Tackian, Niko «La nuit n’est jamais complète» (2016)

Tackian, Niko «La nuit n’est jamais complète» (2016)

Auteur : né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Son premier roman « Quelque part avant l’enfer » est paru en 2015 (Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac) En 2016 il publie « La nuit n’est jamais complète» (Prix Polar Sud-Ouest 2017. Festival Lire en poche de Gradignan). « Toxique » est son troisième roman (2017). On retrouve Tomar Khan dans « Fantazmë » (2018). Il publie « Avalanche Hôtel » en 2019. « Celle qui pleurait sous l’eau » parait en 2020 ; on y retrouve Tomar Khan pour la troisième fois.

Scrineo – 03.03-2016 – 270 pages / Pocket . 13.04.2017 – 256 pages

Résumé : La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place tout dérape… Ils se réveillent abandonnés, naufragés de l’asphalte, avec trois autres rescapés. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps.
Quelques maisons en tôles froissé se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Mais ce voyage au coeur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

Mon avis : Un livre que je ne vais pas oublier de sitôt, qui doit son titre au magnifique poème de Paul Eluard que vous trouverez à la fin du roman.

Le décor est noir, le noir d’une mine abandonnée depuis des années au milieu de nulle part.
L’auteur nous entraine dans un voyage terrible, angoissant, avec pour seul but : survivre.
Les personnages : Un père et sa fille, trois compagnons d’infortune, un policier… et une mine désaffectée qui est un personnage à elle toute seule car elle abrite une entité angoissante qui surveille, détruit, tue … Un huis-clos terrifiant, oppressant, angoissant… une relation puissante entre un père et sa fille, une plongée dans l’étrange, le mystère, la peur, la psychologie des personnages, la peur de l’autre, la suspicion, la culpabilité.

Il est difficile d’en dire plus pour ne pas dévoiler ce qu’il se passe…
Entre le désert étouffant et le décor … bien difficile de ne pas basculer dans l’horreur et l’insécurité totale : faire des choix devient à chaque fois plus oppressant. Cauchemar et réalité se mêlent et c’est une réussite et aussi un bel apprentissage de l’acceptation (ou non) de la mort.

Extraits :

Il pensait que les esprits continuaient à vivre quelque part, tant que leur âme n’avait pas réussi à trouver le repos.

Toutes les couleurs semblaient aspirées en une sorte de dégradé de gris qui avait tendance à « lisser » les reliefs, uniformisant le monde en un rendu monochromatique déprimant.

Tout était recouvert d’une sorte d’épaisse poussière noirâtre qui collait au doigt lorsqu’on essayait de s’en débarrasser. Leurs pas laissaient de profondes empreintes à mesure qu’ils progressaient vers ce qui semblait avoir été une zone d’habitation. Ce sol, uniformément sombre, d’où émergeaient des bâtiments aux murs blancs brûlés par le soleil, donnait un sentiment étrangement irréel. Comme celui d’évoluer sur la toile d’une œuvre de Soulages dont le noir intense du charbon formerait l’essentiel de la composition.

L’esprit humain trouve toujours quelque chose à faire pour s’occuper, surtout lorsqu’il veut éviter des pensées trop douloureuses.

C’est fou comme on peut tout apprécier lorsque l’on n’a plus rien.

– Il existe quelque chose au-delà de l’horreur, mon amour… Il existe un espoir. La mort n’est qu’une chrysalide.

Chacun de ses muscles se dessinait sous la fine pellicule de peau qui lui restait. Il fallait qu’il trouve l’énergie nécessaire pour passer toutes les épreuves qu’il allait devoir surmonter dans la mine. Il savait où la chercher : la soif de vérité était un puissant moteur.

Les gens font une revue de vie, comme une sorte de film de leur histoire personnelle.

La médecine traditionnelle se contente de soigner les gens et considère la mort comme un échec, c’est le fameux serment d’Hippocrate. Pourtant, la mort n’est qu’une autre étape de la vie, au même titre que la naissance.
– Sauf qu’elle nous mène vers quelque chose de foutrement plus mystérieux.
– Vous le pensez ? Pas certain qu’un nouveau-né quittant la grotte maternelle soit du même avis, dit-elle en souriant.

Info : Le Professeur Kubler-Ross « a développé une théorie décomposant le processus psychologique des patients en cinq étapes distinctes. Chacune de ces étapes doit être franchie avant de pouvoir accepter l’inévitable et lâcher définitivement prise. »
« Le papillon deviendra son emblème. Plus tard, elle fera souvent le parallèle entre les mourants et la chrysalide dont sort libéré le papillon. »
voir sur Wikipédia (article) :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Elisabeth_K%C3%BCbler-Ross

 

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