Blandine Le Callet – Dix rêves de pierre (01/2013)

Blandine Le Callet – Dix rêves de pierre (01/2013)

Résumé  : Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d’évocation ; leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles. Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt. Elle ressuscite un jeune esclave à qui l’on vient d’offrir sa liberté, un philanthrope piégé dans l’étouffant huis clos d’un bordel parisien, deux êtres unis par un amour hors norme en route vers leur destin, une vieille dame acariâtre rédigeant son testament, et bien d’autres encore… Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives. Dix nouvelles tour à tour poétiques, féroces, tendres, dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs. Dix « rêves de pierre » pour conjurer l’oubli.

Mon avis : J’aime bien cette idée. Et bien que je ne sois pas fan des nouvelles, je dois dire que la couverture m’a donné envie de voir ce qu’il y avait derrière ces rêves de pierre. Parmi les 10 récits mes préférences sont allées à trois d’entre elles. J’ai également beaucoup apprécié la post face qu’il faut lire impérativement. On remonte le temps et les images se forment…

Hermès : un esclave va être affranchi. Les dernières heures de sa vie vont lui ouvrir les yeux sur les raisons pour lesquelles son maître a décidé de lui accorder sa liberté. Une belle nouvelle sur une philosophie de vie très positive et sur la façon de protéger ceux qu’on aime.

Les petits carnets : une histoire d’héritage…

Quistinic : une sépulture disparue…
Petite vidéo de l’auteur au Salon du Livre 2013 : http://www.youtube.com/watch?v=osPaJhYAMFg

Extraits :

p. 24 : « De temps en temps, au détour de la conversation, il évoque la mémoire des disparus, toujours pour rappeler un souvenir joyeux, un moment agréable. Il leur arrive même d’en rire aux larmes. C’est sans doute cela qu’Hermès admire le plus chez son maître : cette volonté farouche de ne jamais donner prise au chagrin, ce courage d’être heureux. »

p. 185 « Il était très bel homme ; elle était folle de lui, les premières années. Après, elle a bien été obligée de moins l’aimer, sinon elle aurait trop souffert. Elle s’est endurcie pour résister, et son cœur, à force, s’est racorni. Elle l’a senti devenir de plus en plus sec, comme un grelot noirci dans sa poitrine, un noyau confit de chagrin. »

p.191  «  La mémoire, on sait ce que c’est : ça va, ça vient, ça bat la campagne, et puis un beau jour, ça s’en va pour de bon et il n’y a plus personne. »

p. 191 « Grâce à ses petits carnets, elle ne sera jamais une vieille perdue dans des souvenirs emmêlés, à moitié effacés. Tout restera avec elle – dates. Chiffres, événements. »

p. 201 « Là, dans la lumière grise de cette soirée d’automne, elle a soudain senti le poids des milliers d’objets entassés autour d’elle, aussi lourds que la solitude dont elle avait souffert toute sa vie »

p. 211 les carnets – « ils sont ma mémoire, vous comprenez, ma mémoire je ne peux pas l’abandonner, ça me fait peur, et puis je veux continuer à noter, si je peux, deux trois choses, jusqu’à la fin ».

p. 232 « Elle a toujours aimé cette rêverie des cimetières, cette mélancolie qui l’étreint en lisant les noms, les dates, et en imaginant toutes ces vies éteintes. »

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