Portes, Jean-Christophe «L’assassin de Septembre» (2020)

Portes, Jean-Christophe «L’assassin de Septembre» (2020)

Auteur : Français, Né à : Rueil-Malmaison, le 21/03/1966 – Jean-Christophe Portes est journaliste et réalisateur. Il a fait des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs. Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises

Romans Série Victor Dauterive : L’Affaire des corps sans tête (2015) – L’Affaire de l’Homme à l’Escarpin (2016) – La Disparue de Saint-Maur (2017) –  L’espion des Tuileries (2018) – La trahison des Jacobins (2019) – L’assassin de Septembre (2020)  Autres : Les Enfants du dernier salut (2017), Les experts du crime, Jean-Christophe Portes (2018) – Minuit dans le jardin du manoir (2019) –

Enquêtes de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire : tome 6

Présentation de la série )

City éditions 30.09.2020 – 471 pages /

Résumé :
Août 1792. Les Prussiens envahissent la France pour tenter de mettre fin à la Révolution. Ils assiègent Verdun, dernière ville forte avant Paris. Victor Dauterive, missionné par Danton, doit convaincre le commandant de la garnison de tenir bon jusqu’à l’arrivée des renforts français. Mais dans la ville, l’agitation est à son comble et un mystérieux jeune homme parvient peu à peu à persuader les habitants qu’il est dans leur intérêt de capituler.
Le commandant, qui refusait de se rendre, est retrouvé assassiné. Dauterive doit agir au plus vite pour sauver la Révolution. Entre complotistes royalistes, révolutionnaires aux abois et espions étrangers sans scrupules, il va naviguer en eaux troubles. Une nouvelle mission qui pourrait bien lui coûter la vie…

Mon avis : Mais quel plaisir de retrouver Victor, le petit Joseph et Olympe ! Comme je viens de quitter le « Loup des Cordeliers » de Henri Loevenbruck, je suis toujours dans la période de la Révolution Française et en pays de connaissances. Danton est toujours de la partie, et j’ai recroisé des personnages, ce qui est sympa.
Ah comme il a bien évolué le jeune Victor qui avait 17 ans quand j’ai fait sa connaissance ! Il a pris de l’ampleur et il a gardé toute sa fraicheur et son authenticité. Toujours le premier à se lancer tête baissée dans les ennuis, mais cette fois-ci je dois dire que la charmante Olympe réussit pas mal non plus à fourrez son nez (non le nez ce n’est pas elle !!) là où il ne faut pas ! et toujours le petit Joseph qui se faufile partout et est de plus en plus proche de son bienfaiteur.
Sur un rythme d’enfer, sans temps morts, plusieurs enquêtes se chevauchent :
des complots, des intrigues amoureuses, les conséquences de la Révolution qui s’enchainent, les magouilles, l’espionnage, la guerre, les massacres … Il y a également des réflexions sur le pouvoir, l’amitié, la loyauté, la famille, le traitement des personnes internées pour raisons psychiatriques…
J’ai également apprécié la grande place faite aux femmes dans ce récit : les sœurs Fernig, Mary Wollstonecraft (qui est mentionnée et cela m’a donnée envie d’en apprendre davantage sur elle), Olympe de Gouge, le rôle des femmes dans l’espionnage et dans l’armée.
Quant à « La pension Belhomme » cela me fait penser au livre de Frédéric Lenormand que j’ai mais qui fait partie de ma pile, que dis-je, ma Tour de Pise de livres à lire…

Extraits :

Et que penser de cette Commune insurrectionnelle dirigée par Danton, Robespierre et Marat ? Le premier était corrompu, le deuxième un homme sincère et le troisième un exalté. Quant aux sans-culottes, on trouvait parmi eux des patriotes aussi bien que des voyous de la pire espèce.
Qui croire, qui suivre quand tant portaient des masques ?

Certes, la Révolution avait apporté quelques changements. La Bastille n’existait plus. On ne rouait ni ne pendait plus les condamnés, on les décapitait maintenant. Joli progrès de la science !

Mais quelle manie avait donc cette femme de toujours vouloir tout savoir ? À moins qu’elle ne soit tout simplement en avance sur son temps ? Après tout, des femmes exerceraient peut-être dans un lointain mais improbable avenir des fonctions de police…

À son extrémité, l’île de la Cité ressemblait vraiment à la proue d’un navire amarré au Pont-Neuf avec à gauche le collège des Quatre-Nations, à droite le Louvre et les Tuileries, au fond la colline de Chaillot.

Olympe avait connu les Condorcet quelques années plus tôt, lorsque ces derniers s’étaient installés à Auteuil, près de chez elle. Elle était rapidement devenue une habituée du salon que tenait Sophie, où elle croisait à l’époque La Fayette, Mirabeau ou Benjamin Franklin. Surtout, elle y avait découvert les écrits de Mary Wollstonecraft, la grande féministe anglaise. Brillant esprit, le marquis de Condorcet militait depuis longtemps pour le vote des femmes, la fin de l’esclavage et l’instruction pour tous.

Malgré elle, elle se plongeait dans les violentes luttes de pouvoir qui avaient toujours secoué Versailles. Ces haines anciennes brûlaient encore, à n’en pas douter.

Son souffle presque inaudible, ce lent voyage vers l’éternité lui semblaient insupportables. Lui-même se voyait comme un navire au cœur d’énormes vagues, remontant, puis plongeant entre rage et désespoir.

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