Tackian, Niko «Avalanche Hotel» (2019)

Tackian, Niko «Avalanche Hotel» (2019)

Auteur : né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Son premier roman « Quelque part avant l’enfer » est paru en 2015 (Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac) En 2016 il publie « La nuit n’est jamais complète» (Prix Polar Sud-Ouest 2017. Festival Lire en poche de Gradignan). « Toxique » est son troisième roman (2017). On retrouve Tomar Khan dans « Fantazmë » (2018). Il publie « Avalanche Hôtel » en 2019

Calmann-Lévy noir – 02.01-2019 – 266 pages

Résumé : Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs ! Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd connaissance…

et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma. Un rêve, vraiment ? Entre Shining et Jason Bourne, un thriller hypnotique signe Niko Tackian.

Mon avis : Beaucoup aimé ce thriller (un roman indépendant et n’appartient pas à la série Tomar Khan). Un livre qui a pour thème principal : la mémoire, les racines, le passé, les souvenirs enfouis, les zones d’ombre du cerveau humain. Le personnage principal, Joshua, oscille entre rêve et réalité, entre savoir et impressions. Il essaye de connecter ses sensations et son vécu, et son enquête s’appuie à la fois sur des éléments tangibles et sur des intuitions.

J’ai adoré le flou dans lequel se déroule le roman qui a pour cadre La Riviera vaudoise. Il n’y a pas de temps morts. Et les personnages secondaires sont attachants, sont importants, ont une épaisseur et sont bien campés bien que le livre soit court, ils ne sont pas sacrifiés.

Extraits :

— Hippocampe, du grec hippos – cheval –, et kampos – marin… Mais c’est aussi une structure de votre cerveau.

L’hippocampe est une zone dans laquelle les souvenirs récents se forment avant de se synchroniser avec le cortex cérébral pour devenirs durables. Donc il est tout à fait normal que vous ne vous souveniez pas des événements récents… voire même moins récents.

Voyez-vous, les souvenirs inscrits dans l’hippocampe sont comme des barques sur un fleuve. La nuit, ils larguent les amarres et dérivent lentement pour quitter l’hippocampe et rejoindre le cortex cérébral. Ce sont les traces de nos expériences vécues et elles se nichent dans notre mémoire à long terme pour former une tapisserie que nous reconstituons durant l’état de conscience, mais également durant nos rêves.

Être grosse quand on est gamine c’est un peu comme se jeter dans une fosse aux lions avec des menottes : on a peu de chances d’en ressortir indemne.

Voyez-vous, le cerveau est un organe complexe et fascinant. Chaque zone est activée pour une raison bien spécifique. La région postérieure, par exemple, va abriter des souvenirs plus précis que l’antérieure et définir le « grain » de notre mémoire. Comme dans un film, l’image peut être plus ou moins floue et les souvenirs assez imprécis.

Ce que j’essaie de vous expliquer, pour rebondir sur les propos de votre ami « imaginaire », c’est que notre perception du réel se fonde en grande partie sur nos souvenirs. Ceux-ci sont stockés pour certains dans ce que l’on appelle la mémoire autobiographique – ce que JE suis –, c’est un peu le roman de votre vie telle que vous la vivez de l’intérieur… et pour d’autres dans la mémoire sémantique – ce que j’ai appris… c’est-à-dire la somme de vos expériences et de vos apprentissages. Dans votre cas la mémoire sémantique est intacte, vous pouvez encore marcher, lire, écrire, conduire, travailler… Mais c’est cette mémoire autobiographique qui a du mal à recoller certains morceaux. Vous ne savez pas exactement qui vous êtes… Il manque des pages à votre roman intérieur ! Mais encore une fois c’est normal… ça va se résorber avec le temps.

Les morts n’existent qu’à travers le souvenir des vivants et dans son cas, personne ne s’était manifesté, ni famille ni amis… Elle était seule dans les abysses, il n’y avait rien de plus froid que l’oubli.

Stephen King – dont il avait dévoré tous les romans – disait qu’à vingt ans on croyait connaître la route, à vingt-cinq on soupçonnait qu’on tenait la carte à l’envers et à trente on en avait la certitude…

2 Replies to “Tackian, Niko «Avalanche Hotel» (2019)”

  1. Je l’ai lu en avril et en relisant mon commentaire sur Booknode je vois que le début m’avait paru bizarre, entre gothique et pastiche de polar, puis ça se mettait bien en place, avec une fin qui m’avait bluffée. J’ai entendu plein de mauvais avis, mais j’ai bien aimé.

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