Fert, Marie « Gabrielle Chanel, les années d’exil » (RLH21)

Fert, Marie « Gabrielle Chanel, les années d’exil » (RLH21)

Autrice : Marie Fert a exercé sa profession de journaliste tant en France qu’en Suisse. Pour cette passionnée de politique, le parcours sinueux emprunté par Gabrielle Chanel dans les coulisses de la grande histoire, et qui l’a conduite au bord du lac Léman à la Libération, méritait d’être approfondi.

Editions Slatkine – 4.01.2021 – 136 pages

Résumé :
Le 14 janvier 1971, Gabrielle Chanel était enterrée au cimetière du Bois-de-Vaux à Lausanne. Cinquante ans après sa disparition, la créatrice reste une icône de la mode. Son nom est à jamais associé à une marque de luxe mondialement connue grâce à un parfum d’exception, le Chanel N° 5.
Pourquoi Gabrielle Chanel avait-elle choisi la Suisse pour dernière demeure ? À travers l’examen d’archives, cette enquête révèle de nouvelles informations sur ses années d’exil sur les rives du lac Léman au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Mon avis :
Je remercie les Editions Slatkine de m’avoir permis de lire ce livre qui m’a beaucoup intéressé et dévoile la face cachée de ce personnage mythique du monde de la mode. J’avais dejà dans ma bibliothèque le livre d’Edmonde Charles-Roux  « Le temps Chanel » publié aux Editions de la Martinière. Le livre de Marie Fert est un excellent complément qui éclaire la vie de Coco Chanel sous un autre angle.

S’il fallait résumer Gabrielle Chanel en quelques mots : Liberté, sobriété, simplicité, élégance et opiniâtreté.
Et cette simplicité se reflète jusque dans le choix de sa tombe, située à Lausanne (Suisse).
Mademoiselle Chanel est morte seule, un dimanche de janvier, en 1971, il y a cinquante ans, après une vie bien remplie, mais au final solitaire, malgré le nombre de personnes qu’elle a côtoyé et dont nous faisons connaissance grâce au livre de Marie Fert.
D’origine modeste, elle atteindra les sommets, vivra de nombreux amours mais ne se mariera jamais.
Elle est associée à des lieux, des images, des personnes mythiques : Le Ritz, la rue Cambon, le N°5, le sac, le logo au double C, la ballerine bicolore, la petite robe noire…
Ce livre lève le voile sur l’arrière du décor : que se cache-il donc derrière cette façade du luxe à la française, cette icone de la mode, derrière la frontière franco-suisse ?
Quelle est l’importance du « N°5 » dans sa vie et à quel point sa vie est-elle liée à ce parfum ? Ce parfum qui va fêter ses cent ans en 2021 !

Grâce à ce livre on va la suivre à Lausanne (et alentours) et dans toute la Suisse, s’attacher à ses pas et voir qui elle croise et fréquente. Le moins que l’on puisse dire c’est que la Suisse -et le canton de Vaud en particulier- était très (mal) fréquenté pendant et après la guerre, par une multitude de personnalités dont la présence n’était pas désirée en France. On évoluera en sa compagnie dans le Lausanne de l’époque, avec ces gens qui se rendent en Suisse en villégiature, pour affaire, pour fuir, pour se faire soigner dans des cliniques réputées…
C’est depuis la Suisse que Gabrielle Chanel luttera pour son N°5 ; c’est en Suisse qu’elle va créer de nouvelles fragrances. Et il va sans dire que la fabuleuse créatrice va de pair avec la femme d’affaire redoutable.
On va aussi savoir ce qu’elle pense de la nouvelle vague de créateurs /créatrices de mode (Lanvin, Pucci, Balenciaga, Schiaparelli) et de l’avènement de Christian Dior, si différent d’elle et de sa conception de la mode. On suivra son retour à Paris, dans le monde de la mode, à 70 ans, une fois que la loi d’amnistie aura été votée et que son passé ne la poursuivra plus (légalement).
Une carrière exceptionnelle pour une femme hors-normes, libre avant tout, sans attaches, ce qui se retrouve dans sa façon d’habiller les femmes, avec des vêtements qui les libèrent, leur permettent de bouger sans être engoncées ou gênées dans leurs mouvements.

Extraits :

« Elle est de ces femmes chez qui le désespoir ne trouve pas de prise. Cacher ses sentiments, ne jamais pleurer, nous sommes de la même étoffe, elle et moi, de la bure, rêche et tenace »

« En libérant les femmes de leurs corsets, elle avait modifié non seulement leur physique mais aussi leur intelligence, leur goût de vivre »

« La mode n’est pas une frivolité. À aucun prix, la mode ne doit venir de la rue. »

Le paraître avant l’être

L’apparence, bien sûr, pour mieux cacher les tourments de l’âme

L’apparence pour mieux dissimuler l’inavouable

 

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