevé, comme deux animaux en pleine course stoppant brutalement devant un obstacle infranchissable.

Les disparus surgissent quand on ne les attend pas et ne répondent pas quand on les espère

 

Ravey, Yves – La Fille de mon meilleur ami (2014)

Résumé de l’éditeur: Avant de mourir à l’hôpital militaire de Montauban, Louis m’a révélé l’existence de sa fille Mathilde dont il avait perdu la trace. Il savait seulement qu’elle avait passé des années en asile psychiatrique et qu’on lui avait retiré la garde de son enfant.
Il m’a alors demandé de la retrouver. Et j’ai promis. Sans illusion. Mais j’ai promis. Et c’est bien par elle que tout a commencé.

Mon avis: Bien embarrassée… Il est présenté par les critiques comme un chef d’œuvre.. et bien moi je suis certainement passée totalement à coté. Pour être petit et concis, c’est petit et concis. Pas un mot de trop dans les descriptions. Mais pas un mot inutile non plus.  Tellement peu que je n’ai pas souligné une seule phrase du livre. Chaque mot, chaque détail est pesé, réfléchi, calculé, nécessaire. Alors oui il nous rend un paysage gris et monotone, la description des personnages est terne et glaçante.. mais je suis restée totalement étrangère. Un passé dont on ne sait rien si ce n’est que rien n’est clair, ni les actes, ni les protagonistes; des êtres, des histoires malheureuses, tordues, sombres, sordides, complexes On part sur une quête d’enfant, on atterrit dans un  polar. La construction du livre est calculée, comme tout dans l’écriture du livre. Inclassable!  C’est trop flou pour moi .. Ni vraiment roman , ni triturage psychologique, ni tout à fait polar… Sous des dehors « propre sur lui », l’ami du papa se révèle être bien moins lisse qu’il n’en a l’air… Elle, la fille, elle est paumée et elle le reste! Histoire de paumés, de ratés, d’oubliés de la vie… Mais chapeau l’auteur .. virtuose dans la « ternité » de l’existence.. c’est vrai que quand on vient de Montceau les Mines… ca fait pas fatalement rêver ! Je vais écouter une interview de l’auteur et je vais vous faire part de son analyse à lui… j’espère qu’ainsi je vais comprendre les tenants et les aboutissants..

Pancol, Katherine – Muchachas II (04.2014)

(Paru chez Albin Michel)

Résumé de l’éditeur: Ces filles-là sont intrépides. Elles ne demandent rien aux autres. Tout à elles-mêmes. Cachent leur peur sous un sourire. C’est le plus sûr moyen pour avancer, inventer, s’inventer. Elles se sentent pousser des ailes, s’envolent, tombent et repartent de plus belle. Il y a des secrets, des mystères, des trahisons. Des obstacles à surmonter. Des mots d’amour lancés à la volée. La vie quoi !

Katherine Pancol : un des plus grands phénomènes d’édition de ces dernières années. Un succès mondial (traduite dans 27 pays). Depuis leurs sorties, Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues et Les Ecureuils de Central Park sont tristes le lundi sont devenus des classiques.

Mon avis: Ah oui … Après un Muchachas 1 un peu poussif, j’ai replongé dans Muchachas 2.

J’ai retrouvé l’esprit des yeux jaunes. Un livre plein d’émotions, qui donne la pêche, mené tambour battant .. enfin tembour.. plutôt piano et violon !  Les deux héros de ce 5ème tome de la « saga Cortès »: Hortense et Gary. Mais aussi des nouveaux ; la violoniste Calypso et sa famille à distance, la presque centenaire Elena… et aussi Joséphine et ses doutes, Philippe, Shirley, Zoé… et les univers de le musique et de la mode… Vivement le 3 !

 Extraits:

Moi, je me couche tellement tard et me lève tellement tôt que je me croise dans l’escalier

Pourquoi dire oui à un truc moyen quand je pourrai bientôt dire oui à un truc formidable

Je ne sais pas ce qui nous arrive, il y a des trous partout entre nous, on marche sur une toile d’araignée

On peut écouter et ne rien entendre, voir et ne rien regarder, regarder et ne rien voir.

On était le 1er avril. Et le printemps faisait semblant de naître.

Je suis ce qu’il y a de plus triste au monde : une fille qui ne sert à rien…

Il détestait ce genre de pimbêches qui vous piquent sans vergogne le taxi que vous aviez hélé et lancent désolée ! Je l’avais vu avant ! Ces femmes qui sourient sans plisser les yeux, aiment sans donner leur cœur, mangent sans rien avaler, que du vent, de l’air, zéro calorie garanti

J’ai tendu la main pour attraper l’idée, et pfft, elle s’est envolée

La peur que tu enjambes est le pont vers la réussite.

Laisse faire le temps. C’est lui qui décide. Va te balader. L’artiste travaille même quand il est oisif. « L’artiste est une exception : son oisiveté est un travail, et son travail un repos », disait Balzac. Promène-toi.

Tes yeux, quand ils sont heureux, on dirait des noisettes vertes. Quand ils sont colère, du mazout sur la mer.

L’une a aimé, a été aimée, est restée vibrante, curieuse, généreuse. L’autre, avare de sentiments, d’émotions, d’effusions, est devenue une vieille dame sèche et rude

Car ce n’est pas tout de réussir, il faut ensuite forger sa légende, s’inventer une vie, grimper sur la lune afin d’épater ceux qui, restés en bas, voudraient y monter mais n’ont pas trouvé d’échelle.

Drôle de fille ! Je ne la comprends pas. Souvent elle m’énerve mais je l’aime. Je voudrais la protéger

… et la gifler. La secouer et la cajoler. On est si différentes

C’est toujours la même chose, la même vie à deux, mais c’est toujours nouveau

Ses yeux racontent bien plus de choses depuis qu’il travaille

Hier donc, il a ouvert les Lettres de Madame de Sévigné et il a soupiré, moi, j’ouvre les Lettres et je respire l’air frais. L’air qui met de bonne humeur. Qui remplit de belles choses.

Tu sais, je pourrais vivre dans les livres, les manger, les boire, m’en draper. C’est beau, les livres, c’est beau, la vie.

J’ai compris tout d’un coup pourquoi certaines filles disent moi, je tomberai plus jamais amoureuse. J’ai compris que si tu tombes, t’es foutue, parce que si jamais ça s’arrête, si jamais le degré de peur dépasse la limite autorisée, c’est la dégringolade assurée au pays des édredons, des fraises Tagada et des musiques supertristes genre Radiohead.

« L’amour est ce que tu veux qu’il soit. C’est une grande échelle. Elle t’emmène au ciel ou en enfer. À toi de choisir

J’aime bien te lire. Et j’aime bien t’écrire. Et puis je t’aime tout court. Y a pas beaucoup de gens que j’aime. Profites-en ! »

Elle est tellement concentrée qu’elle en devient captive

Elle n’a pas faim, elle le goûte des yeux et cela la remplit d’une joie gourmande. Soulevée par un élan mystérieux qui l’emporte aussi sûrement que les notes de son violon

Elle sourit à demi. Son cœur chante. Elle aime ! Elle aime ! L’univers se résume à ces mots-là. Elle n’a besoin de rien d’autre. Elle n’a plus faim, elle n’a plus soif, elle le boit, elle le mange. Elle n’a plus peur non plus. La peur a reculé devant ce grand plein de grand bonheur

Il pénètre la musique tel un sculpteur, ses mains entrent dans la glaise. Elle ferme les yeux, s’élève au-dessus du sol, s’enivre. Je n’ai pas besoin d’alcool, il me suffit de l’entendre jouer. Attentif, précis, il ne prend pas toute la place comme ces pianistes qui écrasent le soliste.

De la pointe de l’archet, j’ouvre la note, la développe, la nourris de couleurs, d’odeurs, de cris heureux, d’un sourire de grand-père qui joignait les mains et les levait au ciel pour saluer un accord réussi

Elle affirme que si l’on veut que quelque chose existe, il faut trouver le mot exact. Si on vous dit « arbre » et que vous ne connaissez pas la variété de l’arbre, ce dernier n’est qu’un tronc. Alors que si on vous dit « chêne », « palmier », « bougainvillier » ou « magnolia », l’arbre déploie ses branches, ses fleurs, ses fruits, ses parfums. Vous pouvez vous asseoir à son ombre, le saluer en passant. Il existe. Il a un nom, un prénom, une famille, un emploi.

On ne trouve rien en restant coincé. On ne trouve que dans le mouvement qui transporte, fait naître des mots, des sons qui vous submergent d’émotion.

Elle se promenait sur la plus haute vague. Qu’elle était haute, la vague, et comme elle l’emportait ! Elle aurait voulu parler, vider son cœur dans le cœur d’une amie, d’un confident attendri.

Dans la nuit qui tombe, une petite flûte joue le bonheur. Quelle allégresse d’aimer et comme les murs de la vie sont roses !

Elle a envie de l’embrasser. Elle ne sait pas embrasser. Elle n’a jamais approché la bouche d’un garçon. Un jour, elle a essayé avec une golden jaune et a reculé en apercevant la trace de ses dents dans la chair du fruit. Il ne faut donc pas mordre, elle s’était dit. Juste poser délicatement ses lèvres et

Elle a le don d’empoigner la vie et de vous en éclabousser

Il pense au ciel de Manhattan, il pense que Schubert n’avait pas besoin d’hélicoptère pour aller plus loin que le ciel, et les notes d’un piano imaginaire, mêlées à l’aube qui pointe et agrandit le rectangle parfait, l’emportent si haut, si haut qu’il sourit et ferme les yeux, heureux

Et les arbres dans la rue, pas une feuille ! On est en avril, qu’est-ce qu’ils attendent ? Faut leur crier dessus pour qu’ils poussent ?

Arrête d’endosser tous les malheurs du monde ! Tu n’as que deux omoplates !

La pluie battait le trottoir brillant, les gouttes tombaient en spirale et explosaient sur le noir comme les fleurs d’un feu d’artifice sans couleurs.

Aujourd’hui, on cultive le malheur, on s’en délecte. C’est d’un conventionnel ! C’est bien plus original de chercher à être heureux, plus difficile, certes, mais plus entraînant.

C’est mieux qu’un cadeau, c’est un secret de bonheur. Écoute bien et grave ces mots dans ta mémoire : en faisant attention, on prend conscience de soi, des autres, de la vie, on devient grand et fort comme une tour imprenable

Elles disparaissent pour toujours dans le ciel, les femmes qui portent ce parfum ? – Oui, mais elles te laissent leur empreinte et tu ne les oublies jamais

Tout devient terrible, la nuit. Les ombres s’allongent et sortent leurs griffes

Le mensonge est le pire des guides. Il t’entraîne dans des souterrains menaçants et détale en ricanant

Elle est seule. Ou elle se sent seule. Quelle est la différence ?

Seule une femme amoureuse déchiffre les regards, les soupirs, une lèvre qui tremble, une main qui se crispe. Une femme amoureuse est toujours à l’affût

Elle n’est pas en colère. C’est pire, elle est résignée. Quand on est en colère, on est encore vivant

Le coupable n’est pas celui qui commet l’erreur, ça arrive à tout le monde, mais celui qui se complaît dans l’erreur.

J’avais perdu ma place dans la vie. Je n’étais plus rien qu’une femme qui attend

Une femme, il faut que tu lui parles… Alors qu’un livre, c’est lui qui te parle

– Mais quel mal y a-t-il à se débarrasser d’un objet qui ne nous plaît plus ? – Tu ne sais même pas s’il ne te plaît plus ! La publicité t’ordonne de le penser pour que tu le remplaces aussitôt. On nie la réalité de l’objet qui peut encore durer, on nie la réalité humaine qui est enfermée dans cet objet. On nie aussi l’idée de consommer moins vite pour protéger nos réserves d’énergie

Quand vous êtes petit, on vous fait même croire que la vie va être belle, on vous donne des bons points, des esquimaux au chocolat, on vous plante des arbres de Noël et puis après, on vous retire tous les soleils, tous les palmiers, toutes les noisettes et on vous laisse le mazout, les mouettes qui crèvent la gueule ouverte

J’aime apprendre. C’est mon kif. J’aime entasser le savoir comme d’autres font du shopping. Quand on sait, on cloue le bec au monde entier et il vous respecte. Alors, étonne-moi, apprends-moi mille choses nouvelles. Raconte-moi la mode, le luxe, les rois, Versailles, Marie-Antoinette, retrace-moi l’histoire des premières maisons de couture, des plus belles étoffes, le pourquoi du style, le comment de l’élégance et nous ferons affaire.

Le problème des hommes, c’est qu’ils prennent les limites de leur savoir pour les limites du monde. Le monde est bien plus vaste ! Faisons marcher notre imagination. » Schopenhauer pense comme Einstein qu’inventer est plus important que savoir. On est à l’étroit dans le savoir, jamais dans l’imagination

On est comme deux troncs qui seraient devenus un seul arbre

Arrête d’avoir peur tout le temps. À force d’avoir peur sans raison, tu vas finir par avoir des raisons d’avoir peur !

il voit tout en blanc, il n’a pas de couleurs, il est triste, il n’a rien à quoi se raccrocher, il flotte, je crois qu’il est perdu. Il cherche ses mots, mais il ne les trouve pas. Il ne sait pas comment poser des mots sur tout ce blanc qui l’étouffe. C’est trop pour lui. Il se lève et va vers le parc, les arbres, le gazon, les pétunias, les cannas, les myosotis sous la mousse, il cherche des couleurs

Ce n’est pas les choses qui arrivent, c’est toi qui fais arriver les choses !

 

Salem Carlos : « Nager sans se mouiller » (10.2010)

Résume de l’éditeur : Juanito Pérez Pérez, bientôt quadragénaire, timide et divorcé, est cadre supérieur dans une multinationale. Mais il est aussi Numéro Trois, un redoutable tueur à gages qui ne s’est jamais posé de questions sur son métier. Jusqu’à ce jour. Au cours des premières vacances qu’il passe seul avec ses enfants, il devra remplir un contrat de dernière minute : surveiller une future victime dans un camping de nudistes sur la côte sud de l’Espagne. Là, Juanito/Numéro Trois va découvrir que rien n’est ce que l’on croit. Nu face à la vie et nu face à la mort, il rencontrera son ex-femme et son nouvel amoureux, un ami d’enfance à qui il a volé un œil et une jambe, un policier atypique qui a plusieurs fois croisé sa route, un rival au sein de sa propre Entreprise qui est peut-être là pour l’exécuter ainsi que sa famille, et une mystérieuse jeune fille qui va le pousser à affronter les dangers de l’amour. Entre l’urgence de sauver les siens et le besoin de comprendre, le protagoniste sent que l’heure est arrivée de choisir qui il veut être, s’il survit. Et que, comme disait toujours son vieux maître, “il est impossible de nager sans se mouiller”.

Mon avis : Nettement moins déjanté que « Je reste roi d’Espagne » ( son troisième) mais très sympa. Moins poétique que son premier (Aller simple) Permet de comprendre les liens qui unissent les personnages et nous accompagnent de livres en livres.. Mais toujours plein d’humour, de « pétillance », d’ironie. On est dans le délire… mais moins que d’habitude. On est aussi davantage dans le polar.. et comme toujours dans des situations bien à lui…

Extraits:

« Nous faisions tout ensemble et ensemble nous serions pirates. La vie, à quatorze ans, consistait encore à se demander si on serait pirate ou astronaute. »

« Leti, je ne sais pas, je la surprends à regarder furtivement, elle hoche doucement la tête comme si elle était en train d’enregistrer une connaissance théorique dans le casier correspondant de la réalité. Comme sa mère, ma fille sera une femme à casiers. »

« Je gémis ou c’est elle ou nous deux, ensemble. J’entre en Yolanda comme dans une maison nouvelle, pleine de surprises, j’en explore chaque recoin, une fois puis une autre, parce que les chambres de son plaisir sont illuminées ou s’éclairent chaque fois que j’y pénètre. »

« Une pause, nous reprenons notre souffle, les vagues nous lèchent comme nous le faisions un instant auparavant, et la lune me dit que la nuit ne fait que commencer. Et qu’elle nous appartient. »

« Elle ouvre les yeux et son regard est une caresse. — Je veux plus, murmure-t-elle. Je veux une nuit encore, je veux d’autres nuits et, s’il t’en reste, je veux un jour aussi. »

« Je la prends dans mes bras. Nous flottons dans des nuages de champagne, nous respirons des bulles, nous aspirons des liqueurs, dans une langueur tendue d’énergie. »

« Nous flottons dans des nuages de champagne, nous respirons des bulles, nous aspirons des liqueurs, dans une langueur tendue d’énergie. Je sais que dehors il fait jour. Mais, dans une chanson dont je ne me souviens pas, il était dit qu’il faut être deux pour que le matin soit toujours hier soir. Il suffit de fermer les volets. Nous n’en avons pas ici, mais il y a cette couverture légère qui ne nous a pas servis et dans l’ombre de laquelle nous plongeons. »

« La nuit est partie avec elle et d’un seul coup le jour redevient le maître du monde. »

« Le moment où j’aurais pu me lancer s’est présenté et je l’ai laissé filer. Quand on passe sa vie à lire, on finit par croire que la vie est un livre, qu’on peut revenir en arrière si l’on perd le fil de l’histoire. Mais ce n’est pas comme ça. La vie, notre propre vie, on ne peut la lire qu’une fois, tout en avançant. Et connaissez-vous quelque chose de plus difficile que de lire en marchant ? »

« Je lui tourne le dos et me dirige vers la piscine. Je ne suis pas fier, mais ce n’est pas désagréable de voir quelqu’un se montrer ridicule. Quelqu’un d’autre que moi. »

« — Souviens-toi de ce que je vais te dire, mon gars. C’est la leçon numéro zéro, la première et la dernière : la nature est sage, mais elle a ses limites. Une chenille peut se transformer en papillon, mais un fils de pute sera toujours un fils de pute. J’ai eu envie de lui demander s’il faisait allusion à Numéro Treize ou s’il voulait parler de nous. »

« Que puis-je lui dire, comment lui raconter ce que je ne me raconte pas à moi-même ? Le mieux c’est de ne rien dire, de regarder les nuages et la mer au loin. Attendre que le silence réponde. »

« Les souvenirs perdent leur précieuse imperfection, même s’ils acquièrent la gloire des mots. Quand on n’a plus rien, il reste les paroles, pauvres compagnes de lit. Les livres sont un harem surpeuplé, dans les couloirs duquel il est aisé d’égarer le désir ou d’entrer dans le mauvais lit. Et puis, cher Juan, ne vous faites pas d’illusions : il est des occasions où les livres ne servent à rien. »

« J’exige que, à la fin du roman, je puisse vivre sans mensonges, savoir si je suis Juanito ou Numéro Trois. Savoir. Vivre. Aimer. Même si ça doit me faire souffrir. Même si je dois mourir en conjuguant ces verbes. »

« Cette ardeur lui appartient et je dois la garder jusqu’à son retour. Tout le reste peut attendre, pas son souvenir. »

« Et quoique dise Camilleri, il n’y a pas de mots qui puissent rendre plus beau ce que je garde d’elle sur le bout de mes doigts. Triste joie, bonheur peint à l’aquarelle et séché par des soupirs, tout ça est si nouveau et si ancien que, comme un adolescent amoureux, je m’endors paisiblement, mon sexe accusant le ciel de ne pas me permettre de la posséder ici et maintenant. »

« Quelque chose en relation avec mon travail, je pourrais le jurer. Ce que nous savons, nous ne le tenons pas entièrement de notre formation. Les expériences s’additionnent, par couches. Des couches minces. Des signes. Des pistes. »

« Mais avant je ne savais pas le distinguer, comme la plupart des gens. Le silence de ce que l’on n’attend pas, de la mauvaise nouvelle qui ne nous concerne pas mais qui est passée si près qu’elle nous glace le sang. Le silence des murmures quand on n’a pas encore de bras assez solides pour s’accrocher à quelqu’un, pas de jambes pour courir comme le vent. Le silence déchiré par les spéculations avortées, des bribes de questions. Le bruit d’une terreur informe. Mais précise. »

« Comme si j’allais au cinéma. Je fais ça de temps en temps. Regarder les gens comme s’ils étaient les personnages d’un film. »

« Le vieux Trois disait qu’il existe un instant, un seul, pas une heure ni une minute ni même une foutue seconde, un instant au cours duquel les choses changent. »

« Je regrette, mais je ne vois pas de solution. Chacun construit son personnage, et puis vient un moment où ce n’est plus un personnage, c’est devenu toi. Et si tu ne quittes pas très vite ce masque, tu te rendras compte que ce que tu essaies d’enlever c’est ton propre visage. C’est douloureux, juge. C’est très douloureux. »

« Je crois que je demandais au vieux Numéro Trois qui étaient les personnes assises aux autres tables, il haussait les épaules et répondait que les gens ne disparaissent jamais complètement, ils sont toujours avec toi mais, si tu apprends à les porter sur tes épaules, ils ne te dérangent pas trop. »

« Je crois que je demandais au vieux Numéro Trois qui étaient les personnes assises aux autres tables, il haussait les épaules et répondait que les gens ne disparaissent jamais complètement, ils sont toujours avec toi mais, si tu apprends à les porter sur tes épaules, ils ne te dérangent pas trop. Je comptais ces personnes sans visages et souriantes, elles étaient quatorze, c’étaient mes morts. »

« Il pleut. Comme si le ciel voulait laver quelque chose. Quelque chose de si sale que seul un déluge d’été pourrait débarrasser de sa crasse. Il pleut et je crois que ça vaut mieux. La visibilité réduite équilibre les forces. Si tant est qu’il m’en reste. »

« Peut-être n’étaient-ce pas des larmes mais les gouttes de cette pluie qui martèle l’asphalte comme Arregui martèle maintenant mon bras de son poing puissant. C’est sûr qu’utiliser ma tête n’est pas mon truc ce soir, avec tous les verres et tous les doutes qui la remplissent. »

« Nous récupérons notre souffle, enlacés comme deux arbres ayant survécu à un ouragan, mais qui craignent de s’effondrer à la prochaine brise. »

« Je retourne sur le lit et je profite du temps qu’il met à revenir pour réfléchir. Je n’arrive à aucune conclusion, mais je m’attarde sur les franges des rêves que j’ai faits avant de me réveiller. Ce n’étaient pas des rêves, plutôt des souvenirs dont j’ignorais l’existence, des ébauches de révélations imminentes. »

 

Adler-Olsen, Jussi « Délivrance » (01/2013)

Auteur : Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen, né le 2 août 1950 à Copenhague, est un écrivain danois. Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers dont Dossier 64, qui a été la meilleure vente de livres en 2010 au Danemark ; ainsi il a reçu cette année-là la distinction du meilleur prix littéraire danois, le prix du club des libraires : les boghandlernes gyldne laurbær ou « lauriers d’or des libraires ».

Série Les Enquêtes du département V :  : MiséricordeProfanationDélivranceDossier 64L’effet PapillonPromesseSelfies

3ème enquête du Département V

Résumé de l’éditeur (Albin Michel) : A Wick, aux confins de l’Ecosse, une bouteille en verre dépoli traine depuis des années sur le rebord d’une fenêtre du commissariat. A l’intérieur, une lettre que personne n’a remarquée. Et quand on l’ouvre enfin, personne ne se préoccupe non plus de savoir pourquoi les premiers mots, Au secours, sont écrits en lettres de sang et en danois… La lettre finit par arriver sur le bureau des affaires classées de Copenhague où l’inspecteur Carl Mørck croit à une mauvaise plaisanterie.

Mais quand Carl et ses assistants, Assad et Rose, commencent à déchiffrer le message, ils réalisent qu’il a été écrit par un jeune garçon enlevé avec son frère dans les années 90. Cet SOS serait leur dernier signe de vie. Qui étaient-ils ? Pourquoi leur disparition n’a-t-elle jamais été signalée ? Sont-ils encore en vie ? Carl et Assad progressent lentement dans l’univers glacé et calculateur du kidnappeur pour découvrir que le monstre est encore en activité.

Mon avis: Troisième opus de la série des enquêtes de Carl Mørck et de plus en plus accro ! Les personnages s’étoffent de plus en plus, les personnages secondaires s’ajoutent et sont des sources de surprise. Les enquêtes sont passionnantes et le suspense est là jusqu’à la dernière page. Un de coups de cœurs policiers. Le département des « cold case »se lance à l’aveuglette par intuition sur une enquête sans savoir ce qu’ils vont déterrer et l’auteur nous fait vivre dans des ambiances bien particulières ; celle du département V et ses rapports humains entre des êtres si dissemblables et mal assortis, avec leurs complexités et leurs vies atypiques, celle de la famille du meurtrier qui vous glace le sang, celle des familles victimes du tueur et leur mode de vie si spécial. De l’humour, des dialogues et des descriptions savoureuses, les mondes de non-dit et de secrets. Et l’étude des sectes religieuses. J’en redemande !

 Extraits:

Le soleil pâle du mois de mars envahit brusquement la cuisine comme un hôte indésirable, éclairant de sa lumière l’implacable réalité

De toute façon, quand tu es là, tu es tellement ailleurs que tu pourrais aussi bien être absent

elle pensait si fort que même de dos on avait l’impression de voir les rides qui lui creusaient le front.

Il avait mis des années à apprendre que le rire pouvait être autre chose que le plaisir de voir souffrir son prochain

À l’écran passait un film en noir et blanc à l’image neigeuse, et c’était lui qui faisait rire les enfants. Il ne tarda pas à les accompagner. Il rit à en avoir mal au ventre et à cette région de son âme qui voyait pour la première fois le jour dans toute sa splendeur.

Il se sentait subitement comme une taupinière au milieu d’une pelouse bien tondue

De seconde en seconde, ses lèvres s’arrêtaient de trembler, son cœur battait moins vite et moins fort. Elle était en train de se rappeler comment on transforme la peur en colère.

J’ai passé un savon au type et il a fermé sa gueule. » Un savon ? Assad était perplexe. Ce fonctionnaire lui avait pourtant semblé être d’une hygiène irréprochable la première fois.

Que celui qui se tient au seuil de la mort, celui qui sait qu’il ne lui reste qu’un instant, celui qui la voit se jeter sur lui, emportant tout sur son passage, que celui-là nous parle de la vie

Les années devenaient des semaines et des bribes de souvenirs envahirent sa mémoire en une constellation improbable où le temps et l’espace étaient devenus parfaitement incohérents

 

Couto Mia «  »Poisons de Dieu, remèdes du diable » (01/ 2013)

aru chez Métailié

Résumé : Sidónio Rosa est tombé éperdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d’un congrès médical à Lisbonne, ils se sont aimés puis elle est repartie chez elle. Il se met à sa recherche et s’installe comme coopérant à Vila Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aimée, entame des relations ambiguës avec son père et attend patiemment qu’elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ?

Là, dans la brume qui envahit paysage et âmes, il découvre les secrets et les mystères de la petite ville, la famille des Sozinho, Munda et Bartolomeu, le vieux marin. L’Administrateur et sa Petite Épouse, la messagère mystérieuse à la robe grise qui répand les fleurs de l’oubli. Les femmes désirantes et abandonnées. L’absence dont on ne guérit jamais.

Un roman au charme inquiétant écrit dans une langue unique.

Mon avis :

Le personnage principal ? Un mourant… ou une Afrique moribonde atteinte d’un mal qui attaque les fondements même de son être et de ses pensées.. Un récit sur le mal de vivre, sur le manque et la solitude, l’enfermement, la non-communication, la peur … Les personnages vivent-ils dans le passé ou le présent, dans l’espoir ou les souvenirs ? Tout se mélange et la magie de l’Afrique imprègne le récit. Un blanc, des mulâtres, des noirs… des incompréhensions tant culturelles que « colorielles »… Un pays, une ville, une maison, des personnages… tous s’accrochent au passé et tentent de résister dans une atmosphère ou tout se délite, se délabre, s’effrite, tombe en poussière… le monde dans lequel ils vivent est un enchevêtrement de croyances, de mensonges, de haines, de rancœur, et d’amour aussi… Mais qui sont réellement les personnages? des ombres, des vivants, des souvenirs ? les objets se muent en personnages et les personnages deviennent ombres. «Après tant d’années, on ne vit plus dans la maison, on devient la maison où l’on vit. C’est comme si les murs habillaient notre âme». Magnifiquement écrit et superbement traduit, dans une langue qui m’appartient qu’à lui.

Un bijou ! Un roman et à la fois un long poème désenchanté.

Extraits :

 (Difficile de ne pas recopier tout le livre!!!!!!)

« On fait tous l’éloge du rêve qui est la compensation de la vie. Mais c’est le contraire, docteur. Vivre est nécessaire pour se reposer des rêves.

– Rêver ne vous rend que plus vivant.

– Pourquoi ? Je suis fatigué d’être vivant. Etre vivant ce n’est pas vivre »

« Après tant d’années, on ne vit plus dans la maison, on devient la maison où l’on vit. C’est comme si les murs habillaient notre âme»

« Je n’aime pas que vous me demandiez de respirer. Ce n’est pas une chose à demander à quelqu’un »

« C’est l’oubli et non la mort qui nous maintiennent en dehors de la vie »

«A tant aller et venir, il confondait départ et destination. A tant vivre en mer, il avait perdu sa patrie sur terre. Il n’était de nulle part. D’une vague défaite en écume : c’était celle-là son appartenance. »

«… il a foutu mes années en l’air, maintenant je souffre de rides jusque dans mon âme. »

« Celui qui n’est au courant de rien se méfie toujours de tout. »

« Ce n’est pas que je sois malheureuse. C’est heureuse que je ne suis pas.

Et elle explique : la double absence de bonheur et de malheur est encore plus douloureuse que la souffrance. Le véritable châtiment, ce n’est pas l’enfer avec ses flammes dévoratrices. La plus grande punition, c’est le purgatoire éternel.

— J’ai appris une chose dans la vie. Celui qui a peur du malheur ne parvient jamais à être heureux.

« La mère passe ses doigts sur le papier comme si elle peignait les lignes du manuscrit. L’index déchiffre lettre par lettre un quelconque code occulte, une carte dessinées sur son cœur. »

« …cette nuit, quand les étoiles naîtront, il ouvrira la porte de la terrasse et restera là à discuter avec les absents. »

« A quel moment précis s’endort-on ? Quand quitte-t-on le monde, tombé au fond de l’âme ? Quand ne nous reste-t-il plus qu’un dernier rai de lumière, des échos de voix soufflées de si loin qu’on dirait les rumeurs des anges ? »

« …le fait d’avoir vécu n’existe pas. Vivre est un verbe sans passé. »

« L’âge est une maladie soudaine : il surgit quand on s’y attend le moins, une simple désillusion, une violation de l’espoir. Nous ne sommes maîtres du Temps que lorsque le Temps nous oublie. »

« Avant je recevais des lettres, maintenant on m’écrit des ordonnances. Ce que j’ai maintenant, à coté de mon lit, ce n’est plus une petite table de chevet. C’est une table pour m’achever. »

« Les photos transforment les membres de la famille en meubles. »

« En amour, seuls les infinis existent »

« Cette nuit-là, le corps de l’un fut le drap de l’autre. »

« Aimer, dit-il, C’est être toujours en train d’arriver. »

« On part à l’étranger lorsque notre pays nous a déjà quitté. »

« L’évanouissement est une mort paresseuse, un décès de courte durée.

« Rire ensemble, c’est parler la même langue. Ou, peut-être, le rire est-il une langue antérieure que nous avons perdue peu à peu à mesure que le monde cessait d’être à nous. »

« – Où est-ce que vous vivez ? lui demandait-on.

– Je ne vis pas, j’habite seulement, répondait-il invariablement. »

« – J’ai des étourdissements, docteur.

– Des étourdissements ou des vertiges ?

– Quelle est la différence?

– Dans l’étourdissement, on se sent tourner et le monde est arrêté. Dans le vertige, c’est le monde qui tourne.

– Dans mon cas, tout tourne, docteur. Moi et le monde dansons ensemble. »

« Elle préférait ainsi qu’il subsistât une poussière de doute sur le sujet. »

« Le temps est le mouchoir de chaque larme.

Et elle complète le proverbe : l’oubli est la dernière mort des morts. »

« Rêver est une façon de mentir à la vie, une vengeance contre un destin toujours tardif et rare. »

« Le secret dans une vie rafistolée, c’est de garder le fils dans l’aiguille et savoir profiter de l’occasion. »

« La personne qu’on aime est enterrée partout. »

 

 

Couto Mia «L’accordeur de silences» (08/2011)

Résumé : « La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devait se décrucifier. Et point, final.

Mon vieux, Silvestre Vitalicio, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement l’Autre-Côté. »

Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclat avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.

Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Mon avis : Alors ceux qui ont trouvé que je m’enflammais pour le livre « Poisons de Dieu, remèdes du Diable »du même auteur n’ont encore rien vu. Là, je suis dithyrambique. Ce livre est une splendeur, un bijou. Et extrêmement bien traduit. Silvestre a perdu sa femme ; il part s’enterrer au milieu de nulle part avec ses deux fils à qui il interdit tout contact avec le monde. Voyage intérieur des deux fils qui rêvent de voyager à l’extérieur de la prison paternelle. Parallèlement, l’histoire d’une jeune femme portugaise qui vient au Mozambique pour retrouver son mari disparu, envouté par l’Afrique et dont l’histoire croisera ce père et ses fils. On est au pays de la « saudade », du silence, du non-dit, de la tyrannie, du déni d’espoir. Livre de contrastes, de descriptions somptueuses.. Mia Couto enchante à tous les niveaux, à la fois peintre, poète et écrivain de l’âme et de l’Afrique…

Extraits :

« Je suis né pour me taire. C’est mon unique vocation. C’est mon père qui m’a expliqué : j’ai un don pour ne pas parler, un talent pour épurer les silences. J’écris bien, silences, au pluriel. Oui, car il n’est pas de silence unique. Et chaque silence est une musique à l’état de gestation.

Lorsqu’on me voyait, immobile et reclus, dans mon invisible recoin, j n’étais pas prostré. J’étais comblé, l’âme et le corps habités : je nouais les fils délicats dont on tisse la quiétude. J’étais un accordeur de silences. »

« Tellement silencieuse, elle avait cessé exister sans même qu’on ne remarque qu’elle ne vivait déjà plus parmi nous, les vivants en vigueur. »

« Le rêve est un dialogue avec les morts, un voyage au pays des âmes. »

« Ses pas étaient ceux d’un baobab arrachant ses propres racines. »

« Vivre? Pourtant vivre c’est accomplir des rêves, attendre des nouvelles. »

« Au lieu de s’estomper dans l’autrefois, elle s’immisçait dans les fêlures du silence, dans les replis de la nuit. Il n’y avait pas moyen d’ensevelir ce fantôme. sa mort mystérieuse, sans cause ni apparence, ne l’avait pas ravie du monde des vivants. »

«L’écrit était un pont entre des époques passées et à venir, époques qui n’avaient jamais existé en moi.»

« Celui qui se laisse envahir par la passion est voué à l’aveuglement. On ne voit plus celui qu’on aime. A la place, l’amoureux fixe son propre abîme. »

« Les femmes sont comme des îles : toujours lointaines mais éclipsant toute la mer alentour. »

« Les morts ne meurent pas lorsqu’ils cessent de vivre, mais quand nous les vouons à l’oubli »

« Son index parcourait encore et encore le papier imprimé, tel le canot ivre voguant sur des fleuves imaginaires. »

 » ils sont liés par le sang, oui, mais celui des autres. »

« Veuf n’est qu’un autre nom qu’on donne à un mort. Je vais choisir un cimetière personnel, le mien, où j’irai m’enterrer.

« Celui qui perd espoir fuit. Celui qui perd confiance se cache. Et il désirait à la fois fuir et se cacher. »

« Moi, je restai seul face à l’abîme. Lentement, j’ouvris la porte et examinai l’entrée. C’était une vaste pièce vide, à l’odeur du temps conservé. Tandis que je m’habituais à la pénombre, je pensai : comment, au long de tant d’années d’enfance, n’avais-je jamais eu la curiosité d’explorer cet endroit interdit ? La raison, c’est que je n’avais jamais exercé ma propre enfance, mon père m’avait vieilli dès la naissance. »

« Ma voix a migré dans un corps qui ne m’appartient plus. Et lorsque je m’écoute, je ne me reconnais pas moi-même. En matière amoureuse, je ne peux qu’écrire. Ça ne date pas d’aujourd’hui, j’ai toujours été comme ça, même lorsque tu étais là.

Et j’écris comme les oiseaux rédigent leur vol : sans papier, sans calligraphie, uniquement avec de la lumière et de la saudade. Des mots qui, tout en étant miens, ne m’ont jamais habitée. J’écris sans avoir rien à dire. Car je ne sais que te dire sur ce que nous avons été. Et n’ai rien à te dire que ce que nous serons. Parce que je suis comme les habitants de Jésusalem. Je n’ai ni regrets ni mémoire : mon ventre n’a jamais engendré la vie, mon sang ne s’est pas ouvert à un autre corps. C’est ainsi que je vieillis: évaporée en moi, oubliée sur un banc d’église.

« C’est mon dilemme : lorsque tu es là, je n’existe pas, ignorée. Lorsque tu n’es pas là, je ne me reconnais pas, ignorante. Je n’existe qu’en ta présence. Et ne m’appartiens qu’en ton absence. Maintenant, je sais. Je ne suis qu’un nom. Un nom qui ne s’allume que dans ta bouche. »

« Eblouir, comme le mot l’implique, devrait aveugler, ôter la lumière. Et finalement j’aspirais maintenant à un obscurcissement. Je le savais, cette hallucination que j’avais éprouvée une fois rendait dépendante comme la morphine. L’amour est une morphine. On pourrait le commercialiser sous vide sous le nom Amorphine. »

« La terre, la vie, l’eau sont de sexe féminin. Pas le ciel, le ciel est masculin. Je sens que le ciel me touche de tous ses doigts. »

« Je veux habiter dans une ville où on rêve de pluie. Dans un monde où la pluie est le plus grand bonheur. Et où on pleut tous. »

« Qui veut l’éternité regarde le ciel, qui veut l’instant regarde le nuage. La visiteuse voulait tout, ciel et nuage, oiseaux et infinis. »

« Cette conversation traine en longueur. Et je suis vieux, madame. Chaque instant gâché, c’est la Vie entière que je perds. »

« ce n’est pas de la fatigue. C’est de la tristesse. Quelqu’un te manque. Ta maladie s’appelle la saudade »

« L’inondation se produisit pourtant une fois la pluie terminée : un déluge de lumière. Intense, totale, aveuglante. L’eau et la lumière surgirent presque indistinctes. Toutes deux excessives, toutes deux confirmant mon infinie petitesse. Comme s’il existait des milliers de soleils, d’innombrables sources de lumière à l’intérieur et à l’extérieur de moi. Voici mon coté solaire, jamais révélé auparavant. »

« Né sans le vouloir, il avait vécu sans désir, il mourrait sans prévenir et sans crier gare. »

« Avant même de mourir, il avait déjà mis un terme à sa vie. Il avait balayé les lieux, écarté les vivants, effacé le temps. »

« En définitive, les vivants ne sont pas de simples fossoyeurs d’ossements : ils sont avant tout les bergers des défunts. Il n’est pas d’ancêtre qui ne soit assuré que, de l’autre côté de la lumière, il y a toujours quelqu’un pour le réveiller. »

« Aujourd’hui je sais : aucune rue n’est petite. Elles cachent toutes des histoires infinies, elles dissimulent toutes d’inénarrables secrets. »

 » La vie est trop précieuse pour être dilapidée dans un monde désenchanté. »

 

 

 

Couto Mia « la véranda au frangipanier » (03/2000)

Paru chez Albin Michel.

Résumé : Après Terre somnambule et Les baleines de Quissico, l’écrivain mozambicain Mia Couto poursuit avec ce nouveau roman une œuvre singulière, quête incessante des racines et d’une identité nationale perdues.

Fortement marqué par la tradition orale africaine, animé de légendes, d’épisodes fabuleux et de sagesse populaire, cet étrange récit aux allures de faux roman policier est hanté par un crime véritable : celui qui consiste à tuer le passé d’un peuple. Et à travers l’aventure d’Ermelindo Mucanga, mort rendu à la vie pour quelques jours, c’est l’histoire violente du Mozambique qui est évoquée et dont un frangipanier, au cœur d’une ancienne forteresse transformée en asile, est le témoin muet…

Nourri de toute une mémoire collective, ce récit fantastique, poétique et souvent drôle, illustre toute la puissance d’évocation d’une littérature métissée, dans son inspiration comme dans sa langue, dont Mia Couto demeure l’un des plus brillants représentants.

Mon avis

Un pangolin ? Les pangolins (du malais pang goling : « celui qui s’enroule ») ou Manidés encore appelés fourmiliers écailleux, sont des mammifères insectivores édentés dont le corps allongé est en grande partie recouvert d’écailles, qui vivent dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Avec ses écailles soudées on peut le confondre avec les membres de la classe des reptiles. Et le pangolin, meilleur ami du mort, a le pouvoir d’offrir à la personne qui repose sous le frangipanier de la véranda de retourner faire un tour dans le monde des vivants en habitant un humain, policier de son état. Avec lui nous allons mener une enquête sur un crime dans l’asile de vieux… entre les vivants, les vieillards presque morts et les esprits, les absences de mémoire, les mensonges et les souvenirs, vrais et faux… Entre légendes, croyances, traditions et contes populaires, sorcières et esprits, dans le monde fantastique… avec son style si particulier, si flamboyant, si original et innovant… si poétique… ses mots inventés et imagés. Passé et présent se mélangent, dans un lieu et un univers hors du temps et hors du monde… En toile de fond, le non-respect des morts, les rites des enterrements non respectés, la tradition bafouée par le modernisme, qui affecte le repos de l’âme et la force à errer après la mort..

 

Extraits :

« Les heures entre ses murs, dans ce lieu empesé tout entier de silences et d’absences, se sont décolorées. »

« Aujourd’hui je sais: l’Afrique nous vole notre être. Et elle nous vide a contrario: en nous remplissant d’âme. »

« Ma vie s’est enivrée du parfum de ses fleurs blanches au cœur jaune. En ce moment il ne sent rien, en ce moment ce n’est pas le temps des fleurs. Vous êtes noir, inspecteur. Vous ne pouvez pas comprendre combien j’ai toujours aimé ces arbres. C’est qu’ici, dans votre pays, il est le seul qui perde ses feuilles. De tous les arbres le frangipanier est le seul qui se dénude ainsi, il fait comme si allait survenir un Hiver. Lorsque je suis arrivé en Afrique, après je n’ai plus jamais senti l’Automne. C’était comme si le temps arrêtait son cours, comme si c’était toujours la même éternelle saison. Seul le frangipanier me restituait ce sentiment du passage du temps. Non que j’aie encore besoin aujourd’hui de sentir passer les jours. Mais le parfum de cette véranda me guérit des nostalgies des années que j’ai vécues en Mozambique. Et quelles années ce furent ! »

« Je fais provision d’infini, m’enivre petit à petit. Oui, je sais le danger que c’est : qui confond eau et ciel finit par ne plus distinguer vie et mort.  »

« la vieillesse, qu’est-ce que c’est sinon la mort en stage dans notre corps ?  »

« Tu sais semblant d’être de pierre, Et bien, alors : c’est pas fait, la pierre, pour qu’on marche dessus ?  »

« Ceux qui meurent disparaissent tellement loin, c’est comme s’ils étaient des étoiles qui tombent. Ils s’éteignent sans faire de bruit, sans qu’on sache où ni quand

 » Cela m’est pénible de rameuter mes souvenirs. Parce que la mémoire m’arrive déchirée, en morceaux qui ne s’assemblent pas. Je veux le repos de n’appartenir qu’à un seul lieu, je veux la tranquillité de ne pas avoir la mémoire partagée. Etre tout entier d’une m’même vie. Et avoir de la sorte certitude de mourir en une seule fois. Cela m’est pénible d’égrener tant de petites morts, celles que nous sommes les seuls à noter, à l’obscur de notre intimité. »

 » Toi Blanc, tu me feras toujours rire. Tu es une bonne personne. – C’est là que tu te trompes, Nhonhoso: je ne suis pas bon. Ce que je suis, c’est ralenti dans les méchancetés.  »

« Le fatiguaient, oui, les choses sans âme. L’arbre au moins, disait-il, a une âme éternelle : la terre elle-même. On touche le tronc et on sent le sang de la terre qui circule dans l’intime de nos veines.

 » Pour tout vous dire, la vérité est que je ne me sens heureuse que lorsque je me fais eau. Dans cet état, pendant que je dors, je suis dispensée de rêver : l’eau n’a pas de passé. Pour le fleuve, onde qui va sans jamais cesser d’aller, tout est toujours aujourd’hui.  »

« Vous voulez dire que, pour vous, je ne suis pas un homme bon ?

– Tu n’es ni bon ni mauvais. Simplement, tu inexistes.

– Comment ça, j’inexiste ?  »

« J’étais une malade sans maladie. Je souffrais de ces accès de fièvre que seul Dieu endure. Il s’est produit ceci : d’abord j’ai perdu le rire ; ensuite, les rêves ; pour finir, les mots. Tel est l’ordre de la tristesse, la façon dont le désespoir nous plonge dans un puits humide.  »

 » L’écrit était sa seule parole. Elle s’enfermait dans sa chambre, enveloppée dans la pénombre. Le papier était sa seule fenêtre.  »