Descosse, Olivier « L’Heure des fauves » (2025) 545 pages
Auteur: Français, né à Marseille le 07.10.1962. Il est né d’un père anesthésiste et d’une mère psychanalyste. Pendant ses études de droit, il a commencé à écrire des nouvelles, des « pensées », des poèmes, des chansons et des scénarios. Devenu avocat, il a exercé à New York, à Chicago, à Lyon et à Papeete, en Polynésie-Française, avant de revenir s’installer en France. Il est aujourd’hui écrivain et scénariste.
Membre de la Ligue de l’Imaginaire, il est l’auteur de nombreux thrillers et romans fantastiques.
Romans :
Série David Creem (sous le pseudonyme de Richard Taleman) : « La confrérie de l’invisible » – « L’entrevie » (Le Territoire des âmes : David Creem : l’Intégrale)
Série Chloé Latour : « Peurs en eau profonde » (tome 1) – « Le Cirque du diable » (tome 2) – « L’Heure des fauves » (tome 3)
Série Paul Cabrera : « Le Couloir de la pieuvre » (tome 1) – « Miroir de sang » (tome 2) « Le Pacte rouge » (tome 3) – « Le Cirque du diable » (tome 4)
Autres romans : Mythes,- L’Ordre noir – La Liste interdite – Les Enfants du néant. – L’empreinte sanglante – La Spirale des abysses – L’Autre – Passé Simple – L’Impasse –
XO Editions – 27.02.2025 – 496 pages / Pocket Thriller – 02.2026 – 545 pages
Résumé
Qui est cette femme, égorgée devant un commissariat où elle tentait de trouver refuge ? Pourquoi lui avoir coupé une main ? Et pourquoi ce tatouage sur son bras : « Les hommes ont autorité sur les femmes » ?
Pour Chloé Latour, commandante à la Crime de Marseille, ce meurtre odieux n’est pas un cas isolé. Elle est convaincue qu’un réseau tentaculaire se cache derrière ce féminicide. Pire encore, l’affaire réveille ses propres cauchemars et lui donne une raison personnelle de retrouver ce tueur démoniaque. Quitte à se perdre dans les terres les plus hostiles…
Des cités chaudes de Marseille aux déserts d’Arabie saoudite, de Dubaï aux îles turques, la piste que Chloé va remonter la conduira vers une effroyable vérité.
Un chemin de violence absolue, dans l’univers codifié des narcotrafiquants, du rap, des fous de Dieu et des princes de l’or noir.
Pour elle, l’heure des fauves a sonné.
L’heure des fauves est le troisième thriller d’Olivier Descosse mettant en scène l’enquêtrice Chloé Latour. Son dernier opus, Le Cirque du Diable, publié chez XO éditions, a été couronné en 2024 par le Prix de l’évêché-Polars du Sud.
Mon avis : 🖤🖤🖤🖤
Après la plongée et les hautes cimes, un autre environnement sauvage : le désert. Il s’agit du tome 3 d’une trilogie on peut une fois encore lire ce tome 3 sans avoir lu les précédents.
Retrouvé avec plaisir le capitaine Agopian, très peu présent lors de la dernière enquête de la Commandante, « Le Cirque du diable » et j’ai beaucoup apprécié le duo formé par les deux femmes de l’équipe : la Commandante Chloé Latour et la jeune Aïcha Belkhir, la benjamine du groupe. Il faut dire que dans cette trilogie, j’ai beaucoup apprécié les personnages de l’équipe ( il est important pour moi de m’intéresser à la personnalité des gens car si ils me sont indifférents je me distancie de ce qui pourrait bien leur arriver)
Avec cet auteur, on rentre immédiatement dans le vif du sujet. Une jeune femme est agressée, tuée, mutilée devant un Commissariat de Marseille, sous les yeux d’un gardien de la paix. La Commandante Latour, toujours en première ligne en cas de féminicides et violences faites aux femmes veut à tout prix être en charge de l’affaire; le chef des Stups veut aussi que l’enquête lui soit confiée car la victime avait été suspectée d’appartenir à un gang de trafic de stupéfiants en bande organisée qui était basé à la Castellane . Le tatouage sur le corps de la victime « Les hommes ont autorité sur les femmes», citation du Coran, semble confirmer la thèse d’un meurtre rituel et non le rapport avec le trafic de drogue.
Avec la Commandante nous allons voyager : Algérie, Tamanrasset, Dubaï, Istanbul…
Le rythme est trépidant, les pistes multiples et la Commandante en fait une affaire personnelle, qui s’apparente à une vengeance, un règlement de compte avec son passé.
Personnes sensibles s’abstenir car il y a des scènes violentes! Et c’est pourquoi il n’ a pas le coup de coeur…
Extraits:
« On compare la cruauté de l’homme à celle des fauves, c’est faire injure à ces derniers. » Fiodor Dostoïevski
L’instinct de survie. Plus fort que tout. La seule carte disponible quand il ne reste plus rien.
— Tu connais le proverbe : « On ne choisit pas son ennemi, c’est lui qui vous choisit. »
Comme le lui avait appris la psy consultée après l’assassinat de Sophie, poser son sac entre des mains amies était sans doute la meilleure façon de ne pas le laisser moisir dans les pièces sombres de son esprit.
Ce flemmard avait une queue-de-cheval dans la main. Il était capable d’avoir trouvé un bon prétexte pour glander quelques heures.
Sémantique d’école de commerce. À l’américaine pour mieux se la péter. Pas surprenant au fond. Le business de la came était avant tout un business. Ses acteurs avaient adopté le langage des firmes.
Un fantôme, avait dit Papa. Le qualificatif lui allait comme un gant. Une entité maléfique, invisible, impalpable, insaisissable. L’homme qu’elle recherchait n’avait pas de nom, pas de visage et pas d’adresse. Autant essayer d’attraper un courant d’air.
L’autoroute menant jusqu’à Tamanrasset traversait une vaste étendue plane, désertique, délimitée à l’horizon par de petites collines de roche. Pas un arbre, pas un arbuste. Juste de la terre, du sable et des cailloux. Un monde aride, minéral, dont les composantes fusionnaient dans des nuances de miel sous l’œil amorphe des monts violets du parc de l’Ahaggar.
Il y a des gens qui ne supportent pas d’être en situation de dépendance. Ils en nourrissent un profond ressentiment. Pour peu qu’ils soient psychotiques, cette émotion négative peut aller jusqu’à la destruction physique de celui qui souligne leur fragilité par sa bienveillance.
La double peine de la misère. Ses victimes avaient perdu le droit de vivre décemment. En prime, on leur avait volé leur dignité.
le dicton : « Il n’y a pas de hasard, seulement des rendez-vous. »
La douleur et la mort, encore et sans surprise. Une boucle infernale liant à l’infini les bourreaux aux victimes.
« Héra… Héra… Héra… » Les souvenirs d’un livre que Chloé avait lu, à l’époque où elle se passionnait pour le panthéon grec, percutèrent sa mémoire. Héra était une déesse. La protectrice des femmes. L’emblème de sa puissance était le lotus.