Lanez, Emilie «La garçonnière de la République» (2017)

Lanez, Emilie «La garçonnière de la République» (2017)

Auteur : Émilie Lanez, journaliste au Point, est l’auteur de Même les politiques ont un père (Stock, 2015) et d’Addict, avec Marie de Noailles (Grasset, 2016).

Résumé : Caché par des arbres centenaires, protégé par des dizaines de caméras à infrarouge, le petit palais est invisible. Ce qui se trame au fond du parc de Versailles nous échappe : la royauté a des charmes que la démocratie ignore…
Ceux qui ont été invités à La Lanterne affectent d’avoir tout oublié. François Hollande lui-même, pourtant prolixe, fait répondre qu’il peut parler de tout, tout… sauf de La Lanterne, le lieu le plus secret de la République.
Quand ils s’y installent, nos élus se croient à l’abri des regards. Maîtresses, courtisans, copains, chanteurs, argent liquide et toiles de maître, ils s’adonnent ici à mille caprices, abusent de leurs privilèges et s’enivrent de ne pas avoir à rendre compte.
Dans ce décor charmant, les personnages s’appellent Cécilia et Carla Sarkozy, Valérie Trierweiler et Julie Gayet, François Mitterrand, Jacques Chirac, André Malraux, sans oublier les jardiniers, serveurs, cuisiniers et gardes du corps. Les réveillons du président, les serviettes armoriées pour les amis, les visiteurs du dimanche, et les draps blancs froissés au petit matin… Cinquante ans de vie politique française dévoilés.

Avis : 160 pages.. vite lu… et édifiant… La monarchie n’existe plus en France mais les rêves de grandeur et les comportements qui vont avec ne semblent pas avoir totalement disparu… Le peu qui nous est dévoilé montre l’opacité de certains et de certaines… Les amours se nouent et se dénouent, les femmes abandonnées s’abandonnent, les mariages se célèbrent… et l’argent du contribuable sert à nourrir et à délecter le palais de ceux qui fréquenter ce 6 Etoiles grand luxe avec grands crus . Ce qui choque également est de voir le monde qui sépare les personnes qui s’occupent de l’entretien dans des logis à peine isolés (la Poulinière et La Ménagerie) et « La Lanterne » chauffée même quand elle est vide (au cas où…)

Et certains, de gauche comme de droite ne sont pas présentés sous un jour très favorables. Si les Chirac, les Jospin, les Balladur, les Villepin semblent avoir des comportements corrects, certains comme Mme Fabius se montrent sous un jour bien désagréable et méprisant. On notera aussi ceux qui se servent de cet endroit pour le travail, pour les vacances, pour festoyer au frais des contribuables (Rocard y prend largement ses aises). On verra comment la culture sera remplacée par le show-business avec l’arrivée au pourvoir de Sarkozy, qui mettra la main sur le lieu en en changeant le bénéficiaire avant même son accession au pouvoir. Peintres et écrivains cèdent la place aux chanteurs et aux acteurs…

Un peu d’histoire, mais trop peu à mon gout. On y apprend quand même pourquoi elle s’appelle « la lanterne » ; j’ai bien aimé les quelques lignes qui traitent de la « Laiterie », de « l’Ecurie ». Le Chapitre 7 est je pense celui qui m’a le plus intéressé, pour le côté historique des bâtiments : naissance, vécu, restauration après les bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale pour être rendue au Public.. et puis non…

Voilà un endroit ou la transparence – financière au moins – ne serait pas un luxe… Car coté gestion… beaucoup de liquide, pas ou peu d’informations transmises par le pouvoir… le flou total.. Va savoir de qui elle dépend … de la Culture, de Matignon, de l’Elysée, de l’Intérieur… Bonjour l’embrouille…

 

Extraits :

La jolie bâtisse XVIIIe commence son existence sous le signe, prophétique, du caprice de Cour. Le prince de Poix est un personnage, sous Louis XV, « le maître tout-puissant du domaine »

Réminiscences de la Cour, vestiges de l’absolutisme versaillais, La Lanterne prolonge l’héritage, elle incarne notre identité politique irrésolue. À La Lanterne, nos élus vivent comme des rois.

Nicolas Sarkozy est heureux d’être arrivé dans cette résidence incarnant mieux qu’aucune autre l’essence monarchiste du pouvoir à la française.

À Versailles, le chef de l’État se repose, il se promène, il se délasse, il reçoit et, surtout, il dépense sans rendre compte. La République et son exigence de transparence comptable ne franchissent pas le mur d’enceinte du pavillon du prince de Poix.

l’écurie, transformée sous Malraux en « écuriethèque ». Le ministre des Affaires culturelles de De Gaulle obligeait, chaque dimanche, son épouse pianiste, Madeleine, et Alain, le fils de celle-ci, à ranger dans l’ordre alphabétique les piles de livres reçus. Depuis, les lignées d’étagères en bois brut ont été enlevées, et d’ailleurs la maison ne contient aucune bibliothèque, à croire qu’on n’aime point y lire.

 

Info : J’ai découvert  les aquarelles intérieures de Mattei Popovici …

3 Replies to “Lanez, Emilie «La garçonnière de la République» (2017)”

  1. Lu aussi pendant mes vacances et je partage ton avis à 100% !!!
    Moi qui suis belge, je me sens un peu moins concernée par le côté politique mais vivement intéressée par le côté historique et mystérieux de cette bâtisse 🙂

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