Hemingway, Ernest «Le vieil homme et la mer» (1951)

Hemingway, Ernest «Le vieil homme et la mer» (1951)

Auteur : Ernest Hemingway est né en 1899 à Oak Park, près de Chicago. Il passa tous les étés de sa jeunesse en plein bois, au bord du lac Michigan. En 1917, il entre au Kansas City Star comme reporter. Il s’engage en 1918 comme ambulancier de la Croix-Rouge sur le front italien. Après la guerre, Hemingway reprend en Europe son métier de journaliste. En 1936, il devient correspondant auprès de l’armée républicaine en Espagne.
Il fait la guerre de 1939 à 1945, participe à la Libération de Paris avec la division Leclerc, puis continue à voyager : Cuba, l’Italie, l’Espagne. En 1954, Hemingway reçoit le prix Nobel de littérature. En 1961, il met fin à ses jours.

Nouvelle traduction 2017
Gallimard – du monde entier –   4.5.2017 – 144 pages / Folio 24.05.2018 144  pages

Résumé : À Cuba, voilà quatre-vingt-quatre jours que le vieux Santiago rentre bredouille de la pêche, ses filets désespérément vides. La chance l’a déserté depuis longtemps. À l’aube du quatre-vingt-cinquième jour, son jeune ami Manolin lui fournit deux belles sardines fraîches pour appâter le poisson, et lui souhaite bonne chance en le regardant s’éloigner à bord de son petit bateau. Aujourd’hui, Santiago sent que la fortune lui revient. Et en effet, un poisson vient mordre à l’hameçon. C’est un marlin magnifique et gigantesque. Débute alors le plus âpre des duels. Combat de l’homme et de la nature, roman du courage et de l’espoir, Le vieil homme et la mer est un des plus grands livres de la littérature américaine.

Cette nouvelle traduction s’attache à restituer la prose lente, solennelle, presque dépouillée et subtilement ouvragée dans laquelle Hemingway chante l’aventure du vieil homme, lui redonnant ainsi toute sa dimension héroïque et tragique.

Mon avis : L’histoire d’un homme qui, comme nous le dit la préface « rejoue — et parle — un drame universel qui fait peu de place aux émotions. » ; le texte est juste une description, forte, nette, des événements qui se déroulent lors d’une sortie en mer pour attraper un poisson. C’est la description de la lutte acharnée du vieil homme pour ramener sa prise à bon port. Description de la pêche, de la prise, de la réaction du poisson, des éléments. Description des prédateurs qui veulent leur part du butin.  Pendant toute l’action, le vieil homme va s’exprimer à sa manière : il va parler aux éléments, au poisson, aux requins, à sa barque, à lui-même. Il va aussi nous décrire ce qu’il vit, ce qu’il voit, mais sans le commenter psychologiquement. Un court récit visuel, fort et marquant, ou l’auteur raconte avec des mots simples. Il en ressort une atmosphère pesante qui traduit l’immensité de la mer et la lenteur du temps qui n’avance pas. Et le tout marqué par l’instant présent.

Beaucoup aimé ce court récit dans sa nouvelle traduction. Dire que je n’avais pas lu ce classique jeunesse.

 

Extraits :

— Il est presque aveugle.
— C’est étrange, dit le vieil homme. Il n’est jamais allé chasser la tortue. C’est ça qui démolit les yeux.
— Mais toi tu as chassé la tortue pendant des années au large de la côte des Mosquitos et tes yeux sont bons.
— Je suis un vieil homme étrange.

Moi c’est la vieillesse qui est mon réveille-matin, dit le vieil homme. Pourquoi est-ce que les vieux se réveillent si tôt ? Est-ce que c’est pour avoir des journées plus longues ?

Les oiseaux ont une vie plus dure que la nôtre à l’exception des pillards et des plus robustes. Pourquoi avait-on créé des oiseaux délicats et menus comme ces hirondelles de mer quand l’océan peut être si cruel ? Il est amical et très beau. Mais il peut être si cruel et cela arrive si soudainement et ces oiseaux qui volent, plongent et chassent, avec leurs petites voix tristes, sont de constitution bien trop délicate pour la mer.

Quand il pensait à la mer c’était toujours la mar, qui est le nom que lui donnent en espagnol ceux qui l’aiment vraiment. Ceux qui l’aiment disent parfois du mal d’elle mais c’est toujours comme s’ils parlaient d’une femme. Certains des plus jeunes pêcheurs, ceux qui utilisaient des bouées comme flotteurs pour leurs lignes et possédaient des bateaux à moteur achetés à l’époque où les foies de requin rapportaient beaucoup d’argent, ceux-là disaient el mar, qui est masculin. Ils en parlaient comme d’un adversaire ou d’un endroit ou même d’un ennemi.

Quelle bêtise de vouloir s’occuper d’autre chose que du concret, pensa-t-il.

J’ai l’esprit très clair, pensa-t-il. Trop clair. Aussi clair que les étoiles, mes frères. Il faut pourtant que je dorme. Elles dorment et la Lune et le Soleil dorment et l’océan lui-même dort quelquefois les jours où il n’y a pas de courant et par calme plat.

 

(livre choisi pour le « challenge j’ai lu 2018 » ) : Un classique jeunesse que vous n’avez jamais lu et  Un livre mentionné dans un autre livre ( Maylis de Kérangal « un monde à portée de main »)

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