Belinda Bauer « L’Appel des ombres » (02/2012)

Deuxième volet des enquêtes de Jonas Holly

Résumé : Des meurtres sans motif apparent, perpétrés contre les plus faibles de la communauté. La petite bourgade de Shipcott, nichée au creux des collines sombres d’Exmoor et coupée du monde par ce mois de janvier impitoyable, est sous le choc. Ici, tout le monde se connaît. Tout le monde s’entraide. Et tout étranger est immédiatement repéré… Pourtant, quelqu’un décime sans merci ceux qui ne peuvent se défendre. Le policier Jonas Holly, chargé de l’enquête, sent la panique l’envahir. Il devrait protéger ces hommes et ces femmes, c’est son job. Seulement, les meurtres continuent et le tueur semble le narguer, en lui adressant des messages provocateurs et menaçants. Et pendant qu’il chasse cette ombre insaisissable, qui veillera sur Lucy, sa femme, cette victime idéale qui ne peut quitter la maison seule ? Chasseur ou proie ? Dans un petit village isolé, sous un linceul de neige, les frontières s’estompent…

Mon avis : Une fois encore j’ai été fascinée par le talent de Belinda Bauer. Ca commence doucement, ça gonfle en intensité ; on est pris , on se pose des questions, on fait les avancées et les reculades en même temps que les personnages.. Connaissance est faire avec le deuxième protagoniste qui prendra toute sa dimension dans le troisième tome. Construction élaborée, ambiance intimiste et d’autant plus angoissante, personnages interessants, une série qui me plait de plus en plus.

 

Extraits :

Il sentit en lui un relâchement de tension, comme exploserait une vieille montre, dispersant des milliers de pièces et envoyant ses ressorts subitement détendus valser en tous sens.

au cours de la nuit, par un étrange tour de passe-passe, la vie avait fait place au trépas, le chaud, au froid, et ce monde, au suivant

les brèves rafales de neige de la nuit passée semblaient s’être immiscées dans les ondes télévisées parce que même les rares chaînes accessibles n’étaient désormais plus visibles qu’à travers un tourbillon blanc de parasites

La matinée était belle – la météo, en tout cas

Parfois elle se le rappelait, elle aussi. Comment elle avait été. C’était ça le pire, tu sais ? Pas qu’elle perde la boule, mais qu’elle sache qu’elle la perdait

En faisant abstraction du drame, le monde n’était que beauté.

le souvenir était bien là, à peine refoulé, tout prêt à affleurer, déchirer les chairs, rouvrir de vieilles blessures et les faire saigner de nouveau. Et il n’y avait pas que les plaies. Il y avait le souvenir de la terreur qui faisait trembler, pisser, chaque fois qu’un humain approchait et que s’avançait une main, au cas où elle contiendrait non pas des bons morceaux mais une soudaine douleur aiguë, infligée par un égoïste

Les premiers flocons voltigèrent depuis le ciel de velours noir telles de petites étoiles égarées, et en quelques minutes à peine, les galaxies elles-mêmes pleuvaient

Il avait tellement l’habitude de son Land Rover et de ses quatre roues motrices avec son dispositif de freins anti-blocage, que la Volkswagen lui faisait l’effet d’être en rollers dans la neige.

Les maisons étaient plantées là où elles étaient tombées – quelques-unes par ci, quelques autres par là, une douzaine éparpillée le long de la rivière de part et d’autre d’un pont en pierre en dos d’âne sournois qui ne laissait passer qu’une voiture à la fois, en dépit des larges voies d’accès.

Elle s’effondra sous ses yeux, tandis que des larmes coulèrent si fort sur ses joues qu’elles rebondirent sur la table comme tombées d’un robinet défectueux

Parfois, il fallait accepter de n’être que ce qu’on était. Et ce qu’on ne serait jamais

Il avait passé la plus grande partie d’une nuit blanche à arpenter les allées des pourquoi ? Et ce n’est qu’en redescendant la colline en direction du village qu’il avait pris conscience que la seule question à laquelle il devait réellement s’attacher était : qui ?

Il ne savait plus où l’on pouvait tirer un trait entre le passé et le présent, le bon et le mauvais, le bien et le mal

De l’endroit terrifiant où les souvenirs remontaient comme des poissons morts, pour rompre la calme surface de ses pensées.

Il savait aussi, dans le secret de son cœur, que s’il n’était pas tenu de sortir chaque jour, il se pourrait bien qu’il ne sorte plus jamais de chez lui ; qu’il risquait de se replier entre les murs de la maison et de trop repenser à ce qui avait failli se produire, à quel point la chose avait été évitée de peu.

Mais bon, peut-être sa vérité n’était-elle pas la vérité

Bauer Belinda «Sous les bruyères» (02/2011)

Résumé : Steven, n’a que douze ans. Pourtant, depuis quelque temps, il entretient une relation épistolaire avec un tueur en série. Il faut dire que la destinée familiale de Steven est des plus dramatiques. Son oncle Billy a disparu, au même âge que lui, dans la lande. Persuadé que sa mère et sa grand-mère ne parviendront jamais à faire leur deuil, il entre en contact avec Arnold Avery, un assassin d’enfants aujourd’hui en prison. Pour Steven, Billy est forcément tombé entre ses griffes. C’est le début d’une correspondance codée et dangereuse, un dialogue ambigu qui se meut rapidement en engrenage fatal

Mon avis : J’avais déjà lu le tome 3 de la série, « le voleur d’enfants tristes » qui faisait référence au passé de Steven. J’ai donc souhaité lire le début. Je ne suis pas déçue. Et je suis de plus contente de le lire après avoir lu le troisième. En effet je ne sais pas si en commençant par le premier j’aurais souhaité lire une suite, tant une suite me semblerait improbable… Mais le lire en complément donne un plus. Ce premier opus pose un contexte psychologique lourd et pesant (évidemment le suspense quant au dénouement est un peu gâché quand on sait qu’il y a un avenir pour le personnage) mais cela ne nuit pas au déroulement du roman. Une construction machiavélique, une plongée dans la tête d’un tueur en série, d’un pédophile, d’un petit garçon intelligent. La peinture d’une campagne anglaise, si calme en apparence… le triomphe du psychologique, du mental sur le factuel. Comment l’idée d’un petit garçon, pour préserver et reconstituer sa famille dévastée par un drame va déboucher sur une situation qui risque bien de faire des ravages… Original et très bon. J’enchaîne sur le tome 2 « L’appel des ombres »

Lapaque, Sébastien «Théorie de la carte postale» (02.2014)

Résumé : Qui sinon Sébastien Lapaque pour exalter l’usage de la carte postale comme geste poétique autant que comme art de vivre et d’être au monde ! Sa Théorie offre une brillante et irrésistible promenade sensible dans l’esprit, l’histoire et la pratique de correspondances électives dont le charme agit toujours sur notre ère électro-numérique.

Mon Avis : Une petite merveille. Et qui me correspond tellement. En effet à l’ère du numérique, un mail ou un texto ont remplacé la merveilleuse carte postale. Et je le regrette tellement. Sébastien Lapaque redonne toute sa poésie à la carte postale. Ces petits mots du quotidien, ces avis de tempête et de météo, ce clin d’œil au passé, aux couleurs, aux citations. Comme je regrette de ne pas voir plus souvent ce petit rectangle avec une écriture amie en relevant le courrier. Un clin d’œil du bout du monde ou du coin de la rue, qui dit «  j’ai pensé à toi : j’ai choisi une carte, j’ai écrit un mot, j’ai cherché un timbre et une boite aux lettres ». J’aime les anciennes cartes postales, leur pouvoir d’évocation. J’aime regarder les cartes que j’ai envoyé à ma Maman et celles que j’ai reçues.. Tout le pouvoir d’évocation de l’image, les mots en plus.. Et un grand merci à la critique de mon amie virtuelle suizo-belge, qui m’a permis de ne pas passer à coté de ce petit opus d’une centaine de pages qui allie charme et tendresse.

Extraits :

… l’image de son livre était encore un peu floue. Il en possédait la mélodie, mais en cherchait l’harmonie

Il voulait les évoquer à l’imparfait, ce temps dont l’avant-hier est profond et l’avenir dure longtemps, un temps inachevé et ouvert – j’aimais les cartes postales, j’en écrivais, j’en recevais.

Avec ses cartes postales reproduisant des paysages choisis et ses mots écrits au recto, il voulait réinventer un présent plein de lendemains

…on n’écrivait pas des cartes postales avec des idées mais avec des mots, de jolis mots de tous les jours.

Lâcher les mots trois par trois pour commencer, comme des fusées multicolores dans le ciel de juillet. Rêve. Joie. Lumière. Joie. Soleil. Souvenir.

les mots avec lesquels on écrit des cartes postales sont des mots d’allégresse et de féerie, des mots bleus, des mots légers, des mots qui montent vers le ciel comme des bulles de savon et s’en vont taquiner les nuages.

Une correspondance à découvert… Ces mots avaient naturellement frappé son imagination. Et l’avaient obligé à en convenir : qu’on exprime l’amour ou la haine, son orgueil ou son dépit, sa révolte, son anxiété, sa sérénité, son agacement, son admiration, sa confusion, sa curiosité, son éblouissement, son euphorie ou sa délivrance, lorsqu’on le fait sur une carte postale, on le fait de manière publique et assurée. C’est l’essence même de la chose.

Certains jours, songeait-il en faisant tourner son crayon entre ses doigts, écrire une carte postale consistait simplement à poétiser le calendrier et la météo. “Août, soleil rouge”, “Février, lune froide”, “Avril, grand vert”, “Octobre, mystère bleu”.

Il n’avait pas envie de vivre le présent comme un souvenir.

On cherche le bonheur dans les affaires du monde et on le trouve dans une chaise longue

Un coup de soleil n’est souvent qu’un excès de gourmandise

Et il y avait le timbre, le timbre collé avec de la salive, dépositaire du souffle de l’expéditeur. Comme un baiser

Il aimait donc les cartes écrites avec la main par des gens ordinaires dont on avait tout oublié, des hommes et des femmes dont les os avaient blanchi dans leur cercueil, dont la tombe elle-même avait disparu sous la poussière, mais dont restaient les cartes postales – mieux qu’un souvenir, une aura

Écartelé entre le sommeil et la veille, il ne savait plus s’il devait vivre pour continuer à songer ou songer pour continuer à vivre

Kepler, Lars « Enquêtes de l’inspecteur Joona Linna »

Les auteurs : Lars Kepler est le nom de plume d’un couple d’auteurs suédois de romans policiers, Alexandra Coelho Ahndoril (née en 1966 à Helsingborg) et Alexander Ahndoril (né en 1967 à Stockholm).

Les enquêtes de l’inspecteur Joona Linna:
« L’Hypnotiseur » (2010)
« Le pacte » (10.2011)
« Incurables » (04.2013)
« Le marchand de sable » (11/2014)

Kepler, Lars  » L’Hypnotiseur » (2010)

Résumé de l’Editeur : Erik Maria Bark, un psychiatre spécialisé dans le traitement des chocs et traumas aigus, a longtemps été l’un des rares véritables experts de l’hypnose médicale. Jusqu’au jour où une séance d’hypnose profonde a mal, très mal tourné. Sa vie a frôlé l’abîme et, depuis, il a promis de ne plus jamais hypnotiser. Dix années durant, il a tenu cette promesse. Jusqu’à cette nuit où l’inspecteur Joona Linna le réveille. Il a besoin de son aide. Josef, un adolescent, a assisté au massacre de sa famille. Il vient d’être hospitalisé, inconscient et en état de choc. Mais il est le seul témoin du carnage et Joona Linna, pris dans une course contre la montre, veut l’interroger sans tarder. Car tout indique que l’assassin est maintenant aux trousses de la soeur aînée de Josef, mystérieusement disparue. Et pour lui, il n’y a qu’une façon d’obtenir un quelconque indice de l’identité du meurtrier : hypnotiser Josef. Tandis qu’il traverse un Stockholm plus sombre et glacial que jamais, Erik sait que, malgré toutes ses protestations, il brisera sa promesse pour tenter de sauver une vie. Ce qu’il ne sait pas, c’est que la vérité que porte Josef va changer sa vie et qu’en réalité, c’est pour lui que le compte à rebours vient de commencer. Intrigue implacable, rythme effréné, richesse et complexité des personnages, écriture au cordeau, tout concourt à faire de L’Hypnotiseur un thriller unique. La première enquête de l’inspecteur Joona Linna fait date

Mon avis : Mitigée. J’ai bien aimé toute la partie du rapport complexe et difficile entre les traitements psychiatriques et les médecins. Le danger qui peut découler du métier de psychiatre et la difficulté de déterminer si une personne est « normale » ou non, guérie ou pas, le danger des thérapies. Les rapports entre les personnages est également passionnant. J’ai également été sensible aux dégâts que peut faire la publicité et la presse à scandale qui publie pour faire vendre et dirige l’opinion des lecteurs. Une fois de plus, je ne peut m’empêcher de penser que le droit des patients qui ont des problèmes mentaux c’est une chose, mais que leurs droits doivent impérativement s’arrêter au moment ou ils empiètent sur la vie des personnes ordinaires. A trop vouloir les considérer, on finit par dénigrer les droits des médecins ou de leur entourage et faire bien des dégâts… Pour ce qui est de la trame du roman, j’ai trouvé que le deuxième tiers du livre est assez embrouillé. Je me réjouis de retrouver le policier qui m’a semblé sensible et intelligent. Le roman est bâti sur deux intrigues.. on part sur un massacre familial, puis on est confronté à l’enlèvement du fils du psychiatre, et on se demande si les deux événements sont liés ou pas.. Dès que le massacre familial cède la place à l’enquête disparition, je me suis sentie un peu désarçonnée et j’ai eu l’impression que le massacre familial était un peu bâclé… Je trouve aussi qu’il faut attendre bien longtemps pour comprendre pourquoi le Dr. Bark ne voulait plus hypnotiser… Mais je n’ai pas lâché le livre pour autant ..Finalement c’est le troisième tiers qui « bouge » et il faut tenir pour y arriver… Et je vais lire le suivant.. Mais il y a des longueurs et je ne suis pas convaincue à 100%…

Extraits : Dans la mythologie grecque, le dieu Hypnos est un garçon ailé qui tient des fleurs de pavot dans la main. Son nom signifie « sommeil ». Il est le frère de la nuit et de l’obscurité. Chaque petite chose arrivée un jour à une personne la suit dans le présent. Chaque expérience influence chacun de nos choix, et dans le cas d’expérience traumatique, le passé prend pour ainsi dire le dessus sur le présent. Ici, dans l’obscurité, la mort attend comme une absence noire, un vide dont elle ne se remettra jamais

Kepler, Lars « Le pacte » (10.2011)

Résumé : Après L’Hypnotiseur (125 000 exemplaires), l’inspecteur Joona vient mettre son nez dans une sombre affaire de suicide impossible, qu’il ne peut s’empêcher de lier à une autre mort suspecte, doublée d’une double disparition… Le diabolique duo Lars Kepler continue son exploration de la face sombre de la Suède avec ce nouveau thriller haletant, sur fond de trafic d’armes et d’embargo international contre le Soudan.

Mon Avis : En toile de fond, le marché des armes. Comme le premier roman, il se lit . Pas de temps morts mais toujours un gros défaut pour moi. Je ne m’attache pas aux personnages. C’est froid.

Extrait : Rien de ce qu’on a vu n’est jamais perdu, il faut simplement laisser les souvenirs remonter à la surface, comme des épaves.

« Incurables » (04.2013)

Résumé : Une jeune fille est assassinée dans la chambre d’isolement d’un centre de réhabilitation psychiatrique. Elle porte les traces de violents coups à la tête. Son corps est étendu sur le lit, les mains posées sur le visage, comme si elle jouait à cache-cache avec son meurtrier. Dans la grange voisine, on retrouve le cadavre de l’infirmière de garde cette nuit-là. Elle a été tuée à coups de marteau. Visé par une enquête interne, l’inspecteur Joona Linna est dépêché sur les lieux, mais en qualité de simple observateur. Il découvre rapidement que l’une des pensionnaires, Vicky Bennet, manque à l’appel. Sous son lit on retrouve des draps ensanglantés, et sous l’oreiller un marteau maculé de sang. Peu après, on signale le vol d’une voiture à bord de laquelle se trouvait un enfant de quatre ans. Les descriptions confuses fournies par la mère désemparée correspondent au signalement de Vicky. C’est le début d’une course contre la montre pour Joona Linna. En fouillant le passé troublé de la jeune fille, il fait d’inquiétantes découvertes. Qui est vraiment Vicky Bennet ? De quoi est-elle capable ? Et qui est cette médium qui ne cesse d’appeler la police, prétendant être entrée en contact avec l’esprit de la jeune fille morte ? Avec Incurables, Lars Kepler continue de sonder le tréfonds du psychisme humain. Une nouvelle fois, il signe un polar effréné aussi imprévisible que son héros. Un thriller impossible à lâcher.

Mon Avis : Comme je suis têtue ( qu’on me l’a prêté) et que c’est vite lu.. j’enchaîne. Heureusement que je suis têtue. Le troisième opus aura été le bon. Il ne fait pas dans la dentelle, certes mais le fil conducteur est bon. Il ne part pas dans tous les sens et on éprouve quelque chose pour ou contre les personnages. Enfin on a l’impression de suivre l’enquête du début à la fin. Même l’inspecteur Joona Linna commence à avoir une personnalité qui s’ébauche.. Tout arrive ! Un thriller avec du suspense jusqu’à la fin. Efficace !

Extraits :

Le seul conseil que je puisse te donner, c’est de chercher dans les lieux qui appartiennent au passé.

C’était aussi simple qu’évident- le passé reflète toujours l’avenir. …

… quand le passé vous rattrape, il est rarement indulgent.

 

« Le marchand de sable  » (11.2014) :

Yess! enfin je ‘attache !!!      voir article

 

Le Moyen Age : littérature médiévale

Dans le cadre de lectures « historiques » le Moyen Age occupe une place à part..

Le Moyen Âge est une période de l’histoire européenne, s’étendant du Ve siècle au XVe siècle, qui débuta avec la chute de l’ Empire Romain d’Occident et se termina par la Renaissance et les grandes découvertes.  Elle se situe après l’Antiquité et  la période est subdivisée entre le Haut Moyen age (VIe ‑ Xe siècle), le Moyen Age Central   (XIe ‑ XIIIe siècle) et l’époque dite tardive  (XIVe ‑ XVe siècle). Le Moyen Âge s’étend sur environ mille ans. Selon les auteurs, il commence en 476, à la fin du règne de Romulus Augustule, dernier empereur romain d’Occident, ou en 496, date du baptême de Clovis. Il finit, selon les historiens, soit en 1453, prise de Constantinople par les Turcs et fin de l’Empire romain d’Orient, soit en 1492, date de l’accostage de Christophe Colomb sur le continent américain.

Je laisse la parole à mon amie Marie, la spécialiste … qui va vous donner un petit aperçu ..

DESTINATION : Le passé ( romans historiques)

Romans historiques et biographies

Une époque, un siècle, un personnage, un pays aussi… Tout un programme !

Généralités sur les romans historiques – des sites, des blogs, des listes de romans historiques :  Blog pour découvrir l’Histoire en lisant – Bibliographies, histoire , fiches : http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/

 

PREHISTOIRE

Jean Marie Auel : Saga : Les enfants de la terre (6 tomes) Durant la Préhistoire, Ayla, une petite fille, se retrouve orpheline et seule à la suite d’un tremblement de terre. Recueillie par un clan qui lui est étranger, elle grandit à leurs côtés, non sans difficulté, les membres du clan ayant remarqué chez elle les traits caractéristiques d’une espèce différente de la leur. En effet, Ayla fait partie de l’espèce Cro-Magnon, tandis que sa tribu d’adoption est néandertalienne. Elle s’attache alors à sa mère de substitution, Iza, qui lui transmettra ses secrets de guérisseuse, ainsi qu’à Creb, le chaman du clan. Violée par Broud, fils de Brun le chef du clan, elle donnera naissance à un fils : Durc, croisement entre les deux espèces. N’ayant cesse d’enfreindre les règles du clan, par son audace issue de son intelligence différente de celle des autres membres, elle sera chassée de la communauté. Commence alors une incroyable aventure, où la survie sera la priorité de la jeune femme, malgré les obstacles.

J.H. Rosny Aine La guerre du Feu – un grand classique : Au coeur de la Préhistoire, le clan des Oulhamr a livré une rude bataille contre l’ennemi. Mais le clan a perdu, et les vainqueurs lui ont volé les cages où brûlait le Feu, source de vie. Naoh, Nam et Gaw partent en expédition pour rapporter le feu aux Oulhamr. Ils devront échapper aux mammouths et aux aurochs, au Lion Géant et au Tigre, aux Dévoreurs d’Hommes et aux Nains-Rouges qu’ils croiseront en chemin…

Klapczynski, Marc « Aô, l’homme ancien »  : Aô est perdu. Il s’est aventuré dans les grandes plaines du sud, loin des hauts plateaux arides de son clan. Sur ces terres hostiles, il évite cette nouvelle race d’hommes, les Cro-Magnon, qui, peu à peu, repoussent ses frères de Neandertal toujours plus au nord, là où le sol est gelé et le vent glacial. C’était il y a plus de 40 000 ans… Sur sa route Aô croise Aki-naâ, jeune mère de l’autre espèce poursuivie par des chasseurs du clan des hommes oiseaux. Mais que peut-il faire lui, homme au physique disgracieux, à la démarche animale, aux outils rudimentaires, face à ces corps robustes armés de sagaies ? Pour quelles raisons viendrait-il en aide à une femelle Cro-Magnon quand c’est sa race tout entière qui est en péril ? Mais Aô est un déjà un homme, certes primaire mais non dénué de conscience…

 

ANTIQUITE : ROME

Quinn, Kate : La maitresse de Rome : La Rome du Ier siècle est sauvage. Des banquets aux orgies, des jeux du cirque aux complots politiques, la capitale de l’Empire sombre dans une frénésie de plaisir et de violence. Thea, jeune esclave d’une arrogante aristocrate, va bientôt devenir la femme la plus influente de la cité. Belle et intelligente, elle fera tout pour préserver son amour pour Arius le Barbare, gladiateur et idole du peuple. Quitte à défier l’Empereur, qui s’est promis d’en faire sa maîtresse…

 Sardou Romain « Quitte Rome ou meurs » (2009) : An 62 après J.-C. Néron règne en despote sur l’empire romain. Pour l’avoir offensé, le jeune patricien Marcus, condamné à mort, doit fuir Rome et ses plaisirs. Trahi par sa famille, coupé de ses partisans, Marcus n’a plus qu’un seul allié, le grand philosophe Sénèque, avec qui il entame une correspondance secrète. Tout en déjouant les pièges de ses poursuivants, Marcus, jusque-là frivole et impétueux, va être guidé par les lettres de son illustre ami vers la réponse à cette question essentielle : qu’est-ce que vivre et comment être heureux ?

Grimal, Pierre « Mémoires d’Agrippine »: Pierre Grimal a une connaissance intime de la pensée romaine et tout particulièrement de cette période de l’Empire et des temps néroniens. A partir de tous les documents historiques existants, il a eu pour premier souci de comprendre en profondeur son héroïne, Agrippine, la mère de Nèron. Fille de Germanicus, arrière-petite-fille du dieu Auguqte et aussi de sa soeur Octavie, arrière-petite-fille d’Antoine et de Livie, soeur de Caligula et nièce de l’empereur Claude qu’elle épousera un jour, Agrippine a toujours eu conscience de son sang divin. Femme, elle ne peut régner, mais entend bien que Néron, son fils, devienne le maître du monde. Si les astres le permettent, la condition est terrible : elle-même devra mourir, et par lui. Elle accepte et, toute sa vie durant, travaille à la conquête d’un pouvoir qu’elle ne peut exercer et qui va la tuer! Sacrifiant tout à son ambition mortelle, ses armes sont celles d’un femme, toutes celles d’une femme….

MOYEN AGE  (Ve siècle au XVe siècle)

Présentation de la littérature médiévale :

Druon Maurice « Les rois Maudits » : * Le roi de fer – * La reine étranglée – * Les poisons de la couronne – * La loi des mâles – * La louve de France – * Le lis et le lion – * Quand un roi perd la France

Chevalier, Tracy « La Dame à la licorne » : Désireux d’orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Surpris d’avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l’artiste accepte néanmoins après avoir entrevu la fille de Jean Le Viste dont il s’éprend. La passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes.

Du côté de l’empire byzantin……
Perry, Anne : « Du sang sur la soie »
Ennis Michael : « Byzance »

 Personnage : Aliénor d’Aquitaine :

Calmel Mireille (Série) Le lit d’Aliénor (2003)- Aliénor, le règne des lions (2011)- Aliénor, l’alliance brisée, 2012
Pernoud, Régine : « Aliénor d’Aquitaine » ( Document facile à lire mais pas roman)
– Dupont-Monod, Clara «Le Roi disait que j’étais diable» (08/2014) (voir article)

XII ème siècle

Jean D’Aillon : les aventures de Guilhem d’Ussel (voir article)

Moore, Vivian : La série des aventures de Galeran de Lesneven se déroule dans les années 1130. Galeran, chevalier breton, parcourt la France, et mène des enquêtes policières, avec un fond historique très marqué.

 Dupont-Monod, Clara « La Passion selon Juette » (voir article) : Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l’actuelle Belgique. Cette enfant solitaire rêveuse se marie à treize ans dans la demeure de ses riches parents. Elle est veuve cinq ans plus tard. Juette est une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avides. Non au clergé corrompu. Violente et lucide sur la société de son temps, Juette défend la liberté de croire, mais aussi celle de vivre à sa guise. Elle n’a qu’un ami et confident, Hugues de Floreffe, un prêtre. A quelles extrémités ira-t-elle pour se perdre et se sauver ? Car l’Eglise n’aime pas les âmes fortes.

Follett, Ken

« Les Piliers de la Terre » Dans l’Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

« Un monde sans fin » 1327. Quatre enfants sont les témoins d’une poursuite meurtrière dans les bois : un chevalier tue deux soldats au service de la reine, avant d’enfouir dans le sol une lettre mystérieuse, dont la teneur pourrait mettre en danger la couronne d’Angleterre. Ce jour lie à jamais leurs sorts… L’architecte de génie, la voleuse éprise de liberté, la femme idéaliste, le guerrier dévoré par l’ambition : mû par la foi, l’amour et la haine, le goût du pouvoir ou la soif de vengeance, chacun d’eux se bat pour accomplir sa destinée dans un monde en pleine mutation – secoué par les guerres, terrassé par les famines, et ravagé par la Peste noire. Avec Un monde sans fin, Ken Follett nous offre une nouvelle fresque historique aussi séduisante et captivante que Les Piliers de la Terre, cette superbe épopée romanesque qui avait pour cadre l’Angleterre du xiie siècle.

VIIème siècle

Peter Tremayne Soeur Fidelma dans l’Irlande du VIIe siècle

Peter Tremayne est le pseudonyme de Peter Berresford Ellis, écrivain britannique né en 1943, qui écrit notamment des romans policiers historiques se passant dans l’Irlande du VIIe siècle, la série Sœur Fidelma. Son héroïne, Sœur Fidelma, est juge des royaumes d’Irlande. Elle enquête sur des crimes pour le compte du Haut Roi, son frère. L’époque et le caractère de l’héroïne font que les intrigues tournent souvent autour de la confrontation entre la civilisation celtique et païenne traditionnelle de l’Irlande et la nouvelle religion qui s’implante alors, le christianisme. Fidelma est chrétienne, mais pétrie de culture druidique, et elle cherche à concilier ces deux faces de l’Irlande.

XIVème siècle

En Espagne :

Falcones, Ildefonso « La Cathédrale de la mer »

Au cœur de la Barcelone médiévale, de la Grande Peste à l’Inquisition, Arnau, jeune paysan, endure les pires tourments et humiliations pour devenir un homme libre. Son destin hors du commun en fera le héros de tout un peuple… Au XIVe siècle, au rythme de la construction de l’église Santa María del Mar – chef-d’œuvre du gothique catalan édifié « pour le peuple et par le peuple » en un temps record (cinquante-sept ans) –, le lecteur suit pas à pas le parcours semé d’embûches d’Arnau Estanyol pour conquérir sa liberté. Fils d’un paysan exilé à Barcelone, devenu membre des bastaixos – une confrérie de porteurs de pierres chargée de convoyer leurs chargements jusqu’à la future cathédrale –, puis vaillant soldat du roi, il fait fortune avec l’aide du juif Hasdai, dont il a sauvé les enfants. Le voilà riche cambiste, consul… et époux, bien malgré lui, de la pupille du roi. Malgré son statut et ses nombreuses responsabilités dans la cité catalane, il saura résister aux plus terribles machinations, à l’Inquisition, et n’aura de cesse de défendre les pauvres et les esclaves…Ce roman foisonnant de personnages et de rencontres, de trahisons et d’histoires d’amour est un tourbillon. Acteur et témoin des grands maux de l’époque, son héros est tour à tour confronté aux conflits militaires, aux révoltes populaires, à la Grande Peste et aux hérésies. Par-delà l’intrigue menée de main de maître par Ildefonso Falcones, La Cathédrale de la mer est aussi un chant d’amour à une ville et à ses habitants, ainsi qu’un hymne à la fraternité.

Andrea H. Japp : « Les mystères de Druon de Brévaux »

Un comté de France, en ce début du XIVe siècle, où l’Inquisition fait rage. Un médecin condamné à la Question pour avoir pratiqué des accouchements sans douleur. Une pierre rouge qui a fait couler beaucoup de sang et dont il faut percer le mystère. Des menaces sourdes. Une peur tenace. Et si les ennemis du mire s’en prenaient à Héluise, sa fille, son élève et sa confidente ? Et puis la cabale, et puis l’exil intérieur, et puis la fuite. Héluise contrainte de courir le pays. Druon de Brévaux, lui-aussi mire itinérant, obligé de battre la campagne pour proposer ses services. Sans oublier Huguelin, garçonnet enlevé des mains sadiques d’une tavernière sans scrupules ; la comtesse Béatrice en proie à un complot ; une bête monstrueuse qui sème la terreur. Des traîtrises, des revirements, des puissants qui se jouent des humbles, des innocents sacrifiés sur l’autel du pouvoir et tant de pièges à déjouer, d’énigmes à élucider. La science arrivera-t-elle à déchirer les voiles du mensonge et de l’obscurantisme ? Un comté de France, en ce début du XIVe siècle, où l’Inquisition fait rage. Un médecin condamné à la Question pour avoir pratiqué des accouchements sans douleur. Une pierre rouge qui a fait couler beaucoup de sang et dont il faut percer le mystère. Des menaces sourdes. Une peur tenace. Et si les ennemis du mire s’en prenaient à Héluise, sa fille, son élève et sa confidente ? Et puis la cabale, et puis l’exil intérieur, et puis la fuite. Héluise contrainte de courir le pays. Druon de Brévaux, lui-aussi mire itinérant, obligé de battre la campagne pour proposer ses services. Sans oublier Huguelin, garçonnet enlevé des mains sadiques d’une tavernière sans scrupules ; la comtesse Béatrice en proie à un complot ; une bête monstrueuse qui sème la terreur. Des traîtrises, des revirements, des puissants qui se jouent des humbles, des innocents sacrifiés sur l’autel du pouvoir et tant de pièges à déjouer, d’énigmes à élucider. La science arrivera-t-elle à déchirer les voiles du mensonge et de l’obscurantisme ?

 

XVème siècle / Renaissance

Jean Diwo :

Au temps où la Joconde parlait : 1469. Les Médicis règnent sur Florence. Laurent, « le Magnifique », n’a que vingt et un ans quand il reprend le flambeau, mais on devine déjà en lui un mécène qui va fertiliser cette galaxie sensible et explosive qu’on appellera plus tard la Renaissance…
Une distribution fabuleuse ! A commencer par Leonard de Vinci et ses recherches désordonnées qui le conduisent de Rome à Milan, de la cour des Borgia à celle des rois de France, de la musique et des machines volantes à Mona Lisa… Une vie d’artiste, de nomade. Il côtoie Machiavel, à la verve florentine, mais aussi celui qu’il considère comme son rival, Michel Ange, englué dans ses conflits avec le Vatican, et puis Botticelli, Raphaël, toute une pléiade de génies dont le rayonnement ne cesse de croître… C’était au temps où la Joconde parlait…

les dames du Faubourg (3 tomes)

Les Dames du faubourg (T1) amour, de drames et de joies, parce que les hommes et surtout les dames du Faubourg ne sont pas moroses.
Après avoir terminé son tour de France, Jean Cottion, un jeune compagnon travailleur du bois cherche du travail, il a la chance de trouver un emploi chez Pierre Thirion, maitre compagnon. Jean est très bien acceuilli par Pierre et sa famille qui vivent dans le faubourg Saint-Antoine. Il y restera, se mariera et deviendra a son tour maitre compagnon.
cette histoire s’etend sur plus de 300 ans au depart de Jean Cottion,sa descendance qui reprend le flambeau mais aussi les gens qui gravitent dans le même monde on pourrait parler de André-Charles Boule qui est resté dans l’histoire du meuble un incontournable.

Le Lit d’acajou  (T2) Champs, sa gardienne tutélaire, disparaît dans la tourmente. Mais il faut que la vie continue. La bel Antoinette de Valfroy, restée seule avec la petite Lucie, Ethis, jeune héros de la Bastille, et Marie, chacun essaye de tenir, de vaincre l’angoisse que la Grande Terreur distille plus tard comme un poison. Passent la Révolution, puis le Consulat, arrivent l’Empire et les nouvelles générations. A travers ses personnages anciens et nouveaux, à travers leurs chagrins, leurs joies, leurs amours, Jean Diwo fait revivre ici, au quotidien, trente années de l’épopée de la vieille communauté du meuble : ébénistes, menuisiers, ciseleurs, doreurs de tous bois…

Le Génie de la Bastille ( T3)  Dans ce troisième volet des  » Dames du Faubourg « , Jean Diwo remet en scène Ethis,  » le Parisien débrouillard, le vainqueur de la Bastille « , et sa femme Marie.
De l’union de leur fils Bertrand, poète-compagnon du tour de France, et de la belle Louise, naît Elisabeth, le jour même où l’on pose la première pierre de la colonne de Juillet. Sept ans plus tard, le génie ailé de la Bastille veillera dans le ciel des incomparables ébénistes du Faubourg Saint-Antoine. Et les  » fines lames  » ne perdront rien de leur savoir-faire. Ils le perpétueront à travers les rires, les larmes et les amours, à travers le temps et l’histoire, depuis les révolutions de 1830 et 1848 jusqu’à l’entre-deux-guerres, en épousant le lyrisme de la Belle Epoque puis le style ornemental de l’Art déco.

mon avis sur la saga : Une histoire passionnante. Une histoire du travail du bois et de la confection de meubles, avec tout ce que comporte comme invention, amélioration, nouveautés et techniques. L’histoire du faubourg Saint-Antoine dans lequel les abbesses se succédent avec leur personnalités différentes, certaines plus proches des ouvriers du bois que d’autres, mais dans l’ensemble, de grandes dames toujours prêtes à protéger les ouvriers libres de leur faubourg. Le faubourg qui connait des périodes creuses et des âges d’or et qui prend finallement de plus en plus d’importance. Les époques, les amoureux du bois se succédent, tout comme les rois et les modes qui passent. Certains s’éloigneront du bois pour devenir marchand, nouveau bourgeois, . D’autres deviendront ébenistes du roi ou de la reine. En bref, la vie passe avec son lot de joie et de malheur. Une Saga qui vous emporte et vous apprend beaucoup sur le monde de l’art. La saga commence sous Louis XI… nous entraine dans la Revolution Française, et le troisième tome nous amenera jusqzu’au XIXème….. fini le 3ème tome des Dames du Faubourg de Diwo. Le 3ème tome est plus sur le contexte historique à Paris que sur la sage de la famille. On y suit néanmoins l’evolution de l’ébenisterie, incrustation, art déco…

XVIème siècle

Franck Ferrand : La cour des dames : La Régente Noire – Les fils de France – Madame Catherine

Bertière Simone : « Les Reines de France au temps des Valois » -« Le beau XVIème siècle » – -« Les Années sanglantes »

Les Borgia :
Pigaillem, Henri : « La splendeur des Borgia »: La pourpre et le fer (1489-1503)- Les soupers du Vatican (1504-1588)
Joachim Bouflet «  Lucrèce Borgia »
Reumaux, Patrick : Le Venin des Borgia – Chronique d’un siècle
 
En Espagne :
Ildefonso Falcones « Les révoltés de Cordoue »  : Cette fresque historique se déroule dans les montagnes et les vallées des Alpujarras, dans la seconde moitié du XVIe siècle. Hernando dit le Nazaréen mène la révolte des Maures contre l’Inquisition espagnole

Au Royaume Uni :

C. J. Sansom : Série « Matthew Shardlake » personnage principal est l’avocat Matthew Shardlake, qui travaille pour lord Thomas Cromwell : Dissolution (2004),Les Larmes du diable (Dark Fire) (2005),Sang royal (Sovereign) (2007), Prophétie (Revelation) (2008), Corruption (Heartstone) (2011), Lamentation (Lamentation) (2014)

 
A Malte : Willocks Tim « La Religion » : Mai 1565. Malte. Le conflit entre islam et chrétienté bat son plein. Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, a déclaré la guerre sainte à ses ennemis jurés, les chevaliers de l’Ordre de Malte. Militaires aguerris, proches des Templiers, ceux-ci désignent leur communauté sous le vocable de « La Religion ». Alors qu’un inquisiteur arrive à Malte afin de restaurer le contrôle papal sur l’Ordre, l’armada ottomane s’approche de l’archipel. C’est le début d’un des sièges les plus spectaculaires et les plus durs de toute l’histoire. (voir article)
A Paris : Willocks Tim « Les douze enfants de Paris » : A la veille de la Saint-Barthélemy, un homme arrive à Paris à la recherche de sa femme enceinte.
(voir article sur le livre)

 XVIIème siècle

Jean d’Aillon : « les aventures du notaire Louis Fronsac » Louis Fronsac nait le 1er juillet 16131 à Paris dans ancienne ferme fortifiée de la rue des Quatre-fils. Il appartient à une famille aisée : son père est notaire au Châtelet de Paris. Son parrain, Philippe Boutier, un ami de son père, est conseiller au grand châtelet en 1623. Il a un frère cadet d’une dizaine d’année, Denis.

Bertière Simone : »Les Reines de France, au temps des Bourbons » (tomes 3 et 4) : -« Les deux régentes » – -« Les femmes du Roi-Soleil »

Chandernagor, Françoise « L’Allée du Roi »

Quétel, Claude « Une ombre sur le Roi-Soleil – L’affaire des poisons »

Chevalier, Tracy : « La Jeune fille à la perle »

Rufin, Jean-Christophe « L’Abyssin », suivi de « Sauver Ispahan » est superbe: Il raconte l’histoire de Jean-Baptiste Poncet, apothicaire sous Louis XIV, érudit et aventurier, qui est envoyé en ambassade en Abyssinie pour soigner le Négus (empereur d’Éthiopie). Jean-Baptiste est décidé à mener à bien son voyage pour pouvoir épouser la fille du consul du Caire, mais il est en même temps attiré par toutes ses découvertes et ses rencontres lors de son épopée.

Teulé, Jean « Le Montespan »
Decours, Catherine : « Aimée du roi, Mémoires de Madame de Montespan »
Max Gallo : Louis XIV « Le roi-soleil » – « L’hiver du grand roi »

XVIIIème siècle

 Bertière Simone : »Les Reines de France, au temps des Bourbons » (tomes 5 et 6) : -« La Reine et la favorite » -« Marie-Antoinette l’insoumise »
Françoise Chandernagor, « L’Enfant des Lumières »

Delalande, Arnaud « Les fables de sang » : 1774. Alors qu’à Versailles le pouvoir de Louis XV va passer entre les mains du jeune Louis XVI et de son épouse Marie-Antoinette, une étrange série de meurtres débute: tout commence par cette jeune parfumeuse retrouvée assassinée dans la Galerie des Glaces. Sur son corps figure un billet où sont énoncées 10 fables de La Fontaine, suivies d’un étrange message: « Nous y voilà, Viravolta ; 10 fables choisies pour nous mettre en joie, voulez-vous jouer avec moi ? Le Fabuliste ». Le macabre billet présage sûrement d’autres meutres, savamment orchestrés selon le scénario des célèbres fables… Pourtant, l’espion du roi, le Vénitien Pietro Viravolta de Lansalt est certain d’avoir tué de ses propres mains ce Fabuliste, un prêtre tueur fou… et c’était il y a 4 ans déjà. Le meurtrier serait-il revenu du royaume des morts ? Est-ce une revanche, une conspiration contre le pouvoir ? Un jeu de pistes s’engage dès lors dans les méandres de Versailles pour traquer le Fabuliste sanguinaire…

Parot Jean-François : XVIIIe siècle, le siècle des Lumières, de Voltaire, de Rousseau… à découvrir via les enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Chatelet. Ces romans policiers, écrits par Jean-François Parot, invitent le lecteur à la Cour de Versailles, dans les beaux et moins beaux quartiers de Paris, entre richesse et misère, entre gens de la noblesse et gens du peuple…

Fréderic Lenormand : « Série Voltaire mène l’enquête » (voir article)

Olivier Barde-Cabuçon : la série des enquêtes du commissaire aux morts étranges ( voir article)

Perry Anne « A l’ombre de la guillotine » :  Le 17 janvier 1793, à Paris, la Convention s’apprête à rendre son verdict quant au sort qui sera réservé au roi. Célie Laurent, une jeune blanchisseuse, assiste aux débats. Dans la soirée, la sentence de mort est prononcée. Dès lors commence pour un petit groupe de républicains, dont fait partie la jeune femme, une haletante course contre la montre : ils ont quatre jours pour sauver Louis XVI de la guillotine et lui faire quitter le pays afin d’éviter les conséquences dramatiques qu’aurait son exécution sur une France au bord du chaos. En ces temps troublés, Célie ne devra bientôt compter que sur elle-même pour mener l’évasion royale jusqu’à son terme.

En Italie :

Frédéric Lenormand – Italie – Venise : La série des « Mystères de Venise » (voir article)

XIXème siècle

Dufour, Hortense : « Sissi : Les Forces du destin »

 XXème siècle

En Espagne :

C. J. Sansom : « Un hiver à Madrid » (2008)

Mendoza, Eduardo « Bataille de chats » (2012)

Del Àrbol, Victor : « Un millón de gotas » (2014) v.o.

Les Guerres Mondiales..

Pierre Assouline « Sigmaringen » (2014)

Follett Ken « Le siècle » (3 tomes) (voir article)

Olivier Barde-Cabuçon et la série du « commissaire aux morts étranges »

l’Auteur : Olivier Barde-Cabuçon vit à Lyon. Après un début en cabinet d’avocat, il exerce ses talents de négociateur dans un groupe international. Il écrit ses romans le week-end et pendant les vacances Féru de littérature, d’art et d’histoire, son goût pour les intrigues policières et son intérêt pour le XVIIIe siècle l’ont amené à créer le personnage du « commissaire aux morts étranges »

Alors plus ca va, plus j’aime !

La première enquête,: « Casanova et la femme sans visage » (2012)

Résumé : Après avoir sauvé Louis XV de la mort lors de l’attentat de Damiens, et malgré son peu de goût pour la monarchie, le jeune Volnay obtient du roi la charge de « commissaire aux morts étranges » dans la police parisienne. Aidé d’un moine aussi savant qu’hérétique et d’une pie qui parle, Volnay apparaît comme le précurseur de la police scientifique, appelé à élucider les meurtres les plus horribles ou les plus inexpliqués de son époque. Epris de justice, c’est aussi un homme au passé chargé de mystère, en révolte contre la société et son monarque qu’il hait profondément.

Lorsque, en 1759, le cadavre d’une femme sans visage est retrouvé dans Paris, Volnay doit conduire une enquête sur le fil du rasoir avant que le meurtrier ne frappe de nouveau. Mais entre des alliés aussi incertains que le libertin Casanova et des adversaires redoutables, à qui le commissaire aux morts étranges peut-il se fier ?

Mon avis : Un peu l’impression de suivre une enquête d’un collègue de Nicolas Le Floch.. On y croise le roi, la Pompadour, Sartine.. Le chevalier Volnay dépend directement du roi.. Les intrigues se déroulent entre Paris et Versailles.. Mais il a moins de charme que notre cher Marquis …. Et la langue et les descriptions de J.F. Parot manquent dans ce premier opus (mais ce sera corrigé par la suite)  L’intrigue est bien ficelée.. le contexte historique me plait.. mais je n’ai pas le coup de cœur car je ne me suis pas attachée aux personnages.. je pense qu’une fois les personnages en place cela vaudra la peine de les suivre..

Deuxième enquête : « Messe noire » (2013)

Résumé: Une nuit de décembre 1759, le corps sans vie d’une jeune fille est retrouvé sur la tombe glaciale d’un cimetière parisien. Pas de suspect, et pour seuls indices : une hostie noire, un crucifix et des empreintes de pas. Un panneau placardé sur la grille d’un autre cimetière donne le ton : “Interdit à Dieu d’entrer dans ce lieu.” La tension est à son comble dans la capitale. Sartine, le lieutenant général de police, craint une résurgence des messes noires sous le règne du très contesté Louis XV.

Volnay, le commissaire aux morts étranges et son non moins étrange compagnon, le moine hérétique, se trouvent rapidement confrontés à des forces obscures et manipulatrices. Toujours aussi mal vu du pouvoir en place, sous la férule d’un Sartine plus méfiant que jamais, le duo d’enquêteurs ne pourra compter que sur lui-même pour démasquer les ordonnateurs du rituel satanique.

Dans ce deuxième volet des aventures du chevalier de Volnay, Olivier Barde-Cabuçon reconstitue un Paris pittoresque et inquiétant, où les seaux d’aisance se déversent des fenêtres à toute heure du jour, où les coquins s’emparent des rues à la nuit tombée, et où l’on dit la messe à l’envers sur les tombes. À quelques lieues de là, Versailles étale les lignes claires de ses jardins, comme pour mieux dissimuler les troubles pulsions de ses prestigieux locataires. Entre ces deux pôles opposés, Olivier Barde- Cabuçon noue une intrigue diabolique au royaume du détraquement et de l’inversion des règles établies.

Mon avis : Ah oui ! J’ai bien fait de continuer ! Deuxième enquête passionnante. On y retrouve le Commissaire et le moine, flanqués d’une « agente » de Sartine. On entre tout de suite dans le monde de la magie noire. L’intrigue est bonne, Maléfices et enchantements. L’enquête ne connaît pas de temps morts. On découvre la peur de l’Etat de tout ce qui est sorcellerie. Paris est bien décrit. Les relations entre les personnages s’étoffent et ils deviennent de plus en plus familiers. Les intrigues de cour sont là et bien là. Si j’avais été à moitié convaincue par les personnages du premier, je révise mon jugement. La mise en place des personnages une fois faite, ils prennent de l’ampleur et leur singularité les rend de plus en plus attachants. J’attends avec plaisir la suite de leurs aventures.

 

Troisième enquête : « Tuez qui vous voulez » (2014)

Résumé: Hiver 1759. Alors que s’élèvent les fusées multicolores d’un splendide feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C’est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe. Le commissaire aux morts étranges se charge de l’affaire dans une atmosphère aussi singulière que les meurtres dont il a la charge : les miracles se multiplient au cimetière Saint-Médard, et des femmes se font crucifier dans des appartements discrets pour revivre les souffrances du Christ ; les rues de Paris s’enfièvrent à l’approche de la fête des Fous qu’un mystérieux inconnu invite à ressusciter ; la cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Eon, secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV… Les tensions s’exacerbent dans les quartiers populaires. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Quant au moine, oubliant son âge, il semble se laisser gagner par l’esprit de cette antique fête, où les fous deviennent sages et les sages fous. La royauté est menacée, les interdits transgressés. L’ordre social est-il en train de s’inverser ? Le commissaire aux morts étranges garde la tête froide et mène l’enquête.

Mon avis :  (voir article)

 

Quatrième enquête : « Humeur noire à Venise » (2015)

Résumé: Des pendus qui se balancent sous les ponts de Venise comme autant de fleurs au vent, un comte que l’on a fait le pari d’assassiner dans son palazzio. Autant de raisons pour que Volnay, le commissaire aux morts étranges, quitte Paris et réponde à l’appel au secours de Chiara, son ancien amour. Il espère aussi, par ce voyage, chasser l’humeur noire de son assistant, le moine hérétique, plongé dans une profonde dépression.
Mais, dans la Venise du XVIIIe siècle qui agonise lentement en s’oubliant dans de splendides fêtes, les rencontres et les événements ruissellent d’imprévus. Une jeune fille travestie en garçon, un auteur de théâtre, un procurateur de Saint-Marc manipulateur et son énigmatique fille entament le plus sombre des bals masqués.
Entre rêve et réalité, tragédie et comédie, Volnay et le moine se retrouvent confrontés à des assassins non moins qu’à leurs démons. Avec cette quatrième enquête du commissaire aux morts étranges en forme de parenthèse vénitienne, Olivier Barde-Cabuçon délaisse le temps d’un roman le royaume de l’intrigue pour la ville des masques.

Mon avis :  (voir article)

 

Cinquième enquête : « Entretien avec le diable » (2016)

Une jeune fille possédée par le diable, des villageois qui meurent chaque jour, une abbaye hantée depuis la mort de son abbé, une mystérieuse Dame blanche errant dans la forêt… Le mal aurait-il envahi cette vallée perdue de Savoie ? Et qui est cette jeune fille à la capuche rouge qui semble ne pas avoir peur du loup ?
Sur le chemin qui les ramène de Venise à Paris, le commissaire aux morts étranges et son père vont profiter de leur étape dans ce lieu insolite et reculé pour opposer les préceptes de la raison aux manifestations de l’inexplicable. Temporairement aveugle, le chevalier de Volnay doit s’en remettre à l’ingénue Violetta et à ses sens exacerbés par la tension ambiante. Son père, quant à lui, cache tant bien que mal son excitation sous sa robe de bure : car quoi de plus tentant, pour un moine hérétique, que de s’entretenir avec le diable lui-même ?
Quelque part entre L’Exorciste, Le Nom de la rose et Le Petit Chaperon rouge, Entretien avec le diable est sans conteste le volet le plus détonnant dans la série du commissaire aux morts étranges.

Mon avis(voir article)

Sixième enquête : « Le moine et le singe-roi » (2017)

Résumé : Dans les jardins si carrés de Versailles, tout va de travers. Au milieu de l’enchevêtrement d’allées et de statues moralisatrices du labyrinthe qui orne le plus beau jardin du monde, un horrible meurtre est commis. Un précurseur de Jack l’Éventreur sévit-il sous les fenêtres de Louis XV, le Singe-roi ? Stupéfaite, la cour semble attendre la prochaine victime comme un poulet son égorgeur. Parmi les suspects, rien de moins que le premier chirurgien du roi, un peintre de la cour et la tenancière d’une maison d’un genre très particulier où les relations habituelles entre hommes et femmes sont inversées. Gangréné, Versailles semble devenu le royaume de la transgression des interdits. Dans cette nouvelle enquête du commissaire aux morts étranges, jamais encore les rapports de force n’avaient été aussi exacerbés et l’autorité autant remise en question. Faut-il se soumettre, se démettre ou se révolter ? Le chevalier de Volnay sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, tandis que, tout excité, le moine semble considérer les jardins de Versailles comme un nouveau terrain de jeu. La tension est extrême, les deux enquêteurs abordent la plus périlleuse et la plus fascinante de leurs missions alors que, dans les jardins, le danger rôde partout et surgit souvent de là où on l’attend le moins.

Mon avis(voir article)

Benameur Jeanne « Profanes » (01.2013)

Auteur : Jeanne Benameur est une écrivain française née en 1952 à Ain M’lila en Algérie d’un père tunisien et d’une mère italienne. Elle vit à La Rochelle et consacre l’essentiel de son temps à l’écriture. Elle a étudié la philosophie et l’histoire de l’art.

Elle a écrit entre autres : Laver les ombres (2008) – Les Insurrections singulières (2011) – Profanes, (2012) – Je vis sous l’œil du chien – suivi de L’Homme de longue peine, ( 2013), 48 p – Pas assez pour faire une femme – Actes Sud, coll. Babel, 2015 – Otages intimes (2015) 176 p. Prix du roman Version Fémina – L’Enfant qui ( 2017)

Résumé : Ils sont quatre, ils ne se connaissent pas mais ils vont rythmer la vie du docteur Octave Lassalle qui les a soigneusement choisis comme on compose une équipe – comme avant autour de la table d’opération, mais cette fois-ci c’est sa propre peau qu’il sauve, sa propre sortie qu’il prépare. Cette improbable communauté progressivement tissée de liens aussi puissants qu’inattendus s’apprête à franchir un seuil, celui des blessures secrètes. Un hymne à la vie et un plaidoyer pour la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.(Le Grand Prix RTL-Lire 2013) – Paru chez Babel

Mon avis : un vrai bijou. Tout en finesse, en sensibilité. Un vieil homme engage quatre solitudes pour l’accompagner au crépuscule de sa vie. Des liens vont se tisser. On pénètre au pays du passé, des regrets, des remords, de la solitude, du repli sur soi, des non-dits. 5 personnages qui sont bloqués dans leur parcours de vie, des jeunes et des moins jeunes. Ils vont se croiser et petit à petit, leurs vies vont s’éclairer. Mais ce cheminement vers une fin de vie est tout sauf triste. Nous sommes à la porte du temple de la vie, de la mort, aux frontières du sacré, nous les profanes ; nous pénétrons dans un monde qui fera référence aux croyances des anciens égyptiens à travers les portraits du Fayoum, nous effleurerons la religion…. 5 solitudes se côtoient, toutes différentes, qui ne savent pas à quoi se raccrocher. Le doute qui les habite finira-t-il par se transformer en espoir ? Au travers de la peinture, de la danse, des mots (la poésie des haïkus), du rapport à la nature les personnages vont se révéler. Se révèlera aussi la raison de la solitude de cet homme et ce qu’elle cache.

Un de mes grands coups de cœur (qui vient de paraître en édition de poche)

Extraits :

Réunir, ce n’est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C’est plus subtil. Il faut qu’entre eux se tisse quelque chose de fort

Je m’embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j’ai décidé de ne rien lâcher, rien.

J’ai trop vu comment ça se passait pour ceux qu’on appelle “les patients”. C’est dans les chairs aussi, leur “patience”. C’est cette “patience” que j’ai essayé d’extraire chaque fois que j’opérais. Cette patience-là n’est pas une vertu, quoi qu’on en dise

Ça ne suffisait pas pour en faire des vivants. Juste des guéris

C’est dans la bonne distance qu’on peut aller loin et la bonne distance, elle commence avec ces petits riens

Les mots de ce livre ouvrent dans sa tête l’espace nécessaire qui lui permet de rêver la prochaine toile

Une seule année parfois peut nourrir toute une existence

les tons sont rouges et orangés, sourds, rien d’éclatant mais pourtant une chaleur intense, comme retenue dans chaque fil tissé

Depuis longtemps la nuit est devenue ma vie préférée. L’obscur me soulage. Les choses de la vie s’arrêtent, simplement, puisqu’il fait nuit. Et j’ai la sensation que moi aussi je peux m’arrêter. Un peu

Non, il n’y a pas eu de miracle. Juste le temps qui était passé. Je pouvais à nouveau

Des moments comme celui-là, magiques, ça vous arrache à tout, ça vous pose au centre de la beauté, comme un arbre. Ça permet de rester au monde

Une connivence à installer avec les matériaux mêmes. C’est toujours comme ça qu’il a fait, partout. L’entente secrète avec les objets d’abord. Les gens, après.

La mémoire est une hyène. Elle fouille, trouve toujours un lambeau à arracher

« tentative ». Un mot qu’il aimait. C’était celui qu’il employait pour baptiser le fait de vivre : une tentative. Un mot humble, qui donne le droit de se tromper, d’errer, de recommencer.

Il pense à l’étymologie du mot profane : celui qui est devant le temple. Il est ce profane. Ils sont ces profanes. Au cœur de chacune de leurs vies, le temple. Vif. Le seul sacré qu’il connaisse. Cette vie qui vibre et échappe à chaque pas

Portraits du Fayoum. : Il dit alors sa découverte de ces visages postés au bord de la mort, nus de tout désir d’être regardés par des vivants. Peints pour la tombe … il se dégage de chacun de ces visages, peints pour personne, une solitude et une humanité sans fard. Profonde. Seule la mort peut « dévisager » un être de cette façon. Avec cette simplicité.”

Il parle des peintres, seuls avec leur modèle. De l’intimité de l’étrange commande : peindre un visage uniquement pour qu’il accompagne la momie dans sa sépulture. Un portrait qui ne sera jamais accroché aux murs d’aucune maison, qui ne montrera à aucun enfant sa ressemblance avec l’aïeul. Des visages qui ne sont le gage d’aucune filiation. Isolés dans le temps. Sans ascendance ni descendance.

Ce sont des visages de rendez-vous. Paisibles. Rien de triste ni de morbide là-dedans. Je n’ai jamais vu une telle acceptation de la vie.”

Nous avons, comme on dit, notre temps. Comme si le temps était une affaire qu’on maîtrisait, qui nous appartenait même

La couleur disparaît presque dans le bois, il faut s’appliquer à regarder pour la discerner. Elle se dit qu’elle aussi est comme la couleur, presque fondue dans le bois d’une autre vie. Depuis toute petite. Elle pense aux mains qui ont touché cette porte, au temps qui a patiné la couleur. Sur le bois, c’est beau. Dans une vie, c’est un dommage.

Elle a tellement besoin de vide. Depuis toute petite. Les silences bruissants entre ses parents l’ont trop occupée à l’intérieur. Petite, elle a été dévorée. Le silence des parents est un ogre. Il vous avale dans les questions qu’on ne pose jamais

Toujours prête à venir traîner sa vie dans les affaires des autres

Et c’est tellement fort ce qu’elle ressent. Elle n’a pas de mot. Elle n’en revient pas, comme on dit. Elle n’a pas envie d’en revenir

Elle est restée longtemps là, passant d’un livre à l’autre, s’imprégnant peu à peu de l’atmosphère paisible et en même temps animée, souterrainement, par la quête de ceux qui ouvrent, feuillettent, cherchent le texte qui va leur faire signe, les accompagner quelques heures, quelques nuits, toute une vie peut-être

Elle est venue se glisser là comme entre les pages d’un livre aimé

Elle a besoin ce soir de s’appuyer à l’humanité discrète et forte de ceux qui lisent

son regard est attiré par la couverture d’un grand livre sur l’Afrique. Elle l’ouvre, ne peut s’en empêcher, plonge dans les couleurs.

Il laisse revenir les images. Pour combler quelque chose entre la nuit et lui. Pour que la clarté des étoiles continue à traverser tout le vide et éclaire. Un peu. Puisque la mémoire ne se tait pas, alors qu’elle lui redonne les détails ! Tous les détails ! Et qu’il se remémore tout ce qu’il sait d’elle. Pour la sauver de l’obscur des étoiles mortes

Il y a des moments dans la vie où le temps fait alliance avec la mémoire. Il s’efface, redevient juste une convention pour les horloges, il vous laisse libre de remonter le fleuve

Et sa haine lui avait fait du bien. Elle l’avait protégé du gouffre. Il s’était arc-bouté contre. Oui cette haine lui avait permis de résister. C’était un point focal contre quoi lutter. Tant qu’on lutte contre, la vie tient. La compassion l’aurait fait sombrer.

D’ailleurs, la lecture ne fait pas partie de sa vie. Lui, il aime le cinéma. L’histoire qui se déroule sans qu’il ait à y imprimer quoi que ce soit de personnel

Ce n’est pas la mort qui m’intéresse, c’est la vie. Le sacré c’est ce qui relie les deux et j’ai eu beau chercher aussi bien dans la science que dans la religion, je ne trouve pas l’envers du lien. J’ai vu comment on pouvait faire du mort avec du vivant, ça oui, c’est facile, mais l’inverse, le lien dans l’autre sens, je n’ai jamais trouvé. Comment faire du vivant avec du mort ?

Quand je n’ai plus de refuge, je vais dans les mots. J’ai toujours trouvé un abri, là. Un abri creusé par d’autres, que je ne connaîtrai jamais et qui ont œuvré pour d’autres qu’ils ne connaîtront jamais. C’est rassurant, de penser ça

Dans les portraits du Fayoum, le face à face entre peintre et modèle est toujours saisissant parce que dans ce face à face s’est dit que la mort ne peut être abolie. Ni pour le modèle ni pour le peintre. Ni pour celui qui contemple

Le dessin la peinture, le travail de sa main de peintre, invente une autre dimension. La mort dans cette “éternité” du regard croisé prend sa juste place. Elle ne clôt plus rien. Elle ouvre à une autre conscience

À l’intérieur d’elle, un grand sac de larmes, de questions et de peur mêlées s’est ouvert.

La vie de l’un peut éclairer la vie de l’autre

Le bonheur qui dépend du retour de quelqu’un c’est fragile. Il s’accroche à la paix du rêve pour rester sûr de son retour

Ici, c’est devenu sa deuxième maison. Une maison pour des pensées différentes. Pour rêver

Il a suivi chacune des étapes de sa “reconstruction” comme on dit. Comme si les êtres humains étaient des murs qu’on démolit qu’on reconstruit

On se retourne toujours par la tête d’abord. Les pieds suivent. Quand on avance ce sont les pieds qui mènent, et la tête qui suit.

Ces moments ont existé. Ce bonheur qui a été vécu, rien ne peut faire qu’il ne l’ait pas été. Même la mort. La mort ne balaie rien. Le chagrin peut tout brouiller. Un temps. Comme à chaque fois qu’on est séparé de ceux qu’on aime

Les bandelettes du chagrin l’avaient donc tenu si longtemps momifié

Les bandelettes, elles sont tombées, toutes seules. Parce qu’il a appelé les vivants et qu’ils sont venus jusqu’à lui

Ses pas qui vont s’inscrire sur les pas invisibles des autres, tous les autres, dans la ville, qui marchent, pensent, pleurent ou s’embrasent de joie

Sur le pont, des “paroles gelées” hissées à bord elle ne sait plus trop comment. Et les paroles, réchauffées par les mains des matelots, se mettaient à reprendre vie. Elle a oublié tout le reste de l’histoire. C’est cela qu’elle garde en mémoire de ce texte. Les mots qui reprennent vie. Dans les mains qui les tiennent

Elle a toujours pensé que les mots détenaient une puissance qu’on ne voulait pas connaître vraiment. Les mots peuvent tout changer

Elle, elle s’est mise du côté muet de la parole, avec la peinture

C’est comme si elle avait réchauffé les paroles gelées au fond d’elle depuis toutes ces années

La souffrance est une terre silencieuse. On y marche pieds nus

est-ce que je ne fais pas mourir tout ce que je touche de vivant ? Les fleurs, les plantes, je les garde bien mais les êtres vivants j’ai tellement l’impression que je ne suis plus capable.

Il y a sous la peau des mémoires inquiètes. Les caresses ne les chassent pas, ne les effacent pas. Les mémoires inquiètes sont toujours présentes. Mais elles palpitent.

Les mots de l’amour il faudrait se contenter de les dire au-dessus de l’eau qui coule, dans le vent au bord de la mer. Qu’ils soient portés loin. L’amour on ne devrait jamais l’enfermer, ni dans les bouches, ni dans les cœurs

On ne peut pas retourner ni le temps ni la terre. Mais elle, je suis sûr qu’elle peut me redonner la vraie nuit. Celle qui a une fin et un commencement. Celle qui fait qu’on attend le jour

C’est en elle qu’il trouve l’intime qu’il cherche en lui et quand il sent qu’au plus profond d’elle, elle s’ouvre et se donne, il a la sensation que le monde entier s’ouvre et que c’est lui qui crée sa place dans ce monde.

Quand on peut protéger quelqu’un du malheur, on grandit. Elle a grandi d’un coup.

 

Lire aussi l’avis de Marc Ossorguine sur son nouveau blog

Auteur coup de coeur : Ruiz Zafón, Carlos

Carlos Ruiz Zafón, né le 25 septembre 1964 à Barcelone, est un auteur espagnol; Il habite depuis 1993 à Los Angeles.

Trilogie de la brume : 1. Le Prince de la brume, 2011 (El principe de la niebla, 1993) – 2. Le Palais de minuit, 2012 (El Palacio de la medianoche, 1994) – 3. Les Lumières de septembre, 2012 (Las Luces de septiembre, 1995)

Marina, Robert Laffont, 2011 (Marina, 1999)
Série : Le Cimetière des livres oubliés : 1. « L’Ombre du vent », 2004 (La sombra del viento, 2001)2.  « Le Jeu de l’ange », 2009 (El juego del ángel, 2008)3. « Le Prisonnier du ciel », 11.2012 (El prisionero del cielo, 2011),

 

Trilogie de la brume :

1. Le Prince de la brume, 2011 (El principe de la niebla, 1993)

Publié en Espagne en 1993, ce premier roman de Carlos Ruiz Zafón inaugure une saga, « Trilogie de la brume », qui s’inscrit du côté de la littérature jeunesse. Mais Le Prince de la Brume annonce aussi, déjà, la veine gothique et mystérieuse qui deviendra la marque de fabrique du plus populaire romancier espagnol.

Résumé : « Le Prince de la Brume n’avait jamais complètement disparu. Il était demeuré dans l’ombre en attendant, sans hâte, que quelque force occulte le ramène dans le monde des vivants. »

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irene – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu’un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide.

Mon avis : Dévoré ce premier tome. un regret… seulement 200 pages…

Tous les amateurs de contes devraient adorer… Pour une fois l’histoire ne se situe pas à Barcelone. L’auteur excelle une nouvelle fois à créer une ambiance. Un naufrage, un bateau coulé, un mage qui exauce les souhaits contre… une vie … mais celle de qui ? La trilogie fut au départ reçue comme une trilogie pour ados. Mais les adultes qui aiment les mystères sont envoûtés..

Toujours cliente de ce monde. et toujours une préférence pour « Marina »…..

Extraits :

« Le temps n’existe pas, il n’y a donc aucune raison de le perdre. »

« Les mauvais souvenirs vous poursuivent sans que l’on ai besoin de les emporter avec soi. »

« Certaines images de l’enfance restent gravées dans l’album de l’esprit comme des photographies, comme des scènes auxquelles, quel que soit le temps écoulé, on revient toujours et que l’on n’oublie jamais. »

« Pour la première fois de sa vie, il sentait que le temps coulait plus vite qu’il ne le voulait et qu’il ne pourrait plus se réfugier dans les rêves des années précédentes. »

– 2. Le Palais de minuit, 2012 (El Palacio de la medianoche, 1994)

Résumé : Calcutta, 1916. Un soldat anglais fuit dans les ombres nocturnes de la Cité des palais. Au creux de ses bras, il abrite des jumeaux de quelques jours qu’il vient d’arracher à un mystérieux criminel. Confiés à leur grand-mère, les jumeaux, un garçon et une fille, sont séparés. Sheere reste avec sa grand-mère, Ben est confié à un orphelinat. Le jour de leur seize ans, Sheere retrouve Ben à l’orphelinat. Il s’y est fait six fidèles amis avec lesquels il a formé la Chowdar Society. La nuit, les sept enfants se réunissent dans une grande bâtisse désolée qu’ils ont baptisée le « Palais de Minuit ». À son tour, Sheere est admise à la Chowdar Society. Mais dès que les jumeaux sont réunis, une force maléfique semble se réveiller. Un train de feu tout droit sorti de l’enfer les terrorise. Une ombre liquide s’acharne contre eux. Qui est l’être, ou le démon, à l’œuvre derrière les attaques répétées contre Sheere et Ben ? Pourquoi leur manifeste-t-il une haine aussi implacable ? Interrogeant la grand-mère des jumeaux, fouillant les archives de la ville, les membres de la Chowdar Society découvrent alors la véritable personnalité de Jawahal, le père disparu de Ben et de Sheere. Architecte de génie possédé par une folie homicide, il a bâti l’extraordinaire garde de Jheeter’s Gate. Cathédrale élevée à la gloire de la technologie ferroviaire, ce bâtiment sans égal dans le monde a été la proie d’un terrible incendie le jour même de son inauguration. Depuis, sa carcasse noire, dressée au centre de Calcutta, est hantée par l’âme en colère de Jawahal. C’est au cœur de ce lieu maudit que Ben et Sheere doivent affronter les vérités douloureuses de leur passé. Ensemble, les huit membres de la Chowdar Society s’enfoncent dans les ténèbres de la gare maudite. Au bout des tunnels les attend le plus cruel et le plus attachant des criminels. Il veut l’âme de Sheere et la mort de Ben. Pour cela, il doit détruire l’amitié qui unit les adolescents. Mais l’amour est toujours plus fort que la mort : armés de leur courage, de leur attachement et de leur sincérité, Sheere, Ben et leurs six amis vont tout risquer pour apaiser l’esprit malade de Jawahal.

Mon avis : Dans la lignée de « Marina » … un conte fantastique …

Deuxième volet de la trilogie mais il peut très bien se lire sans avoir lu le précédent. Un groupe d’amis se retrouve entrainé dans une aventure surnaturelle. Cette fois ci ce n’est pas Barcelone qui est le personnage mais une gare et un train fou. Toujours ces ambiances fantastiques, ces rapports forts entre les êtres… J’aime toutes les facettes de cet écrivain, qu’il écrive pour la jeunesse ou pour les adultes.

Extraits :

« Dans l’existence, il y a deux choses que tu ne peux choisir, Ben. La première, ce sont tes ennemis. La seconde, c’est ta famille. Parfois la différence entre les uns et l’autre est difficile à mesurer, mais le temps finit par nous enseigner que nos cartes auraient pu être pires. La vie, mon fils, est comme la première partie d’échecs. Au moment où tu commences à comprendre comment on déplace les pièces, tu as déjà perdu. »

« Nous devions encore apprendre que le Diable a créé la jeunesse pour que nous commettions des erreurs et que Dieu a instauré l’âge mûr et la vieillesse pour que nous puissions payer pour celles-ci. »

– 3. Les Lumières de septembre, 2012 (Las Luces de septiembre, 1995)

Résumé : 1937. La mort de son mari l’ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade, qui n’a pas quitté son lit depuis vingt ans. Passionnément amoureux d’elle, il la soigne personnellement. Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus. Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Composée d’innombrables pièces et corridors qui se perdent dans l’obscurité, elle est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l’amie d’Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l’un de l’autre, tandis qu’une douce amitié rapproche Lazarus et Simone. C’est alors qu’une force criminelle prend possession de Cravenmoore, comme si l’amour et l’affection lui étaient insupportables. Ombre plus noire que les recoins les plus obscurs, elle tue Hannah, cherche à assassiner Irène et Ismaël, attaque Simone, Dorian et Lazarus. Pourquoi manifeste-t-elle tant de jalousie et de haine ? Et quelles sont ses motivations ? En trouvant dans un phare abandonné le journal intime d’une jeune femme disparue des années auparavant, Irène et Ismaël percent peu à peu le mystère de cette force désespérée. Et c’est dans une chambre isolée, au bout d’un long couloir gardé par des marionnettes possédées par une folie homicide, près d’une femme oubliée du monde depuis vingt ans, que les deux adolescents doivent aller traquer la vérité.

Mon avis : De ce livre, qui fait partie des livres pour adolescents écrits par l’auteur, se dégage une fois encore une poésie et une imagination qui me permettent de m’évader. Le mystère et la magie des mondes de cet auteur me prennent à chaque fois par la main pour m’entrainer dans des atmosphères sombres et captivantes, toujours pleines de solitude et de manque mais aussi d’amour, d’aventures, d’amitié. Enchantement, angoisse, mais sur fond de romantisme et d’amour fou. Et de plus j’aime toujours les personnages de Ruiz Zafón. Je les trouve toujours attachants, même les méchants. Et le suspense est là.. Jusqu’au bout. Alors roman pour jeunes, mais aussi pour moins jeunes. Et toujours les thèmes de la mécanique, de la création, de la montre, du temps…

Mon amour pour les écrivains espagnols ( catalans ) ne faiblit pas… au contraire…

Extraits:

 » La lune souriait maintenant entre les branches et teintait la brume de bleu. Le vent excitait les vois sifflantes des milliers de feuilles alentour. Les arbres attendaient son passage comme des spectres pétrifiés. Leurs bras lui tendaient un manteau aux griffes menaçantes. »

« La seule morale que l’on peut tirer de cette histoire, ou de n’importe quelle autre, est que, dans la vie réelle, et à la différence de la fiction, rien n’est ce qu’il paraît être… »

 » Tous les enfants gardent dans leur cœur une place réservée à la femme qui les a mis au monde. C’est comme un point lumineux qui ne s’éteint jamais. Une étoile au firmament. »

« Les masques révèlent le véritable visage des personnes… »

Marina, Robert Laffont, 2011 (Marina, 1999)

Barcelone, Espagne, 1980. Carlos Ruiz Zafon, comme à son habitude situe son roman à Barcelone; ce roman précède les deux premiers publiés en français « L’ombre du vent » et « Le jeu de l’ange ».

Résumé : Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat où il est interne. Où est-il allé et que lui est-il arrivé ? Quand l’histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l’intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu’il est en train d’examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu’un l’observe. Terrorisé, il s’enfuit. En rentrant au pensionnat, il s’aperçoit qu’il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l’audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l’élucidation d’un mystère qui la tourmente : au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d’un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale ? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d’une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s’animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre… Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l’épouvantable scène.

Mon avis : J’ai fini ce livre que j’ai donc lu en v.o.

De nouveau Barcelone, des ambiances troubles et mystérieuses.  Une maison, des personnages d’un autre âge, des ruelles, des bâtiments en ruine, un cimetière, des personnages entre réel et irréel, des disparus… Une Barcelone qui vit dans des souvenirs ou par des souvenirs… un monde de paumés, de fantômes… Encore un livre d’ambiance plutôt que d’action mais un voyage dans le passé en compagnie de Marina et Oscar et de leur quête du passé. Moi j’ai aimé et cela reste mon préféré pour le moment.

Extraits :

« La vie accorde à chacun de nous quelques rares moments de bonheur total. Ce sont parfois des jours, parfois des semaines. Parfois même des années. Tout dépend de la chance. Leur souvenir nous accompagne à jamais et se transforme en une contrée de la mémoire où nous tentons de retourner le reste de notre existence sans jamais y parvenir. »

« J’avais toujours pensé que les vieilles gares de chemin de fer étaient l’un des rares lieux magiques qui restaient encore dans le monde. Là, les fantômes de souvenirs et d’adieux se mêlaient aux départs de centaines de voyages pour des destinations lointaines et sans retour. »

« On ne peut rien comprendre à la vie tant qu’on n’a rien compris à la mort. »

« En temps normal, tu es dans les nuages, mais aujourd’hui tu es carrément sorti de la couche atmosphérique. »

« Un bon ami m’a dit un jour que les problèmes sont comme les cafards : dès qu’on les fait sortir à la lumière, ils prennent peur et s’en vont. »

« Le temps fait du corps ce que fait la bêtise fait de l’âme. Il le pourrit. »

« Peindre c’est écrire avec la lumière. Tu dois d’abord apprendre son alphabet; puis sa grammaire. Alors seulement tu pourras maîtriser le style et la magie. »

« Pendant des années j’ai fui, sans savoir ce que je fuyais. J’ai cru que si je courais plus loin que l’horizon, les ombres du passé s’écarteraient de ma route. J’ai cru que si je mettais assez de distance, les voix dans ma tête se tairaient pour toujours. »

Série : Le Cimetière des livres oubliés :

1. « L’Ombre du vent », 2004 (La sombra del viento, 2001)

Résumé: Le récit débute à Barcelone, après la guerre civile marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Un matin de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est convié par son père, modeste boutiquier de livres, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y ‘adopter’ un volume parmi des centaines de milliers. Il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans de nombreux secrets : ‘L’ Ombre du vent’. Pourquoi les romans de cet auteur mystérieux sont-ils brûlés les uns après les autres ? Pourquoi tant de mystère ?

Mon avis : magnifique, fabuleux. Incontournable, du rêve, de la poésie, de la sensibilité, de l’émotion… La grosse découverte, le gros coup de cœur, un bijou… Surtout ne pas passer à côté…

Extraits :

« Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Chaque fois qu’un livre change de mains, que quelqu’un promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et devient plus fort.»

« un livre est un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous »

« Nous croyons parfois que les gens sont des billets de loterie: qu’ils sont là pour transformer en réalité nos absurdes illusions. »

«Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à notre coeur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais ou tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons-, nous reviendrons un jour.»

« Il faut toujours que les gens qui n’ont pas de vie se mêlent de celle des autres »

« L’attente est la rouille de l’âme. »

« Plus le temps est vide, plus il défile vite. Les vies privées de sens sont comme des trains qui ne s’arrêtent pas dans votre gare. »

« Avec le temps, vous verrez que parfois, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on a, mais ce à quoi on renonce »

2.  « Le Jeu de l’ange », 2009 (El juego del ángel, 2008)

Résumé: Barcelone, années 1920. David Martin, 17 ans, travaille au journal La Voie de l’industrie. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu’il aime le plus au monde : écrire. En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d’autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours – et à laquelle le livre est secrètement dédié – va épouser Pedro Vidal. Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer un texte fondateur, sorte de nouvelle Bible. Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ?

Mon avis : Plus noir que le précédent, ce livre est un mélange de fantastique, de maléfique… J’ai de nouveau beaucoup aimé l’écriture de Zafon, l’intrigue, l’ambiance.. J’avais un peu peur d’être déçue après le premier. Je dois dire que non.. Je recommande

Extraits:

« A l’intérieur, je respirai cette odeur magique du papier que, inexplicablement, personne n’a encore réussi à mettre en flacon. »

« Mes seuls amis d’alors étaient d’encre et de papier. A l’école, j’avais appris à lire et à écrire bien avant les autres gamins du quartier. Là où les camarades voyaient de l’encre semée en chiures de mouche sur des pages incompréhensibles, je voyais de la lumière, des rues et des êtres humains. »

« La peur est la poudre et la haine est la mèche. Le dogme, en dernière instance, n’est que l’allumette qui y met le feu.  »

« Monsieur Sempere croyait que nous faisions tous partie de quelque chose, et qu’en quittant ce monde, nos souvenirs et nos désirs ne se perdaient pas mais devenaient les souvenirs et les désirs de ceux qui venaient occuper notre place. »

3. « Le Prisonnier du ciel », 11.2012 (El prisionero del cielo, 2011),

Résumé : Barcelone, Noël 1957. À la librairie Sempere, un inquiétant personnage achète un exemplaire du Comte de Monte Cristo. Puis il l’offre à Fermín, accompagné d’une menaçante dédicace. La vie de Fermín vole alors en éclats. Qui est cet inconnu ? De quels abîmes du passé surgit-il ? Interrogé par Daniel, Fermín révèle ce qu’il a toujours caché.

La terrible prison de Montjuïc en 1939. Une poignée d’hommes condamnés à mourir lentement dans cette antichambre de l’enfer. Parmi eux Fermín et David Martín, l’auteur de La Ville des maudits. Une évasion prodigieuse et un objet volé…

Dix-huit ans plus tard, quelqu’un crie vengeance. Des mensonges enfouis refont surface, des ombres oubliées se mettent en mouvement, la peur et la haine rôdent.

Foisonnant de suspense et d’émotion, Le Prisonnier du ciel nous rapproche pas à pas de l’énigme cachée au cœur du Cimetière des Livres oubliés.

Où l’on retrouve les personnages de « L’ombre du vent »…

mon avis et les extraits : voir le sujet sur le livre  

 

 

Petite info : Comme j’ai lu la majorité de ces livres en espagnol, je suis allée sur le site de Babélio ( et sur le web) pour prendre quand même quelques petites citations en français)

(J’ai emprunté la photo au blog de Manu Cabañas)

Willocks, Tim « La Religion » (2009)

Résumé : Mai 1565. Malte. Le conflit entre islam et chrétienté bat son plein. Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, a déclaré la guerre sainte à ses ennemis jurés, les chevaliers de l’ordre de Malte. Militaires aguerris, proches des Templiers, ceux-ci désignent leur communauté sous le vocable de « la Religion ». Alors qu’un inquisiteur arrive à Malte afin de restaurer le contrôle papal sur l’ordre, l’armada ottomane s’approche de l’archipel. C’est le début d’un des sièges les plus spectaculaires et les plus durs de toute l’histoire militaire. Dans ce contexte mouvementé, Matthias Tanhauser, mercenaire et marchand d’armes, d’épices et d’opium, accepte d’aider une comtesse française, Caria La Penautier, dans une quête périlleuse. Pour la mener à bien, ils devront affronter les intégrismes de tous bords, dénouer des intrigues politiques et religieuses, et percer des secrets bien gardés. Sur fond de conflits et de mystères religieux, cet ouvrage follement romanesque et d’une érudition sans faille témoigne d’un sens de l’intrigue remarquable. En explorant la mystérieuse histoire des chevaliers de l’ordre de Malte, Tim Willocks, porté par une langue aussi intense que réaliste, évoque autant Alexandre Dumas qu’Umberto Eco. Un classique immédiat.

Mon avis : Vous aimez les romans de Follett « les piliers de la terre », « un monde sans fin » ou les livres de Ildefonso Falcones « La cathédrale de la mer» ou « les révoltés de Cordoue » ? Les grandes fresques historiques, avec un héros, des batailles, un amour ou deux… Alors vous allez aimer ce pavé ! Moi j’ai adoré ! Alors oui.. il y a des scènes de bataille un peu sanglantes.. L’auteur est chirurgien… on ne se refait pas… et puis historiquement parlant, le siège de Malte, qui a duré du 18 mai au 7 septembre n’a pas fait dans la dentelle ! L’île est alors gouvernée par un ordre monastique, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, sous la direction du Grand-Maître Jean Parisot de la Valette (70 ans). Les Turcs, au nombre de 30.000, débarquent sur l’île et tentent d’investir les forts qu’occupent les chevaliers.

J’ai vibré du début à la fin. Tous les personnages sont si bien campés.. On les aime, on les déteste, on tremble pour eux. : le sens de l’honneur, la trahison, l’amitié virile.. tout y est . Le respect du souvenir, les implications du passé… Petite ile, siège impressionnant et le roman est à la démesure ! Je me suis laissée emporter et je l’ai lu d’une traite.. et j’ai adoré ! 1000 pages… mais ce qui est bien, c’est de savoir que c’est le tome 1 de la Trilogie Mattias Tannhauser !

Extraits :

Elle était morte, et en même temps toujours en vie puisqu’elle emplissait son cœur d’un amour qui semblait s’envoler vers l’infini

Alors, aussi furtivement que le son était apparu, le silence lui vola sa place, et l’univers parut vide, et dans ce vide il était assis

Et quand chaque note s’achevait, où allait-elle ? Et comment chacune pouvait-elle être, puis ne plus être ? Ou peut-être chacune se répercutait-elle en écho, jusqu’à la fin de toutes choses, d’un bout lointain de la Création à l’autre ? Encore et encore la musique montait et descendait, et enchaînait et affluait, avec un exubérant espoir et un désespoir démoniaque

« En Arabie, dit-il, on raconte qu’il était un temps jadis où toutes les roses étaient blanches. Une nuit, sous une lune décroissante, un rossignol se posa près d’une telle rose, une grande rose blanche, et quand il la vit, il tomba immédiatement amoureux. À cette époque, on n’avait jamais entendu un rossignol chanter. Ils passaient leurs vies en silence, du début à la fin, mais l’amour de ce rossignol était si fort pour cette exquise rose blanche qu’un chant d’une merveilleuse beauté jaillit de son gosier et il l’entoura de ses ailes en une embrassade passionnée et le rossignol serra la rose contre son poitrail, mais avec une passion si sauvage que les épines percèrent son cœur, et il mourut, ses ailes drapées autour d’elle. Le sang du rossignol avait taché les pétales de la rose blanche. Et c’est pour cela que, depuis, certaines roses fleurissent rouges »

Mais la vérité d’un conte est dans le talent de celui qui l’entend.

Désespéré de plaire comme l’était cet homme, il empestait l’excès de zèle et les ambitions mesquines si communes aux fonctionnaires de province

Il pinça une corde pour observer sa vibration. « La transmutation du mouvement en son, voilà un mystère pour vous. Mais la transmutation du son en musique est encore plus mystérieuse, ..

lorsque l’usage et la beauté sont mariés à la perfection, c’est là que l’on peut trouver la magie sous sa forme la plus pure

Il y avait déjà assez de haine sur terre sans qu’elle y ajoute sa donation

tous ses espoirs – et qui savait quels rêves ? – reposaient désormais entre les mains de son ami, et les espoirs et les rêves d’une femme étaient le fardeau le plus lourd qu’un homme puisse connaître

Des amas de nuages pourpres s’éloignaient de l’est, comme une armée de la nuit fuyant devant l’irruption du jour, et la brise, jamais aussi fraîche ni aussi douce qu’à l’aube,

portait sur ses ailes les voix d’hommes chantant des psaumes.

Et à peine sa bouche avait-elle couverte la sienne qu’il se redressa, lui laissant le souvenir d’avoir effleuré un plaisir trop intense pour qu’on puisse jamais en faire le tour

Pendant un instant il eut cette peur : que tout ceci finisse par fondre, comme un rêve inoubliable qui s’achève sans arriver à sa fin

cette bataille n’était qu’une marque de plus sur une route pavée de tombes. Une route qui datait de sept siècles avant la naissance de tous ceux qui étaient rassemblés ici et qui allait tracer son sillon sanglant pendant d’innombrables siècles encore.

Son imagination ne s’étendait qu’à quelques heures avant ou après le moment présent. Demain était très loin et hier avait déjà disparu. L’ambition était un mystère et ses souvenirs étaient rares

Il y avait un vide dans son cœur, aussi vaste que l’univers autour de lui, et, dedans, il ne trouvait ni grâce, ni chemin qui parût droit, et a fortiori aucun guide

elle était assise sur le mur du jardin, comme si, pour elle, les murs n’avaient été construits que dans ce but précis

dans l’éternité, tous les hommes font partie de l’intelligence divine, comme une goutte d’eau fait partie de la vaste mer. Ainsi nous sommes libérés et ainsi nous devenons un tout, et ainsi nous retournons aux fondements et à la source de toutes choses

Quand on dit que le mariage est un pacte dont seule l’entrée est gratuite, c’est la vérité

La tristesse est le miroir du bonheur. »

L’amour apporte toujours la peur, dit Carla. Ils voyagent main dans la main, car connaître l’amour, c’est savoir que tu peux le perdre. Aimer exige courage et force. Mais tu as les deux

c’était le hurlement primal du plus profond de son cœur. Le hurlement qui faisait écho aux millénaires. C’était la voix d’un dieu dont le pouvoir avait été ancien quand toutes les autres déités n’étaient pas encore nées, dont la domination subsumait toutes les fois et les croyances plus faibles, et dont le règne verrait toutes les autres idoles se changer en poussière. C’était l’ordre de s’agenouiller devant l’autel de la guerre. Une invitation à soulager cette soif qui affligerait toujours les hommes, et qui ne serait jamais complètement étanchée

Seuls les instants de beauté goûtaient à l’immortalité. Tout le reste combiné, toutes ces vanités grandioses pour lesquelles tant peinaient et mouraient ne pouvaient même pas revendiquer la magie d’un songe éveillé

Elle pleura, avec l’étonnement et l’abandon d’une enfant. Elle pleura comme elle n’avait jamais pleuré de sa vie. Un millier de chagrins se chevauchaient à travers elle

Des rubans de pensées et des moitiés de rêves s’enroulaient dans son esprit.

Dans un monde dont l’ascendant était la haine, elle pouvait au moins faire cela. Quelque chose d’éternel devait survivre au milieu de tant de haine, et seul l’amour le pouvait.

Son visage et son cou étaient tannés d’or sombre par le soleil

Un vent torride, issu des déserts de l’autre côté de la mer, envoyait comme des brassées de feuilles enflammées qui volaient vers les étoiles, telles les pages arrachées à un livre de prières qui aurait brûlé, condamné et jamais lu.

les Grecs des temps oubliés, avant qu’ils ne deviennent la race désolée que nous connaissons maintenant, identifiaient quatre éléments fondamentaux de l’univers. Le feu, la terre, l’eau et l’air, mais cela, vous le savez. Pythagore en distinguait un cinquième, et d’essence plus haute – la quintessence –, qui, disait-il, s’élevait vers la Création, et dont les étoiles elles-mêmes étaient constituées, ainsi que toutes les autres choses, vivantes ou mortes. Ce n’est pas seulement le pouvoir de la vie, mais celui de l’être.

De tels moments étaient des fragments d’éternité, comme des perles sur le lit d’un océan inexploré

Il leva les yeux vers elle. Ses yeux si enfoncés semblaient des tunnels forés dans quelque abominable au-delà.

Si j’ai brisé le nœud de nombre d’intrigues, et si j’en ai débrouillé bien d’autres, celle-ci est au-delà de mon génie, car ses fils les plus enchevêtrés sont ceux de mes propres émotions

La cruauté faisait partie de la nature, comme un hiver glacial ; quelque chose à quoi il fallait survivre, puis oublier. Elle ne la laissait pas atteindre le plus profond de son cœur

Silence. Noirceur. Pierre. Un temps sans jours. Un temps sans nuits. Sans soleil. Sans étoiles. Sans vent. Une pureté d’absence totale, conçue pour accabler de désespoir le déshonoré

Envahi par un élixir enivrant fait d’épuisement, de solitude, d’opium et de paix, il errait à travers de vastes rêves, où des visages souriaient, où des torrents de vin coulaient entre les pierres, où toutes les femmes étaient avenantes et tous les hommes doux, et où nombre d’étranges animaux rôdaient sans faire de mal à personne. Être ainsi soulagé de la bataille, de la clameur de la guerre, du fardeau anxieux des compagnons, du besoin de réfléchir, de déterminer et d’agir au cœur même des turbulences du chaos, était un tonique aussi fort que la drogue elle-même

Sa gorge était serrée d’émotions impossibles à nommer, et il les avala.

Smilevski, Goce: La liste de Freud (09/2013)

Auteur : Goce Smilevski est né en 1975 à Skopje, Macédoine. Il a fréquenté le Sts Kiril and Metodij University à Skopje, la Charles University de Prague et la Central European University à Budapest. Il est l’auteur des romans The Planet of Inexperience, Conversation with Spinoza et La Sœur de Sigmund Freud. Il a gagné le prix Macedonian Novel of the Year en 2003 pour le roman Conversations with Spinoza. En 2006 il a aussi reçu le Central European Fellowship pour les jeunes auteurs européens.

Résume de l’éditeur : 1938 : l’Allemagne nazie s’apprête à envahir l’Autriche, les Juifs cherchent à fuir par tous les moyens. Alors qu’on lui délivre des visas pour l’Angleterre, Sigmund Freud est autorisé à soumettre une liste de ceux qu’il souhaite emmener avec lui. Figurent sur cette liste, entre autres, son médecin et ses infirmières, son chien, sa belle-sœur, mais pas ses propres sœurs. Tandis que le père de la psychanalyse finira ses jours à Londres, toutes les quatre sont déportées dans le Camp de Terezin. Adolfina, la sœur préférée de Freud, âme sensible et douée, enfant mal aimée, femme condamnée à la solitude, raconte : l’enfance complice avec son frère adoré, ses aspirations dans cette Vienne de fin de siècle, pleine du bouillonnement artistique et intellectuel, son amour déçu pour un camarade d’université, l’éloignement d’avec son génie de frère, sa rencontre avec Klara Klimt dans un hôpital psychiatrique, son rêve de Venise, sa blessure familiale…

Récompensé par le prix européen pour la Littérature, un roman fascinant qui donne à voir un épisode peu évoqué de la vie de Freud : en 1938, alors que des visas sont attribués pour l’Angleterre, le père de la psychanalyse dresse une liste de ceux qu’il souhaite emmener avec lui, liste excluant ses quatre sœurs qui finiront déportées au camp de Terezin. Dans une Vienne en pleine effervescence, une œuvre vibrante en forme d’hommage à Adolfina Freud, enfant mal aimée condamnée à la solitude.

Mon avis : Alors là, permettez-moi de vous dire que je suis très embarrassée… On va commencer par le style.. c’est très facile à lire, car coté style.. pas besoin de se poser de questions.. Il n’y en a pas … narratif… La seule chose surprenante est l’utilisation du présent de l’indicatif qui nous met de plein pied dans le roman. Roman… toute la question est là. En effet un roman est quelque chose d’imaginé. Alors pourquoi s’appuyer sur l’histoire d’amour et de haine entre les personnes qui composent la famille de Freud – qui semble véridique – et modifier la réalité en inventant le gazage des sœurs de Freud et en nous affirmant qu’elles sont mortes ensemble dans le même camp, ce qui est faux. Pourquoi – dans l’édition française – avoir changé le titre de ce livre, qui était « la sœur de Freud » ?

En 1938, Freud fuit l’Autriche. Il a la possibilité de prendre avec lui autant de personnes qu’il le souhaite. Il ne fait pas figurer ses 4 sœurs sur la liste. (D’autres sources disent que le visa aurait été refusé aux 4 sœurs…CE qui est sûr par contre c’est que les 4 ne sont pas mortes gazées à Theresienstadt ou il n’y avait pas de chambres à gaz et qu’Adolfina est morte de dénutrition) Le livre débute par le récit des 4 sœurs. Elles prennent la parole et racontent leur vie, en commençant pas la fin, à savoir internement toutes ensemble dans un camp. Quand on sait que c’est faux, cela décrédibilise le récit. (oui.. ok.. c’est un roman – mais quand même) Il faut prendre ce roman comme une fiction tragique sur la vie d’Adolfina Freud. On vit dans la Vienne des années 30/45 et on côtoie des sœurs de personnages célèbres comme Clara Klimt, vibrante défenderesse de la cause des femmes, ou Otla Kafka, également sœur de …

J’ai beaucoup aimé les passages et les observations sur la folie, la mélancolie, les références à des textes de Nietzsche, Schopenhauer, Freud, van Gogh ou Nerval – poète que j’apprécie _ mais il faut aussi savoir qu’Adolfina n’a pas été internée pendant sept ans au Nid.. Alors cela finit par me déranger … car la toile de fond est pas fiable… Il faut remettre le titre d’origine, et se dire : c’est un roman sur la Vienne lors de la montée du Nazisme, sur la vie de la Sœur de Freud, la façon dont elle a été maltraitée par sa mère, ses relations avec son frère, la naissance de la psychanalyse. Cette liste… on en parle dans le premier chapitre… et puis c’est tout.

Et cela me donne envie de faire un rapprochement avec l’autre « malaise familial » de l’époque et de la rentrée littéraire 2013, le roman « Le cas Eduard Einstein » de Laurent Seksik ( voir chronique)

Mais lisez le.. juste ayez présent à l’esprit que c’est un roman et non une vérité historique.

Extraits :

« Avec le lait maternel nous avons bu cette amère expérience de nos ancêtres, puis nous l’avons refoulée. »

« Dans notre confiance naïve, nous avons fini par oublier le sort de nos ancêtres persécutés, humiliés, faussement accusés, massacrés. Nous les avons oubliés, nous avons oublié leur sang ; nous, le sang de leur sang »

« Même quand on est seul, les autres existent toujours »

« tu ne regardes qu’en toi-même, voilà pourquoi tu ne peux pas voir les autres. »

« Je n’ai rien à te pardonner. Tu n’as fait aucun mal. Mais tu as omis de faire le bien. Tant de fois dans notre vie nous manquons de faire une bonne action. Et nous ne sommes pas en mesure de savoir laquelle de ces omissions fera du mal à quelqu’un. »

« À présent, je découvre l’hostilité du monde : chaque fois que je sors de la maison, je suis submergée par la panique que suscitent en moi les lieux et les gens inconnus »

« …reste tournée vers le mur, les yeux clos, sentant battre en moi la peur et la douleur dans un même rythme. J’ai peur de la vie, de tous ses secrets qui ne m’ont pas encore été révélés et que je devrai un jour affronter. L’idée de la différence entre le corps de l’homme et celui de la femme me fait mal, tout comme le vague pressentiment des rapports qui les lient »

« … avait oublié ce jour-là la tristesse et la peur qu’il avait provoquées et qui s’étaient déversées sur moi comme une ombre se mêlant à d’autres peurs et d’autres tristesses à venir »

« il plie et déplie mes doigts, ouvre la paume de ma main comme si quelque part, sous la peau, derrière la chair et les os, il cherchait à découvrir ce talent qui doit éclore. « Tu vas apprendre à peindre et à dessiner », me dit-il. »

« Dans sa jeunesse, l’être humain s’imagine que tout ce qu’il désire, il le réalisera un jour ; il le pourrait en effet, mais ce jour n’arrive jamais, non pas parce que ce qu’il désire est impossible, mais parce que, entre le jour où naît son désir et le jour de sa réalisation (le-jour-qui-ne-viendra-jamais), il s’en écoule une quantité d’autres, tous différents, qui brouilleront les pistes et donneront à la vie une autre configuration. Ainsi, peu à peu, son désir d’enfance lui apparaîtra plus tard comme dérisoire, ou insensé, ou parfois même touchant – à moins qu’il ne sombre tout simplement dans l’oubli »

« Désormais, pour moi, peindre signifie chercher – avec les couleurs de la terre où se fondent l’air et le sang – le bien et le mal, l’impuissance et le pouvoir, la menace de la mort et l’attente du salut »

« Ses traits se durcissent, sa voix devient haineuse. De son visage et de sa voix s’échappe un vent glacial qui me frappe de plein fouet. »

« Faut-il que je t’explique ce que le mot “insensé” signifie ? C’est quelque chose de vain, quelque chose qui n’a pas de suite. Tu apprends à marcher pour aller quelque part. Tu apprends à parler pour pouvoir t’entendre avec quelqu’un. Tu mets au monde un enfant pour que la vie continue. Et toi, est-ce que tu sais pourquoi tu dessines ? Tu l’ignores. C’est donc insensé. Et en t’obstinant tu risques même de détruire les choses qui ont du sens. Tu n’arriveras nulle part avec ça. »

« ce venin qui s’égoutte sur le fil ténu qui nous lie encore, nous ne le partageons plus de la même façon, il l’empoisonne elle-même sans m’affecter et elle étouffe dans son impuissance »

« C’est non seulement un excellent peintre, mais aussi un conteur hors pair, capable de transformer ses dessins en récits : il parle du coq et de la poule, du moulin à vent et de la vache, de la laitière et du ruisseau, tous des sujets conçus par sa main »

« …toute attente plus grande que la réalité se termine par une catastrophe, et tout amour plus important que l’être aimé retombe dans la trivialité. »

« Parfois même, je souhaiterais être le spectateur invisible de leur solitude, de ce qu’ils vivent lorsqu’ils sont seuls, séparés l’un de l’autre. J’aimerais partager les images qui peuplent leurs rêveries, écouter leurs pensées les plus intimes, essayant de deviner ce qu’ils pourraient se dire s’ils arrivaient à se débarrasser de leur timidité, de leur réserve »

« Leurs mondes sont complètement différents et cependant ils désirent si fortement être à l’écoute l’un de l’autre »

« Pour Aristote, la femme est une “erreur de la nature”, pour la Bible, elle est l’initiatrice du péché. Pour Tertullien, la femme est la “porte du diable” ; saint Thomas d’Aquin la considère lui aussi comme un “homme imparfait »

« Le bonheur, tout comme le péché, est souvent dans les yeux de celui qui regarde »

« Je crois que le bonheur est quelque chose qui ne  se laisse pas résumer par une définition. C’est tout simplement ce que l’on éprouve »

« La haine ne peut être comprise, on ne peut en détecter les causes ; tout comme le bonheur, elle ne se laisse pas définir, mais s’éprouve »

« le vent frappe parfois si fort qu’il arrache également des lambeaux entiers du moi, et celui-ci se sent impuissant. Et le moi cherche alors un autre moi, d’autres moi, pour l’accompagner sur le chemin de la vie, pendant que le vent du temps hurle tout autour. Il a besoin de ces autres moi non pas pour sa survie matérielle, mais parce qu’il cherche en eux un support pour ce qui le constitue en propre »

« D’un regard, d’un mot, d’un geste, les humains se nourrissent les uns des autres, se soutiennent et se maintiennent. Ils émiettent le moi d’autrui ou le protègent de l’émiettement, ils en recueillent les morceaux et l’aident à se recomposer. Parfois, ils font tous ces gestes contradictoires en même temps : ils nourrissent l’autre et le mangent simultanément, ils le protègent et le détruisent »

« Toute ma vie, je me suis sentie mutilée. De la même manière que les bras manquent à la Vénus de Milo, quelque chose fait défaut à mon âme ; je suis amputée d’une part de moi-même et un sentiment persistant d’absence, de manque, de vide, me rend démunie face aux exigences de la vie. »

« Elles préparent leur avenir et remportent ainsi la lutte contre le temps, tandis que moi je reste seule, tournée vers le passé »

« On dirait que son regard dirigé vers l’horizon en dehors de l’image est tourné vers une autre réalité, là où tout a déjà eu lieu, ce qui est et ce qui sera. Ce regard contient tout le sens du tableau. »

« Pour moi, aucune souffrance sur terre ne peut être réparée par une justice divine et la seule consolation qui existe en ce monde est la beauté. »

« Et, dès ce premier instant, je souhaite demeurer dans la proximité de ce regard, être enveloppée par lui, ne plus jamais le quitter. »

« La fenêtre est un cadre de tableau qui délimite un monde dont je suis l’observatrice isolée »

« Une femme se plonge la tête dans un seau d’eau froide, espérant qu’elle pourra ainsi y noyer les idées fausses qui ont fait intrusion dans son cerveau et brouillent son esprit, et qu’elle finira par récupérer les siennes. »

« Les événements de la réalité et ceux de leur imagination s’entrechoquent et s’entremêlent, et ils cherchent par tous les moyens à justifier leur irrationalité »

« Il est des êtres qui substituent à leur moi un autre moi. Certains d’entre eux, quand ils se regardent dans la glace, y voient Jésus, Napoléon ou un autre personnage illustre. Ceux qui cherchent à les ramener à la raison ne sont que des envieux refusant de reconnaître leur supériorité, ou des créatures minables trop limitées pour voir la réalité. »

« Dans le courant d’une vie, le moi est façonné par l’expérience comme la pierre l’est par la mer au fil des siècles. »

« Certains êtres craignent à tout instant que le monde extérieur ne les submerge, si bien que la limite entre eux-mêmes et le monde n’existe plus »

… « y en a pourtant qui se sentent vides, et ce vide ne peut être comblé ; ils se sentent comme habités par un désert, un désert que rien ne peut rendre fertile. Ce vide les tourmente, mais ils appréhendent plus encore la réalité qui pourrait s’y loger, car ils vivent la réalité comme une menace qui risque d’anéantir leur moi, ce moi inhabité »

« je me dis que dans la mort tous sont à la fois différents et semblables : tous se séparent de leur âme en expirant, mais chacun expire à sa façon. »

« Il existe un abîme entre les fous et ceux qui les ont proclamés tels. Les êtres qui se tiennent sur la berge de la normalité se sentent souvent étrangers les uns aux autres, mais ils savent qu’ils partagent la même berge et la même réalité. Sur l’autre berge, tout être vit dans son monde singulier, car la folie advient lorsque le moi s’arrache à la réalité commune et se retranche dans une non-réalité qui lui appartient. Entre la berge de la normalité et la berge de la folie, il n’y a pas de pont. Il arrive que quelqu’un qui se trouve du côté de la normalité plonge son regard dans le gouffre entre les deux rives et reste prisonnier de ce spectacle. Il se tient quelque temps au bord, puis se fourvoie dans l’abîme. Mais sa chute ne le fait pas disparaître, il réapparaît sur la berge de la folie. Il arrive aussi que quelqu’un sur la berge de la folie cesse de regarder dans l’abîme et dans les profondeurs de son être et, comme par miracle, se retrouve sur la berge opposée. Entre les deux berges, il n’y a pas de pont, et cependant certains êtres passent »

« Dans la vie, tous sont différents. Et dans la mort tous sont différents et tous sont semblables : tous se séparent de leur âme en expirant, mais chacun expire à sa façon. »

« Je sens que je me perds dans la douleur et dans le sommeil, un immense oubli m’enveloppe »

« les destins s’entretissent et forment des toiles invisibles »

« Mes rêves ont des feuilles et des branches, un tronc et une écorce. Mes rêves ont des fleurs et des racines… Mes rêves sont des arbres, ou peut-être les arbres sont-ils mes rêves »

« La folie ne se comprend pas elle-même, et la normalité non plus ne se comprend pas. Et ce qui les sépare, c’est la peur : la normalité a peur de la folie comme la folie a peur de la normalité. Si la folie acceptait la réalité que se partagent les êtres normaux, elle verrait la non-réalité dont elle est victime. Et si la normalité devait plonger son regard dans la folie, elle y verrait des vérités insupportables, non seulement pour la folie, mais aussi pour elle-même, des vérités qui risqueraient de faire craquer sa façade, de faire éclater la carapace qui la protège. Elle se rendrait compte de toutes les anomalies que comporte le monde normal, et ce serait la folie qui régnerait à la place de la normalité. Pour la folie comme pour la normalité, la confrontation avec son envers signifierait la mort, la négation de soi-même. »

« Des voix humaines qui ressemblent au ruissellement de l’eau, au bruissement du vent dans les branches, au piaillement des oiseaux, au grondement des bêtes sauvages, au bruit mat du choc entre deux pierres. »

« Elle se porte comme un charme jusqu’à ses quatre-vingt-dix ans, puis, d’un seul coup, elle se met à vieillir comme pour rattraper toutes ces années où le temps semblait l’avoir épargnée »

« Elle a besoin de se plonger dans le passé, comme si elle cherchait à rattraper quelque chose. Tout comme autrefois elle fuyait le présent pour rattraper l’avenir «

« Entre mes yeux et cette ville se dresse ce voile qui avec le temps devient toujours plus impénétrable et plus obscur, ce voile qui sépare les personnes âgées de tout ce qui les entoure et fait que même ce qui est à leur portée leur échappe comme un élément d’un autre monde, un monde dont ils sont coupés »

« …seul celui qui est frustré du sens de la vie ici-bas, le sens quotidien, cherche un sens divin »

 

Hallyday, Johnny – Sthers, Amanda « Dans mes yeux » (02.2013)

Résume de l’éditeur : «La première fois que je suis monté sur scène, je ne voulais plus en redescendre. La première fois que j’ai fait l’amour, c’était dans le hall de l’immeuble, à la va-vite, avec ma voisine de palier. La première fois que j’ai dit « papa », c’était en parlant de moi. La première fois que j’ai dit « maman », j’avais cinquante ans. La première fois que je suis mort, je n’ai pas aimé ça, alors je suis revenu.»

Mon avis : Affligeant ! Insipide, pleurnichard… Alors oui il parle de ses soucis, il « balance » mais c’est triste… De blessures, certes, mais le « Tout le monde il est méchant avec moi et avec ma femme », tout le monde il m’a exploité, tous les autres ils sont jaloux … faut arrêter le concert de gémissements… C’est bon … on a compris… exploité, trahi, attaqué… C’est la cible de tous les profiteurs et des jaloux… et c’est mal écrit, plat… Jamais je ne regarderais Johnny de la même manière… Derrière les paillettes, l’amertume…

Mais ce qui compte ce sont les belles chansons, la bête de scène.. au final je l’aime bien Johnny!