Portes, Jean-Christophe « L’évadée du Temple » (2025) 396 pages

Portes, Jean-Christophe « L’évadée du Temple » (2025) 396 pages

Auteur : Français, Né à : Rueil-Malmaison, le 21/03/1966 – Jean-Christophe Portes est journaliste et réalisateur. Il a fait des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs. Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises

Romans :
Série « Victor Dauterive « : L’Affaire des corps sans tête (2015) – L’Affaire de l’Homme à l’Escarpin (2016) – La Disparue de Saint-Maur (2017) –  L’espion des Tuileries (2018) – La trahison des Jacobins (2019) – L’assassin de Septembre (2020) – La femme aux doigts d’or (2022) – La conspiration des Royalistes (2024) – L’évadée du temple (2025)
Série « Le groupe du manoir »  – Minuit dans le jardin du manoir (2019) – Le Mystère du masque sacré (2022)
Série « Lizzie et Mo » – Oscar Wagner a disparu (2023) – Apocalypse Amerika (2024)
Autres Les Enfants du dernier salut (2017), Les experts du crime (2018) – Les nouveaux experts du crime (2021) – Intouchable (2021) 

Enquêtes de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire : tome 9

Présentation de la série )

City éditions – 17.09.2025 – 396 pages /

Résumé :

Mai 1793. La France bascule inexorablement dans la Terreur et la guerre civile. C’est dans ce contexte explosif que le capitaine Victor Dauterive est chargé d’une mission délicate. Danton lui demande d’enquêter à la prison du Temple où est détenue Marie-Antoinette. En effet, des rumeurs affirment que la reine serait sur le point de s’évader, ce qui signerait la fin de la révolution. Alors qu’il enquête, Dauterive est accusé de meurtre : il aurait assassiné Simon Leboeuf, l’un des meneurs sans-culottes les plus populaires de Paris. 

Entre complots royalistes et manoeuvres révolutionnaires, Victor Dauterive doit naviguer dans les eaux troubles des complots et des jeux de pouvoir tout en prouvant son innocence. Sa loyauté est mise à rude épreuve et il risque d’y perdre son travail, son honneur et, surtout, sa vie…

Mon avis: 

Mai 1793 – Aout 1793 

Je retrouve avec plaisir Victor Dauterive, capitaine de gendarmerie qui appartient au Comité de sûreté générale (l’organe policier de la Convention) et sa famille,Marie-Anne, Joseph et la petite Victoire et son ami le député  Charpier.  On y retrouve aussi la Belle Liégeoise, Théroigne de Méricourt ( la pauvre sera agressée et finira  internée à la Salpêtrière) et Olympe de Gouges.
Et l’on va côtoyer de plus ou moins près les têtes pensantes de la révolution : Danton, Barère, Robespierre, Saint-Juste… Pendant cette période, Marat va être assassiné.
La Révolution est corrompue, et le peuple ne comprend pas que la Reine soit emprisonnée dans des conditions inhumaines.
La royauté n’est plus, le roi a été décapité, Marie-Antoinette et ses enfants sont emprisonnés au Temple, les sans-culottes sont de plus en plus influents. Victor Dauterive va être chargé de faire un rapport sur la sécurité de la prison du Temple, de se renseigner sur le personnel. Car une conspiration visant à faire évader Marie-Antoinette de la Prison du Temple est soupçonnée. Va-t-il être en mesure de la déjouer?
On va également entendre parler du futur Musée du Louvre…
Victor a aussi des soucis suite à l’agression et la mort d’un journaliste influent, Lebœuf, qui insufflait la haine… Il y va de sa vie… et il ne faut jamais oublier son passé:  il est Dauterive mais né noble de son vrai nom Brunel, chevalier d’Hauteville et en cette période ça craint!
En plus des actions policières, il y a aussi toute la petite famille qui va devoir faire front et qui risque sa peau…La vie n’est pas simple , surtout sa famille recomposée est quelque peu hétéroclite. Sans oublier que la conception de l’amitié de Victor est tellement forte que pour sauver celle qui est son amie, il est prêt à tout!  Il convient de souligner la place des femmes fortes dans le roman dans lequel Marie-Anne s’impose de plus en plus.
Cette série est extrêmement interessante et permet de connaitre de mieux en mieux cette partie de l’histoire de France. On est dans l’action, on vit dans le Paris de l’époque et on s’y croit! 

Ce que j’apprécie aussi beaucoup :  la partie « Pour en savoir plus » à la fin du livre qui donne des informations  sur les événements et les personnes qui ont réellement existé. Car comme l’auteur entrelace tellement bien les personnages réels et inventés, c’est bien de savoir qui a réellement existé et de les connaitre un peu mieux : Louise Marguerite Quetpée de Laborde, Hébert, rédacteur en chef du Père Duchesne, l’autre tête pensante du mouvement sans-culotte, Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Michonis pour n’en citer que quelques-uns…

Extraits:

— Le peuple, disait Robespierre, est né pour le bonheur et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation des droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l’opprime…

De même, il fallait abolir la tyrannie qu’exerçaient les hommes sur le sexe faible, voilà pourquoi elle avait adhéré il y a bien longtemps à la Société fraternelle des patriotes de l’un et l’autre sexe, qui prônait l’émancipation des femmes.

La mimique de Charpier en disait long de ce qu’il pensait de ces théories concernant le sexe faible. Les clubs de femmes, le divorce, l’émancipation, la liberté de parole, tout cela lui semblait un tissu de sottises. Ils s’étaient plusieurs fois accrochés à ce sujet avec Victor, qui se montrait sensible à certaines idées de son amie Olympe de Gouges.

Un vieux sentiment remontait, si souvent éprouvé lorsqu’il servait La Fayette, cette impression amère de n’être qu’un jouet aux mains des gouvernants, un pion qu’ils déplaçaient au gré de leurs stratégies. En deux ans, rien n’avait changé. Il n’était toujours qu’un faible insecte, emporté par le cours monstrueux de la Révolution.

 Nous sommes en guerre, et c’est une guerre immense contre tous les rois d’Europe.

La Révolution divisait même les meilleurs amis du monde, on ne pouvait plus débattre. De l’enthousiasme des débuts, on était passé à la suspicion puis à la rancœur, et maintenant, à la haine et l’affrontement. Et nul n’y pouvait rien.

Sa vie était rigoureusement organisée, à l’instar de celle du célèbre philosophe Kant, dont il avait lu que les commerçants de Königsberg en Allemagne réglaient leurs horloges au rythme de ses déplacements quotidiens.

Il était de cette sorte d’avocats flamboyants, ces plaideurs insouciants qui préfèrent les orgies aux longues études en cabinet, et qui arrivent à la dernière minute au prétoire, tout débraillés, armés de leur seul culot et de leur voix de stentor.

Après tout, Danton n’avait-il pas sauvé la Révolution, l’été précédent, en déclarant la patrie en danger ? « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » avait-il proclamé, alors que tant d’autres se terraient ou hésitaient. 

3 Replies to “Portes, Jean-Christophe « L’évadée du Temple » (2025) 396 pages”

  1. Voici qui me rappelle que je n’ai pas encore démarré cette série dont le contexte historique me tente bien 🙂
    Sœurette, est-ce aussi bien écrit que les aventures de ce cher Nicolas par Jean-François Parot ?

  2. Petite anecdote liegeoise car Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt dont il est question dans ce livre a donné son nom à une passerelle qui traverse la Meuse au centre de Liège et relie le quartier des Guillemins au parc de la Boverie

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