Ekberg, Anna «La femme secrète» (2017)

Auteurs : un duo : Anders Rønnow Klarlund et Jacob Weinreich (qui a déjà travaillé ensemble sous le pseudo A. J. Kazinski.  1er roman sous ce pseudo (448 pages) Editions Cherche-Midi

Résumé :

Et si vous aviez l’occasion de devenir quelqu’un d’autre ?
Louise Andersen, la quarantaine, vit dans un petit village retiré sur l’île de Bornholm, au Danemark. Elle partage l’existence d’un écrivain, Joachim, de dix ans son aîné. Leur vie, sans histoires, est routinière. Jusqu’au jour où un homme, Edmund, arrive sur l’île et reconnaît Louise : c’est sa femme, Helene, disparue sans laisser de traces trois ans plus tôt. Il en est convaincu. Et tout porte à croire qu’il a raison. Louise, stupéfaite par cette confusion, va essayer d’en savoir plus sur Helene, dont la vie semble avoir été beaucoup plus mystérieuse et exaltante que la sienne. Mais si se mettre ainsi dans la peau d’une autre femme a quelque chose d’enivrant, on peut aussi y perdre la raison… voire bien plus.
En dire davantage serait criminel. L’intrigue magistrale mise en place par Anna Ekberg dans ce premier roman qui fera date déjoue en effet toutes les attentes et les suppositions du lecteur, au rythme de rebondissements incessants. Au-delà du suspense, à couper le souffle, elle nous livre un magnifique portrait de femme en perte de repères. Si vous avez déjà rêvé de changer de vie, ce livre est fait pour vous.

Mon avis :

Je continue sur le thème de la disparition après le livre « Summer » de Monica Sabolo…

C’est le commentaire de Sophie Peugnez de Zonelivre qui m’a donné envie de lire ce livre qu’elle a qualifié de « surprenant et captivant «  ( lire : https://nordique.zonelivre.fr/anna-ekberg-femme-secrete/ )

De plus en plus présente me semble-t-il dans les romans, l’amnésie… : parfois du côté des personnages et parfois des enquêteurs (Monk dans la série des romans de Anne Perry) ; Ingrid Desjours dans «La prunelle de ses yeux» en a fait également le sujet de l’un de ses romans, par le biais de la cécité de conversion…

J’ai beaucoup aimé ce livre. Je voudrais tout d’abord dire que le résumé est quelque peu réducteur… Ce n’est pas simplement une histoire de femme et de manque de repères… C’est les dessous d’une disparition… Effectivement l’histoire de la femme Louise/Hélène est au centre de l’intrigue mais plus Helene et Joachim vont tenter de percer le mystère, plus le passé va se dévoiler et plus le livre va devenir glaçant… Après les eaux du lac Léman de « Summer » de Monica Sabolo, les eaux danoises semblent aussi bien troubles… Suspense jusqu’au bout… et je ne vous en dirait pas davantage car je vous laisse vous enfoncer…

Extraits :

Ce doit être un mécanisme de survie de choisir de se concentrer sur une chose aussi minuscule et insignifiante alors que tout son monde est en train de s’écrouler.

Hemingway, Blixen… Tous les grands. Un amour déçu, voilà le seul fioul qui fait avancer les écrivains.

[…] ses tripes hurlent « non ». Il ne veut aucun détail. Tout ce qu’un homme a besoin de savoir, c’est que sa femme l’aime.

Elle était capable de leur parler de la pluie et du beau temps. Elle était capable de répondre à leurs questions inquiètes. Mais à l’intérieur, elle n’était qu’un vide retentissant, qu’elle palpait sous toutes les coutures sans parvenir à le comprendre.

La belle Hélène. Zeus, déguisé en cygne, mit Léda enceinte. Sa fille Hélène sortit donc d’un œuf, belle et blanche comme ce volatile. La plus belle de toutes les femmes.

Avec ou sans pilule, elle se fatigue très vite, elle a l’impression de vivre dans une horloge, ça résonne dans sa tête et elle ne peut pas en sortir. Ne supporte pas les questions, ne supporte pas de répondre.

Ce qu’ils sont en train de lui annoncer ne signifie qu’une chose : elle ne sait rien. Elle ne bouge pas. Ne dit pas un mot.  […] elle a beau être physiquement présente, elle disparaît. Elle cesse d’exister.

Sa voix n’a pas la force de porter tous ses mots et se brise à mi-chemin.

il s’agit d’une quête sans espoir. La Nasa a plus de chances de découvrir de la vie quelque part dans l’univers qu’elle n’en a, elle, de se retrouver. Peut-être n’a-t-elle d’ailleurs aucun « moi » à chercher en elle…

Il gesticule pour lui indiquer qu’il ne faut pas qu’elle utilise ses bras. Elle se remémore alors ce qu’il lui a expliqué : si les poissons n’en ont pas, c’est parce qu’ils ne servent à rien sous l’eau. Il faut qu’elle se dirige avec ses pieds.

Il n’y a que les poissons morts qui filent dans le sens du courant. Dans la vie, il faut le remonter, et chaque fois qu’on saute il faut y croire.

Il est libérateur de laisser le vin faire son travail, d’envoyer ses soucis au diable. De profiter de l’instant.

La maison de ville ressemble à toutes les autres demeures qui bordent l’étroite rue pavée : des bâtisses de pierre à trois étages qui se serrent les unes contre les autres comme si elles avaient besoin de soutien pour porter le poids de leur histoire.

Tant que tu n’auras pas connu le succès, tu resteras l’esclave de ce que les autres pensent. Ils te diront comment tu devrais te conduire, comment tu devrais vivre.

 

 

 

 

 

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