Wohlleben, Peter «La vie secrète des arbres» (2017)

Auteur : Peter Wohlleben a commencé à travailler pour l’administration forestière d’État en tant que jeune forestier. Dans le cadre de son poste de responsable d’emplois de 3 000 hectares, il a été amené à abattre des arbres centenaires et à pulvériser des insecticides sur des hectares.
Puis il a commencé à étudier des approches alternatives. Après une décennie de lutte, il a introduit des chevaux, éliminé les insecticides et a laissé pousser les bois de manière sauvage. En deux ans, la forêt est devenue rentable.

Ed. Les arènes – 260 pages – mars 2017

Résumé :  « Si vous lisez ce livre, je crois que les forêts deviendront des endroits magiques pour vous aussi. » Tim Flannery, auteur de Sauver le climat
« Un livre passionnant et fascinant… Wohlleben est un merveilleux conteur, à la fois scientifique et écologique. » David George Haskell, auteur d’Un an dans la vie d’une forêt

Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s’organise la société des arbres. Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans…
Prodigieux conteur, Wohlleben s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques et multiplie les anecdotes fascinantes pour nous faire partager sa passion des arbres. Après avoir découvert les secrets de ces géants terrestres, par bien des côtés plus résistants et plus inventifs que les humains, votre promenade dans les bois ne sera plus jamais la même.
Peter Wohlleben a passé plus de vingt ans comme forestier en Allemagne. Il dirige maintenant une forêt écologique. Son livre a été numéro un des ventes en Allemagne avec plus de 650 000 exemplaires vendus et est devenu un étonnant best-seller aux États-Unis. Il est traduit en 32 langues.
Traduit de l’allemand par Corinne Tresca

 

Mon avis : Livre extrêmement intéressant que j’ai lu sur les conseils de MWAK qui m’en a parlé merveilleusement bien; j’avais également lu un article dans la Revue LIRE de mars 2017 et hier (le 26.10.2017) l’émission Envoyé Spécial de la chaine française France 2 a diffusé un sujet sur les arbres (Le monde secret des arbres : Les arbres sont dotés d’une véritable forme d’intelligence : ils communiquent, s’entraident, se défendent, et même bougent. C’est désormais une certitude scientifique. Les arbres occupent près d’un tiers du territoire et des terres émergées de la planète. Indispensables à la survie, ils sont aussi précieux face au réchauffement climatique. Pourtant, ils restent méconnus)

Les arbres communiquent entre eux via leurs racines. Ils poussent de manière à communiquer, ne pas se gêner, laisser la lumière aux autres en étendant leurs branches en conséquence. En cas de maladies, ils se soutiennent et se nourrissent les uns les autres via leurs racines. Plus etommant, les arbres – parents reconnaissent leurs pousses-rejetons et s’emploient à nourrir les leurs …

Ils ont des moyens de communiquer, de se protéger des prédateurs en émettant des gaz ; Le livre nous parle aussi de leurs voisins et cohabitants : les champignons, les oiseaux, les insectes, toute la vie souterraine.

Il nous explique aussi que l’intervention humaine pour garder des forets propres n’est pas la panacée… mieux vaut laisser la nature se régénérer et pomper la vie dans ce qui pourrait nous paraitre mort mais ….

Comme j’habite en face d’une petite forêt, le livre m’a évidemment passionné …

Extraits :

Les gros hêtres à l’écorce grise qui se protègent mutuellement me font penser aux éléphants vivant en troupeaux. Eux aussi défendent chacun des membres du groupe, eux aussi aident les malades et les moins vaillants à reprendre de la vigueur et ne laissent qu’à regret leurs morts derrière eux.

En forêt, dans mon district comme ailleurs, les chênes en souffrance, voire en très grande souffrance pour certains, sont nombreux. Le signe qui ne trompe pas, ce sont les gourmands qui poussent sur les troncs, ces petits rameaux qui pointent sur le pourtour puis souvent se dessèchent et tombent.

Si nous voulons que les forêts jouent pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique, nous devons les laisser vieillir.

les vieilles forêts de feuillus offrent un service météo à court terme d’une grande fiabilité: le pinson des arbres. En temps normal, le chant de ce passereau brun-roux à tête grise est une courte série de notes descendantes finissant en fioritures, flûtées et mélodieuses (ne dit-on pas gai comme un pinson?). Que la pluie arrive, aussitôt le pinson change de registre et ne répète plus qu’une seule note, nette, claire et moins charmante.

Nous possédons donc un langage olfactif secret, ce dont les arbres peuvent, au minimum, aussi se prévaloir. Dans les années 1970, des chercheurs ont mis en évidence l’étonnant comportement d’une espèce d’acacia de la savane africaine dont les feuilles sont broutées par les girafes. Pour se débarrasser de ces prédateurs très contrariants, les acacias augmentent en quelques minutes la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Dès qu’elles s’en rendent compte, les girafes se déplacent vers les acacias voisins. Voisins? Non, pas tout à fait, elles ignorent tous ceux qui se trouvent dans le périmètre immédiat du premier arbre et ne recommencent à brouter qu’une centaine de mètres plus loin. La raison en est surprenante: les acacias agressés émettent un gaz avertisseur (dans ce cas de l’éthylène) qui informe leurs congénères de l’imminence d’un danger. Aussitôt, les individus concernés réagissent en augmentant à leur tour la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Les girafes, qui n’ignorent rien du manège, se déplacent jusqu’aux arbres non avertis.

la plupart du temps, des champignons sont appelés à la rescousse pour garantir la continuité de la transmission. Ils fonctionnent sur le même principe qu’Internet, par fibre optique. La densité du système de filaments, invisibles à l’œil nu, qu’ils développent dans le sol est à peine imaginable.

En transmettant les signaux d’un arbre à un autre par ses ramifications, il concourt à l’échange d’informations sur les insectes, la sécheresse du sol ou tout autre danger. Aujourd’hui, les scientifiques parlent même de «Wood-Wide-Web» pour évoquer l’activité de ce réseau forestier.

Nous savons désormais que les arbres communiquent olfactivement, visuellement et électriquement (par l’intermédiaire de sortes de cellules nerveuses situées aux extrémités des racines).

du fait de la seule présence de son cadavre, l’arbre peut encore contribuer aux ressources en eau des arbres vivants.

Quand des températures élevées en automne succèdent à une année chaude, il arrive que des arbres perdent la notion du temps et se mettent à bourgeonner en septembre, voire forment de nouvelles feuilles. Lorsque le froid qui se faisait attendre arrive, ces écervelés en paient les conséquences.

Cela vous étonne-t-il encore que tant d’arbres urbains tombent lorsque de forts coups de vent surviennent en été? Leur faible ancrage souterrain, réduit à quelques centimètres carrés alors qu’il peut couvrir plus d’un demi-hectare en pleine nature, est bien incapable de retenir un arbre de plusieurs tonnes.

Le tremble, la variété forestière du peuplier, le bouleau verruqueux et le saule marsault font partie de ces pionniers pressés. Quand la pousse terminale annuelle d’un petit hêtre ou d’un sapin se mesure en millimètres, elle peut atteindre plus d’un mètre chez une espèce pionnière.

Le XXe siècle, avec les glaciales années 1940, les records de sécheresse des années 1970 et le réchauffement des années 1990 a déjà sérieusement malmené la nature.

Nous savons aujourd’hui que les arbres ont le même besoin physiologique que nous de faire une pause; la privation de sommeil a sur eux comme sur nous des effets dévastateurs.

en cas de soif intense, les arbres commencent à crier. Je dois cependant à la vérité de dire que vous aurez beau parcourir la forêt en tout sens, vous n’entendrez rien, car ces cris sont des ultrasons non perceptibles par l’oreille humaine.

Et la sécurité? N’entendons-nous pas régulièrement parler de la dangerosité des vieux arbres? De branches qui tombent, d’arbres qui s’abattent sur les chemins de randonnée, des cabanes ou des voitures? Cela peut arriver, bien sûr. Mais les risques sont beaucoup plus élevés dans les forêts exploitées.

Quand une bûche craque et pétille dans la cheminée, c’est du cadavre d’un hêtre ou d’un chêne que les flammes s’emparent. Le papier du livre que vous avez entre les mains, chers lecteurs, provient du bois râpé de bouleaux ou d’épicéas abattus – donc tués – à cette seule fin.

Dans le cas de la Suisse, c’est un pays tout entier qui se soucie du bien-être des végétaux. La Constitution fédérale édicte en effet des dispositions concernant l’obligation de traiter les animaux, les plantes et tout organisme vivant dans le respect «de la dignité de la créature».

 

Photo : Réserve Naturelle de la Dranse (Thonon-les-Bains)

 

 

 

 

 

2 thoughts on “Wohlleben, Peter «La vie secrète des arbres» (2017)

  1. Heureuse que ce livre t’ait plu, ce fut pour moi un véritable coup de coeur. Malgré le nombre de livres que je dévore à la chaîne, cela faisait longtemps que je n’avais plus eu autant de plaisir à tourner des pages.
    J’ai téléchargé le livre de Wohlleben parce que je savais qu’il avait eu un succès fou: comment un livre qui parle d’arbres peut-il avoir un million de lecteurs? J’ai ouvert, j’ai tourné les premières pages, et j’ai été transportée dans un autre univers: le nôtre, celui de la nature qui nous entoure, et que l’on ne connaît absolument pas.
    Le génie de ce livre est de parler de la vie des arbres dans un style anthropomorphe: les mères-arbres qui tentent de protéger leur progéniture, la solidarité entre arbres forts et faibles, le caractère dispersé de certains, impatients d’autres…
    J’ai toujours aimé les arbres, car ils sont nobles, forts, et beaux, et qu’ils ont un côté apaisant, probablement dû à leur longévité.
    Après avoir lu ce livre, j’ai une véritable admiration pour eux, et un amour profond pour ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Me baladant tous les jours dans les bois avec le chien – et le mari 🙂 – je porte depuis un regard différent sur chacun d’eux, admirant la beauté de leur houppier (eh oui, c’est aussi un nouveau vocabulaire que l’on apprend), m’inquiétant pour l’angle d’une branche, humant leur odeur, espérant leur bien-être. Et quand je vois en ville les arbres plantés en décoration le long des rues, loin de leurs frères, je souffre avec eux de leurs conditions de vie. J’ai eu, à certains passages, la gorge serrée lorsqu’il relate leur souffrance, leur solitude ou leur lutte pour survivre jusqu’à leur agonie.
    A l’heure actuelle, où le changement climatique fait tant débat, ce livre rappelle que la nature nous offre tous ses bienfaits, qui sont à portée de main pour peu qu’on la respecte.
    J’aimerais que chacun le lise pour avoir un regard neuf sur l’environnement naturel qui nous entoure et dont malheureusement nous n’apprécions plus la beauté à sa juste mesure.
    Il me reste 10 pages à lire: à la dernière page, je retournerai à la première et relirai ce livre: il m’a fait du bien, en me transportant en pleine forêt, et en me rappelant à quel point la nature est belle.
    Faites-vous du bien, lisez ce livre, et la prochaine fois que vous verrez un arbre, rappelez-vous qu’il fut à la base une petite graine, et qu’il a mis une énergie folle pour se dresser dans toute sa splendeur et sa force, et que sans lui et ses compagnons, nous ne pourrions survivre.

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