Puertolas, Romain « la petite fille… » (2015)

Puertolas, Romain « la petite fille… » (2015)

Auteur : né le 21 décembre 1975 à Montpellier, est un écrivain français.

Ses romans : L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea,2013, 256 p. – La Petite Fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel, 2015, 252 p. – Re-vive l’empereur, 2015, 352 p – Tout un été sans Facebook, 2017, 384 p. – Un détective très très très spécial, Genève, La Joie de Lire, 2017, 137 p – Les nouvelles aventures du fakir au pays d’Ikea, 2018, 283 p. – La police des fleurs, des arbres et des forêts, Albin Michel, 2019

 01.2015 – 252 pages

 Résumé Si tout a commencé, pour Romain Puértolas, par l’ambulation à succès, chahutée et planétaire, d’une armoire bien complète de son Fakir, tout va continuer avec la geste aérienne d’une donzelle hors norme : Providence Dupois, debout dès l’aube, flair de reine, six orteils au pied droit, factrice de profession et mère par instinct. Coincée en aérogare par la nuageuse colère d’un volcan islandais, Providence ne peut aller quérir-guérir au Maroc l’enfant malade qu’elle a adoptée : Zahera, fillette aux poumons embrumés (toujours des nuages) par la mucoviscidose. Elle tempête, trépigne et songe à l’enfant qu’elle a découverte, petite boule de charmants prodiges, lors d’une hospitalisation au Maroc. Quand soudain les dieux suscitent un génie : le maître 90, dit aussi Hué, pour qui vole qui veut, suffit d’ouvrir les bras, l’envol se prend comme un élan : hop ! Et Providence de voler, cap Maroc ! Mais si, en définitive, tout cela n’était que chimère à réacteurs, un conte odoriférant, une rêverie en altitude… Qui sait ? « le monde est un enfant qui veut voler, avant de savoir marcher » nous glisse l’artiste : dont acte, rêvons, volons, rêvons que nous volons. Lisons.

Mon avis : Si vous ne croyez pas aux contes de fée, si vous ne devenez pas enfant en regardant les aventures de Peter Pan, si le merveilleux, le farfelu, l’imaginaire ne sont pas des choses dans lesquelles vous croyez, passez votre chemin. Mais si vous avez envie de croire dans les bons sentiments, de vouloir espérer que tout est possible, que l’amour donne des ailes, que l’amour est plus fort que la maladie, que la mort, qu’il peut unir les « black-blanc-beur », alors laissez-vous prendre par la jolie histoire. Sur fond de fillette atteinte de mucoviscidose, un conte philosophique qui permet de croire que l’amour est plus fort que tout et qu’il faut y croire, y croire, y croire toujours et encore. Moi j’ai fondu… mais j’ai un côté midinette et j’ai gardé mon âme d’enfant… je pleure en regardant Walt Disney et je veux croire au Père Noel et la gentillesse…

Extraits :

Cette histoire est entièrement vraie puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre. Boris Vian

Ses bras avaient beau être encore frêles, comme les jeunes pousses d’un arbre, son esprit était composé d’un alliage de métaux indestructibles. Car l’esprit était bien plus fort que le corps. Toujours. La bonne humeur aussi. Un sourire, un rire cassaient tout sur leur passage comme un gros bulldozer, ils cassaient la maladie, ils pulvérisaient la tristesse

Le rire, c’est le pire qui puisse arriver à la maladie. Lui rire au visage. Ne jamais perdre espoir.

Parce que la vie, c’était un peu comme la mayonnaise. Faite de choses simples, comme des jaunes d’œuf et de l’huile, et qu’il ne fallait surtout pas brusquer mais qu’un effort régulier transformait en le plus savoureux des mélanges

C’est triste à dire, mais on ne connaît jamais bien un pays si l’on n’y a pas séjourné dans un hôpital. Là, impossible de masquer la réalité des choses. La peinture rose dont l’on peint les murs du tourisme s’écaille et tombe, révélant le ciment gris et les briques

– Tu es un peu comme une maman téléguidée. – Une maman téléguidée ? – Oui, parce que si j’avais une télécommande à mamans, je te ferais revenir tout le temps, chaque fois que je suis un peu triste. D’ailleurs, je ne te laisserais même plus repartir.

la majorité des malades, les plus visibles, détournèrent la tête et se replongèrent dans leur occupation principale : mourir.

Ils combattaient avec des épuisettes, des filets à papillons, pendant qu’au Nord, on luttait avec des aspirateurs antinuages de dernière génération

Prends deux mots sans rapport apparent l’un avec l’autre et entre-les dans Google. Tu seras surprise par le nombre de sites ou d’articles dans lesquels tes deux mots apparaissent ensemble

Que les tisseurs de tapis perses et arabes intégraient volontairement une erreur à leur ouvrage pour rompre l’équilibre parfait car seul Dieu créait des choses parfaites

Elle détestait annoncer des mauvaises nouvelles. C’était pour cela qu’elle était devenue factrice, d’ailleurs. Parce qu’elle voulait apporter les bonnes nouvelles aux gens. Parce qu’elle voulait être cette cigogne qui apportait du bonheur dans sa gibecière

C’était trop facile de baisser les bras comme ça. Elle avait peut-être tout essayé. Mais pas l’impossible

La formule tourna dans l’esprit de la factrice plusieurs fois, comme une chaussette sur le point de subir le programme pré-essorage

elle avait gardé un coin d’enfance en elle, un truc que les adultes appellent « crédulité », et ce malgré les grosses claques que la vie lui avait données

Une vie ne pèse rien. Même sur notre Terre soumise à la gravité. Nous vivons quelque temps jusqu’à ce que la maladie vienne nous chercher et nous fasse monter avec elle vers ce plafond d’étoiles.

Il ne faut pas se vanter de son pouvoir, mais plutôt l’utiliser pour une cause noble. C’est un moyen, pas une fin

Bien, pendant que vous vous restaurerez, je vous énoncerai les préceptes de base. Il faudra les suivre à la lettre. – Rien de plus facile pour une factrice

Vous ne voulez pas un service de catering (il prononçait catering comme Catherine), tant que vous y êtes ?

Mais l’erreur est humaine. C’est pour cela qu’il y a des gommes au bout des crayons à papier

Sentez l’odeur des nuages, de la pluie, du ciel. L’odeur du Paradis. Prenez le temps de sentir tout cela

Un arrêt du cœur, une mort originale pour quelqu’un qui était précisément connu pour ne pas en avoir.

Nous vivons dans un monde mobile, dans lequel rien n’est permanent, rien n’est éternel. Tout change autour de nous, tout change à l’intérieur de nous, tout va si vite. Si tu peux trouver, au milieu de ce chaos, ton point fixe, le point fixe de ton univers, ne le lâche jamais. Il t’aidera dans les moments de changements et de doute, lorsque l’on détruira tout autour de toi, tous tes repères, toutes tes maisons et tes habitudes

Mais il était guidé par une force où la raison n’était plus de mise. Une force qu’il tirait des régions les plus reculées de son cœur. Une force que l’on appelait « amour », lorsqu’on ne voulait pas lui donner le nom de « folie ».

Les nuages nagent comme des enveloppes géantes, comme des lettres que s’enverraient les saisons, avait un jour dit le poète albanais Ismaïl Kadaré

Parce que les pires cauchemars, ce sont ceux que l’on a les yeux ouverts, en plein jour, ceux qui nous guettent à chaque coin de rue, qui s’immiscent dans notre esprit quand on mange, quand on lit, quand on discute avec des amis, quand on travaille. Ceux qui ne vous lâchent jamais

J’ai rêvé avec vous. C’est cela qui nous distingue des animaux, monsieur Bidule. C’est que nous, les humains, on rêve !

Le cœur est une grande armoire dans laquelle on enferme tous ceux que l’on aime pour les avoir toujours en soi et les trimballer partout avec soi dans la vie

Le plus important est ce en quoi vous croyez. Que ce soit la vérité ou pas. La croyance est parfois plus forte que la réalité. Et puis il faut prendre la vie telle qu’elle est. Avec ses beautés et son plus grand défaut. – Son plus grand défaut ? – La mort. Car la mort fait partie de la vie. On a tendance à l’oublier

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