Moriarty, Liane «Neuf parfaits étrangers» (2020)

Moriarty, Liane «Neuf parfaits étrangers» (2020)

Autrice : Née en 1966, Liane Moriarty est une romancière australienne, autrice de sept best-sellers. Après Le Secret du mari, phénoménal succès et traduit dans 55 pays, Petits secrets, grands mensonges, adapté en série par HBO, Un peu, beaucoup, à la folie, et À la recherche d’Alice Love, Neuf parfaits étrangers est son cinquième roman à paraître chez Albin Michel.

Albin Michel – 29.01.2020 – 507 pages

Résumé : Neuf citadins stressés, prêts pour un break dans une sublime station thermale. Le Tranquillum House leur propose, grâce à une approche révolutionnaire, de renouer avec l’énergie positive pour prendre un nouveau départ. Coupés du monde extérieur, délestés de leurs portables, tous s’attendent avec impatience à une transformation totale. Au fur et à mesure de la cure, entre méditation, tai chi et techniques de bien-être, les langues se délient, les secrets enfouis resurgissent, les animosités aussi.
On leur avait promis la quiétude et le renouveau, c’est le lâcher-prise qui s’installe… mais pas celui auquel ils s’attendaient. Avec l’humour et la subtilité qui ont fait son succès, Liane Moriarty, l’auteur du Secret du mari et de Petits secrets, grands mensonges, traque les vérités cachées derrière les apparences et la quête parfois absurde du changement à tout prix. Du grand art.

Mon avis : Alors j’avais adoré la série tirée de « Petits secrets, grands mensonges » (Little big lies) et entendu beaucoup de bien des romans de Liane Moriarty. Et bien ! Quelle déception… C’est lent mais c’est lent… alors oui il y a bien des idées intéressantes mais c’est d’un convenu !
L’idée de départ était bonne… mais j’attends toujours l’humour et le rire promis ; ce qui est dommage c’est que j’ai déjà refermé le bouquin après avoir tourné la dernière page…
Un huis-clos qui regroupera 12 personnes : Neuf personnes venues se ressourcer : Frances, Jessica et Ben, Heather, Napoléon et Zoe, Tony, Carmel, Lars Lee et en face trois thérapeutes : Masha, Dalila et Yao. Neuf curistes mal dans leur peau et qui trainent un passé qui les empêche de vivre. Ils se sont inscrits à ce séjour de ressourcement pour être aidés, chouchoutés et pensent qu’en dix jours, leur vie sera transformée et ils auront acquis toutes les bases pour repartir sur de bonnes bases… C’est bien de vouloir se poser, faire une introspection, se faire aider pour changer ce qui ne va pas dans sa vie… mais déjà qui pourrait penser que dix jours de thérapie de groupe pourraient suffire à changer une vie…  Hélas, face à eux se dresse une femme redoutable et mal dans sa peau, malgré les apparences. 
L’ennui c’est que le trait est forcé ; je me suis retrouvée plongée dans de la psychologie de bas-étage, coachée par une gourou qui est tout sauf crédible, des personnages peu sympathiques et donc … je me suis accrochée pour finir le bouquin. La sauce n’a pas pris..
Beaucoup de thèmes sont abordés : le problème de gagner beaucoup d’argent, la perte de notoriété, la perte d’un enfant, la culpabilité, le suicide des jeunes, la toxicomanie … c’est le seul point positif du bouquin…

Extraits :

Si ce n’est que Frances avait un faible pour les adjectifs et les adverbes. Apparemment, elle en parsemait ses romans comme on jette des coussins décoratifs çà et là. Qu’est-ce que c’était, cette citation de Mark Twain que Sol se murmurait à lui-même, suffisamment fort pour qu’elle l’entende, quand il lisait ses manuscrits ? Quant aux adjectifs, dans le doute, biffez-les.

Une cure, c’était comme un voyage à l’étranger, cela supposait d’embrasser une autre culture et de s’accommoder des petits désagréments.

Parfois, lorsqu’elle parlait normalement, lorsqu’elle était simplement elle-même, il parvenait à oublier son front figé, ses lèvres de poisson-globe, ses pommettes trop saillantes, ses cils de chameau – des extensions –, ses faux cheveux – des extensions – et ses faux seins.

Le doux silence propre aux vieilles demeures l’enveloppa tel un bain frais.

Il se tenait une marche au-dessus d’elle, de sorte qu’il paraissait encore plus grand. Pour le regarder, elle était forcée de pencher la tête en arrière, comme un touriste devant un monument.

 les étrangers étaient par définition passionnants. C’était justement leur étrangeté qui la fascinait. Le fait de ne pas savoir. Une fois que l’on sait tout sur quelqu’un, généralement, on est prêt à divorcer.

Des dames. Oh ! mon Dieu, des dames. Comment pouvait-on lui coller pareille étiquette ? Ce mot évoquait l’embourgeoisement, la frigidité. Elle en avait des frissons.

Elle les aimait déjà. Leurs complexes, leur haine de soi, leurs mensonges éhontés, les plaisanteries qu’ils lanceraient pour se défendre et cacher leur peine quand ils se fissureraient et s’écrouleraient devant elle. Pour les dix prochains jours, ils lui appartenaient. Charge à elle de les éduquer, les élever, les façonner pour qu’ils deviennent ceux qu’ils pouvaient être, ceux qu’ils devraient être.

Pour lui, suivre les règles, c’était une question de politesse, de respect, et le moyen de garantir la survie d’une société civilisée.

Le seul moyen d’obtenir ses confidences, c’était de la flatter. En y mettant les gants, cela va sans dire. C’était un peu comme désamorcer une bombe : vous pouviez l’offenser sans le vouloir à tout moment.

Il reprendrait le travail dès leur retour à la maison. Ce n’était pas parce qu’il n’avait pas besoin d’un salaire qu’il pouvait se passer de travailler.

Avant d’être riches, on n’avait jamais à se demander si on était des gens bien ; on n’avait pas le temps pour ça. On payait nos factures, on avait juste assez pour vivre. C’était plus facile en fait.

 Les femmes ne se métamorphosent pas pour les hommes, non, elles le font pour les autres femmes, car elles seules repèrent les variations de poids ou de teint, habituées à les traquer sur leurs propres corps ; elles seules sont prisonnières de ce ridicule manège dont elles ne veulent ou ne peuvent descendre, l’obsession de l’apparence.

On s’est donné du mal pour que tu comprennes que ce n’était pas grave de se tromper. On t’a répété mille fois d’arrêter d’essayer d’être parfait.

arfois, la vie change si lentement, si imperceptiblement que l’on ne s’en rend pas compte jusqu’à ce qu’un jour on se réveille et on se demande : Comment en suis-je arrivé là ? Mais d’autres fois, elle change à la vitesse de l’éclair qui frappe pour le meilleur ou pour le pire. On gagne au loto. On traverse la rue au mauvais moment. On reçoit un coup de fil d’un amour perdu. Et, tout à coup, la vie vous projette sur une trajectoire totalement nouvelle.

Elle ne pouvait pas se débarrasser de l’idée que si elle n’immortalisait pas ce moment sur son téléphone, alors il n’existait pas vraiment, il ne comptait pas, il n’appartenait pas au réel. Elle savait que c’était irrationnel mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. 

Les cicatrices du temps jadis. Voilà. Elle n’avait pas de temps à consacrer aux cicatrices.

Et pourtant elle se sentait agitée, comme la mer par gros temps. Il fallait qu’elle travaille le détachement. D’abord, identifier l’émotion qui l’habitait, l’observer, la nommer, la laisser se dissiper. Elle chercha un mot qui pourrait décrire l’état dans lequel elle se trouvait. Le seul qui lui vint à l’esprit appartenait à sa langue maternelle : toska. Il n’y avait pas de terme approprié en anglais pour désigner cette douloureuse nostalgie de quelque chose qu’elle ne pouvait pas avoir et qu’elle ne désirait même pas. Les anglophones ne connaissaient peut-être pas ce sentiment.

Il se voyait comme un mec bien. Il ne l’aurait jamais trompée. Alors il l’avait quittée, pour aussitôt s’inscrire sur un site de rencontres en ligne et la remplacer. Il avait la conscience parfaitement tranquille. Il était homme à garder ses affaires en bon état et, s’il n’était pas possible de leur rendre leur « premier éclat », il en changeait pour un modèle plus récent.

3 Replies to “Moriarty, Liane «Neuf parfaits étrangers» (2020)”

  1. « Et en face il y a Masha, Dalila et  » ? tu as oublié YAO ?
    C’est vrai que les personnages sont vite oubliés .
    Tout comme toi, je n’ai pas beaucoup aimé ce roman…

    1. merci Marie ! j’avais envoyé le début du brouillon de texte au lieu du commentaire final… c’est corrigé ! tu n’as plus qu’à relire le commentaire…

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