Nesbø, Jo « Du sang sur la glace » (2015)

Nesbø, Jo « Du sang sur la glace » (2015)

Série « Le pêcheur » ; après le tome 01 de la série, « Du sang sur la glace » (2015)  (Série Olav Johansen ), le tome 02 «Soleil de nuit» (2016)

Gallimard – 26.03.2015 –  156 pages /  Folio policier – 24.03.2016 – 176 pages

 

tome 1 des aventures de Olav Johansen

Résumé : Quand on gagne sa vie en supprimant des gens, il peut être compliqué, voire dangereux, d’être proche de qui que ce soit. Olav est le tueur à gages attitré d’un gangster qui règne sur la prostitution et le trafic de drogue à Oslo. Lorsqu’il tombe enfin sous le charme de la femme de ses rêves, deux problèmes de taille se posent. C’est la jeune épouse – infidèle – de son patron. Et il est chargé de la tuer…

Mon avis : Pas de Harry Hole dans ce petit roman de 150 pages. On pénètre dans l’univers d’un tueur à gages qui est tueur à gages car c’est une activité qui lui réussit et qu’il a échoué dans les autres domaines ; n’est pas revendeur de drogue ou Dodo la Saumure qui veut…
C’est principalement la psychologie de cet anti-héros qui est mise en avant. Il est de fait tout sauf le portrait type du tueur : humain, maladroit, timide, peu sûr de lui, il adore lire et est passionné par « les Misérables » de Victor Hugo. Il est romantique, dyslexique, nul en maths, excellent expéditeur… c’est jouissif, bien rythmé. Pas de temps mort et beaucoup de tendresse et d’humour. J’ai adoré.

Extraits
:
La neige dansait comme du coton dans la lumière du réverbère

Ils tourbillonnaient ensemble, le vent et la neige, tournaient et tournaient sur les quais, dans le noir

les cristaux de neige qui se forment par grand froid sont différents de ceux de la neige mouillée, à gros grains ou croûtée

Je suis – d’après elle – le type de personne qui ne fait que chercher quelque chose à quoi se soumettre. Une religion, un grand frère, un chef. Ou l’alcool et la drogue

J’ai lu un ou deux trucs, mais j’en sais bien peu et en tout cas pas le genre de choses qui peuvent être utiles. Et j’écris plus lentement que ne se forme une stalactite.

dans un marché gouverné par des charlatans, des imbéciles et des amateurs, même une médiocrité pouvait devenir altesse royale Tu n’as été là jusqu’à aujourd’hui que parce qu’il n’y avait personne d’autre. Tu as comblé un vide dont j’ignorais l’existence même.

La phrase avait semblé stupide quand je l’avais formulée dans ma tête. Et elle le sembla tout autant quand je la prononçai à voix haute.

J’aime regarder des films. Pas autant que lire des livres, mais un bon film exerce un peu la même fonction. Il vous convainc de voir les choses différemment

Mais l’avidité est comme de l’eau de fonte, quand une voie est fermée, elle s’en trouve simplement une autre

Son regard se déplaçait sur mon visage, l’absorbait, segment par segment, comme si c’était un plat qu’elle mangeait. Je sais que c’est là l’instant où l’on est censé savoir, lire les pensées de l’autre, sentir l’autre.

Je comptai les secondes. C’étaient là des secondes que nous avions ensemble, des secondes que personne ne pourrait nous enlever, des secondes que nous dévorions ici et maintenant

Je lisais et rêvais. Lisais et rêvais. Ajoutais et retranchais. Ne savais plus avec certitude ce qui était le fruit de l’imagination de l’auteur et ce qui était le fruit de la mienne

Je marchais sur les plaques de verglas à petits pas rapides, genoux légèrement pliés. C’est une chose qu’on apprend quand on est petit en Norvège.

Je n’avais presque plus mal. Et c’était comme si je pouvais m’échapper de tout, comme si cela ne dépendait pas de moi, j’étais un bateau sur un fleuve, et c’était le fleuve qui décidait. Le destin, la destination étaient donnés. Le reste était le voyage, le temps et ce que vous voyiez et viviez sur la rive. La vie est simple si seulement on est suffisamment malade

Il lui arrivait parfois de prendre peur quand elle sentait la puissance de son propre amour. Il était tel un barrage au bord de la rupture, et elle savait qu’entre baigner et noyer quelqu’un dans l’amour, la différence pouvait être infime

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