Penny, Louise « Nature morte / En plein cœur »

Penny, Louise « Nature morte / En plein cœur »

La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

 

Tome 1 : Nature morte / En plein cœur

Résumé : Au matin de Thanksgiving, on découvre dans le paisible petit village québécois de Three Pines le cadavre d’une vieille dame aimée de tous. L’inspecteur-chef Armand Gamache, de la Sûreté du Québec, est chargé de l’enquête. Qui pourrait souhaiter la mort d’une vieille dame aussi gentille ? Le mystère s’épaissit à mesure que l’on met au jour des œuvres d’art que la victime a longtemps gardées secrètes. Rustiques, primitives et troublantes, ces peintures touchent différemment tous ceux qui les voient… Le premier volet d’une série qui a reçu les récompenses les plus prestigieuses.

Mon avis : une enquête dans une petite communauté ou tout le monde vit paisiblement et semblerait en parfaite harmonie. On se demande bien qui pourrait avoir commis un crime. Une atmosphère feutrée, au cours d’un automne coloré, le tapis de feuilles mortes et la brume occultant indices et preuves.. Une petite communauté d’artistes, une ancienne psy, une auberge/gite tenue par un couple d’homosexuels, une vieille poétesse opiniâtre. Jamais on n’imagine un crime dans ce petit lieu loin de tout.. ou à peu de choses près..

Un Inspecteur chef qui se retrouve flanqué d’une nouvelle recrue qui détonne dans le paysage, avec ses manières brusques et peu humaines. Les personnages se découvrent, l’enquête progresse en douceur… comme hors du temps, dans un contexte doux et loin de l’excitation des grandes villes.. Un peu à la « Barnaby »…

Extraits :

…elle n’oubliait pas vraiment. La plupart des choses, oui. Mais elle en gardait secrètement et précieusement dans sa mémoire et y retournait lorsqu’elle avait besoin d’être rassurée par le manque de gentillesse des autres.

Selon Oscar Wilde, la conscience morale et la lâcheté ne sont qu’une seule et même chose. Ce qui nous empêche de commettre des gestes horribles, ce n’est pas notre conscience, mais la possibilité de nous faire prendre. Je me demande si c’est vrai

Il ressentait toujours un pincement au cœur en regardant les mains des nouveaux morts, imaginant tous les objets et les gens que ces mains avaient

Il serra les poings et sentit la douleur bienvenue de ses ongles qui lui mordaient les paumes. Cette douleur, il pouvait la comprendre ; l’autre, non.

Malheureusement, comme je l’ai dit, je suis souvent perdu dans mes pensées. Je n’ai jamais de pensées profondes ou importantes. Ça faisait rire ma mère : elle disait que certaines personnes essaient d’être à deux endroits en même temps, mais que moi, en général, je ne suis nulle part

Peut-être, disaient son cerveau et son éducation, que, si on bavarde assez longtemps en buvant du thé, le temps s’inverse et tout le mal se défait

Plus tôt dans la journée, elle avait cru s’être fait arracher le cœur et le cerveau. À présent, elle les avait retrouvés, mais en miettes

Pour la première fois de sa vie, il se demanda ce que ferait quelqu’un d’autre

Pour la première fois depuis qu’elle avait appris la nouvelle, son cœur et son esprit se calmèrent. Pour un seul instant de grâce, ils se posèrent dans l’amour plutôt que dans la perte.

Mais celle qu’il connaissait et aimait s’était fait avaler. Comme Jonas. Par une baleine blanche de perte et de chagrin, dans un océan de larmes.

Une autre vague de tristesse la submergea. Elle avait perdu sa partenaire de murmures. Celle avec qui elle se livrait à de réconfortants babillages

Les gens qui se battent aux premiers rangs sont ceux qui en ont le moins besoin. Les vrais indigents sont assis en silence à l’arrière, trop faibles pour lutter. Il en va de même dans la tragédie. Souvent, les plus affligés sont ceux qui manifestent le moins leur peine

Mais ne prenez jamais, au grand jamais, la gentillesse pour de la faiblesse

… une maison est un autoportrait. Chacun des choix d’une personne – couleurs, meubles, images –, chaque touche révèle l’individu. Si Dieu, ou le diable, est dans les détails, l’humain l’est aussi. Est-ce sale, désordonné, d’une propreté maniaque ? Les décorations ont-elles été choisies pour impressionner ou est-ce un bric-à-brac d’histoire personnelle ? L’espace est-il encombré ou dégagé ? Chaque fois qu’il entrait dans une maison au cours d’une enquête, un frisson le parcourait

Généralement, la mort vient la nuit, surprend une personne dans son sommeil, arrête son cœur ou la réveille par un chatouillement, l’amène à la salle de bain avec un mal de tête atroce et inonde son cerveau de sang. Elle attend dans les ruelles et les stations de métro. À la nuit tombante, des gardiens en blanc effectuent des débranchements, et la mort est invitée dans une salle aseptisée.

tout parent d’adolescent redoute d’héberger en fait un étranger

D’après sa théorie, vivre, c’est perdre, dit Myrna au bout d’un moment. Perdre ses parents, ses amours, ses emplois. On doit donc donner à sa vie un sens qui transcende ces choses et ces gens. Autrement, on court à sa perte

je pense que bien des gens adorent leurs problèmes. Ça leur donne toutes sortes d’excuses pour éviter de grandir et de se mettre à vivre.

La vie est changement. Si tu ne grandis pas et n’évolues pas, tu restes immobile et tu te fais dépasser. La plupart de ces gens sont très immatures. Ils mènent une vie « immobile », à attendre.

Nous sommes les seuls à pouvoir changer notre vie, la retourner. Alors, toutes ces années à attendre qu’un autre le fasse sont perdues

 

Article général sur la série : Enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

7 Replies to “Penny, Louise « Nature morte / En plein cœur »”

  1. J’aimerais savoir c’est quoi l’histoire entre Gamache et Arnot car on parle souvent de ce personnage mais on ne connait pas l’histoire qui les concernent. J’aimerais avoir le fin mot de l’histoire. Sur ce sujet on nous laisse sur notre faim. Est-ce q’il y un autre livre avant
    En plein coeur si oui lequel.

    1. Comme les liens entre les personnages sont importants et que l’ambiance est un des points forts de cette série, il serait bon de les lire dans l’ordre. Mais chaque livre est une enquête en soi. Raison pour laquelle il y a une page sur la série qui donne l’ordre de lecture 😉

  2. Je viens tout juste de terminer le premier livre de cette série avec Gamache et j’y ai pris beaucoup de plaisir. C’est bien écrit et j’ai été séduite par l’atmosphère que dégage ce livre avec son village québécois pittoresque, repaire d’artistes et l’enquête est bien menée, pour nous tenir en haleine jusqu’au bout.
    Je vais de ce pas lire le deuxième tome de la série

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