Sepúlveda, Luis «Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler» (1996)

Sepúlveda, Luis «Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler» (1996)

Auteur : Luis Sepúlveda Calfucura est un écrivain chilien né le 4 octobre 1949 à Ovalle (Chili) et mort le 16 avril 2020 du Covid19 à Oviedo (Espagne).
Son premier roman, « Le Vieux qui lisait des romans d’amour », traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l’engagement politique et écologiste ainsi que par la répression des dictatures des années 1970, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers

Seuil – 26.11.1999 – 136 pages / Métailié – Suite hispano-américaine – 25.04,2012 – 126 pages

Résumé : Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l’aider à tenir ces promesses insolites. À travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

Mon avis : Il était une fois … un conte initiatique que l’auteur avait écrit pour ses enfants. Un très joli moment de lecture qui met en exergue les thèmes chers à l’auteur : la tolérance, l’écologie, le respect des valeurs, l’importance de la famille et de la transmission. C’est une fable qui dénonce la manière dont les humains détruisent la planète, par ignorance ou en toute connaissance de cause. Un livre qui met l’accent sur l’importance du savoir, des livres, de la communication, des échanges, des négociations courtoises. C’est aussi une manière d’expliquer que si on veut vraiment quelque chose et qu’on y croit, on peut y arriver. Le conte nous rappelle aussi qu’on ne peut pas apprendre à quelqu’un ce qu’on ne sait pas faire soi-même mais que nous devons faire tout ce qui est possible pour permettre à nos enfants de voler de leurs propres ailes. Que non seulement il ne faut pas avoir peur de l’inconnu mais qu’il ne faut pas non plus avoir peur de la différence, qu’il faut l’aimer et que la différence apporte beaucoup de choses. L’auteur nous parle de l’humanité des animaux, de l’importance de la survie de la lignée, de l’espèce. Dans ce roman, les chats ne disent pas… ils miaulent leurs opinions… Ils ne se confondent donc pas avec les humains. Et le roman étant fait pour les enfants, la langue est volontairement simple. Le chat est grand, noir, imposant et muni de griffes redoutables : le mâle dans toute sa grandeur. La mouette est petite et blanche.
Si vous n’avez pas lu son merveilleux roman « Le vieux qui lisait des romans d’amour » je vous conseille de le faire. C’est tout autre chose !

Extraits :

Lentement il étira une patte de devant, sortit une griffe longue comme une allumette et l’approcha du museau de l’un des provocateurs.
— Elle te plaît ? J’en ai neuf autres du même modèle. Tu veux les essayer ? miaula-t-il très calmement.

— Auriez-vous l’amabilité de cesser de m’enlever les miaulements de la bouche ?

 Une promesse sur l’honneur faite par un chat du port engage tous les chats du port. 

— Les humains sont hélas imprévisibles ! Souvent, avec les meilleures intentions du monde ils causent les pires malheurs,

Je n’admets pas qu’on mette en doute l’efficacité de mon encyclopédie ! Tout le savoir est dans ces livres

En mer il arrive des choses terribles. Parfois je me demande si quelques humains ne sont pas devenus fous, ils essayent de faire de l’océan une énorme poubelle.

nous avons appris à apprécier, à respecter et à aimer un être différent. Il est très facile d’accepter et d’aimer ceux qui nous ressemblent, mais quelqu’un de différent c’est très difficile, et tu nous as aidés à y arriver. 

les humains sont en général incapables d’accepter qu’un être différent d’eux les comprenne et essaye de se faire comprendre.

— Oui. Au bord du vide, elle a compris le plus important, miaula Zorbas.
— Ah oui ? Et qu’est-ce qu’elle a compris ? demanda l’humain.
— Que seul vole celui qui ose le faire, miaula Zorbas.

Photo : mouette chilienne (andine)

2 Replies to “Sepúlveda, Luis «Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler» (1996)”

  1. Bravo Cath, tout est dit dans ton commentaire. C’est ma première lecture de cet auteur.
    Beau petit moment de délassement qui me donne envie de lire autre chose.

  2. Tellement de « bons mots » dans cette œuvre pour enfants et adultes. C’est beau et touchant, on aime. Tu as bien résumé ce qu’est ce livre : une forme de roman d’apprentissage moderne !

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