Follett, Ken «Le scandale Modigliani» (1976)

Follett, Ken «Le scandale Modigliani» (1976)

Auteur : Ken Follett est né à Cardiff en 1949. Diplômé en philosophie de l’University College de Londres, il travaille comme journaliste à Cardiff puis à Londres avant de se lancer dans l’écriture. En 1978, L’Arme à l’œil devient un best-seller et reçoit l’Edgar des auteurs de romans policiers d’Amérique. Ken Follett ne s’est cependant pas cantonné à un genre ni à une époque : outre ses thrillers, il a signé des fresques historiques. Ses romans sont traduits dans plus de vingt langues et plusieurs d’entre eux ont été portés à l’écran. Ken Follett vit aujourd’hui à Londres. « Le Crépuscule et l’aube », son nouveau roman, est attendu pour septembre 2020.

Ses séries : Série Le Siècle : La Chute des géants (2010) • L’Hiver du monde (2012) • Aux portes de l’éternité (2014) – Série Les Piliers de la Terre : Les Piliers de la Terre (1989) • Un monde sans fin (2007) • Une colonne de feu (2017) • Le Crépuscule et l’Aube (2020) –
Romans indépendants Le Scandale Modigliani (1976) • Paper Money (1977) • L’Arme à l’œil (1978) • Triangle (1979) • Le Code Rebecca (1980) • L’Homme de Saint-Pétersbourg (1982) • La Nuit de tous les dangers (1991) • La Marque de Windfield (1993) • Le Pays de la liberté (1995) • Le Troisième Jumeau (1996) • Apocalypse sur commande (1998) • Les Lions du Panshir (1985) • Comme un vol d’aigles (1983) • Code Zéro (2000) • Le Réseau Corneille (2001) • Le Vol du Frelon (2002) • Peur blanche (2004)
Autres œuvres : Cinq milliards au bout de l’égout (1977) • Notre-Dame (2019)

Livre de Poche – 18.05.2011 – 341 pages

Résumé : Une étudiante en histoire de l’art découvre l’existence d’un Modigliani perdu. Prête à tout pour le retrouver, elle se lance sur les traces du chef-d’oeuvre, et déambule dans les coulisses implacables du marché de l’art. De Londres à Paris, en passant par la campagne italienne, Ken Follett nous livre une véritable chasse au trésor menée tambour battant !  Une jeune étudiante en histoire de l’art dévorée d’ambition, un marchand de tableaux peu scrupuleux et un galeriste en pleine crise financière et conjugale…sans compter quelques faussaires ingénieux et une actrice idéaliste venant allégrement pimenter une course poursuite échevelée. Qui sortira vainqueur de cette chasse au trésor menée tambour battant, de Paris à Rimini, en passant par les quartiers huppés de Londres ? Un Ken Follett inédit, enjoué et alerte, qui offre une peinture édifiante des coulisses du monde de l’art.

Mon avis : Le Scandale Modigliani est le premier roman de Ken Follett publié en 1976.
Le point de départ : une idée de sujet de thèse : le rapport entre le monde de l’art et la drogue. Quoi de mieux que de prendre contact avec un vieux type qui fréquentait les artistes qui vivaient à Paris avant la Première guerre mondiale ?
Au départ, j’ai eu l’impression que cela partait plutôt bien. Cela parlait de Modigliani , de sa vie à Paris, de son caractère, de son amour pour Les chants de Maldoror… mais ensuite, quelle déception..
C’est de fait une course entre trois personnes qui veulent se procurer le tableau. C’est une visite du monde des galeristes peu recommandables, dans le monde du faux, des marchands d’art, de l’arnaque. C’est aussi une décrédibilisation des experts. Le roman montre aussi à quel point il est difficile de percer tout seul dans ce milieu et que la reconnaissance vient en général une fois qu’on a sombré dans la misère … si l’artiste n’est pas déjà mort. Le petit monde de l’art et des galeries ne sort pas indemne de ce portrait dressé par l’auteur.
De plus, je n’ai pas trouvé les personnages sympathiques et bien qu’on visite plusieurs pays et que les protagonistes bougent beaucoup, j’ai trouvé longuet … Dommage… car j’aime bien et auteur, tant pour ses fresques historiques que pour ses romans d’espionnage. Mais cette fois, il n’a pas su m’intéresser, alors que le milieu artistique était tout indiqué pour me passionner… Il faut dire que c’était son premier roman… et qu’après il a prouvé ses multiples talents de romancier.

Extraits :

On n’épouse pas l’art. On le séduit.  (Edgar Degas)

– Je veux y arriver toute seule. Je ne veux pas profiter de toi dans ton dos.
– Alors que, par-devant, ça ne te dérange pas du tout ! rétorqua-t-il en riant.

– Je vais faire ma thèse. Si elle est publiée, ça pourrait me rapporter un peu de fric.
– C’est quoi, le sujet ?
– Eh bien, j’hésite encore. Le plus payant, ce serait les rapports entre l’art et la drogue.
– Tout à fait dans l’air du temps.
– Mais original aussi, quand même. Démontrer que la drogue, c’est bon pour l’art et mauvais pour l’artiste. Je devrais y arriver.
– Joli paradoxe. Et où comptes-tu commencer tes recherches ?
– Ici même, à Paris. Les artistes fumaient déjà de l’herbe au tournant du siècle, et ils ont continué jusque dans les années 1920. Sauf qu’ils appelaient ça du haschisch.

[…]Modigliani  – Je l’revois dans sa veste en velours côtelé marron, avec son grand chapeau en feutre. Il répétait que l’art devait produire sur les gens le même effet qu’le haschisch : leur montrer la beauté des choses, cette beauté qu’ils étaient pas capables de voir d’habitude. Il buvait, aussi. Pour voir la laideur des choses. Mais le haschisch, c’était ça qu’il aimait.

Comme on dit : l’expérience est une lampe qui n’éclaire que celui qui la porte.

 C’est exactement parce que tout le monde se vautre dans le cynisme que rien ne s’accomplit.

Copier, pour un peintre, c’est un peu comme faire un pastiche pour un acteur. Il y a de grands acteurs complètement nuls en tant qu’imitateurs. C’est juste un truc. Les uns le possèdent et les autres pas.

Mais la pauvreté, c’était le lot des prêtres, sinon comment pourraient-ils se prétendre au service des hommes ? Cette réflexion servait de support à toute sa liturgie personnelle, il en avait fait une sorte de prière.

Ils ont démontré que les prix colossaux des œuvres d’art reflétaient le snobisme des acheteurs plutôt que la valeur artistique de l’œuvre, ce que nous savions tous déjà, et qu’un authentique Pissaro ne valait pas mieux qu’une bonne copie. Mais c’est le public qui fait monter les prix, pas les marchands !

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