Perry, Anne «Le Curieux Noël de Mrs Ellison» (2019) – 15ème enquête

Perry, Anne «Le Curieux Noël de Mrs Ellison» (2019) – 15ème enquête

Série « les petits crimes de Noël »
Page récapitulative 
Perry, Anne « les petits crimes de Noël»

160 pages – Format : POCHE – 10/18 – nov. 2019 (15ème enquête)

Résumé : Dans l’Angleterre victorienne, l’épais manteau de neige qui recouvre les petits villages à Noël ne parvient pas toujours à étouffer les échos de scandales et de meurtres passés…
La grand-mère de Charlotte Pitt, Mariah Ellison, se retrouve à enquêter sur un crime du passé : l’esprit d’investigation est un don de famille !
Quand Mariah Ellison reçoit un sinistre cadeau de Noël, un boulet de canon, sur le pas de sa porte, elle se rappelle un meurtre, il y a vingt ans, qui a brisé l’une de ses plus fortes amitiés. Comprenant que cette vieille affaire semble refaire surface, elle se rend dans le Surrey, dans l’espoir de se réconcilier avec son amie, et de résoudre enfin le meurtre qui les a séparées.
Mais les collines pittoresques du Surrey cachent bien des secrets, et des révélations choquantes pourraient rendre le Noël de Mrs Ellison tout à fait surprenant.

Mon avis :

Petit rendez-vous traditionnel de Noël avec un personnage secondaire des romans des séries d’Anne Perry. Cette année l’autrice met en lumière un personnage que j’avais trouvé très désagréable. Mariah, la grand-mère acariâtre de Charlotte et Emily, sorte de « Tatie Danielle » imbuvable et qui aura attendu ses 80 ans pour changer de comportement !
Dans ce petit roman, qui vaut les plus importants au niveau de l’intrigue que j’ai beaucoup aimé, le cœur du sujet est la maltraitance faite aux femmes, et en cette période de Noël, le don, le pardon.
Pourquoi un avocat déciderait-il de renoncer à défendre subitement son client ? et serait-il retrouvé mort le lendemain ? Suicide ? Meurtre ? Cette vieille histoire ressurgit 20 ans après quand la personne qui avait été fortement soupçonne du viol et du meurtre d’une jeune fille revient sur les lieux de son crime et souhaite se refaire une réputation en répandant des rumeurs.
Mariah Ellisson est appelée à l’aide car elle était une amie de la personne sur laquelle il souhaite faire peser le poids de la mort de l’avocat… C’est l’occasion pour Mariah de faire comme ses petites filles, enquêter au péril de sa vie. Et cette enquête lèvera le voile sur les raisons pour lesquelles cette femme se montrait si mauvaise..

Extraits :

En outre, à son âge, savoir qu’on avait besoin d’elle – au lieu de l’accueillir chez soi par gentillesse – lui plaisait. Trop de charité pouvait tuer quelque chose au fond de vous.

La jeunesse lui avait prêté un certain éclat, cependant ce n’avait été qu’un prêt, pas un don.

[…] seule pouvait encore être poursuivie par les journalistes, et par des personnes indiscrètes et cruelles qui trompaient leurs rêves peuplés de solitude ou d’échec en réveillant de vieilles histoires afin de hanter les autres.

Les commérages sont distrayants, à condition qu’ils ne vous concernent pas, vous ou des personnes que vous aimez. Auquel cas, ils deviennent douloureux.

Cette femme était aussi fade qu’un chou, et elle avait un caractère encore plus aigre que du vinaigre !

Cependant, elle avait fini par comprendre que l’humiliation qu’il lui avait fait subir était son péché à lui, pas le sien. Et qu’elle n’était pas la seule à avoir vécu une telle expérience. Bien qu’elle ne puisse parler au nom de personne d’autre, le seul fait de savoir que sa situation n’avait rien d’unique lui avait permis de laisser fondre le bloc de glace qu’elle avait eu au fond d’elle.

elle sentit l’agacement la quitter, comme lorsqu’on sourit de façon machinale face au soleil.

Quant aux cicatrices dans son esprit, elles n’étaient plus qu’un souvenir. En avait-elle dans son âme ? C’était à elle de le décider, du moins en partie. Noël n’était-il pas fait pour cela ? Les sapins, les cartes postales, les images ou même les cadeaux n’étaient que des choses triviales qu’on ajoutait par-dessus, parfois au point de perdre de vue le véritable cadeau, qui lui parlait de guérison, de pardon.

Cette fois, ce n’était qu’un murmure.
— Que je le dise ou non, ce n’en est pas moins vrai.

Chacun avait besoin de garder pour soi ses vieilles blessures, ses erreurs d’autrefois ou ses faiblesses que nul n’avait à connaître. La désillusion était un sentiment extrêmement douloureux.

Nous avons tous besoin d’intimité, de temps pour nous repentir – et oublier ! –, d’espace pour changer et de pardon pour guérir.

 

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