Dahl, Kjell Ola «Faux-semblants» (2012)

Dahl, Kjell Ola «Faux-semblants» (2012)

Série Gunnarstranda et Frank Frölich (3ème enquête)

Résumé : Oslo, au cœur de la nuit. Le corps sans vie d’une jeune femme est retrouvé dans une benne à ordures. Nu, le cadavre a été soigneusement enveloppé dans un film plastique, les parties génitales ébouillantées, comme si l’on avait cherché à masquer une quelconque trace de viol. Dépêché à l’institut médico-légal, l’inspecteur Frank Frölich est chargé de l’enquête. Quand il découvre le visage de la victime, son trouble est manifeste.

Cette femme, il ne la connaît que trop bien : la veille, il l’a arrêtée en flagrant délit mineur de possession de stupéfiants avant de la croiser quelques heures plus tard au bras d’un vieil ami d’enfance perdu de vue depuis des années et qui célébrait son mariage. On dit souvent que la mariée est trop belle. Celle-ci semble trop mystérieuse… Tiraillé par ce conflit d’intérêt, et alors qu’une nouvelle affaire éclate avec la disparition d’une jeune étudiante ougandaise, Frank Frölich se rend vite compte qu’il va devoir replonger dans les moments troubles de son adolescence pour trouver les clés du mystère… Pour la troisième enquête de Gunnarstranda et Frölich, Dahl a décidé de mettre la focale sur Frölich, son héros le plus sombre et le plus torturé.

Dans ce roman de la divagation et de la dissimulation, nous sommes face à des personnages en rupture, en fuite dont la psychologie est un mélange explosif de rationalité, de passion et de superstition. Pas de course-poursuite pétaradante, mais une progression psychologique en creux, pas à pas, comme si nous levions le voile sur les traumatismes de la jeunesse et les secrets sur lesquels nous nous construisons.

 

Mon avis : J’avais déjà bien aimé la première enquête de cette paire de policiers, « L’homme dans la vitrine ». J’ai à nouveau bien aimé. On avance et on recule, on exploite des pistes, on tâtonne et on doute. Frölich est humain. Quand son passé ressurgit, il essaie en même temps d’y prêter attention et en même temps de refouler ce qu’il ne veut pas voir. Tous les personnages sont crédibles, plus ou moins sympathiques mais on est totalement ancré dans la réalité. Pas de sensationnalisme, juste une enquête avec des tas de fausses pistes, de possibilités, de remises en question. Je recommande et je vais lire les autres, au fil de mes trouvailles.  Le style est fluide et c’est très sympa à lire. Pas sanglant, pas trépidant, un brin psychologique.

Extraits :

La première chose que l’on apprend en France à propos des vins, c’est que le champagne va avec tout. » Elle cligna des yeux. « Le champagne est aux femmes ce que le lait est aux jeunes enfants.

Et pour finir, je travaille dans la comptabilité, mais je ne suis ni bornée ni sinistre, comme le prétendent les mythes sur les comptables. »

Le travail envahit son esprit, comme une éponge aspire l’eau.

Ce qui comptait, c’était de partager le même humour, d’être fan de la même musique, d’avoir lu les mêmes livres, d’avoir un comportement similaire.

Il croisa ses bras musclés sur sa poitrine et s’appuya sur le capot de la Mustang. Les lunettes de soleil, le buste qui formait un V et sa pose faisaient de lui la caricature qu’il adorait être.

les amis que nous avons eus enfant restent dans notre esprit tels quels, même lorsque nous les revoyons après un long moment.

La présence de son ami lui faisait l’effet d’une chape collante et pénible sur les épaules. Il avait envie qu’il disparaisse.

ça coûte peut-être moins cher d’avoir une petite voiture, mais conduire, c’est pas seulement une question d’avoir du pognon à la banque. Faut pas oublier le confort. Dans une petite bagnole, tu es secoué, tu es bringuebalé dans les virages, et quand tu es arrivé, tu es infiniment plus fatigué que si tu étais installé confortablement dans une américaine, avec un moteur comme il faut et une suspension comme il faut. »

« D’où venons-nous et où allons-nous ? N’est-ce pas la question que nous nous posons chaque jour de notre vie ? »

Il veut satisfaire les attentes des autres, être accepté par ceux qu’il admire. C’est sur ce plan-là que ça se passe. Son problème, pendant toutes ces années, a été de choisir de mauvais modèles.

 

Il se rendit compte qu’il était ivre, mais ne le sentait pas.
Ses jambes trouvèrent le chemin, même si sa tête ne suivait pas.

 

Elle se réveilla en sursaut et se dit que la vie était comme une balançoire qui ne veut jamais s’arrêter.

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