Nesbø, Jo «Soleil de nuit» (2016)

Nesbø, Jo «Soleil de nuit» (2016)

Série « Le pêcheur » ; après le tome 01 de la série, « Du sang sur la glace » (2015)  (Série Olav Johansen ), le tome 02 «Soleil de nuit» (2016)

Collection Série Noire, Thrillers, Gallimard Parution : 24-03-2016 – 224 pages

tome 2 des aventures de Olav Johansen

Résumé : Chargé de recouvrer les dettes pour le Pêcheur, le trafiquant de drogue le plus puissant d’Oslo, Jon Hansen succombe un jour à la tentation : l’argent proposé par un homme qu’il est chargé de liquider lui permettrait peut-être de payer un traitement expérimental pour sa petite fille, atteinte de leucémie. En vain…
Trouvant refuge dans un petit village du Finnmark, le comté le plus isolé de Norvège, et alors qu’il est persuadé d’avoir tout perdu, Jon croise la route de Lea (dont le mari violent vient de disparaître en mer) et de son fils de dix ans, l’espiègle Knut… Une rédemption serait-elle possible ?
Mais on ne trahit pas impunément le Pêcheur. Et « rien de pire qu’une balle dont on ne sait pas quand elle va arriver… »

Mon avis : Fuite que j’ai bien appréciée… D’ailleurs j’avais bien aimé le premier opus de cette série. Rien à voir avec le personnage du flic légendaire de Nesbø, Harry Hole. C’est un plongeon dans le fin fond de la Norvège, une découverte des régions « Same », un contact avec la population, la nature et la religion locale… Entre la pression de la solitude, l’oppression du lieu, l’étouffement de la religion, l’emprise de la petite localité ou tout le monde voit tout… bien aimé cette ambiance pesante du bout du monde. Une remise en question, un roman noir psychologique et non le thriller sanglant auquel nous habite le couple Nesbø, Harry Hole (j’en ai lu un « Le léopard » que j’ai trouvé bien ficelé)

Extraits :

Par où commencer ce récit ? J’aurais voulu pouvoir dire par le début. Mais je ne sais pas où est le début. Pas plus que quiconque je ne connais les véritables liens de causalité de ma propre vie.

On se fabrique des histoires avec une tête et une queue, une logique inventée, pour que la vie puisse sembler avoir un sens.

Les maisons semblaient avoir été construites à la va-vite, sans soin ni attention. Elles ne paraissaient pas manquer de solidité, pourtant, plus qu’un foyer, elles donnaient l’impression de n’être qu’un toit sur la tête.

Seules quelques maisons avaient des rideaux aux fenêtres. Les vitres nues reflétaient le soleil et ainsi protégeaient des regards. Comme les lunettes noires de quelqu’un qui ne veut pas qu’on examine son âme de trop près.

Vous disposez d’un temps donné, vous brûlez jusqu’au filtre et puis, inexorablement, c’est la fin. Mais l’idée, c’est brûler jusqu’au filtre, ce n’est pas de s’éteindre avant. Enfin, idée, idée, c’était en tout cas mon but. L’idée, en fait, je m’en fous.

Mon plan jusqu’à présent avait été de ne pas en avoir, puisqu’il anticiperait toute stratégie logique que je pourrais élaborer. Ma seule chance était l’arbitraire. Être si imprévisible que je ne savais pas moi-même quel serait mon prochain coup. Mais ensuite, il me faudrait inventer quelque chose. Si « ensuite » il y avait.

Rien de pire qu’une balle dont on ne sait pas quand elle va arriver.

J’ai entendu dire que ta maxime préférée, c’était : le plus dur, c’est toujours la première fois.

nous sommes les chamans simples d’esprit qui ne comprennent pas, qui perçoivent, qui voient.

Je tirai.
C’est-à-dire, je voulais tirer. Ma personne entière voulait tirer. Avait déjà tiré. Sauf mon index droit. Voilà que ça recommençait.

Je sentais que j’allais dire quelque chose, que les mots étaient en route, c’était juste que je ne savais pas encore vraiment ce qu’ils seraient. Quand ils vinrent, ce fut comme s’ils s’étaient constitués d’eux-mêmes, comme si je ne les maîtrisais pas, et pourtant ils étaient nés de la logique la plus limpide.

En sumo, il y a des choses plus importantes que de gagner. Par exemple de montrer de la dignité dans la victoire comme dans la défaite.

La vie consiste essentiellement à essayer des choses sans y arriver.

Et je ne sais pas pourquoi je raconte ça à un étranger. »
Ce n’était que maintenant que j’entendais les pleurs dans sa voix.
« Peut-être justement parce que je suis un étranger.
— Oui, peut-être, renifla-t-elle. Vous allez partir d’ici.

On est amoureux. C’est pour ça qu’on voit, qu’on entend, qu’on sent tout.

Et je me fis pour la première fois la plus triste de toutes les réflexions : il n’y a pas de chemin de retour. Aujourd’hui devient hier, aujourd’hui devient hier sans putain discontinuer, il n’y a pas de marche arrière dans ce maudit véhicule que nous appelons la vie.

En l’absence de prince Valium, je saisis la seule bouée à ma disposition. La bouteille de gnôle.

Comme je le disais, le cerveau est une invention curieuse et merveilleuse.

 

Infos : Les Sames ou Sámi : http://www.terre-des-sames.com/le-peuple-same/les-sames-daujourdhui/

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