Gagnon, Hervé « Crossroads – La dernière chanson de Robert Johnson » (2021) 560 pages

Gagnon, Hervé « Crossroads – La dernière chanson de Robert Johnson » (2021) 560 pages

Auteur: né le 26 août 1963 à La Baie au Québec, est un historien et romancier québécois. Détenteur d’une maîtrise et un doctorat en histoire, ainsi qu’une maîtrise en muséologie de l’Université de Montréal, il oeuvre pendant plus de 25 ans à la mise en valeur de la culture et du patrimoine. 

Plusieurs séries : Sanctuaire – La Mort du Temple – Vérité – Les enquêtes de Joseph Laflamme – Malefica – Vengeance – Damné – Les enquêtes de Patrick Kelly
Hors série : Crossroads. La dernière chanson de Robert Johnson (2021)

Hugo Roman – 10.11.2021 – 536 pages / Hugo poche – 10.11.2022 – 560 pages

Résumé:

Lorsque l’historien Donald Kane et l’anthropologue Virginia Craft reçoivent la lettre d’une vieille dame qui leur offre de venir récupérer des objets ayant appartenu au grand bluesman Robert Johnson, ils n’hésitent pas une seconde. L’histoire du blues pourrait être réécrite ! Mais le contenu de la boîte en fer-blanc les entraîne plutôt dans une spirale infernale aux allures de voyage initiatique. Tandis que le duo de chercheurs suit la piste escarpée que leur indique la mythique trentième chanson de Johnson, recherchée depuis sa mort en 1938, les événements sordides et les phénomènes inexplicables se multiplient, le surnaturel se trouvant toujours derrière le décor… 

Un récit qui se déroule dans l’atmosphère poisseuse du Delta du Mississippi, baigné dans l’ambiance mystérieuse du hoodoo et des vapeurs du bourbon, où le blues résonne à chaque carrefour. On entend le roman autant qu’on le lit.

Mon avis:

Que ceux qui sont amateurs de thriller se rassurent : c’est un vrai thriller, avec de l’action, dans l’ambiance du delta, des musiciens de blues.
Direction Memphis (Mississipi) en compagnie de deux Professeurs : un historien médiéviste qui enseigne le Moyen Age européen à l’Université du Maine, Donald Kane, et une anthropologue du Programme interdisciplinaire d’Études africaines et américaines de l’Université de Memphis,  Virginia Craft. Nous allons en apprendre davantage sur le guitariste et chanteur de blues Robert L. Johnson car en dehors des matières qu’ils enseignent, tous deux sont passionnés de blues.
Tout commence par une visite chez une dame âgée, pur produit du Sud traditionnel qui vit encore dans une ambiance des années 30… Cette dernière a contacté les deux professeurs pour leur remettre quelque chose ayant appartenu au célèbre bluesman.
Et ce qu’elle va leur remettre va les plonger dans une aventure extraordinaire et pleine de dangers. Ils vont devoir percer les secrets de Robert L. Johnson, décrypter des messages codés, échapper aux maléfices, évoluer dans le surnaturel, le paranormal. Pour Kane, qui est un homme pragmatique et qui ne croit pas aux esprits et à la magie, c’est de plus une découverte de la culture du Sud, du Delta. Il va plonger dans le monde de la magie, des amulettes, des sorts, des «mojo», du «hoodoo» , des anciennes religions africaines des anciens esclaves, des esprits, du pacte avec le diable…
Une plongée à la fois dans la musique, dans le monde du blues, dans les secrets du passé, dans les préjugés, et qui pose aussi une question récurrente: les blancs peuvent-ils jouer le blues? Peuvent-ils-même y comprendre quelque chose?

C’est mon mari, qui adore le blues qui m’a recommandé ce roman. Et j’ai bien fait de suivre son conseil. C’est un roman que je n’ai pas lâché, avec des personnages attachants, une histoire qui nous plonge dans le mystère,  nous conte la vraie histoire du musicien disparu trop tôt avec 29 chansons seulement enregistrées, une légende du blues, un guitariste virtuose et qui a pour bande son la musique… 

Extraits: 

Dans le Delta, on ensorcelait autant qu’on poignardait et qu’on empoisonnait. Quand on avait autant d’ennemis que Bobby Spencer, il valait mieux être aux aguets. À l’approche de la croisée des chemins, il releva la tête.

Il paraissait être seul, mais les Blancs étaient comme le malheur : ils venaient habituellement en groupe.

Ton jeu est très mûr pour un garçon encore si jeune. Tu as sans doute une vieille âme.

Spencer se méfiait des Blancs qui jouaient le blues. Aucun d’eux ne portait en lui la souffrance d’un peuple. Aucun d’eux ne pouvait vraiment comprendre.

Il ne descendait pas d’esclaves ; il avait la couleur des propriétaires. Il s’intéressait au blues, il s’identifiait au blues, il ressentait le blues, mais malgré toutes les connaissances accumulées, malgré les heures à essayer de le jouer avec respect, tout cela demeurait strictement théorique et il ne pourrait jamais vivre le blues. 

Johnson demeurait un des grands mystères de l’histoire de la musique, tous genres confondus. La vie de celui que l’on considérait à certains égards comme le créateur du blues et du rock modernes demeurait toujours partiellement méconnue, jusqu’à la mort qui avait fait de lui le premier membre de l’infâme Club des vingt-sept.

L’interdit est un instrument de tentation dont le diable joue en virtuose

La pauvreté changeait de visage et de forme, mais elle ne disparaissait jamais, malgré les belles paroles des politiciens. Et il y aurait toujours des gens pour l’exploiter.

Le hoodoo est essentiellement une magie blanche animiste fondée sur l’esprit et le pouvoir des choses. Un mélange de religions africaines et de christianisme, avec son panthéon d’esprits de la nature hérités des traditions africaines et chrétiennes, et incarnés dans des personnages. Il cherche à protéger, à conjurer le mauvais sort, à favoriser l’amour, la chance ou le bon vieux sexe. Beaucoup plus rarement, par vengeance, il sert à causer des douleurs physiques. Mais il a une autre facette, plus secrète, qui fait appel à des forces plus noires. Je sais que, parfois, les hoodoo doctors utilisent des restes humains pour décupler la puissance des mauvais sorts qu’ils jettent.

Il était médiéviste et connaissait bien la procédure inquisitoriale appliquée aux hérétiques et aux sorcières : l’accusé était d’emblée jugé coupable et devait prouver son innocence. Il se trouvait exactement dans la même situation.

Info: (Wikipedia)

Robert Leroy Johnson, né le 8 mai 1911 à Hazlehurst, Mississippi, et mort le 16 août 1938 à Greenwood, Mississippi, est un guitariste et chanteur de blues américain, l’un des artistes les plus influents de l’histoire de cette musique.
Bien qu’il n’ait commencé à enregistrer des disques que deux ans seulement avant sa mort, Robert Johnson est devenu une légende et une grande source d’inspiration pour des artistes comme Jimi Hendrix, Jimmy Page, Bob Dylan, Brian Jones, Keith Richards ou encore Eric Clapton. En 2003, le magazine Rolling Stone l’a classé cinquième meilleur guitariste de tous les temps, et est premier cité dans les 40 artistes de la Musique Noire de 2017.
Robert Johnson a enregistré en tout et pour tout 29 chansons, lors de deux sessions, en novembre 1936 et en juin 1937.
Une légende dit qu’il aurait écrit une 30e chanson, mais que le diable l’a gardée pour lui…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *