Vargas, Fred « Une unique lueur» (2026) 522 pages
Auteur : nom de plume de Frédérique Audoin-Rouzeau, née le 7 juin 1957 à Paris, est une archéozoologue et romancière française. Médiéviste et titulaire d’un doctorat d’histoire, Fred Vargas est chercheuse en Histoire et Archéologie au CNRS. Primés à plusieurs reprises, adaptés au cinéma (Pars vite et reviens tard) et à la télévision, traduits dans plus de quarante langues, ses romans policiers sont des best-sellers en France comme en Allemagne et en Italie.
Après s’être placée en tête du classement des écrivains francophones les plus lus en 2017, la voilà couronnée du prestigieux prix Princesse des Asturies de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Première femme à remporter « Le prix Princesse des Asturies » (Nobel hispanophone) depuis Margaret Atwood en 2008.
Série Les Évangélistes : Debout les morts (1995) – Un peu plus loin sur la droite (1996) – Sans feu ni lieu (1997)
Les enquêtes du Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg
Jean-Baptiste Adamsberg : « L’homme aux cercles bleus » – 1991 / « L’homme à l’envers » – 1999 / / »Pars vite et reviens tard » – 2001 / « Sous les vents de Neptune » – 2004 / « Dans les bois éternels » – 2006 / « Un lieu incertain » – 2008 / « L’armée furieuse » – 2011 / « Temps glaciaires » – 2015 / Quand sort la recluse – 2017 / « Sur la dalle » -2023 / «Une unique lueur» – 2026
Autres romans : Les Jeux de l’amour et de la mort (1986) L’École du crime (1987, inédit) – Ceux qui vont mourir te saluent (1994, ce roman est le troisième publié mais a été rédigé en 1987, avant L’Homme aux cercles bleus)
Documents et essais : Petit traité de toutes vérités sur l’existence (2001) – Critique de l’anxiété pure (2010) – La Vérité sur Cesare Battisti (2004) – L’Humanité en péril. Virons de bord, toute ! (2019) – Quelle chaleur allons-nous connaître ? Quelles solutions pour nous nourrir ? L’Humanité en péril, (2022)
Les titres en italiques ont été lus avant la création du blog
Genre : Policiers, thrillers – Flammarion 08.04.2026 – 522 pages
Les enquêtes du Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg (11 ème tome)
Résumé :
« Vous avez regardé les photos, Danglard ? De la scène du crime ? demanda Adamsberg. Cela va de soi. Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui. Tiens. Et cela vous raconte quoi ? Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ? Aucune idée. Faites un effort, nom d’un chien. Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.
Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre. Comprendre quoi ? Mais le quelque chose, commandant. On commence par là…
Mon avis: 🖤🖤🖤🖤🖤
Dès la première page je n’ai plus pu décrocher ! Une lecture jubilatoire (nettement supérieur au précédent « Sur la dalle ») .
Suspense, personnages savoureux, écriture intelligente, enquête hors-norme . Ce thriller psychologique coche toutes les cases. Tellement heureuse de retrouver la Brigade criminelle du 13ème et ses personnages atypiques! Et en pleine forme ! (Juste regretté que Violette Retancourt ne soit pas un peu plus présente) Et en tête de distribution Adamsberg, le flic surnommé par les québécois « Le pelleteux des nuages » qui va « jonctionner » avec le Bastion du 36 qui délèguera auprès du commissariat du XIII ème un vieil ami d’Adamsberg, Marcus Leroy, pour co-mener l’enquête. Une enquête qui est tout sauf simple et il faudra toute l’intelligence non conventionnelle de la brigade pour la mener. Un Adamsberg dont on ne vante plus la mémoire (tout comme celle de Danglard dans un autre domaine) et la capacité de réflexion – même si on a toujours du mal à suivre les chemins labyrinthiques de son cerveau qui va mener des recherches sur Internet en accumulant les mots clés de son foutoir (les indices concordants en bon français) et faire en sorte qu’ils jonctionnent…
Et une galerie de personnages plus surprenants les uns que les autres… dont Sébastien de Charlus qui semble transplanté directement du XVIII ème siècle…
Tout commence ( mais est-ce le mot approprié? ) par un meurtre raffiné qui présuppose un tueur perfectionniste, qui développe un modus operandi très sophistiqué. Qui sera suivi d’un deuxième meurtre….
Hang on and go on… Accrochez-vous donc… A vous la découverte … Suspense garanti !
Extraits:
— Un agenda papier ? demanda le gardien Lanvin. Il me semble qu’elle était trop jeune pour en posséder un, commissaire. L’objet est d’un autre âge.
— On le croit mais beaucoup y reviennent, dit Veyrenc. Le recours au papier est plus rapide et plus sûr. Pas de batterie en rade, pas de casse, pas de piratage. Et plus simple à personnaliser. On entoure, on souligne, on dessine des flèches, des sourires, des points d’exclamation…
Ancolies : « Puissant symbole de l’amour parfait », a-t-il expliqué. Et « de pureté », « d’Esprit saint ». Rien que ça.
— C’est exact, dit Danglard. Et de mélancolie amoureuse.
— Et pourquoi ? demanda Lamarre.
— Disons qu’avec sa beauté délicate, sa forme gracieuse et sophistiquée qui rappelle celle d’une colombe, l’ancolie a toujours attiré le regard des hommes, expliqua le commandant. Les anciens Grecs l’ont associée à la déesse de l’amour, les chrétiens du Moyen Âge à l’oiseau, à la pureté de la Vierge et par extension à l’amour divin, donc parfait.
— Cela signifie quoi au juste, ce « vintage » ?
— C’est un mot anglais, répondit Danglard tout en continuant à écrire. Qui vient du vin et qui signifie « millésimé ». L’âge du vin, le vintage. Donc qui date d’une époque antérieure, si vous voulez.
Je ne fume pas, j’en achète pour lui. Et je lui en vole quelques-unes. Voler n’est pas fumer.
Mais par quel tour de force formuler avec clarté des pensées indistinctes ?
— Faire un « coup blanc », c’est rater son coup quand on joue aux quilles. C’est ce que disaient les Berrichons mais avec leur accent, ils prononçaient « chou blanc ».
D’où vient le mot « topo » ? « Voici le topo », « Je vous résume le topo » ? De l’italien ?
— Du grec, topos, qui signifie le lieu, l’endroit.
— Quel est le rapport ?
— C’est que dès l’Antiquité, le terme a dérivé et pris le sens de « thème ». Puis celui de discours sur un thème. Bref, un topo.
Et le réel ne fait jamais bon ménage avec le rêve. Jamais.
— Mais nos mots, Voisenet, ont bien souvent un recto et un verso.
— Non. Veyrenc et moi avons un problème avec les choux. Et avec le bazar.
— Rien à voir avec le légume en effet. Mais tout à voir avec le verbe « échouer ». É-chou-er. Ensuite, il y a eu confusion. Signification : « Nous sommes en échec. »
Cette question avait déjà traversé sa tête telle une hirondelle en vol rapide et avait aussitôt disparu dans les airs. C’était tout le problème avec les idées. De son point de vue du moins. Certaines se traînaient lourdement dans l’esprit comme des buses, l’encombrant souvent inutilement, quand d’autres filaient à une allure si vive qu’on peinait à les agripper au passage.
Adamsberg reprit au plus vite son clavier, pilotant cette fois dans la bonne direction et courant, enfin, sur une route dégagée avec panneaux indicateurs et signaux lumineux.
je connais le sens d’« ineffable », mais vu la maniaquerie de l’ovni, pourriez-vous m’en donner la définition précise ?
— Le mot vient du latin : in-effabilis. Ce qui se traduit par « qui ne peut pas être dit ». On l’emploie pour désigner tout ce qui échappe à la parole, tout ce qui ne peut pas être décrit ni expliqué par des mots car trop fort, trop beau, trop intense. Par extension, extraordinaire, s
One Reply to “Vargas, Fred « Une unique lueur» (2026) 522 pages”
Ah j’en ai lu un peu plus de la moitié et déjà je suis entièrement d’accord avec ton commentaire ! pas besoin de lire plus de quelques pages de celui-ci pour avoir envie de le dévorer ! Fred Vargas laisse du temps entre chacun de ses romans « Adamsberg » mais qu’est-ce qu’elle est efficace !