Lenormand, Frédéric «Crimes, gondoles et pâtisserie» (2011)

Lenormand, Frédéric «Crimes, gondoles et pâtisserie» (2011)

Les mystères de Venise – Une série policière à Venise au XVIIIème siècle – Tome 4 « Crimes, gondoles et pâtisserie » (2011)

Résumé : Dix espions de la police vénitienne sont chargés de retrouver un livre mystérieux, en plein carnaval de l’hiver 1763. Leonora, agent secret de la Sérénissime, se lance dans la course, de bibliothèques en pâtisseries, de librairies en salles de banquet : l’ouvrage tant convoité est un traité de cuisine dont les recettes succulentes sèment la mort sur leur passage. À travers les explosions de farines et les éboulements de petits fours, Leonora tente de résister à l’attrait fatal des pièces montées et des pyramides de macarons à la vénitienne. Rien de ce que Venise possède de plus sacré n’est épargné, ni les biscuits de fête, ni la crème de sabayon. La panique s’empare bientôt du peuple de la lagune, horrifié à l’idée que le blé et le froment sont peut-être empoisonnés et que ses chers desserts sont désormais vénéneux.

C’est à une aventure gastronomique et criminelle dans la Venise des Lumières que nous convie Loredan avec ce nouvel épisode des aventures de Leonora.

Mon avis : Retrouvé avec plaisir Leonora et ses acolytes pour une nouvelle aventure vénitienne. Mais c’est celle que j’ai le moins aimé des quatre ; peut-être aussi parce que le contexte historique est moins présent et que j’en ai moins appris sur la Venise historique dans cet opus.. Et il faut dire que j’ai pas tremblé pour Leonora cette fois…

Extraits :

Avant de pénétrer dans la cour d’honneur, il tira de sa poche un masque de cuir souple, s’en couvrit la face et pria son invitée d’en faire autant.

– Il ne serait pas correct d’entrer dans les locaux de la police à visage découvert, lui rappela-t-il.

Avec ce fichu culte du secret, tant prisé par la Sérénissime, on sortait des réunions sans en savoir davantage qu’avant d’y être entré.

Entre les bibliothèques, les librairies et les imprimeurs, ces volumes de papier relié pullulaient comme les mouettes à la pescaria à l’arrivée des pêcheurs de sardines.

La répression littéraire n’était pas d’une atroce férocité. Deux livres par an, quand on imprimait chaque jour de nouveaux titres sans permission… Autant dire que les écrits censurés circulaient en liberté. Chercher un ouvrage interdit revenait à fouiller un panier de crabes à la recherche d’une ablette

Les inquisiteurs décernaient le principal prix littéraire de Venise : la condamnation au bûcher. Pour les œuvres déclarées bonnes à brûler, c’était le succès assuré.

Il les quitta sur ces mots, jugeant qu’il en avait dit assez pour rendre sa motivation à un âne à trois pattes.

on pouvait tremper dans les pires manigances mais il fallait garder un extérieur immaculé.

Il en sortait de partout, c’était pire que les rats paracqua alta.

Je préfère affronter les Teutons plutôt que la colère des inquisiteurs.
– Vraiment ? Vous préférez la misère, le froid, la solitude, l’errance, le chou bouilli et la cuisine à la graisse de porc ?

L’île de Burano était peuplée de pêcheurs. Le rafistolage des filets avait conduit leurs épouses à élaborer un art du tressage qui avait fait de leur ville une capitale de la dentelle deux siècles plus tôt.

Quand on veut avoir la couleur des murs, il faut payer les murs, repartit la dentellière, qui n’était pas née du dernier crachin.

Cet homme fumait comme la cheminée d’un maître verrier de Murano.

À Venise, le mot « secret » signifiait qu’on ne devait rien répéter avant d’avoir prévenu qu’il était interdit de le faire. Nul n’était disposé à refréner ses envies de babillage, autant vouloir empêcher la marée de refluer dans les canaux.

Cela sentait la fin, donc le début d’autre chose, et tout ce qui était nouveau avait de quoi inquiéter les Vénitiens.

Il attendait son heure comme les crocodiles du Nil guettent, depuis les bouquets de papyrus, le vieil hippopotame échoué sur la rive à l’écart de la horde.

– Nous allons abattre cette forteresse.
– Avec quelles armes ? demanda Leonora.
– Avec des mots. C’est avec des mots qu’on fait tomber les forteresses.

Il n’est plus redoutable citoyen que celui sur qui ni l’argent ni la peur n’ont de prise.

Vous croyez que tous les vauriens coupent des bourses autour du Rialto ? Quand un bandit a de l’ambition, il aspire à gérer l’État.

– Il m’aime comme un mendiant aime ses puces, répondit Leonora : il me noiera dès qu’il aura le courage de prendre un bain.

On ne se fournissait pas en épices, chez Vidmani, on achetait du rêve et de l’exotisme en poudre, en bâtonnets et en granules.

 

Série Les mystères de Venise : voir la présentation

2 Replies to “Lenormand, Frédéric «Crimes, gondoles et pâtisserie» (2011)”

  1. Bravo pour ton blog que je découvre (mais ça tu le sais depuis hier ! ) Tes commentaires sur les mystères de Venise donnent vraiment envie de se plonger non pas dans les canaux vénitiens mais dans cette série, d’autant que j’ai un petit faible pour les policiers historiques.

    1. Merci à toi de venir mettre un petit mot suite à la découverte de mon blog. Cela fait très plaisir.
      Ah oui ! c’est une série que j’apprécie tout particulièrement. Les personnages sont bien campés et on baigne dans la Venise de l’époque. Je te suggère de commencer par le premier tome ( tu as la liste dans le sujet consacré à la série)

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