Mon blog vient de fêter sa première année

Un an déja..

En février 2014, je me suis lancée dans l’aventure …

La création d’un blog ! pour vous faire partager mes coups de cœur et mes déceptions.. Comme si il n’y avait pas assez de blogs de lecteurs/trices sur la toile…
Au départ il n’y avait pas de newsletter, car je n’avais pas compris comment faire..
Après quelques mois, ce petit souci a été réglé.
Maintenant il me reste un ? Comment faire pour vous informer qu’une réponse a été postée suite à un de vos commentaires?

Je voulais vous remercier de passer lire mes petites critiques, et vous dire à quel point je suis touchée de lire vos commentaires. Certains n’osent pas mettre un mot et c’est dommage.. C’est ainsi que ce blog vit… Même un petit mot concernant la photo choisie .. Même si vous n’avez pas lu le livre.. Juste pour dire si vous avez déjà lu cet auteur ou pas.. Si je vous ai donné envie de lire un auteur ou si mon petit mot vous a fait baisser votre PAL (pile à lire) …

Comme vous pouvez le voir sur la photo qui illustre cet article.. J’attends vos commentaires et vos suggestions..

Peut-être un sujet pour que VOUS me disiez .. tu dois lire tel livre !?

C’est un tel plaisir de vous lire, vous mes amis,  amis des livres qui nous permettent de rêver…

« Elle attendait d’un livre qu’il l’emmène dans des endroits
où elle n’était pas capable d’aller toute seule. »
Eugenides Jeffrey (in Le roman du mariage)

Rachline, François « Le mendiant de Velasquez » (2014)

Résumé de l’éditeur :
De tous les personnages présentés dans Les Ménines, le célèbre tableau de Velasquez, un seul nous reste totalement inconnu. Ni les contemporains du peintre, ni les historiens n’en ont jusqu’ici découvert l’identité. François Rachline s’empare de cet anonyme pour nous conduire des bas-fonds de Madrid à la cour d’Espagne et à l’intimité du roi Philippe IV. Nous sommes en 1656. Le lecteur plonge dans les arcanes du pouvoir, côtoie les indigents et les puissants, vit à l’heure du palais, des intrigues et des mensonges qui le parcourent, assiste enfin à l’incroyable coup d’éclat d’un miséreux. Le mendiant de Vélasquez est certes l’histoire d’un tableau dont nous suivons l’évolution, les ajouts, les retranchements, la lenteur d’exécution mais aussi celle d’une époque, le XVIIe siècle espagnol, dans ses bouleversements culturels, sociaux et politiques. Un grand roman historique écrit dans une langue d’une pureté absolue.
Mon avis : Un petit moment dans l’intimité de Velasquez et de Philippe Iv, cela ne se refuse pas. On évolue dans la « petite histoire », la vie et de la mentalité du XVIIème siècle, on navigue entre les states de la société, on pénètre les intrigues de cour ; on y parle aussi des arts et des grandes figures espagnoles ou autres (Quevedo, Titien, Rubens), de la technique de la peinture, de la composition du tableau, de l’importance de la lumière. Et on ne boude pas son plaisir car c’est bien écrit, même si ce n’est pas aussi fluide que j’aurais souhaité.

Extraits :
Malgré la pénombre ambiante, on distinguait les entrecroisements de marbres fuyant vers une crédence au fond, où s’amoncelaient des pots remplis de pinceaux de toutes tailles au milieu de piles de chiffons. Rangées les unes à côté des autres, quelques toiles de lin, la plupart vierges, attendaient. Deux chevalets se faisaient face, tels des squelettes en conversation

Mendigo pensa que ce Diego Velázquez ne ressemblait pas à ces innombrables malfaiteurs déguisés en gentilshommes, plus infâmes encore que les grands qu’ils singent. Il ne portait pas non plus cette cuirasse de mépris qui fait aux nobles un corps empesé d’amidon. Il y avait du peuple en lui
Brillait dans son regard la fierté des pauvres qui placent leur honneur au-dessus de leur état
la peinture mérite le statut d’art libéral puisqu’elle ne se contente pas de remplir une commande mais permet à son auteur d’exercer une pensée

Ce qui m’intéresse dans l’espace, c’est le temps. Il faut briser le premier pour libérer le second. Voilà mon ambition : placer l’éternité au cœur de l’immobilité

Tu t’efforces de capter l’essence de ton modèle. Tu veux rendre, non pas la réalité d’une personne, mais une donnée intime de son existence, un détail parfois négligeable, un regard, un geste, une attitude qui dévoile un individu. Comme si tu t’emparais d’une partie de la substance vitale de celui ou de celle que tu représentes. Si tu réussis, comme Titien, alors tu transformes la peinture, splendide immobilité, en mouvement de la vie. Peu y parviennent. Très peu

– Le théâtre, Mendigo, est un tableau dans l’espace. Les peintres d’aujourd’hui ne comprennent pas cela. Ils restent soumis à la plastique, oubliant qu’une toile doit avant tout restituer un tempo
Il ne suffit pas de saisir la perspective, la lumière, l’attitude, il faut encore pénétrer dans l’esprit du sujet, savoir ce qu’il dirait en face de toi. Je ne peins pas avec des pinceaux, amigo, je peins avec ma tête. Cette obstinée se refuse d’ailleurs à tout compromis.

Je crois que l’on quitte ce monde avec moins de difficultés qu’il n’en faut pour y entrer. Je dormais. Je rêvais. Il me semblait que ma vie se décomposait. Ses fragments éparpillés, je ne parvenais plus à les rassembler

Le monde ressemble à la Rossinante de ce plaisant Cervantès dont vous me vantiez les mérites en me portraiturant, voilà plusieurs années. Il porte des œillères. Son ombre lui paraît déjà trop lointaine pour provoquer son intérêt

Les formes émergeaient avec la vigueur de l’évidence, comme si le pinceau ne les créait pas mais les dévoilait.

Un tableau ne meurt pas. Il assure l’immortalité.

Cependant, la brutalité même avec laquelle il passait d’un sujet à un autre ne lui déplaisait pas. Elle ressemblait à cette Espagne, où la mort et la vie alternent au point de devenir inséparables, mais cette faconde l’étonnait toujours, lui habitué au mutisme – au moins autant par prudence que par penchant.
Deux existences se combattent ici-bas : celle de tous les jours, de la surface, des mondanités, du bruit, et celle qui se dépose en nous, silencieusement. La seconde, seule, mérite intérêt. À elle seule je m’en remets pour vivre ma vie. D’elle seule j’attends des bienfaits. En elle seule je puise la matière de mes pensées. Elle seule m’inspire confiance

Il n’existe pour l’homme aucun devoir supérieur à celui de respecter ce qu’il est

La pauvreté n’excuse rien, mais elle explique beaucoup

Mes ennemis m’accusent de ne point finir mes portraits, mais je les abandonne aux yeux qui les complètent. Si je dois quelque chose à Dieu, c’est cela : ne toucher dans mon travail qu’à l’impalpable. Observe donc ta peau du plus près possible, tu y distingueras mille petites aspérités impossibles à rendre en peinture. Pourtant, cette surface, je la représente presque lisse. L’illusion de l’achèvement nous abuse. La vie est une agitation incessante, perceptible ou non. Un excellent auteur français, Michel de Montaigne, considère que la constance même n’est qu’un branle plus languissant. Il y voit clair. Ton corps ne vieillit-il pas dès la première seconde ?

Il avait maintes fois constaté que ses portraits ne reflétaient pas seulement la réalité mais en devançaient l’évolution, tout du moins par certains aspects

Elle doit avancer en âge pour reculer en certitudes

Du temps où il opérait dans Madrid, il goûtait le piment des menaces quotidiennes avec leur cortège de sensations diverses. Cela seul faisait battre son cœur, aujourd’hui morfondu. Arriverait-il à rester longtemps encore dans cet atelier irrespirable, à croiser des morts-vivants exclusivement préoccupés de leurs privilèges

Comment se fier à des édifices écrasants où l’oppression se lit déjà sur les façades ?

Après tout, se dit-il, si l’habit ne fait pas le moine, la toile peut bien faire l’homme

Je suis maître de mes sujets, comme les rois des leurs. À ceci près que les miens ne disparaissent jamais
Et n’oublie pas qu’on respecte un homme tant qu’il n’existe pas de limite à ses audaces. C’est la seule façon de s’imposer aux grands de ce monde, qui sont les petits du nôtre

Il est des hommes dont le génie s’impose uniquement après leur mort. Baltasar appartient à cette race à part. Il est trop grand pour que nos instruments l’évaluent aujourd’hui

– Pour lui, le monde est un théâtre où s’entremêlent ombres et personnes réelles. C’est un pessimiste débordé par des bouffées d’optimisme

« Je voudrais que vous me peigniez aussi bien pour exister mieux. »

Reconnaître une dette n’était certes pas la payer, mais au moins cela signifiait qu’elle ne tombait pas dans l’oubli

j’ai admiré de magnifiques illusions picturales à Pompéi, loggias surplombant des jardins, piliers, colonnes, reliefs d’un prétendu repas, miettes, pelures, débris divers… La finalité de cet art est d’abuser, la mienne de révéler

Le squelette est raide, l’âme souple. Rares sont les hommes dont je ne perçois pas immédiatement l’armature, à l’instar d’un bâtiment. L’âme ne se livre pas aussi facilement. Il me faut observer mes sujets, les fréquenter, parler avec eux avant de dégager l’enveloppe où elle se retranche. Il arrive, chez certains, que j’accède à l’essentiel d’un coup. Pour la plupart, j’ai dû cultiver ma patience
Pour les hommes de mon espèce, l’inquiétude est l’antichambre de l’angoisse

En peinture, je n’arrive pas à mentir. » Il venait de prononcer cette phrase à voix haute, comme s’il s’adressait à une personne invisible. Il continua sa méditation silencieuse. Je peins ce que je perçois derrière les formes, ce qui ne se montre pas. Je n’ai jamais représenté de morts pour cette raison
J’ai besoin de la vie, non pour la retranscrire, mais pour déceler, derrière l’impermanence des comportements, la permanence de l’être. Le passé ne m’importe que dans ce sens

Levy, Marc « Elle et Lui » (02/2015)

Résumé: 

Un site de rencontres les a réunis.
Ils ne sont pas devenus amants, mais amis.
Et ils comptent bien en rester là…

Elle est actrice. Lui écrivain.
Elle s’appelle Mia. Lui Paul.
Elle est anglaise. Lui américain.
Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais.
Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment.
Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas.
Elle se sent seule. Lui aussi.
Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses.
Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.

Dans ce roman, ou l’on retrouve les personnages de Et si c’était vrai…, Marc Levy nous entraîne dans une histoire d’amour irrésistible et totalement imprévisible.
Elle & lui marque le grand retour de Marc Levy à la comédie.

« Magique. Jubilatoire. Un vrai bonheur. »
Paul Barton
Mon avis :

Si vous aimez les comédies romantiques avec Meg Ryan ou Julia Roberts, un roman fait pour vous. On passe quelques heures fleur bleue, sans prise de tête. Sorti juste avant la St Valentin, tout à fait justifié. C’est léger, frais, avec de jolies répliques. On y retrouve les personnages de « Et si c’était vrai » (un des rares Levy que j’ai lu). J’ai passé un joli moment. Il ne restera pas dans les annales mais des fois légèreté et sourires font du bien.

Extraits :

Comment se porte votre couple ? – Il ne se porte plus vraiment.

elle savait ce qu’elle ne voulait plus. Le doute, l’attente, le silence. Elle voulait des projets impossibles, mais qui vous donnent envie de vous lever le matin, retrouver l’appétit de vivre et ne plus se réveiller l’estomac noué.

– Ce n’est pas toi qui m’as déclaré un jour que la solitude était une forme de compagnie

Refuge ou peut-être chimère, mais c’était justement ce qu’il ne souhaitait pas éclaircir. Fallait-il confronter ses rêves à la réalité, au risque de les voir anéantis ?

– Ce qui est important, c’est de prendre une décision, affirma-t-il. – Quelle décision ? – Celle qui vous permettra de vivre au présent au lieu de vous demander de quoi sera constitué l’avenir

il avait un mal fou à ne pas mélanger les mots, parfois même à s’interdire d’en inventer. D’après son analyste, c’était en fait le fruit d’un cerveau pensant plus vite que la parole, ce que Gaetano avait accueilli comme une Légion d’honneur décernée par Dieu

Ils prirent un café dans le bistrot où il avait si souvent pensé à elle avant que la vie ne les réunisse

Pourquoi les personnages de romans auraient plus de courage que nous ? Pourquoi osent-ils tout et nous si peu de choses

je préfère ne rien savoir plutôt que de penser que tu me prends pour une idiote

Vous croyez qu’une quatrième de couverture est anodine ? Elle a pouvoir de vie ou de mort sur le destin du livre

Vous trouvez qu’il n’y a pas assez de drames dans la vraie vie, que les gens ne sont pas suffisamment accablés de malheurs, de mensonges, de lâchetés et de mesquineries, vous voulez en rajouter ? Perdre leur temps à leur raconter des histoires qui finissent mal

Mais on leur dit merde, à ceux qui n’aiment pas les histoires heureuses, qu’ils aillent patauger dans leur sinistrose, ils nous font déjà assez suer comme ça, on ne va pas en plus leur laisser le mot de la fin

À quoi cela sert de jouer, d’écrire, de peindre ou de sculpter, de prendre de tels risques si ce n’est pour apporter du bonheur aux autres

Votre photo est en première page du journal et le lendemain, le même journal sert à emballer des Fishs & Chips. Voilà à quoi peut se résumer la notoriété

Ça ne lui ressemblait pas, mais elle était heureuse d’avoir exprimé ce qu’elle pensait. Quelque chose en elle était en train de changer, elle aimait cette voix intérieure qui la poussait à s’affirmer

Si seulement les maux du cœur étaient contagieux, tu m’aimerais autant que je t’aime

Lorsque nos sentiments ne ressemblent à rien, on a l’espoir qu’ils prennent forme en grandissant. Les miens sont devenus adultes, mais ils s’acharnent à ne ressembler à rien. On peut tout faire avec des mots, y compris écrire de belles histoires, pourquoi est-ce si compliqué dans la vie

À très vite, même si quand on espère l’autre, le temps semble vieillir et marcher à pas lents

Sors de tes bouquins et entre dans la vie

J’aime ma vie et mon travail, j’aime passer mes nuits dans mes histoires, je m’y sens bien

Ne vous fichez pas de moi, mais je crois à la mémoire des objets. Ils émettent de bonnes ou de mauvaises ondes.

 

Un cauchemar, c’est un rêve qui a mal vieilli.

 

Penny Louise « Défense de tuer »

La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 4 : Défense de tuer

Résumé : Au plus fort de l’été, le Manoir Bellechasse, un hôtel luxueux des Cantons-de-l’Est, accueille les membres d’une riche famille anglo-canadienne réunis pour rendre hommage à leur défunt patriarche. L’inspecteur-chef Armand Gamache, venu célébrer avec sa femme leur trente-cinquième anniversaire de mariage, constate rapidement le troublant comportement de cette famille aux apparences parfaites. Sous la surface trop lisse bouillonne une inavouable rancune longtemps refoulée. Dans les esprits comme dans le ciel, l’atmosphère s’alourdit. Bientôt une tempête s’abat, laissant derrière elle un cadavre étrangement mis en scène. Mais qui aurait l’audace de commettre un homicide sous les yeux de l’inspecteur ?

Avec cette quatrième enquête de l’inspecteur-chef Armand Gamache, Louise Penny fait une nouvelle fois preuve d’une ingéniosité subtile et d’une véritable compréhension du psychisme humain. Instaurant un huis-clos tout aussi charmant que déstabilisant, elle laisse ses personnages évoluer jusqu’à ce que leur nature véritable se dévoile dans toute sa laideur. Plus que jamais elle s’impose comme un véritable maître du mystère.

Mon avis : Toujours aussi « british » dans une ambiance canadienne. Nous sommes en été. Et revoici notre inspecteur Gamache, si humain, si tendre et attentif au centre de l’enquête. En effet il séjourne à l’hôtel quand un meurtre est commis. Sa femme est donc un peu plus présente, avant de s’exiler pas loin, à « Three Pines »…

On nage en plein mystère, dans une ambiance de suspicion et de haine larvée.. et on se pose des questions ; non seulement qui, mais aussi pourquoi et comment.. Dans un coin de paradis (enfin pas de l’avis de tout le monde) ou internet ne passe pas, une enquête un peu « à l’ancienne », fondée sur psychologie et réflexion.. Une belle étude de l’amour et de la haine, de la dissimulation et de la rancœur, des non-dits qui pourrissent toute une existence (enfin plusieurs) Et toujours cette jolie langue et ses mots québécois qui font mon bonheur..

(la débarbouillette c’est une lavette .. )

 

Extraits :

Après avoir travaillé des dizaines d’années comme facteur, il savait qu’il distribuait davantage que des lettres. Il savait qu’il avait lâché des bombes au cours de ses tournées. Il avait apporté de très bonnes nouvelles : des avis de naissance, des gains de loterie, le décès d’une vieille tante riche. Mais c’était un homme bon, d’une grande sensibilité, et il savait qu’il était aussi porteur de mauvaises nouvelles

Il s’arrêta, se retourna et s’éloigna à grands pas du bistro pour se diriger vers une boîte aux lettres rouillée devant une maison en brique donnant sur le parc. Lorsqu’il ouvrit la boîte aux lettres, celle-ci hurla. Il la comprenait. Après avoir poussé la lettre à l’intérieur, il referma rapidement la porte hurlante. Il fut surpris que la boîte métallique cabossée ne s’étouffe pas et ne recrache pas cette chose immonde. Avec le temps, il en était venu à voir ses lettres comme des êtres vivants et les boîtes comme des espèces d’animaux de compagnie

Il avait appris ça de sa mère. Elle lui avait enseigné que de l’ordre naissait la liberté. L’ordre libérait l’esprit pour autre chose

Il collectionne des conversations, des événements, et les utilise des années plus tard contre vous. Recycler, riposter, refouler. Rien ne se perd

Il franchissait ce point et découvrait les monstres cachés au plus profond de personnes raisonnables, aimables, rieuses. Il pénétrait là où même ces personnes craignaient de s’avancer

La première génération amasse l’argent, la deuxième l’apprécie, ayant été témoin des sacrifices consentis, et la troisième le dilapide. Nous sommes la troisième génération.

le meurtre était fondamentalement humain. Une personne était assassinée, une personne assassinait. Ce n’était ni le hasard ni un événement qui déclenchait le geste fatal. C’était une émotion. Une émotion autrefois saine et humaine était devenue répugnante, boursouflée, puis avait été enterrée. Mais pas définitivement. Elle restait tapie, souvent durant des décennies, se maintenant en vie et grossissant, sinistre, tourmentée, pleine de rancune. Jusqu’au jour où elle se libérait enfin de la contrainte humaine. Aucun sens moral, aucune peur, aucune convention sociale ne pouvait alors la retenir. C’était le chaos. Et un homme devenait un meurtrier

« Tout le monde mérite une deuxième chance. Mais pas une troisième.

Vous est-il déjà arrivé, en marchant dans une rue, de sentir quelque chose et de vous trouver soudainement à un autre endroit ? C’est comme si l’odeur vous transportait ailleurs.

C’était un adulte, pas un enfant dans des vêtements d’adulte, comme tant de gens qu’elle connaissait. Il démontrait de la maturité

Elle n’était pas allée au-delà du pourquoi. N’avait pas pensé au qui

Le véritable sens se trouvait dans les pauses. Jamais dans les mots, mais dans les hésitations

Ce n’était pas une balle, ni une lame, ni un coup de poing au visage qui tuait les gens. Ce qui tuait les gens, c’était un sentiment. Enfoui trop longtemps

Mais il savait que ce signe de ponctuation cachait quelque chose. Quelque chose d’important. Comme bien souvent, le message n’était pas dans les mots, mais dans la façon de les présenter.

La folie, c’est perdre contact avec la réalité, c’est créer son propre monde et s’y enfermer. — C’est juste, sauf que, parfois, c’est la façon d’agir la plus saine qui soit. La seule façon de survivre. Les personnes maltraitées – surtout les enfants – le font

Votre corps peut se trouver dans le plus enchanteur des endroits, mais si votre esprit est anéanti, cela importe peu

Elle sentait son cœur galoper dans sa poitrine et ses mains trembler, comme chaque fois qu’elle était enragée. Et, bien sûr, son cerveau ne fonctionnait pas. Il s’était enfui avec son cœur – les lâches – en la laissant sans défense et sans cervelle

Un meurtre n’était pas le fruit de la haine, il représentait plutôt un effroyable acte de libération. On le perpétrait pour être enfin débarrassé du poids qui vous accablait.

L’affliction était semblable à une dague pointue s’enfonçant à l’intérieur de soi. Elle était composée d’une peine nouvelle et d’un vieux chagrin. Tous les deux fondus, forgés et, parfois, polis

ce n’est pas la vérité au sujet des autres qui vous libère, mais la vérité sur vous-même

Blesser commence à devenir une habitude, chez vous. Faire souffrir les autres ne diminuera pas votre propre douleur, vous savez. Au contraire.

Elle m’a enseigné que la vie continue, et qu’un choix s’offrait à moi. Je pouvais pleurer ce que j’avais perdu ou apprécier ce qui me restait

L’enfant avait commencé à ressentir quelque chose de nouveau. De l’amertume. Au fil des ans, elle avait creusé un trou là où aurait dû se trouver son cœur. Elle avait fini par lui ronger tout l’intérieur, si bien qu’il n’y avait plus que noirceur là-dedans. Et un hurlement, un écho du passé qui se répercutait. Et s’amplifiait avec chaque répétition

 

(photo : Manoir Howey – North Hatley -Canada)

Indriðason, Arnaldur : Série « Erlendur Sveinsson »

Indriðason, Arnaldur

Série du commissaire Erlendur Sveinsson

1. Synir duftsins (1997) pas traduit

2. Dauðarósir (1998) pas traduit

3. La Cité des jarres

Résumé : L’inspecteur Erlendur, un commissaire de Reykjavik, mal nourri, toujours de mauvaise humeur, dans la tradition du genre, enquête sur le meurtre d’un vieil homme. Dans l’ordinateur de la victime, on trouve des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d’une enfant de quatre ans. Erlendur n’accepte pas la thèse du crime de drogué en manque, il retrouve un ami de cet homme en prison et découvre le passé de violeur de la victime. A travers l’autopsie de la petite fille morte quarante ans auparavant, il découvre la Cité des Jarres et le fichier génétique de la population islandaise. L’écriture de Indridason reprend aux vieilles sagas leur humour sardonique, l’acceptation froide des faits et leurs conséquences lointaines. Ce livre, écrit avec une grande économie de moyens, va bien plus profond que la plupart des romans policiers : il transmet le douloureux sens de l’inéluctable qui sous-tend les vieilles sagas qu’au Moyen Age les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d’hiver. Il représente un remarquable apport à la tradition. Et chez Indridason l’humanité triomphe toujours. La Ciré des Jarres a obtenu le prix Clé de verre du roman noir scandinave, il figure en tête des listes des best-sellers en Allemagne et en Suède.

Mon avis : La 1ère enquête du commissaire Erlandur à être traduite en français. On entre dans le monde du personnage, on partage ses doutes, on refuse avec lui ce qui pourrait être une évidence. On se demande aussi « ou on va » et sur quoi il enquête au juste… Et tout commence à s’imbriquer, à notre surprise et à la sienne aussi. Personnage qui ne va pas manquer de devenir attachant.

4. La Femme en vert

Résumé : Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange… Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d’indices au commissaire Erlendur. L’enquête remonte jusqu’à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d’une Islande sombre et fantomatique…

Mon avis : Plus on pénètre dans l’univers du Commissaire Erlendur et plus on a envie de suivre ses aventures. Il est important de lire les enquêtes dans l’ordre car à travers les enquêtes, la vie des personnages et leurs réactions sont mis en lumière

5 La Voix

Résumé : Mauvaise publicité pour l’hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d’enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveinsson ne l’entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d’enfance douloureux, il s’installe dans l’hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins…

Mon avis : C’est vrai qu’il faut les lire dans l’ordre. La trame familiale est attachante. J’ai beaucoup aimé « la Voix ». Une grande sensibilité et une histoire qui une fois de plus lie Erlendur à ses enquêtes. On remonte dans l’enfance du Commissaire en explorant le passé du Père Noel assassiné.

6. L’Homme du lac

Résumé : Il dormait au fond d’un lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l’eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d’inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l’homme du lac ? L’enquête révélera au commissaire Erlendur le destin tragique d’étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi.

Mon avis : j’ai commencé par celui-ci. Une erreur. Il faut les lire dans l’ordre ! j’ai beaucoup aimé. Mais je dois dire que les prénoms islandais sont à coucher dehors…

7. Hiver arctique

Résumé : Comment peut-on poignarder un enfant ? Au coeur de l’hiver arctique, en Islande, un garçon d’origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait douze ans. Crime raciste ? Le commissaire Erlendur mène l’enquête, s’acharne et s’embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s’obstine à survivre dans une nature hostile. l’absurdité du mal ordinaire lui échappe…

Mon avis : On monte d’un cran. Comme Mankell, une peinture de société en fond de roman. Et une enquête qui fait un parallèle avec l’histoire du Commissaire. Beaucoup apprécié. Encore un auteur qu’il faut lire dans l’ordre car la vie des personnages évolue.

8. Hypothermie

Résumé : Au bout de la corde bleutée, le cadavre de Maria. Un suicide ? Erlendur n’y croit pas. Il rouvre le dossier. La vie de la jeune femme est un théâtre d’ombres : médiums, insomnies glacées, terreurs nocturnes, les morts vivaient à ses côtés. Quand elle était enfant, son père s’est noyé sous ses yeux. En Islande, on murmure que les secrets les mieux gardés demeurent au fond des lacs…

Mon avis : C’est un excellent policier. Et qui éclaire bien le personnage du Commissaire. On penetre dans la vie du Commissaire, on apprend son mode de fonctionement, et on se rend compte que la persévérance et l’intuition font la profondeur du roman.

9. La Rivière noire

Résumé : Le sang a séché sur le parquet, le tapis est maculé. Égorgé, Runolfur porte le t-shirt de la femme qu’il a probablement droguée et violée avant de mourir. Sa dernière victime serait-elle son assassin ? Pas de lutte, pas d’arme. Seul un châle parfumé aux épices gît sur le lit. L’inspectrice Elinborg enquête sur cet employé modèle qui fréquentait salles de sport et bars… pour leur clientèle féminine. – Ce récit ne met pas en scène le commissaire Erlendur mais sa collègue l’inspectrice Elinborg

Mon avis : L’enquête est intéressante, mais cette fois -ci le Commissaire Erlendur est totalement absent. Je dois dire qu’il m’a beaucoup manqué. On fait connaissance avec la vie de Elinborg qui tient le roman sur ses épaules.. Mais malheureusement n’a pas la carrure … le personnage est un peu « transparent », surtout quand on attend l’entrée en scène du Commissaire taciturne… je dois toutefois reconnaitre que l’idée de confier l’enquête à une femme est excellente.

10. La Muraille de lave

Résumé : Abasourdi, Sigurdur lève les yeux vers l’imposante Banque centrale, surnommée la « muraille de lave » en référence à l’impénétrable barrière de corail de la mer d’Islande. Ici règnent le crime et la corruption : une employée, adepte du libertinage, a été poignardée. Sigurdur en est persuadé, l’assassin est entre ces murs. Plus que jamais, les conseils d’Erlendur seraient précieux, mais il a disparu…- Ce récit ne met pas en scène le commissaire Erlendur mais son collègue Sigurður Óli .

Mon avis : Alors de loin celui que j’ai le moins aimé.. Non seulement Erlendur n’est pas présent mais les deux inspecteurs vedette sont peu attachants. Sigurdur n’a pas la moindre empathie ni le moindre sens de l’humour, son collègue est tout aussi déplaisant et les personnages peu aimables. De plus l’enquête est fouillis. Elle mêle le sordide, le chantage et le monde de la finance et je n’ai pas aimé ce roman.

Extraits :

Ils se turent un long moment. Le vin italien venu de Toscane avait un goût aussi doux que fruité sur leurs papilles. La musique qui tombait de plafond était italienne, tout comme le plat qu’ils attendaient qu’on leur serve. Seul ce silence entre eux était islandais.

Ils portaient sur leurs épaules le poids d’une relation usée, d’années qui avaient passé, de sentiments qui s’étaient étiolés et d’une vie commune qui avait pris l’eau jusqu’au naufrage.

Même si ce salaud était vieux et voûté, il représentait toujours une forme de menace, il était une frayeur ancienne, qui sortait maintenant de sa cachette pour lui sauter au visage, la gueule béante.

11. Étranges Rivages

Résumé : Une nuit de tempête, Matthildur, jeune mariée, a disparu sur un chemin sauvage. Depuis soixante ans, son corps n’a toujours pas été retrouvé. De retour sur les terres de son enfance, hanté par la mort de son petit frère, le commissaire Erlendur enquête. Pourquoi n’a-t-elle pas croisé le groupe de soldats anglais perdu dans la montagne ? Sous la glace des fjords d’Islande, le passé ne meurt jamais.

Mon avis : Erlendur avait disparu lors des dernières enquêtes en terre islandaise. Il est « le personnage » du roman: à la recherche de son passé. Il avait toujours été obsédé par les disparitions inexpliquées en montagne et en particulier par celle de son petit frère lors d’une tempête alors qu’il était enfant. En vacances sur les lieux de son enfance il va remonter le temps, rencontrer des personnages qui vivent depuis toujours dans cette nature sauvage et inhospitalière, et va se mettre a enquêter sur une disparition qui au fil du récit, semblera de moins en moins due à une tempête. Il va s’attacher à faire revivre le passé. Les personnages taciturnes vont parler, puis à force de recoupements, la vérité va se dessiner. Tout en subtilité, un roman gris/noir, une ode à l’amour teinté de mélancolie. Un roman sur les non-dits, les mensonges, la culpabilité, le remords, les fantômes du passé qui hantent la vie et les nuits, l’enfer de la dissimulation. Désolation des paysages, des êtres… et apaisement. Un roman humain. Pour moi le meilleur de sa série.

 

12. Le Duel

Résumé : Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là. Un nouveau roman d’Indridason qu’il est difficile de lâcher tant l’ambiance, l’épaisseur des personnages, la qualité d’écriture et l’intrigue sont prenantes.

Mon avis : Ce qui est présenté comme la douzième enquête est de fait bien antérieure. En effet Erlendur met le pied dans le commissariat à la dernière page. C’est l’inspectrice Marion Briem qui mène l’enquête. J’ai beaucoup aimé ce livre. Etre au mauvais endroit au mauvais moment… Beaucoup d’humanité dans le roman. Et l’auteur souligne l’importance de la politique, les pressions faites parfois sur les enquêteurs, les enjeux internationaux, l’importance de la confiance (du manque de confiance) entre les enquêteurs … Entre roman policier et roman d’espionnage…

Extrait :

« Entends, artisan des cieux, La prière du poète, Et que vienne à moi, Ta douce miséricorde. *Début d’un psaume connu de tous, composé par Kolbeinn Tumason, probablement en 1208 … Il s’agit du plus ancien psaume connu de tous les pays nordiques. Il est souvent chanté, aujourd’hui encore, pendant les enterrements. »

« Il est plus facile de croire en Dieu quand on sait qu’il n’existe pas »

 

13. Les Nuits de Reykjavik

Résumé : Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques… Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d’un clochard qu’il croisait régulièrement dans ses rondes. On conclut à l’accident et l’affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville. On découvre ici ce qui va faire l’essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commissaire Marion Briem. En racontant la première affaire d’Erlendur, le policier que les lecteurs connaissent depuis les premiers livres de l’auteur, Arnaldur Indridason dépasse le thriller et écrit aussi un excellent roman contemporain sur la douleur et la nostalgie. De roman en roman, il perfectionne son écriture et la profondeur de son approche des hommes

Mon avis : Enfin Erlendur est de retour ! Ou plutôt il arrive.. Simple policier il mène l’enquête en solo sur une disparition et une noyade. Il enfreint allègrement toutes les lois, le fait par intérêt personnel et attendra d’avoir une palette d’éléments pour aller parler à la criminelle. Et cela devrait signer la fin de sa période « police de proximité » et son entrée à la Criminelle. Bref on fait sa connaissance… un peu comme si c’était le tome un. Bien aimé. Si vous aimez le personnage, vous allez apprécier de le connaitre à ses débuts.

 

Extraits :

Il avait alors compris qu’il détestait voyager avec des gens qui manifestaient en permanence de la gaîté. Toute cette joie avait quelque chose d’oppressant.

Il s’intéressait à l’Histoire, à tout ce qui touchait l’histoire de son pays, et s’imaginait plus tard plongé dans des recherches et des explorations de toutes sortes

Il avait vécu là avec quelques chats errants qui s’étaient rassemblés autour de lui comme l’avaient fait autrefois les oiseaux autour de saint François d’Assise.

il y avait quelque chose dans son attitude, quelque chose dans son existence immobile et figée, qui le fascinait également. Cette manière dont il opposait une résistance à la vie et l’entêtement qu’il mettait à refuser toute assistance.

C’est arrivé d’un coup. Il est sorti de nos vies pour aller se perdre dans une espèce de no man’s land.

Le destin de ce clochard lui enseignait que les disparitions pouvaient tout autant se produire dans les rues fréquentées de Reykjavik que dans des tempêtes déchaînées, sur des chemins de montagne périlleux, loin des terres habitées.

C’était plutôt la nuit que la ville lui plaisait. Quand, dans les rues enfin désertes et silencieuses, on n’entendait plus que le vent et le moteur de leur voiture.

Les morts ne lui inspiraient aucune crainte, pas plus que le lieu, même s’il avait quelque chose d’inquiétant en hiver, avec ses arbres difformes qui tendaient leurs branches vers le ciel noir. Bien au contraire, il trouvait sérénité et apaisement au milieu de ceux qui sommeillaient.

Il la regarda monter et s’installer près de la vitre pour continuer son errance perpétuelle à travers la ville, sans se soucier de sa destination. Sa vie était un voyage sans but…

…voyageur solitaire et sans but, condamné à une éternelle errance dans l’existence

Il avait l’impression qu’il était temps pour lui de se trouver un ancrage, qu’il était temps de mettre fin à cette errance nombriliste, temps de changer et d’entreprendre des choses nouvelles

Les gens allaient et venaient sans trop s’intéresser au passé. Ils bâtissaient une vie nouvelle, s’inventaient un avenir. C’était le cours normal des choses. Le temps n’attendait personne.

14. « Le lagon noir » (2016)

Résumé :

Reykjavik, 1979. Le corps d‘un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s’agit d’un ingénieur employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. Dans l’atmosphère de la guerre froide, l’attention de la police s’oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’une jeune femme noire, officier de la base.
Le jeune inspecteur Erlendur vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais.
En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement dans l’île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine.

(Voir article)

Romans du même auteur mais ne faisant pas partie de la série: Bettý, Opération « Napoléon » et  Le Livre du roi (voir article)

Bonnefoy, Miguel « Le voyage d’Octavio » (01/2015)

Éditeur : Payot & Rivages – Nombre de pages : 128 (premier roman – Il a remporté le prix du Jeune Ecrivain, en 2013, grâce à une nouvelle intitulée « Icare ») – Finaliste du Goncourt du Premier Roman et lauréat de nombreuses distinctions (dont le prix de la Vocation, le prix des cinq continents de la francophonie « mention spéciale »),

Résumé : Le voyage d’Octavio est celui d’un analphabète vénézuélien qui, à travers d’épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu’il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l’écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques », menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée. Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d’un hôte mystérieux, dans ceux d’un peuple qu’il ignore. Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d’abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l’univers luxuriant n’est pas sans faire songer à ceux de Gabriel García Márquez ou d’Alejo Carpentier.

Avis : Et bien moi, je n’ai pas embarqué.. Certes c’est très bien écrit, l’idée est belle, mais heureusement que c’est tout petit… car l’émotion n’était pas au rendez-vous. Tout est bien écrit, bien décrit, trop peut-être… Octavio, va rencontrer l’amour et apprendre à écrire. Il va trahir la femme qui lui a tout apporté et partir… puis revenir… On part avec lui à la recherche de son âme.. mais je me suis ennuyée…

Extraits :

Dans ce pays, on écrit encore sur les journaux après les avoir imprimés.

Ce n’est pas de vivre dans la misère qui rend misérable, mais de ne pas pouvoir la décrire

Il faisait partie de ces hommes qui, comme les arbres, ne peuvent que mourir debout.

Il portait l’odeur d’un demi-siècle de silence.

Elles étaient coiffées selon la mode d’hier. Vieilles filles, elles conservaient les habitudes d’une autre époque, parlaient en proverbes, chantaient des valses de veuves et avaient cette curieuse manie de se recoiffer avant de décrocher le téléphone.

Ainsi, elle avait traversé la vie comme on traverse un désert, sans cortège, pleine d’aplomb et de dignité, avec ce sang-froid qu’on distingue chez certaines femmes que trop d’hommes ont regardées.

Tout le monde savait qu’il venait de loin et que sa patrie était dans une infinité de villes vite quittées

Je vous parle ici de cambrioler une maison comme on écrit un poème. Cela s’ordonne avec finesse, dans un souffle d’inspiration, à la frontière délicate entre un mal nécessaire et un mot nécessaire.

il n’y avait personne, et pourtant chaque pièce était habitée.

Un matin, il se surprit de voir que « mujer » s’écrivait aussi simplement. – J’aurais pensé que pour un personnage aussi considérable, y’avait un mot plus difficile, s’était-il exclamé.

La littérature devait tenir la plume comme une épée, mêlée à l’immense et tumultueuse communauté des hommes, dans une lutte obstinée pour défendre le droit de nommer, pétrie dans la même glaise, dans la même fange, dans la même absurdité que ceux qui la servent. Elle devait avoir les cheveux détachés, de l’héroïsme et des déchirures, une machette à la ceinture ou une escopette à l’épaule.

L’air, autour d’eux, les enfermait comme les pages d’un livre

Dans sa marche, il avait pour le monde un dévouement presque poétique. Certains parlaient d’un géant né d’un torrent, d’autres d’un esclave arraché à la liberté. Quand on lui demandait, il répondait qu’il venait de la terre.

Mais à peine avait-il fermé les yeux que le silence le réveilla.

L’analphabétisme avait isolé le village du monde. Faute d’instituteur, on ne savait lire que les caprices du ciel

l’air avait une odeur de regrets

Comme un ermite dans sa cabane, la barbe longue, les cheveux touchant les épaules, assis en tailleur, il rédigeait l’histoire à sa façon. Son corps était recouvert de marques, composées une à une, comme les lettres d’un même récit. L’écriture se manifestait à son cœur par le vernis et l’acide, la peinture et le bois, l’or et le plomb. Il décapait, raclait, façonnait l’espace, constituait une grammaire

Penny, Louise « Le mois le plus cruel »

La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 3 : Le Mois le plus cruel

Résumé : Un groupe d’habitants du petit village de Three Pines décide d’organiser une séance de spiritisme pour débarrasser leur commune du Mal. Mais lors de la séance, l’une des participantes meurt de peur. À moins qu’elle n’ait été assassinée… Le troisième volet des enquêtes du délicieux inspecteur Gamache.

Mon avis : Oppressant à souhait.. Après âtre venu en automne et en hiver, l’inspecteur Gamache est de retour à Three Pines pour Pâques. Le printemps arrive, mais au lieu de se retrouver dans le pays du renouveau, il va plutôt se trouver aux prises aux secrets, à une maison hantée.. Et pour ne rien arranger il est victime d’une cabale. Toujours flanqué de sa petite équipe d’enquêteurs, il va encore et toujours faire preuve d’humanité et sa qualité d’écoute va lui être bien précieuse. C’est un être magnifique que cet inspecteur et les habitants de Three Pines deviennent de plus en plus présents. On commence à bien les connaître et je me réjouis de les retrouver. C’est mon préféré des trois car l’inspecteur Gamache devient de plus en plus attachant.

Extraits :

Un artiste, mais qui semblait débranché de son cœur. Il vivait dans un monde profondément rationnel, où l’inexplicable était automatiquement « idiot », « ridicule » ou « insensé ». Même les émotions étaient insensées

Elle savait que, souvent, ce qui caractérise les grands artistes n’est pas le génie, mais la persévérance

La pluie ne vint pas et le dimanche de Pâques fila comme un lapin

Après tout, que désirait-on, sinon être à sa place ?

Les apparences étaient trompeuses. Le monde connu changeait, se reformait. Tout ce qu’il avait tenu pour acquis, pour un fait réel et indiscutable, s’était effondré. Mais pas question que lui-même s’effondre. Ou qu’il permette qu’on fasse tomber ceux qu’il aimait

Il y a des choses auxquelles on n’échappe pas, et la mort en est une.

Comment pouvaient-ils avoir été si bêtes ? Leurs vies étaient-elles si tranquilles, si ennuyeuses, qu’ils devaient chercher et créer le danger ?

Les pensées douloureuses créaient peut-être une dépendance : une fois qu’on y avait goûté, on en voulait encore.

Gamache adorait se rendre chez les gens impliqués dans une affaire. Examiner comment ils avaient aménagé leur espace le plus intime. Voir les couleurs, la décoration. Sentir les arômes. Y avait-il des livres ? De quel genre ? Quelle impression se dégageait du lieu ?

De sortir le matin, fier et fanfaron, mais en prenant soin de dire à sa chatte qu’il l’aimait, au cas où.

Les murs étaient couverts d’immenses photos de diplômés souriants et, sur de petites tables pliantes rouillées et bosselées, de modestes vases ébréchés contenaient de jolies jonquilles, des branches de saule ou quelque minuscule fleur sauvage cueillie par des mains usées pour des yeux qui l’adoreraient.

La plupart des gens s’effondraient graduellement, comme la vieille maison

Cette femme réservée tenait courageusement à distance l’armée du chagrin en maraude, mais, bientôt, cette armée allait donner l’assaut, dévaler la colline et fondre sur elle, et il ne lui resterait plus rien de familier.

Un ancien rituel païen, d’une époque où « païen » voulait dire « paysan » et « paysan » voulait dire « travailleur », et où être un travailleur avait de l’importance

les losers sont les gens les plus dangereux, car, tôt ou tard, ils arrivent au stade où ils n’ont plus rien à perdre.

Vous devez écouter. Lorsqu’on parle, on n’apprend rien, et ce travail consiste à apprendre. Pas seulement les faits. Le plus important, au cours d’une enquête sur un meurtre, est invisible et intangible. Ce sont les sentiments des gens

Vous devez apprendre à dire : Je ne sais pas. Excusez-moi. J’ai besoin d’aide. Je me suis trompé

Dans le silence, vous percevrez un murmure que toute votre vie vous avez pris pour le vent. Mais ce sera un arbre. La nature nous parle tout le temps ; le problème, c’est de savoir écouter et comprendre. Par exemple, je n’entends pas ce que disent l’eau, les fleurs ou les pierres. En fait, oui, je les entends, mais seulement un peu. Mais les arbres ? J’entends clairement leurs voix

On a tous les deux un lien avec la mort, on en profite, si on peut dire. Sans arbres morts, je n’aurais pas de meubles ; sans cadavres, vous n’auriez pas de travail.

Je n’ai pas senti le mot décoché frapper et s’enfoncer comme une balle molle.

C’était comme si on l’avait kidnappée et emmenée dans un monde de chuchotements et de témoignages de sympathie pour un événement auquel elle n’arrivait pas encore à croire

Tout avait changé. Même sa grammaire. Soudain, elle vivait au passé. Et au singulier.

Elle était la parfaite petite usine à affronts, blessures et irritations, affairée jour et nuit à générer de la colère. Elle transformait les bonnes intentions en attaques, les cadeaux en insultes, le bonheur des autres en injure personnelle. Le sourire et même le rire semblaient la blesser physiquement. Elle s’accrochait à chaque rancœur

La guerre contre le chagrin. L’effort héroïque et désespéré en vue d’arrêter l’ennemi aux portes. Mais c’était un combat vain

Son cœur allait finalement la trahir et laisser le chagrin la submerger. La peine, la perte, le désespoir renâclaient et s’impatientaient, se cabraient et se regroupaient pour l’assaut final.

Cette douleur physique, elle la comprenait. L’autre était terrifiante. Elle était noire, vide, creuse et infinie.

« Tout a ses merveilles, l’obscurité et le silence aussi. »

Puis, du silence de l’obscurité, lui parvint la réponse. — Ce sont nos secrets qui nous rendent malades

Tant qu’on ressent de la pitié, il n’y a pas de place pour la compassion. Elle détruit, élimine l’émotion noble.

En repensant à T.S. Eliot, il se disait que, si le poète avait appelé avril « le mois le plus cruel », ce n’était pas parce qu’il tuait les fleurs et les bourgeons, mais parce que, parfois, il ne le faisait pas. Comme c’est difficile pour ceux qui ne s’épanouissent pas lorsque tout, autour, est vie nouvelle et espoir

Toute sa vie, elle avait su que la façon la plus sûre de blesser quelqu’un, de le mutiler, de le paralyser, c’était la gentillesse. Si les gens s’ouvrent, ils meurent. Mieux valait leur enseigner à se blinder, même si cela signifiait pour elle une vie de solitude, privée de chaleur humaine

Nos secrets nous rendent malades en nous séparant des autres. Ils nous isolent. Ils nous rendent craintifs, frustrés, amers. Ils nous retournent contre les autres, puis contre nous-mêmes

Un meurtre commençait presque toujours par un secret. Le meurtre est un secret étalé dans le temps.

La pitié qui se fait passer pour de la compassion. Tout le monde vous voyait comme une sainte, mais votre dévouement avait sa raison d’être. Il vous donnait l’impression d’être indispensable, et meilleure que tous les gens que vous aidiez

Il lui répondait, montrait de l’intérêt, mais les couleurs vives et étincelantes de sa vie avaient pâli

Article général sur la série : Enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Puertolas, Romain « la petite fille… » (2015)

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel (01.2015)

 Résumé Si tout a commencé, pour Romain Puértolas, par l’ambulation à succès, chahutée et planétaire, d’une armoire bien complète de son Fakir, tout va continuer avec la geste aérienne d’une donzelle hors norme : Providence Dupois, debout dès l’aube, flair de reine, six orteils au pied droit, factrice de profession et mère par instinct. Coincée en aérogare par la nuageuse colère d’un volcan islandais, Providence ne peut aller quérir-guérir au Maroc l’enfant malade qu’elle a adoptée : Zahera, fillette aux poumons embrumés (toujours des nuages) par la mucoviscidose. Elle tempête, trépigne et songe à l’enfant qu’elle a découverte, petite boule de charmants prodiges, lors d’une hospitalisation au Maroc. Quand soudain les dieux suscitent un génie : le maître 90, dit aussi Hué, pour qui vole qui veut, suffit d’ouvrir les bras, l’envol se prend comme un élan : hop ! Et Providence de voler, cap Maroc ! Mais si, en définitive, tout cela n’était que chimère à réacteurs, un conte odoriférant, une rêverie en altitude… Qui sait ? « le monde est un enfant qui veut voler, avant de savoir marcher » nous glisse l’artiste : dont acte, rêvons, volons, rêvons que nous volons. Lisons.

Mon avis : Si vous ne croyez pas aux contes de fée, si vous ne devenez pas enfant en regardant les aventures de Peter Pan, si le merveilleux, le farfelu, l’imaginaire ne sont pas des choses dans lesquelles vous croyez, passez votre chemin. Mais si vous avez envie de croire dans les bons sentiments, de vouloir espérer que tout est possible, que l’amour donne des ailes, que l’amour est plus fort que la maladie, que la mort, qu’il peut unir les « black-blanc-beur », alors laissez-vous prendre par la jolie histoire. Sur fond de fillette atteinte de mucoviscidose, un conte philosophique qui permet de croire que l’amour est plus fort que tout et qu’il faut y croire, y croire, y croire toujours et encore. Moi j’ai fondu… mais j’ai un côté midinette et j’ai gardé mon âme d’enfant… je pleure en regardant Walt Disney et je veux croire au Père Noel et la gentillesse…

Extraits :

Cette histoire est entièrement vraie puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre. Boris Vian

Ses bras avaient beau être encore frêles, comme les jeunes pousses d’un arbre, son esprit était composé d’un alliage de métaux indestructibles. Car l’esprit était bien plus fort que le corps. Toujours. La bonne humeur aussi. Un sourire, un rire cassaient tout sur leur passage comme un gros bulldozer, ils cassaient la maladie, ils pulvérisaient la tristesse

Le rire, c’est le pire qui puisse arriver à la maladie. Lui rire au visage. Ne jamais perdre espoir.

Parce que la vie, c’était un peu comme la mayonnaise. Faite de choses simples, comme des jaunes d’œuf et de l’huile, et qu’il ne fallait surtout pas brusquer mais qu’un effort régulier transformait en le plus savoureux des mélanges

C’est triste à dire, mais on ne connaît jamais bien un pays si l’on n’y a pas séjourné dans un hôpital. Là, impossible de masquer la réalité des choses. La peinture rose dont l’on peint les murs du tourisme s’écaille et tombe, révélant le ciment gris et les briques

– Tu es un peu comme une maman téléguidée. – Une maman téléguidée ? – Oui, parce que si j’avais une télécommande à mamans, je te ferais revenir tout le temps, chaque fois que je suis un peu triste. D’ailleurs, je ne te laisserais même plus repartir.

la majorité des malades, les plus visibles, détournèrent la tête et se replongèrent dans leur occupation principale : mourir.

Ils combattaient avec des épuisettes, des filets à papillons, pendant qu’au Nord, on luttait avec des aspirateurs antinuages de dernière génération

Prends deux mots sans rapport apparent l’un avec l’autre et entre-les dans Google. Tu seras surprise par le nombre de sites ou d’articles dans lesquels tes deux mots apparaissent ensemble

Que les tisseurs de tapis perses et arabes intégraient volontairement une erreur à leur ouvrage pour rompre l’équilibre parfait car seul Dieu créait des choses parfaites

Elle détestait annoncer des mauvaises nouvelles. C’était pour cela qu’elle était devenue factrice, d’ailleurs. Parce qu’elle voulait apporter les bonnes nouvelles aux gens. Parce qu’elle voulait être cette cigogne qui apportait du bonheur dans sa gibecière

C’était trop facile de baisser les bras comme ça. Elle avait peut-être tout essayé. Mais pas l’impossible

La formule tourna dans l’esprit de la factrice plusieurs fois, comme une chaussette sur le point de subir le programme pré-essorage

elle avait gardé un coin d’enfance en elle, un truc que les adultes appellent « crédulité », et ce malgré les grosses claques que la vie lui avait données

Une vie ne pèse rien. Même sur notre Terre soumise à la gravité. Nous vivons quelque temps jusqu’à ce que la maladie vienne nous chercher et nous fasse monter avec elle vers ce plafond d’étoiles.

Il ne faut pas se vanter de son pouvoir, mais plutôt l’utiliser pour une cause noble. C’est un moyen, pas une fin

Bien, pendant que vous vous restaurerez, je vous énoncerai les préceptes de base. Il faudra les suivre à la lettre. – Rien de plus facile pour une factrice

Vous ne voulez pas un service de catering (il prononçait catering comme Catherine), tant que vous y êtes ?

Mais l’erreur est humaine. C’est pour cela qu’il y a des gommes au bout des crayons à papier

Sentez l’odeur des nuages, de la pluie, du ciel. L’odeur du Paradis. Prenez le temps de sentir tout cela

Un arrêt du cœur, une mort originale pour quelqu’un qui était précisément connu pour ne pas en avoir.

Nous vivons dans un monde mobile, dans lequel rien n’est permanent, rien n’est éternel. Tout change autour de nous, tout change à l’intérieur de nous, tout va si vite. Si tu peux trouver, au milieu de ce chaos, ton point fixe, le point fixe de ton univers, ne le lâche jamais. Il t’aidera dans les moments de changements et de doute, lorsque l’on détruira tout autour de toi, tous tes repères, toutes tes maisons et tes habitudes

Mais il était guidé par une force où la raison n’était plus de mise. Une force qu’il tirait des régions les plus reculées de son cœur. Une force que l’on appelait « amour », lorsqu’on ne voulait pas lui donner le nom de « folie ».

Les nuages nagent comme des enveloppes géantes, comme des lettres que s’enverraient les saisons, avait un jour dit le poète albanais Ismaïl Kadaré

Parce que les pires cauchemars, ce sont ceux que l’on a les yeux ouverts, en plein jour, ceux qui nous guettent à chaque coin de rue, qui s’immiscent dans notre esprit quand on mange, quand on lit, quand on discute avec des amis, quand on travaille. Ceux qui ne vous lâchent jamais

J’ai rêvé avec vous. C’est cela qui nous distingue des animaux, monsieur Bidule. C’est que nous, les humains, on rêve !

Le cœur est une grande armoire dans laquelle on enferme tous ceux que l’on aime pour les avoir toujours en soi et les trimballer partout avec soi dans la vie

Le plus important est ce en quoi vous croyez. Que ce soit la vérité ou pas. La croyance est parfois plus forte que la réalité. Et puis il faut prendre la vie telle qu’elle est. Avec ses beautés et son plus grand défaut. – Son plus grand défaut ? – La mort. Car la mort fait partie de la vie. On a tendance à l’oublier