Martin-Lugand, Agnès « Entre mes mains le bonheur se faufile » (2014)

Martin-Lugand, Agnès « Entre mes mains le bonheur se faufile » (2014)

Autrice : Psychologue de formation, Agnès Martin-Lugand s’est tournée vers l’écriture et a publié un premier roman Les gens heureux lisent et boivent du café (2012) , suivi de  Entre mes mains le bonheur se faufile (2014),  La vie est facile, ne t’inquiète pas (2015) ,  Désolée, je suis attendue (2016), J’ai toujours cette musique dans la tête (2017) ,  À la lumière du petit matin (2018) ,  Une évidence e(2019) 

Résumé : Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée.

Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire…

Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer.

 Mon avis : Alors j’avais bien aimé le premier et ce deuxième a eu le même effet. Une bouffée d’air frais. Il faut se faire confiance, croire en ses rêves et ne pas se laisser déstabiliser par les envies des autres. Un livre vite lu, qui m’a bien plu, Les personnages sont mieux campés que dans son premier roman et je sais que c’est une conteuse d’histoires que je vais retrouver avec plaisir. Pas de la grande littérature, mais des petits moments bien délassants. Plus que tout une analyse des caractères et de la manipulation.

 Extraits :

Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l’homme qu’elle aime. Yves Saint Laurent

Pour une des premières fois de ma vie, je regrettais de ne pas avoir la télévision. Je ne la regardais jamais, mais quelque chose me disait que sa compagnie n’aurait pas été de trop durant mes futures soirées en solitaire

J’avais l’impression d’être un rat de laboratoire dont on étudiait le comportement, et je n’y pouvais pas grand-chose.

Il ne lui manquait plus que les grosses charentaises écossaises pour compléter le tableau. J’aurais pu être en jogging et tee-shirt informes, ça aurait eu le même effet : il finit par piquer du nez. Sa tête tomba sur mon épaule. J’étais partagée. Comment lui en vouloir d’être épuisé après sa semaine de boulot à l’hôpital ? Et pourtant, j’attendais qu’il s’occupe un peu de moi, qu’il me pose des questions. Qu’il me remarque ? Ce ne serait pas pour ce week-end

J’ai juste envie de te retrouver, j’ai envie de sentir que tu m’aimes, et de te montrer que je t’aime. Je ne te demande pas la lune ! – Accepte un peu de grandir, nous ne sommes plus un jeune couple. Tu lis trop de romans à l’eau de rose. J’ai un travail qui me prend beaucoup d’énergie et qui ne me permet pas de jouer la sérénade à longueur de temps. Et dis-toi une chose : je fais ça pour nous

Dans mon lit, les yeux braqués vers le plafond, je cherchais le sommeil. Je me tournai et me retournai, fermai les yeux de toutes mes forces, puis les ouvris en grand. J’aurais voulu rembobiner. Je me repassais le film de la soirée. Je m’observais, comme extérieure à mon propre corps, et je voyais une étrangère

Ce fut chacun de son côté que nous nous rendîmes sur les lieux de la soirée. Un couple, deux voitures. Cherchez l’erreur.

Nous traversions de grandes plages de silence, comme si nous n’avions rien à nous dire, ou que le dialogue pouvait nous faire glisser sur une pente dangereuse

 

2 Replies to “Martin-Lugand, Agnès « Entre mes mains le bonheur se faufile » (2014)”

  1. Ce n’est pas toujours le cas mais cette fois-ci, je suis d’accord avec toi.

    Ce roman est moins brouillon, plus travaillé que «Les Gens heureux lisent et boivent du café», la psychologie des personnages a été développée avec davantage de soin, ce qui les rend plus attachants.

    J’ai donc été prise par l’histoire au point de veiller plus tard que d’habitude car mon côté midinette voulait en connaître la fin.

    Un bon petit livre de vacances, sans prétention et bien sympa.

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