Thilliez, Franck «Vertige» (2011)

Thilliez, Franck «Vertige» (2011)

Auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez étudie a ISEN Lille afin de devenir ingénieur en nouvelles technologies, vit à Mazingarbe, petite commune proche de Béthune dans le Pas-de-Calais. Romancier, il est également scénariste et a coécrit, avec Nicolas Tackian, les dialogues du téléfilm intitulé Alex Hugo, la mort et la belle vie inspiré du roman américain Death and the Good Life de Richard Hugo, relocalisé en Provence pour l’adaptation à la télévision.

Romans : Série Sharko & Henebelle : 2004 : Train d’enfer pour Ange rouge – 2005 : La Chambre des morts – 2006 : Deuils de miel – 2007 : La Mémoire fantôme – 2010 : Le Syndrome E – 2011 : Gataca – 2012 : Atomka – 2014 : Angor – 2015 : Pandemia – 2017 : Sharko – 2019 : LUCA – Romans One-shots : 2002 : Conscience animale – 2006 : La Forêt des ombres – 2008 : L’Anneau de Moebius – 2009 : Fractures – 2011 : Vertige – 2013 : Puzzle – 2016 : Rêver – 2018 : Le Manuscrit inachevé

Fleuve Noir – 13.10.2011 – 330 pages / Pocket – 11.10.2012 /344 pages

Résumé : Un homme se réveille au fond d’un gouffre, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ?

Mon avis : Et c’est parti pour le huis-clos terrifiant de Novembre. Un thriller psychologique qui nous met en présence d’un tueur, un menteur, un voleur, réunis dans un gouffre. Mais qui est qui ? et pourquoi sont-ils enfermés ensemble ? Quel lien les unit ? 3 personnages qui ne se connaissent pas, livrés à eux-mêmes, un livre sur la survie. La survie dans ce gouffre mais aussi la survie dans la vie, dans le sport, qui rappelle le passé d’alpiniste du personnage principal qui a déjà dû affronter une fois le problème : se sauver au risque de précipiter dans la mort son meilleur ami ? La survie est partout présente, y compris en dehors du gouffre, avec la question du don d’organe. Les personnages que tout oppose vont s’affronter, se rapprocher, s’entredéchirer, se déchirer … jusqu’à … mais je vous laisse plonger dans ce huis-clos effrayant et vivre le suspense jusqu’à la dernière page et même après …

Un jour ou l’autre, je vais finir par me lancer dans la série « Sharko » mais pour le moment c’est le deuxième One-shot (j’avais lu « La Forêt des ombres ») que je lis et que j’apprécie.

Extraits :

Bonne nouvelle… Enfin, façon de parler, c’est comme annoncer à un condamné qu’on ne le tuera pas demain, mais après-demain.

Comprenez bien que vous allez tous mourir. Le tout est de savoir combien de temps vous tiendrez. Et pourquoi.

Le gouffre est vivant… Et si c’était vraiment le cas ? Et si cette matière, autour de nous, n’était que la gorge d’un gigantesque monstre organique ? Les gouttes représenteraient sa salive. Les stalactites, son palais. Le puits, sa gueule. Je serre les dents et regarde partout autour de moi. Les interminables parois d’encre… Les ombres qui jouent avec ma lampe… J’imagine aussi des forêts d’yeux, qui nous observent en silence.

Je crois qu’en dépit de ce qu’elle a été, du bonheur qu’elle m’a apporté, ma vie est une succession de naufrages..  Et même si les plus belles histoires commencent toujours par des naufrages, comme disait Jack London, je suis intimement persuadé que les pires aussi.

Je me dis alors qu’il y a sans doute pire que mourir ici : c’est vivre ici.

Tu connais Jack London sans savoir lire ?
— Ne pas savoir lire, ça a jamais empêché d’écouter et d’avoir une enfance, non ?

Nous sommes des êtres dépendants de la lumière, nous vivons avec le coucher et le lever du soleil. Mais quand il disparaît du ciel, que se passe-t-il ?

Tu sais, chérie, les mots d’amour me brûlent les lèvres en permanence, mais ils sont comme ces vagues qui meurent avant d’atteindre la plage.

Effectivement, j’ai grimpé l’Everest, mais qui le sait, et qui s’en soucie ? Aujourd’hui, n’importe qui peut prétendre attaquer le toit du monde, à trois conditions. Avoir de l’argent, être assez bien entraîné et quitter les siens pendant deux mois. Quand tu vois comment l’Everest s’est prostitué, tes rêves de gosse se brisent.

Je sens encore les odeurs de roche humide, j’entends le bruit de la glace qui craque, de ces gouttes qui jouent des notes de musique en s’écrasant au sol. Le vent aussi…

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