Penny, Louise «Un homme meilleur» (2020)

Penny, Louise «Un homme meilleur» (2020)

Voir article global sur la Série : La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 15 : Un homme meilleur ( paru au Canada en mars 2020)

Flammarion Canada – 18.03.2020 – 496 pages

Résumé : Alors qu’une crue printanière place toute la province sous la menace de terribles inondations, n’épargnant ni Three Pines ni la rivière Bella Bella, Armand Gamache affronte une tempête médiatique. De retour d’une suspension de neuf mois à la suite de décisions « désastreuses », il est rétrogradé à la section des homicides de la Sûreté du Québec, sous la direction de son gendre et ancien lieutenant, Jean-Guy Beauvoir.

Avis de la presse :
« Un homme meilleur, c’est Louise Penny à son meilleur. Stephen King adore sa plume, des légions de lecteurs aussi. » Natalia Wysocka, Le Devoir

« *** ½ Un homme meilleur : Louise Penny, toujours égale à elle-même. L’univers de Louise Penny est paradoxalement une mer calme et apaisante. Un lieu sûr où l’on se réfugie à la recherche de réconfort au bout d’une intrigue dont on est certain de ressortir avec l’assurance que l’ordre des choses a été rétabli et la justice, rendue. » Laila Maalouf, La Presse+

« Avec tout le talent qu’on lui connaît, Louise Penny ne ménage pas Gamache dans ce nouveau roman explosif et très addictif. » Marie-France Bornais, Le Journal de Montréal

« Un homme meilleur, avec son mélange de suspense météo, d’observation psychologique et de traque criminelle, est sans doute le meilleur titre à ce jour dans toute cette œuvre époustouflante et originale. » Tom Nolan, The Wall Street Journal

Mon avis : Toujours un bonheur de se replonger dans l’ambiance de « Three Pines », même si cette fois loin d’etre plongés dans un havre de paix, on se retrouve ans un monde en proie au chaos. D’une part à cause des conditions météorologiques, car la crue de la Bella-Bella menace le Quebec et la petite communauté de Three Pines mais aussi du fait qu’Armand Gamache et l’artiste peintre Clara Morrow sont dans la tourmente médiatique. Clara est au centre d’une campagne qui détruit sa carrière et sa réputation et Gamache au centre d’une campagne de dénigrement. Cela ne va pas empêcher le trio Armand Gamache, Jean-Guy et Isabelle Lacoste de se battre pour trouver ce qui est arrivé à Vivienne, disparue alors qu’elle était enceinte ; ils sont assistés par l’agente Cloutier et le policier Cameron.  A-t-elle été assassinée par son mari, Carl Tracey ? Tout semble désigner ce dernier comme l’assassin de sa femme. Et il faudra toute l’intelligence du trio pour résoudre cette affaire.
Une fois de plus le caractère de Gamache force l’admiration et le respect : toujours cette lucidité, cette intégrité, sa manière de cheminer tête haute, qui inspire confiance à ses proches et qui inquiète ceux qui sont corrompus.

Extraits :

Aucun citoyen n’est en sécurité dans un État où les policiers se sentent libres de tabasser les personnes qu’ils n’aiment pas et de prendre la justice entre leurs mains.

Marcher sur les tessons des mots qu’il n’osait pas prononcer. Sombrer dans des émotions qu’il n’osait pas s’avouer. Se ressaisir. Poursuivre.
Sur la corde raide, tenaillé par le besoin d’agir, mais encore incapable d’admettre qu’une réaction s’impose.

Dans les halos de lumière, l’eau écumait, moussait. À la façon d’une créature enragée. Elle coulait rapidement en léchant le rivage. S’élevait plus vite qu’ils l’avaient escompté.

Mieux que quiconque, il comprenait les effets corrosifs de l’alcool. Il vous privait de votre jugement et vous désinhibait, le temps de dire et de faire des choses qui ne pourraient plus être tues. Ni défaites. L’alcool vous prenait votre dignité, vos amis, votre famille et votre gagne-pain avant de vous enlever la vie.
L’alcool était un voleur. Et souvent, aussi, un tueur.

Ce lieu favorisait les confidences. L’amitié. On y confiait des secrets et on y avouait des regrets. Les enfants y devenaient des adultes, les adultes des vieillards. On y célébrait des retours au bercail. Les survivants s’y souvenaient des disparus.

La croyance ne compte-t-elle pas plus que les preuves ?

Il ferma les yeux. Brièvement. Et tenta d’oublier qu’ils grandiraient dans un pays étranger.
Puis, les rouvrant, il contempla le monde tout blanc et songea à la baleine blanche. Qui dévorait la raison.
« Tout ce qui incline à la folie, tout ce qui torture. Tout ce qui remue la vase. Toute vérité entachée de venin. »

Il avait devant lui un enfant du chaos. De la violence. Forgé par ces deux forces. Moulé et formé par elles, au sens propre.
Parmi ceux qui ont connu une enfance pareille, certains deviennent des brutes.

— Ce que je dis, c’est que les choses grossissent, comme une tumeur. Suppurent. Le temps n’arrange pas toujours les choses. Parfois, il les aggrave.

 

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