Sansom, C.J. «Lamentation» (2016)

Auteur : Né en 1952 à Édimbourg, Sansom a suivi ses études à l’université de Birmingham, où il a obtenu un Bachelor of Arts (Licence) et un Ph.D. (Doctorat) en Histoire. Après de multiples emplois, il a décidé de se « recycler » en tant qu’avocat-conseil. Il a quitté son travail afin de devenir écrivain à temps plein.

Les Larmes du diable a gagné le prix Ellis Peters du roman historique décerné par la Crime Writers’ Association en 2005 et il fut finaliste du même prix pour ses romans Dissolution et Prophétie.

La plupart de ses livres se déroulent au XVIe siècle et son personnage principal est l’avocat Matthew Shardlake, qui travaille pour lord Thomas Cromwell dans les deux premiers romans de la série, puis pour l’Archevèque Thomas Cranmer dans les deux suivants et enfin pour la reine Catherine Parr dans le dernier. Il a également écrit « Un hiver à Madrid » qui est un thriller d’espionnage qui se déroule en Espagne en 1940 et « Dominion » ( Et si les nazis avait conquis l’Angleterre ? Et si la Seconde Guerre mondiale avait pris fin en 1940 ? Soudain, l’Histoire prend un tout autre tournant…)

Série « Matthew Shardlake »

Tome 5 « Lamentation »

Mêlant histoire et suspense, une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, l’avocat bossu, humaniste et brillant, chargé de sauver la reine d’une terrifiante chasse aux hérétiques. Mais quand les amis Protestants sont plus dangereux que les ennemis Catholiques, à qui peut-on se fier ? Et si par sa loyauté, Shardlake s’était frayé une voie royale vers le bûcher ? Un sixième tome qui clôt le règne d’Henri VIII, sur fond de tensions religieuses, de machinations et de passions.

Sombres machinations, passions dévastatrices et tensions religieuses au cœur de l’Angleterre tourmentée des Tudor ; une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, le talentueux avocat bossu, confronté au plus grand des défis : sauver la reine.

Rien ne va plus au royaume des Tudor : alors qu’il s’apprête à pousser son dernier soupir, le tyrannique Henri VIII tente un ultime rapprochement avec le catholicisme dans l’espoir de recommander son âme à Dieu. La chasse aux hérétiques protestants est de nouveau ouverte, les bûchers ne désemplissent plus.

C’est dans ce contexte explosif que Matthew Shardlake est contacté par Catherine Parr, sixième épouse du souverain. Celle-ci est terrifiée : fervente protestante, elle a couché ses pensées dans un journal intime qui a disparu, et dont quelques feuillets ont été retrouvés chez un imprimeur… fraîchement assassiné. Et si les conseillers catholiques du roi avaient en leur possession la preuve de l’hérésie de la reine ? Que risque-t-elle si l’affaire arrive aux oreilles d’Henri VIII ?

Prêt à tout pour aider sa fidèle protectrice, Shardlake se lance dans une enquête particulièrement dangereuse. À qui se fier ? Les amis protestants seraient-ils plus dangereux que les ennemis catholiques ? Comment infiltrer le milieu des fanatiques sans risquer d’être soi-même accusé d’hérésie et de finir au bûcher ?

 

Contexte (note de l’auteur)

En 1532-1533, Henri VIII avait rejeté la suprématie du pape sur l’Église d’Angleterre, mais durant le restant de son règne il oscilla entre deux tendances : le maintien des rituels catholiques traditionnels, d’une part, et l’évolution vers des pratiques protestantes, d’autre part. Ceux qui souhaitaient garder les rituels traditionnels – certains d’entre eux auraient même souhaité faire de nouveau allégeance à Rome – étaient appelés conservateurs, traditionalistes, voire papistes. Ceux qui voulaient adopter les pratiques luthériennes, et plus tard les pratiques calvinistes, étaient appelés radicaux ou protestants. Les termes « conservateur » et « radical » n’avaient alors aucune connotation politique.

En 1546, la pierre de touche de la croyance acceptable était l’adhésion à la doctrine catholique traditionnelle de la « transsubtantiation », selon laquelle le pain et le vin consacrés au cours de la célébration par le prêtre de l’Eucharistie deviennent véritablement le corps et le sang de Jésus-Christ. Henri VIII ne s’écarta jamais de cette croyance traditionnelle. Selon l’« Acte des six articles », de 1539, nier ce dogme constituait une trahison, le coupable étant passible du bûcher. L’autre article de foi fondamental selon Henri VIII était la « suprématie royale », à savoir que Dieu avait décidé qu’en matière de doctrine les monarques, et non pas le pape, étaient les arbitres suprêmes dans leur pays.

Mon avis: C’est toujours un plaisir de retrouver Matthew Shardlake et Barak… L’Histoire et l’histoire sont une fois de plus au rendez-vous. Un gros pavé, certes, mais fascinant de bout en bout. Extrêmement bien documenté une fois encore, nous vivons les derniers mois du Roi et les magouilles pour accéder à la régence… Notre brave avocat va au-devant des pires dangers, il navigue en eaux troubles, ne sait pas trop à qui se fier… Son entourage est bien peu fiable… les ennemis sont partout. Au péril de sa vie et de ses deux employés, Barak et Nicholas, il va tenter de mener l’enquête pour voler une fois encore au secours de la Reine Catherine. Il va en parallèle travailler sur une sombre histoire d’héritage qui va opposer un frère et une sœur… Espérons qu’il va arriver vivant à la fin de l’épisode et que nous allons le retrouver pour la suite…

Extraits :

Ils avaient tous les trois fait leur ascension sous Thomas Cromwell, avant de virer vers la faction conservatrice du Conseil privé après la chute de Cromwell, pliant et se contorsionnant selon le sens du vent, hommes toujours à deux visages sous un seul bonnet.

Comme vous vous en êtes sans doute déjà rendu compte, soupira-t-il, la cour est un endroit où règnent la peur et la haine. La véritable amitié en est totalement absente. Même au sein d’une famille. Les Seymour se querellent et se donnent des coups de griffes comme des chats.

Vous connaissez la devise de la reine ?
— “Faire œuvre utile”.

On ne sait jamais, conclut-il d’un air sombre, si les fous sont toujours aussi idiots qu’ils le paraissent.

Vous savez, repris-je après quelques secondes, j’ai toujours considéré que les gens qui ont une fois inébranlable, qu’ils soient d’un bord ou de l’autre, sont les hommes les plus dangereux. Mais, tout récemment, je me suis demandé si je ne me trompais pas et si les pires n’étaient pas ceux qui, comme certains personnages très haut placés à la cour – Wriothesley ou Rich –, passent d’un bord à l’autre pour satisfaire leur ambition.

En ce qui concerne les questions de foi, répondit-il d’un ton chagrin, il vaut mieux parler avec la sagesse du serpent qu’avec l’innocence de la colombe, selon les propres paroles de Jésus-Christ.

 

Lien vers : Série « Matthew Shardlake » : http://www.cathjack.ch/wordpress/?p=1139

 

Image : Catherine Parr, sixième épouse du souverain

3 thoughts on “Sansom, C.J. «Lamentation» (2016)

  1. Pas encore lu, mais je suis fan de la saga, donc si tu recommandes en plus !…

    Cordialement, natalilou

  2. Tout à fait d’accord avec le commentaire de Catherine. J’ai d’ailleurs lu toute la série en anglais et je suis en train de la relire en français, toujours avec le meme plaisir.
    Félicitations pour votre blog (je débarque).
    Fouad

    • Merci pour ce commentaire. Cela fait toujours plaisir ces petits mots qui montrent que je partage avec des autres lecteurs.

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